Avantages et inconvénients de la route du Nord
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Avantages et inconvénients de la route du Nord

A quoi se reconnait la rentrée ? Au retour des interrogations lancinantes de Thomas Legrand sur la nature profonde du macronisme et, en l'occurrence, sur la portée de sa conversion écologiste.  Et le chroniqueur de France Inter de sortir le pèse-lettres. Le compte y est-il ? S'agissant du budget d'isolation des logements, des projets de taxe en cours, et autres curseurs, alors, le compte y est-il ?

Sur l'écologie (outre une passe d'armes avec Bolsonaro qui lui a valu un retour de volée de voyou international), la principale annonce pré-G7 de Macron a consisté à faire état de la promesse, par l'armateur français CMA-CGM que les porte-containers des marchandises mondialisées n'emprunteraient plus "la route du Nord". La "route du Nord", c'est le chemin de l'Asie à l'Europe qui longe les côtes sibériennes, au lieu d'emprunter le canal de Suez. Avec le réchauffement des eaux et la fonte des glaces, cette route, qui n'était empruntable qu'en été, le sera de plus en plus.  «  Riche d’une biodiversité unique et encore méconnue, l’Arctique est indispensable à la régulation des courants et du climat mondial. Son utilisation massive présenterait un réel danger pour les écosystèmes naturels exceptionnels de cette partie du globe du fait notamment des risques d’accidents et de pollution aux hydrocarbures ou encore de collision avec les cétacés », a expliqué le groupe français.

Les cétacés applaudiront, merci pour eux. Cela dit, le site Mer et Marine relativise l'annonce. La navigation par la route du Nord, dans l'état actuel des choses, est plus chère que les routes du Sud. Elle suppose "de nombreuses spécificités dans la construction et les équipements de bord" des porte-containers. Elle impose aussi à ces navires de se faire escorter, à leurs frais, par des brise-glace russes. J'ajoute, en regardant la carte, que si cette route du Nord représente un indéniable raccourci pour les navires en provenance du Japon, il n'en va pas de même, par exemple, pour ceux qui viennent d'Inde ou même du Bangladesh, importants lieux de production de textiles mondialisés. Le "sacrifice" est donc à relativiser.  Et pour être jusqu'au bout, mauvais esprit, il me semble que si on parle bilan carbone, il vaut mieux emprunter une route plus courte qu'une route plus longue. Il est vrai que les mêmes armateurs devraient aussi s'engager à ralentir leurs mastodontes. Tout va bien. Inutile de remettre en cause les accords de libre-échange. Il suffit de trouver la pédale frein.

PS. Pour rester sous ces latitudes, plusieurs lecteurs m'ont signalé, après le matinaute de vendredi, que la fonte des icebergs ne provoquait pas d'élévation du niveau des océans. C'est vrai. Et c'est parfaitement facile à comprendre en regardant fondre un glaçon dans un verre de whisky. Cette élévation est plutôt provoquée, outre par le réchauffement général des eaux (attention, boucle de rétroaction)  par la fonte des calottes glaciaires, c'est à dire de la glace posée sur des terres fermes qui, elle, vient s'ajouter au volume d'eau des océans. Ce qui ne change pas grand chose au fond du problème, le réchauffement faisant fondre les calottes glaciaires, aussi bien que les icebergs. Pardon néanmoins pour l'imprécision.


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