Mennel : Barthès, bien évidemment...
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Mennel : Barthès, bien évidemment...

Tandis que la France slalome sur la neige, l'équipe de Yann Barthès, elle, marche sur des oeufs. Ô actualité cruelle. Depuis son transfert dans le groupe TF1, la bande à Barthès avait soigneusement évité toute confrontation, idéologique ou moqueuse, avec la maison mère, dont elle assurait gentiment la promotion distanciée. Survient l'affaire Mennel. Impossible d'ignorer LA polémique de la semaine, sur la jeune candidate de The Voice. Après une longue séquence sur la neige, après une séquence encore plus longue sur l'anniversaire du footballeur PSG Neymar à l'Hôtel de Ville de Paris, il faut bien aborder le sujet qui glisse.

C'est au spécialiste medias, Julien Bellver, qu'il revient de slalomer entre la (gentille mais embarrassée) chaîne, la (méchante) fachosphère, la (douteuse) candidate, et le (redoutable) dieu Badbuzz, dont la colère peut se déchainer contre n'importe qui. Bellver relate d'abord la soirée de The Voice, l'enthousiasme des jurés pour la prestation de la jeune chanteuse d'origine syrienne, puis l'engrenage fatal : "Les militants d'extrême-droite ont passé leur soirée de samedi à fouiller tout son passé numérique". Barthès : "Et ils ont trouvé quelque chose" Bellver : "Bien sûr évidemment ils ont trouvé des vieux tweets et des statuts Facebook".  Et d'égrener les tweets fatals, dont celui-ci, après l'assassinat du père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray : "les vrais terroristes, c'est notre gouvernement".

Qu'a-t-il dit, le malheureux ? A-t-il voulu insinuer qu'en fouillant les vieux tweets de n'importe quelle candidate à turban, la méchante fachosphère trouverait des ruminations complotistes ? Surtout, ne pas réveiller Badbuzz. Soudain ça doit chauffer, dans l'oreillette de Barthès. A la fin de la séquence, l'animateur précise donc le malheureux adverbe : "Juste, tu as dit "Bien évidemment", euh, c'était un Bien évidemment un peu malheureux, c'était "bien évidemment l'extrême-droite a cherché des vieux dossiers." Bellver, aux fraises : "Ah oui, évidemment". Evidemment, que cet évidemment n'était pas un évidemment.

Sur le fond, après une journée d'intense réflexion, TF1 a annoncé mercredi soir, sans plus de précisions, qu'elle "ne peut garder dans le programme une personne qui tient des propos contre la loi de la République". Problème : les émissions suivantes sont déjà enregistrées. Quant à Mennel, soumise aux pressions qu'on imagine, après avoir précisé sur son compte Twitter qu'elle "aime la France", elle a ajouté quelques heures plus tard qu'elle"mesure le manque de réflexion de ces messages", postés à l'époque "pour ses amis" sur son "Facebook privé" (manifestement devenu public entretemps), et "s'en excuse". A suivre, comme on dit, dans les prochains numéros de Quotidien.

Barthès Mennel



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