Foot : qui a tué la Super Ligue ?
Le matinaute
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chronique

Foot : qui a tué la Super Ligue ?

Disons les choses franchement : apprendre au réveil la mort clinique, aussitôt né, du projet de "Super Ligue" de foot, est un véritable choc. Ce sidérant projet, dans lequel, si je comprends bien, douze super clubs européens auraient joué les uns contre les autres jusqu'à l'effondrement final, devant un public captif et présumé captivé, ce projet poussant l'entre-soi à sa logique ultime, était parfaitement, sublimement gorafique. Pourquoi douze, d'ailleurs ? Pourquoi pas une super super ligue de quatre, ou même deux clubs ? C'était gorafique, mais après tout le gorafique règne partout. Pourquoi pas dans le foot ?  Pourquoi le putschiste Agnelli, président de la Juventus, expliquant que les matches sont trop longs, parce que ses enfants ne les suivent pas jusqu'à la fin, pourquoi n'aurait-il pas emporté la partie ?

A-t-on jamais vu un fonds de pension reculer en 48 heures devant la fermeture d'une usine "rentable-mais-pas-assez", dans un pays lointain, après quelques manifestations et quelques rodomontades des élus ? C'est l'équivalent. L'argent anonyme a reculé. Qui a tué dans l'œuf la Super Ligue de foot ? L'unanimité hostile complète (ou presque, voir ici la réaction... prudente de Zinedine Zidane) ? Les clubs anglais qui s'en sont retirés, sous la pression de Boris Johnson ? La bourse de New York, où l'action du Manchester United s'est effondrée hier (sans qu'on puisse dire si c'est le projet de Super Ligue, ou les rumeurs d'implosion du projet, ou les deux, qui ont provoqué le mini-krach) ? Les menaces de sanction des instances légitimes, ainsi putschées ? La remarquable rébellion instantanée des journalistes de foot mainstream, au premier rang desquels Vincent Duluc, de L'Équipe ?

Et maintenant ? Tout va bien. Le putsch des super super riches ayant échoué, on en revient au camp de base : le foot des super riches, celui que documente et dénonce inlassablement, un peu dans le désert, notre confrère Jérôme Latta, dans ses Cahiers du football (voir ici son interview), celui qui va organiser le Mondial dans les moiteurs du Qatar, celui qui nourrit la mythologie nécessaire du "petit club" pouvant se hisser au niveau des grands.  La fiction est sauve !


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