Naissance d'une émission
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Naissance d'une émission

Et hop, une nouvelle émission, sur le site. Elle s'appelle D@ns le film.

C'était une vieille envie. Comment faire un site baptisé @rrêt sur images, même s'il traite de bien d'autre chose que d'images, sans qu'il y soit question de cinéma ?

Pour passer d'une envie à sa réalisation, il faut un déclic. Ce fut Régis Debray, et son "dégagement" élogieux inattendu d'Avatar, sur notre plateau.

Sortie inattendue, oui, et conséquences non préméditées. A la fin de l'émission, avec Judith, on se dit, "tiens, si on faisait la prochaine sur Avatar". L'idée chemine manifestement dans la tête de Judith, qui consacre sa chronique suivante au film. Un internaute, par ailleurs critique de cinéma, Rafik Djoumi, répond dans le forum à cet article. Cette réponse à Judith constituant en elle-même un texte brillant, nous en faisons un article.

Le débat est engagé. Très poliment, très gentiment, le texte de Rafik Djoumi nous recadre : est-il bien équitable d'aborder Avatar sous le seul angle de son "message", politico-idéologique ? Très poliment, très gentiment, ce texte nous rappelle qu'il s'agit d'un film, qu'il est donc possible d'aborder tout simplement comme un film. C'est peu dire que ces lignes scotchent toute l'équipe. Et une bonne partie de nos @sinautes. Comment donc, il y a tant de choses intéressantes à dire, sur cette superproduction hollywoodienne? Comment donc, même ceux qui avaient déjà vu le film, n'y avaient pas vu tout ce qu'en montre Rafik ? Bref, on brûle déjà de voir la rencontre Rafik / Judith. Notre @sinaute accepte aussitôt l'invitation. Complètent le plateau, un philosophe, Michel Cazenave, une réalisatrice, Anne Murat, et notre ami Alain Korkos.

Pendant ce temps, dans les forums, la discussion prend. Vous vous engouffrez dans l'appel d'air. A l'heure où j'écris, on en est à quelque 500 messages environ pour chacun des articles consacrés au sujet. Et une vraie discussion, avec de vrais morceaux de réflexion dedans. Comme si depuis des années, vous étiez frustrés ici de débats et de réflexion sur la fiction, sur les belles, les grandes histoires, sur les épopées et les envolées, dégagées de la nécessité de l'amarrage au réel.

Reste à donner naissance, matériellement, à l'émission. Là, sans vouloir nous vanter, on est un peu passés maitres. "Oui, ce serait une nouvelle émission", dis-je à François Rose, en lui décrivant l'idée. "Ah oui, un truc du genre D@ns le film" répond François. Le brain storming sur le titre a duré quatre secondes.

Concevoir le décor est à peu près aussi rapide.


 

En une soirée, François, assisté de Lucie et Pierre, bricole un décor en forme de pellicule, avec les anciens rideaux de Ligne j@une, conservés dans notre déménagement (première règle de la déco-réalisation, ne rien jeter, jamais).

picto Premier décor dans l'histoire de la télé, fabriqué par un déco-réalisateur, une documentaliste, un webmaster (et quelques pizzas).

Pour fabriquer l'écran de projection que l'on voit dans le plan large, nous avons simplement basculé à l'horizontale le panneau d'incrustation de D@ns le texte, ce qui lui donne un aspect vaguement 16/9. Ah oui, tiens, car on s'est dit qu'on allait tourner l'émission en 16/9, Avatar mérite bien ça. picto


Le résultat vous appartient désormais. Ce que je retiens de cette odyssée d'@si vers la planète Fictionna, c'est que notre projet est biologiquement né d'Internet. Faut-il en conclure que seul le web serait capable de produire une critique argumentée d'un OVNI cinématographique comme Avatar ? La critique de cinéma traditionnelle, trop cloisonnée, est-elle incapable de s'extraire, sur un tel objet, de l'alternative infernale du discours promotionnel ou de la vulgate anti-hollywoodienne ? "A l'Obs, en 1985, personne ne connaissait le Seigneur des anneaux" nous rappelait l'an dernier, dans une précédente émission, un de nos invités, Bernard Werber. Pourquoi l'intelligence des remarques de nos invités d'aujourd'hui n'a-t-elle trouvé asile que sur des médias marginaux (la revue Medium de Régis Debray, ou Philosophie Magazine) ? Jolis sujets de réflexion pour médiologues. Quoiqu'il en soit, ce qui ne cesse de m'émerveiller, c'est la souplesse que nous offre ce média, cette liberté d'inventer une émission comme on respire, et à propos de respiration, l'oxygène que nous donne votre respiration collective à vous. Bon, je m'arrête, je vais devenir lyrique.

A l'arrivée, un grand bol d'air. Pour une fois, nous sortons vraiment de l'image d'information, pour aller respirer les grandes mythologies mondiales, l'Illiade et l'Odyssée, la guerre des Etoiles. Bref, fureter dans les espaces infinis de l'imagination.

Accessoirement, donc, une nouvelle émission. Sommes-nous irresponsables ? Beaucoup d'entre vous, je le sais, pensent que nous en faisons déjà trop, des émissions, et que vous n'avez pas le temps de les regarder toutes. Que répondre ? Ceci : on ne peut pas s'empêcher. Irrésisitiblement, l'inexploré nous attire. Ne me demandez pas encore quel est l'avenir, si nous allons perenniser D@ns le film, si elle va remplacer D@ns le texte, s'y ajouter, si nous les tournerons en alternance. Nous n'en savons encore rien. On verra bien. Voyons déjà quel accueil vous faites au bébé.

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