Le Gendarme et les gendarmes
Le matinaute
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chronique

Le Gendarme et les gendarmes


Les matins se suivent, et ne se ressemblent pas.
 
 Le président a parlé, et il a prononcé les Mots Interdits: récession, et Bretton Woods. Le Grand Sorcier ayant proclamé la Vérité de salut public, les mots se bousculent à sa suite, pour dire le changement d'ère. Wall Street ne sera plus jamais Wall Street. Le dollar-roi, c'est fini. Les Etats-Unis gendarmes du monde, c'est fini. On entre dans le multipolaire.

De radio en radio, c'est rattrapage historique accéléré. Avec le professeur Askolovitch, révisons le tournant de la rigueur opéré par Mitterrand en 1983, balançant par dessus bord tous les dogmes de la gauche, et qui fait encore sentir ses effets aujourd'hui. Avec le professeur Guetta, sur Inter, replongeons-nous plus loin encore, dans Bretton Woods, conférence internationale en 1944, qui fonda le système de l'après-guerre sur le dollar-roi, comme nous l'avions tous oublié depuis le lycée.

Les temps à venir seront durs. Très bien. Dès l'an prochain, 30 000 emplois supprimés dans la fonction publique. Parfait. Mais il y a aussi la pelouse. Quelle pelouse ? Celle de Clavier, en Corse, bien entendu, désormais surveillée par quinze gendarmes, en permanence, à la suite de l'incursion, et du limogeage, que l'on sait. La pelouse n'était pas dans le discours de Sarkozy. C'est l'envoyée spéciale du Monde, Isabelle Mandraud, qui a recueilli l'information sur place, en enquêtant sur le vague à l'âme des policiers et des gendarmes. Impressionnant, ce vague à l'âme. Désormais, pour la moindre interpellation de personnalité conduisant avec un permis sans points, chaque policier ouvre le parapluie, à toute heure du jour et de la nuit. "Je vous réveille, chef..." Jusqu'à quand la pelouse sacrée sera-t-elle surveillée ? Personne n'ose demander. Taboue, la pelouse. Quel rapport avec Bretton Woods ? A priori, aucun. Mais cette collision gendarmesque, dans les revues de presse du matin, vient rappeler que sous la Rude Vérité proclamée, se glissent parfois de fatales vilénies inavouées...

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