Ceci n'est pas un parapluie
Le matinaute
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chronique

Ceci n'est pas un parapluie

Si on n'avait les yeux écarquillés d'effroi, on en rirait. Alors, ce parapluie ?

Que signifie ce parapluie de Kadhafi, déployé sur les télévisions du monde entier ? Peut-on distinguer son signifiant, son signifié, son référent ? Et ceci est-il vraiment un parapluie ? Au secours Alain Korkos, décrypteur du surréalisme belge ! Kadhafi est donc apparu à la télé publique libyenne pendant dix-sept secondes, pour démentir se trouver au Venezuela (et peut-être aussi en France. A l'heure où j'écris, France Inter vérifie la traduction). Ceci n'est peut-être pas un démenti. Ceci n'est peut-être pas un parapluie. Ceci est bel et bien un massacre, c'est la seule certitude.

Le plus surréaliste, ce sont les réactions des ex-amis qui, toute la journée d'hier, alors que l'on apprenait que les Mirage tiraient sur les populations civiles, se contentaient d'appeler, sans plus de précisions, à "la cessation immédiate des violences". On imagine que le colonel a dû en être impressionné, sous son parapluie. Rassurons-nous: de fermes paroles ont été prononcées. "Le meilleur des scénarios serait qu'il (Kadhafi) soit jugé et qu'il s'explique sur tous les crimes" commis depuis qu'il est à la tête du pays. Il "doit partir le plus vite possible". "J'appelle les pays du monde entier à ne pas autoriser Kadhafi à se réfugier chez eux et je les appelle aussi à surveiller attentivement tout transfert d'argent venant de Libye". Qui a dit cela ? Sarkozy ? Merkel ? Ashton ? Non. Ibrahim Dabbashi, ambassadeur adjoint de Libye à l'ONU, pour expliquer sa démission. A ce jour, c'est le seul.

A propos de Sarkozy, entendez-vous encore parler des fameux dix milliards de contrats que Kadhafi était prétendûment venu signer à Paris en 2007, en échange du droit d'installer sa tente bédouine en face de l'Elysée ? Ce matin encore, au détour d'une phrase, France Inter présentait ces contrats comme signés. Or, ils ne le sont pas. Ils ne l'ont jamais été (comme nous vous le racontons ici), notamment s'agissant des 14 avions Rafale, que le Guide avait promis d'acquérir. A ce stade, il est même vraisemblable qu'ils ne le seront jamais. Ayons une pensée émue pour la maison Dassault. Ceci n'était pas un contrat.

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