Déconcentrations et reconcentrations
chronique

Déconcentrations et reconcentrations

Pendant que frappe la deuxième vague du COVID-19, pendant que sombre la démocratie américaine dans les insultes d'un débat présidentiel, la France envoie périodiquement à l'univers des preuves de vie, montrant qu'elle reste la France : le débat sur l'habillement des lycéennes.

Dans leur nouvelle production, Natacha Polony, directrice de Marianne, et l'IFOP, demandent aux sondé.e.s ce que les lycéennes devaient être autorisées à porter dans les lycées publics (Libé nous apprend ce matin que l'IFOP a lancé ce sondage sans commanditaire, avant de le proposer à plusieurs médias -Libé compris- qui l'ont tous refusé, sauf Marianne).

Evidemment, ce qui frappe, ce sont surtout les images explicatives. L'IFOP  a eu  besoin de faire visualiser aux sondé.e.s la pointe des tétons, et l'échancrure des seins du décolleté, des vêtures sur la sellette. A la manière des curés du XIXe siècle, se plongeant avec horreur dans les objets du délit, au risque de l'apoplexie.

Heureusement, comme à son habitude, Twitter n'a pas tardé à répliquer.

S'il apparaît urgent de réglementer l'exhibition du nombril et des tétons des lycéennes, c'est évidemment du fait du risque de "déconcentration" des hommes, comme l'avouait benoîtement l'un d'entre eux, Alain Finkielkraut qui, depuis cette rentrée, donne chaque semaine sur LCI son "regard sur le monde".

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