Laurence Haim, du point de vue de Mme Robinson
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Laurence Haim, du point de vue de Mme Robinson

Il pleut sur La Havane. Dans l'embrasure de la porte d'Air Force One, la silhouette d'Obama
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Laurence Haim, du point de vue de Mme Robinson

Il pleut sur La Havane. Dans l'embrasure de la porte d'Air Force One, la silhouette d'Obama

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Voici le point de vue de la presse officielle cubaine pour ce qui est du déroulement de la journée.
Je dois avouer qu'outre les commentaires bien étonnants, il y a la vidéo bien attristante de "l'humoriste" Luis Silva alias Pànfilo

Notez que le Président Obama sortait de l'avion à 16h37 avec déjà un parapluie en main alors qu'il avait déjà foulé le tarmac à 16h34 où l'avait accueilli Bruno Rodríguez Parrilla, "ministro de Relaciones Exteriores de Cuba". Le minute à minute cubain semble aller rebours. Mais bon ce n'est pas grave, un détail.
L'important est l'importance de cette visite tandis qu'en France l'important est de donner la parole à une louche à tous les sens du terme.
"L'événement n'est raconté sur les medias mondiaux que du point de vue américain."

Du point de vue des démocraties.
Voilà près d'un siècle et demi que les États-Unis essaient de faire main basse sur Cuba. Ils avaient cru réussir en virant les Espagnols, mais les Cubains avaient nettement manqué d'esprit de gratitude. Ils avaient cru réussir également en plaçant au pouvoir un dictateur à leur botte (et celle des mafieux américains), encore raté. Ils ont enfin compris la bonne méthode : le baiser de la mort. Puis, poser un pied après l'autre, prudemment, sans brusquer. Envoyer Coca-cola, les séries, la musique, la malbouffe, en éclaireurs. Instiller une propagande discrète, mais ô combien plus efficace que celle des deux vieux gâteux.
On y est. Les États-Unis ont enfin posé le pied sur l'île. On va enfin pouvoir transformer ce pauvre pays en vrai pays pauvre : un bordel à touristes de masse. Les émigrés Floridiens affutent les couteaux, et font chauffer le rouleau-compresseur, bourré d'un fric dont les Cubains qui tirent la langue depuis 60 ans ne verront jamais la couleur. Les actuels habitant des bâtiments décatis de la Vieille havane et du Vedado peuvent numéroter leurs abattis et se chercher un bout de terrain loin en banlieue. On réhabilitera leurs logements, c'est sûr, mais pas pour eux, faut pas déconner quand même.
Les touristes vont enfin pouvoir bouffer autre chose que du riz et des haricots dans les restaus. Il n'y aura plus de pénurie de lait à l'heure du petit-déjeuner dans les hôtels. Les magasins vont enfin se remplir. C'est qu'il va y en avoir du fric à se faire. Mais pour qui ?
Juste excellent ! Des chroniques à l'analyse sobre et irréfutable comme on les aime...
Si D.S a évité le piège de parler de président américain ce n'est pas le cas du texte sur la copie d'écran. Et pour cause, pour nos médias les Etats Unis sont l'Amérique ....
Mais ou est le probleme Daniel, depuis l aube des temps , le monde est raconté du point de vue des mâles , et nous, les femmes, qui creons l humanite, qui l élevons et eduqons les enfants, qui sommes les plus pauvres , n existons pas . Un exemple un des videaste qui nous explique la vie sur internet, a fait une videos sur l histoire de l accouchement , et a dit que les sages femmes de l epoque (medieval), ne voulaient pas que les médecins deviennent accoucheurs, evidement ces sales bonne femmes voulaient garder pour elle seule leur pietre savoir, puisque les males eux savent comment ont doit accoucher, coucher les bebes et meme les elelver , c est evident , sans aucune experience ils savent les mecs . Par contre dire que les males de l epoque auraient pu apprendre aux sages femmes a lire et ecrire afin qu elles consignent leurs savoir et technique , et qu elles puissent former d autres femmes, n est meme pas évoqué , le comble de l auto censure , et d une tristesse de dingue.
Ce qui est bien avec @si c'est que sans jamais regarder la télé, on sait ce qu'il s'y montre et s'y dit (bel Abbes).
Ainsi donc je sais que Barack tient son parapluie tout seul, que la petite prodige de l'égoïsme national a causé à BFM, que machine sait tout ou presque sur la belle-maman (?) de l'homme le plus puissant du monde après tous ceux qui ont plus de pouvoir que lui.

Putain, je vais brûler un cierge à la teknoloji.
Au journal de France Culture de 9h, interview d'un Cubain venu avec sa fille voir Obama, regrettant que Raul Castro ne soit pas venu à l'aéroport : le point de vue des gens, il faut en effet le chercher ailleurs qu'à la télé continue.
Ce matin, pensons cinq minutes à combien on était heureux et insouciants en 2014.

Chaque année, la situation devient deux fois plus catastrophique.

Pourtant rien ne change, et surtout rien dans la tête des gens. Les mêmes chroniques sur les radios, les mêmes éditos des mêmes éditocrates, les mêmes politiques disant exactement les mêmes choses. Cela dure depuis 30 ans. Un homme qui aurait été congelé depuis 30 ans se réveillerait aujourd'hui, serait horrifié par la situation, mais comiquement ne verrait pas la moindre différence dans les discours et la pensée des gens.

Il disait quoi Bergson? Le rire est le mécanique plaqué sur du vivant. C'est à dire l'incapacité d'un être vivant à s'adapter à une situation nouvelle et à répéter encore et encore des actions devenues au fur et à mesure totalement déphasées par rapport à la réalité.

Vous vous demandez pourquoi Trump a autant de succès? Le rire, mesdames et messieurs, le rire le plus noir et le plus jaune qui puisse exister.
"l'homme le plus puissant du monde"
marre marre et plus que marre de ce slogan ressassé ! conditionnement insupportable
Cette visite cubaine aura été l'occasion de constater que contrairement à Notre Président qui se rit des intempéries, Potus n'est pas étanche. Trois gouttes de pluie, et Barack sort son pébrock. Celui que Mrs Robinson lui avait offert pour ses 54 ans.
Les voix cubaines pleuvent, tracent des voies pleines de flaques à la Gene Kelly, et pendant ce temps des médias français préfèrent la pensée magique ou tangentielle de Melle Le Pen qui colle mieux à leur schizophrénie constitutive.
Dans cet interview sur BTMTV qui a relégué la visite cubaine d'Obama au second plan, MMLP a notamment déclaré :
Avec le FN, il n'y aurait pas eu de 13 novembre...
Vivement mai 2017, qu'on puisse voter pour le seul parti capable d'éradiquer le terrorisme !
Mais pour qu'on nous les détaille, il faudrait que des voix cubaines aient aussi accès à la narration de l'événement.
C'est sûr que quand on se contente de BFN et I Télé ...
Mais si vous voulez vraiment des infos sur Cuba, en français, vous en trouverez LA : legrandsoir.info.
Mode "Esprit critique" ON, certes, mais pas moins nécessaire quand on lit Le Monde (et les imMondes articles de Paranagua) ou qu'on regarde la TV (n'importe laquelle)..
Here's to you :)

"Sitting on a sofa on a Sunday afternoon
Going to the candidates' debate
Laugh about it, shout about it when you've got to choose
Every way you look at it you lose"
Qui l'eût cru, Zoë?

 

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