Montebourg dans le piège PSA
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Montebourg dans le piège PSA

"Il vous l'avait pas dit, Gallois ?"

Montebourg est au Grand Journal, pour vendre le nouvel actionnariat tripartite de PSA.

Il y aura passé sa journée, car il y a du boulot. Pourquoi les Chinois ? Quel sera le rôle du gouvernement français, représenté par l'ex-industriel Louis Gallois, face à eux au Conseil de surveillance ? Qui surveillera qui ? Peugeot co-nationalisée par la France et la Chine, le montage est peut-être habile, portant la marque de ce gouvernement (comme on le notait hier à propos du pacte de responsabilité) mais totalement incompréhensible.

Presque tout de suite, de Caunes lui envoie à la figure une séquence prise sur le vif. C'était la semaine dernière. De dos, un syndicaliste de PSA interpelle le ministre. "Il y a 700 jeunes à Poissy qui vont être licenciés le 21 mars !" "J'ai appris ça." "Vous le saviez pas ?" "Non, ils ne nous avaient pas prévenus". Le ministre s'approche de son interlocuteur, à distance de coup de boule : "et vous savez pourquoi on le savait pas ? Parce qu'on n'est pas des actionnaires Peugeot". "Mais vous avez des représentants au Conseil de surveillance. Il vous l'avait pas dit, Gallois ?" Un silence. Et le boxeur, qui vient d'encaisser le coup fatal : "La preuve que non". "Ben alors qu'est-ce qu'il fait, à quoi il sert ?" Vérification faite (clic clic clic) 684 postes seront supprimés mais, s'agissant d'intérimaires, la direction de PSA refuse de parler de licenciements.

Retour plateau sur le boxeur sonné. On repense à la mémorable -et tragique- séquence, dans laquelle Jospin, peu avant l'élection de 2002, avait été pris à partie par des ouviers de Lu -et était lui aussi resté sans réponse. A douze ans d'intervalle, la même impuissance de l'Etat, étalée en vidéo virale. Vigilance de l'Etat, intérêt de la France, argent frais, engagements etc : Montebourg peut désormais chanter ce qu'il veut sur le plateau, son discours tourne à blanc. Deux ans il s'est débattu, il a donné le change, mais il est pris dans le piège. De chaque licenciement, de chaque ralentissement de chaîne de montage de PSA, il sera désormais tenu responsable. "Il vous l'avait pas dit, Gallois ?" Avant l'élection, notre prophète préféré Emmanuel Todd avait parié sur l'avènement d'un "hollandisme révolutionnaire", prédisant que, crise aidant, Montebourg tordrait le bras de Hollande dans le sens d'une "démondialisation" militante. Aucun prophète n'est infaillible.

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