Pourvu que lémarchés ne surfent pas !
Le matinaute
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chronique

Pourvu que lémarchés ne surfent pas !

Alors, est-ce que ça va marcher ? Cette muraille de 750 milliards d'euros (720, assurent d'autres, mais qui est encore à 30 milliards près ?) érigée à toute allure par l'Europe dans la nuit de dimanche à lundi, va-t-elle dissuader lémarchés, et les convaincre de lever le siège ? Le matinaute, bien en peine de se mettre dans la tête de lémarchés, terme pudique désignant les grandes banques internationales, en est réduit à la constatation suivante : tout dépend de la manière dont lémarchés s'informent, l'heure du café et du jus d'oranges.

Si lémarchés écoutent les radios du matin, nul doute qu'ils seront impressionnés, voire terrifiés. Ah, elles valsent, les centaines de milliards ! Ah, ils dansent, les superlatifs, sur la révolution européenne ! Ah, ils sont aux avant-postes, les ministres et sous-ministres, pour faire scintiller les épées de lumière franco-allemandes (enfin, un tout petit peu plus françaises qu'allemandes, commence-t-on à entendre) aux yeux des combattants du côté obscur de la force. Ah, elles sont regardées à la loupe, les bourses asiatiques, avec cette remontée, timide mais réelle, de l'euro. A peine, dans le déploiement matinal, a-t-on entendu sur France Inter Bernard Guetta, oui l'ultra-europhile Guetta, redouter que ce cornet d'austérité, ainsi largement ouvert, fasse encore davantage haïr l'Europe.

Il faut souhaiter une chose : que lémarchés ne surfent pas. Qu'ils ne surfent pas sur le blog de Jean-François Kahn, notre invité de cette semaine, ni sur celui de Paul Jorion, notre invité d'il y a quelques semaines, ni encore sur celui de ce banquier, blogueur du Monde, à qui les gesticulations de Sarkozy-Merkel, leur épuisement apparent sur les photos de samedi, ("un cri de désespoir") n'inspirent rien d'autre que de l'apitoiement. Tous, finalement, ne disent qu'une chose : cet hyper-plan, simple clônage, en plus gros, du plan de sauvetage de la Grèce, ne sera qu'un seau d'eau sur l'incendie, au mieux. Et au pire, un seau d'essence : aucun gouvernement européen ne sera en mesure de faire accepter aux pays "sauvés" les mesures d'austérité qu'il impliquera, mesures par ailleurs productrices de récession, donc d'aggravation de la crise. Qui a raison ? A ce stade, évidemment plus personne. La seule question d'une situation de guerre , comme celle-ci, est : qui croira quoi ? Qui intimidera qui ? Lémarchés surfent-ils ? Réponse dans les heures qui viennent.

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