Présidentielle : le retour de Sherlock Com'
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Présidentielle : le retour de Sherlock Com'

Vous vous en êtes peut-être aperçus : c'est parti à plein tube pour la com politique.

Chaque jour, ça candidate, ça sondagise, ça attaque en biais, ça faux-suspense, ça s'étale avec Madame en couverture.

Toutes ces narrations sont ultra-classiques. La plupart d'entre vous savez les déconstruire sans nous. Sarkozy, Le Pen, Hollande, Mélenchon : vous connaissez les registres par coeur. On ne peut tout de même pas vous encombrer chaque jour l'esprit, et abuser de votre précieux temps, avec la dernière couverture de magazine sur la femme de Macron, ou la compagne de Hollande. La course vers l'extrême-droite, l'exhibition de la vie privée, l'obsession des sondages : rien de neuf, vraiment, pour nous qui avons vécu ensemble, sur ce site, le sarkozysme triomphant, et la déception hollandienne

NKM Eldin

Seul le jeune Macron, costume neuf de la vieille droite, n'évoquera aucune comparaison chez les plus jeunes d'entre vous, ceux qui n'ont pas connu, par exemple, la juvénile campagne de Giscard en ...1974, immortalisée par Depardon (et encore, Giscard avait alors dix ans de plus que Macron aujourd'hui).

Et pourtant, même si nombre d'entre nous, pour toutes sortes de raisons, aimerions tant regarder ailleurs, ces narrations politiques saturent l'espace public. Radios, dos de kiosques, conversations de cafète : impossible d'y échapper. Voici pourquoi nous avons rappelé en urgence notre vieux complice Sherlock Com.

Le spectacle totalitaire des "décrypteurs"

Avec lui, nous nous sommes longuement brainstormés (car j'ai l'avantage de connaître la vraie identité de Sherlock Com mais n'insistez pas, même menacé d'exposition à haute dose à l'émission de Cyrille Eldin, je ne dirai rien). Comment inventer du neuf dans l'exercice ? Et puis, l'idée s'est imposée. Le "décryptage" lui-même de cette com' est devenu, à la télé et en ligne, un spectacle à part entière, et qui se vend très bien. Le spectacle dominant, pourrait-on dire, depuis que Le Petit journal de Canal+, qui avait récupéré pour partie la panoplie de l'Arrêt sur images version télé, a lui-même fait des petits, abâtardissant l'exercice.

Partout, à toute heure, se nourrissant de l'impasse politique, ce ne sont aujourd'hui, que graves spécialistes révélant les non-dits des candidats, filmant les coulisses des réunions, extorquant à grands cris des "petites phrases" de moins de cinq secondes, prétendûment moins "langue de bois" que les grands discours, ou révélant, attention au scoop, qu'ils se maquillent avant de passer à la télé. Et ce discours totalitaire du "décryptage" en est venu à occulter les vrais enjeux, les questions migratoires, le dérèglement climatique, la révolution numérique ou la mondialisation.

C'est donc dans cette direction-là que, loupe en main, Sherlock va porter son regard. C'est vers l'escouade des décrypteurs, qu'il va tourner sa loupe. Ce sera chaque dimanche, à midi. Les allergiques savent donc ce qu'il faut éviter. Mais quelque chose me dit que vous serez tout de même nombreux au rendez-vous.

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