Gauche : la preuve par les Hauts-de-France
chronique

Gauche : la preuve par les Hauts-de-France

C'est fait. Il y a peut-être toutes sortes d'arrière-pensées, mais c'est fait. L'eurodéputée écologiste Karima Delli conduira une liste d'union de la gauche aux élections régionales des Hauts-de-France. Toute la gauche ? Toute la gauche : EELV, PS, PCF, Insoumis.  "En recevant le communiqué commun, on s'est frottés les yeux devant tous ces logos, qu'on n'avait plus l'habitude de voir ensemble" dit le chroniqueur politique de France Culture, Frédéric Says. Le premier secrétaire du PCF Fabien Roussel, qui visait la tête de liste, a accepté de s'effacer devant elle.

Bon. Je vous entends d'ici. Il y a des arrière-pensées derrière cet accord ? Il y en a toujours. On lit ici ou là que Mélenchon, en donnant son accord à la liste d'union, aurait souhaité éliminer un concurrent potentiel -Roussel- à la présidentielle de 2022 ? Et alors ? L'accord est notamment motivé par le souvenir de 2015, où la gauche, s'étant retirée au second tour pour "faire barrage", n'a pas eu un seul élu ? Et alors ? Les divergences entre Verts et communistes sur le nucléaire ont été mises sous le tapis ? Ça tombe bien, ce n'est pas une compétence régionale. 

Une reproduction pour la présidentielle est tout sauf évidente ? Je le sais bien (il n'est qu'à voir l'allégresse d'Hidalgo à taper sur ses alliés verts et Insoumis). Mais vous avez une autre solution, pour éviter de se retrouver dans un second tour de style 2017 ? Que cette liste des Hauts-de-France réalise un bon score, et vous les verrez soudain réfléchir, les grands chefs à plume, à Paris. Alors qu'une première déflagration vient déchirer, avant même sa naissance, le nouveau média Blast, lancé par Denis Robert (lire notre enquête) il n'y a pas assez de bonnes nouvelles à gauche pour se payer le luxe de bouder celle-ci.

Karima Delli. Jusqu'à présent, je n'avais vu passer son nom qu'à propos de son combat opiniâtre pour le retour des trains de nuit, solution intelligente, créative, de bon sens (et purement de gauche) contre la croissance folle du trafic aérien. J'apprends ce matin que la candidate est issue d'une famille de treize enfants, d'origine algérienne, père ouvrier dans l'industrie textile. Pour le reste, désolé, on ne connaît d'elle aucune petite phrase ravageuse, aucune manœuvre meurtrière dans les combats d'appareil. Elle a choisi un créneau, elle l'occupe, elle milite, elle se bat. Rien de moins médiatique. N'existe-t-il en France, vraiment, qu'une seule Karima Delli ?

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