Trump : vers l'extraordinaire présidence
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Trump : vers l'extraordinaire présidence

Pendant ce temps, n'oublions pas les extraordinaires aventures que vit la grande démocratie américaine.

On s'inquiétait ici pour le formidable empire industriel construit par Donald Trump, au prix d'un travail acharné de plusieurs décennies. Ce magnifique joyau économique n'allait-il pas souffrir du sacrifice de son fondateur au Bien Public ? On avait tort. On voyait les choses avec notre regard étriqué d'Européens stupides.

On avait quitté Trump et le Brexiteur en chef Nigel Farage, souriant ensemble à leur future formidable coopération dans un ascenseur de la Trump tower. On apprend aujourd'hui que Trump, dans cette même réunion, a plaidé auprès de Farage, pour qu'il pèse, afin qu'un monstrueux champ d'éoliennes marines ne vienne pas défigurer l'extraordinaire paysage écossais, au large d'un formidable golf Trump dans la région d'Aberdeen. On ne sait d'ailleurs si Farage sera en mesure de faire cet indispensable boulot contre les grincheux magistrats britanniques : Trump, dans un tweet, vient de souffler aux Britanniques l'idée que Farage ferait un formidable ambassadeur auprès des Etats-Unis.

Ce n'est pas seulement en Grande Bretagne, que Donald Trump défend ses intérêts, mais aussi en Argentine. Dans son premier appel téléphonique au président Mauricio Macri, le président élu a plaidé pour le chantier d'une future tour de bureaux Trump à Buenos Aires. Quoi de plus attentionné que de vouloir contribuer au développement de la capitale argentine ? Au cours de cette même conversation, Donald, en bon père, a passé sa fille Ivanka au président argentin. Ivanka est celle qui est censée gérer le formidable empire pendant le mandat paternel, pour éviter bien entendu tout conflit d'intérêt. Avec, elle aussi, un émouvant sens du business. Lors de la première grande émission télévisée de son père, elle portait un magnifique bracelet. Heureux hasard : elle le commercialise sur son site. Pour que nul n'en ignore, le site d'Ivanka, aussitôt après l'émission, a envoyé une "alerte style" à un certain nombre de clients bien choisis, leur donnant toutes indications nécessaires pour acquérir ce bijou raffiné (pour la somme modique de 10 800 dollars).

C'est tout ? Non. Donald Trump est aussi l'heureux propriétaire d'un formidable hôtel, qui possède la particularité d'être à deux pas de la Maison Blanche. On a appris ce week-end qu'une centaine de diplomates étrangers s'y étaient bousculés, en sirotant l'excellent champagne Trump, pour y entendre vanter les mérites de l'établissement, et pouvoir le vanter à leur tour à leur collègues, lors de leurs futures visites à Washington. Quel meilleur moyen en effet, que cette gentille attention, pour gagner les faveurs du président élu ? Avec un peu de politesse, le monde ne se porterait-il pas mieux ?

Ainsi se met en place ce que l'on pourrait appeler une présidence intégrée, ou consolidée, qui, aux côtés des hideux drames du monde, fera enfin, dans ses brochures de présentation, une juste place aux belles choses et au raffinement. Qui s'en offusquerait, à part cette presse dégoûtante, de CNN au New York Times, en passant par le Washington Post, simplement rongée par une horrible jalousie ? Donald ne leur a d'ailleurs pas envoyé dire, en les recevant en fournée. Il est vrai que nombre de télévisions, avant l'élection, avaient simplement oublié de mentionner les éventuels soucis de conflit d'intérêt possiblement générés par l'élection de Donald. Pas seulement jaloux, mais rongés par le remords, donc. Comme ces gens sont laids.

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