Après les monnaies, Sarkozy sauve Fukushima
Le matinaute
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chronique

Après les monnaies, Sarkozy sauve Fukushima

Du Japon, nous parvient cette nouvelle difficilement croyable:

Fukushima sera démantelée. Mais si ! A peine trois semaines après le début de la catastrophe, alors qu'on a essayé les hélicos, les camions de pompiers, demain peut-être des bâches (!) anti-fumées radioactives ou des super tankers pour évacuer les milliers de litres d'eau, sans empêcher les compteurs de radioactivité, sur terre, sur mer, dans les airs, dans l'eau, les légumes, le lait, de battre record sur record, le gouvernement japonais a pris la courageuse résolution d'informer le monde soulagé que Fukushima sera démantelée. On aimerait pouvoir en rire, mais le rire se fige, en pensant que jusqu'à ce jour, il s'est trouvé des ingénieurs, des dirigeants, des ministres, pour espérer récupérer la centrale en perdition, reboucher les fissures, des enceintes de confinement, donner un coup de serpillière, faire courant d'air pour chasser les miasmes, et s'éviter les fatigues toujours pénibles du démantèlement. Peut-être d'ailleurs certains l'espèrent-ils encore secrètement. Le plus incroyable, c'est qu'il se trouve dans la chaîne de l'information mondiale des agenciers pour reprendre cette déclaration du Premier ministre et en faire une sérieuse dépêche, des titreurs pour lui trouver un titre neutre, des éditeurs pour l'éditer, comme une vraie information.

Heureusement, Sarkozy arrive. Avec son casque, et son grand lasso, pour capturer le panache. Et sa NKM pour proposer des smartphones aux pompiers. Et sa Lauvergeon pour vendre de l'EPR sécurisé, avec double coque. A travers leurs masques, les Japonais respirent. "Mais que fait donc Sarkozy ?" se demandaient-ils chaque matin, comme de vulgaires rebelles libyens en panne devant les villes ennemies. Qu'avons-nous fait, pour que le Sauveur du Monde nous oublie ? Les Japonais seront sûrement honorés d'apprendre (s'ils l'apprennent) que Sarkozy, pour les sauver, a momentanément reporté le projet de sauver le système monétaire mondial. Il n'assistera en effet qu'une heure au séminaire du G20 sur les changes, à Nankin (pas grave, de toutes façons, rappelle Le Figaro, ce séminaire est "dominé par les personnalités françaises"). Pas question de prolonger le séjour. A Paris, l'attendent Copé, Fillon, les rebelles du neuf-deux, et autres affaires pressantes.

A propos, avez-vous noté cette information, sur le grand débat sur la laïcité ? Mais oui, vous savez bien, le grand débat, auquel Fillon n'assistera pas, le grand débat, parce qu'on est encore chez nous, nom de Dieu, et qu'on a le droit de débattre de ce qu'on veut, comme on veut, quand on veut, de bousculer les tabous, le débat auquel Copé a convié son pote musulman pour le décharger du fardeau, ce débat-là, eh bien il durera...deux heures. C'est L'Express qui a levé le lièvre. Deux heures, en fin de journée, rapport à pas couper la journée, dans un "hôtel parisien". Mais enfin, il se sera tenu. Marquez-le tout de suite dans votre agenda, ils cherchent du monde.

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