Une solution pour les péages : la privatisation du bac !
Le matinaute
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Une solution pour les péages : la privatisation du bac !

Comment ça marche, une concession de service public ? Comment ça marcherait, Aéroports de Paris, si Roissy et Orly étaient au bout du compte privatisés, comme le veut le gouvernement ? Très simple : regardons les autoroutes. France Inter diffusait ce matin un reportage d'anticipation sur le "free flow", les futures autoroutes à péage sans péage. A l'entrée du tronçon payant, les automobilistes sont flashés, et leur compte bancaire débité automatiquement. Impeccable. Radieux. Le gouvernement de la start up nation pousse à fond cette réforme, si possible avant 2022 (suivez mon regard). Supprimons la queue aux péages, cette insupportable verrue de l'ancien monde. Voilà bien qui devrait être populaire !

Reste un simple problème, rien, trois fois rien, une question de détail : qui va payer les aménagements ? Les sociétés d'autoroute, qui ont chiffré le devis à un milliard d'euros, ont déjà fait savoir qu'il était hors de question d'amputer leurs profits, et les généreux dividendes de leurs actionnaires. Les contrats de concession, bâclés par l'Etat en 2005 et en 2015, sont muets sur le sujet. Restent deux modes de financement possibles, toujours les mêmes quand l'Etat négocie avec les sociétés d'autoroutes : augmenter le montant des péages, ou allonger la durée des concessions. La première solution est idéale pour ressusciter à la rentrée le mouvement des Gilets jaunes. Quant à la seconde, elle nous oriente tranquillement vers le régime de la concession à vie. A moins que...tiens, si on offrait à Vinci et ses homologues quelques tronçons de routes nationales ? Vous le voyez venir, le marché ? (A propos, alors que le compteur du RIP s'achemine vers les 500 000 signatures, je n'ai toujours pas réussi à signer, restant inconnu des listes électorales, et ma réclamation est toujours sans réponse. Alors, le Conseil constitutionnel ? On roupille ?)

Vive la France privatisée ! D'ailleurs, tiens, cette histoire de bac. Ces copies de bac "retenues en  otage" (les chaînes d'info) par des profs qui protestent contre la réforme Blanquer, ces tripatouillages ministériels sur les corrections. Quel archaïsme ! Quel manque d'efficacité ! Quelle image de la France à l'étranger ! Tiens, j'ai une idée, que je soumets à MM. Blanquer, Le Maire, et tous ceux qui me liront : en échange du "free flow", on privatise les corrections du Bac, au bénéfice de Vinci School, avec concession de 70 ans, service standard, service Prime, service Prime Plus, service Prime Plus Privilège. Et tout le monde est content ! De rien, c'est gratuit.

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