A contretemps
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A contretemps

Vous la connaissiez, vous, cette loi Kouchner de 2002, qui oblige les médecins, liés d'une manière ou d'une autre à des labos, à déclarer ces liens dès qu'ils s'expriment dans les médias ?

Nous non plus.

Quand notre invité de la semaine dernière, Christian Lehmann, après l'enregistrement, nous en a mentionné l'existence, je me suis pincé.

Voilà. Il y a dans la République des lois clandestines, inappliquées. Il en existe beaucoup, comme ça ? Sans doute.

Bref, Sophie Gindensperger s'est mise immédiatement en quête d'exemples de transgressions de cette très secrète loi de la République.

Les résultats d'une première recherche sont éloquents. Sans doute, en poursuivant la recherche, pourrait-on en trouver beaucoup d'autres.

Cette enquête, comme tous nos travaux, est à la disposition de tous nos confrères, qui souhaiteront la reprendre, et s'en emparer. Et pour qu'elle le soit davantage encore, nous avons décidé de la classer "d'utilité publique", c'est à dire en libre consultation par tous, abonnés et non abonnés. Je suis sûr que nos abonnés le comprendront.

On verra bien si on est "repris". Quelque chose me dit qu'on ne le sera pas tant que ça.

D'une part, parce que nombre des confrères qui pourraient reprendre une enquête telle que celle-ci, se trouvent aussitôt mis en cause eux-mêmes. Et eux ? A chaque fois qu'ils ont interrogé, ou invité, un médecin, lui ont-ils demandé s'il était lié, d'une manière ou d'une autre, à des laboratoires pharmaceutiques ?

Mais ce n'est pas la seule raison, pour laquelle nos "reprises" risquent d'être minces.

Cette enquête, notre enquête, sort à contretemps. Comme diraient les confrères : "il n'y a pas d'actu particulière".

C'est vrai. La seule actualité, c'est que...nous la publions.

Nous avons d'ailleurs hésité, avant de la publier. Ne valait-il pas mieux attendre "une actu", comme on dit ?

Et puis non. "L'actu", elle ne se suit pas, elle se crée. A ceux qui le veulent, il appartient de la créer.

Suivre l'actu, se soumettre à l'agenda collectivement rédigé par le système, c'est tomber dans le premier piège qui guette les journalistes, ce piège d'autant plus pernicieux qu'il est invisible.

De la même manière, les plateaux que nous vous proposerons cette semaine devraient être, eux aussi, hors de "l'actu" immédiate. Mais quelque chose me dit qu'ils vous intéresseront tout de même.

Dans la dictature de l'agenda, être à contretemps, c'est aussi la pluvalue que nous vous offrons.

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