2021, l'année de la relève
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chronique

2021, l'année de la relève

Comme chaque année, sonne l'heure des comptes. Vous trouverez en pièces jointes notre bilan et notre compte de résultats pour 2020. Je vais à l'essentiel : notre bénéfice net a doublé depuis l'an dernier, pour s'établir à 41 010 euros. Nous renouons ainsi avec une habitude bénéficiaire, qui n'a été interrompue que par le développement de la V2 de notre site, en 2018.

La publication de ces comptes est surtout l'occasion de vous faire une annonce importante : 2021 marquera un grand tournant pour Arrêt sur images. Ce sera l'année de la transmission à l'équipe de la propriété et de la responsabilité du site. L'année de la relève.

Retour en arrière. Dès sa création, en 2007, c'était mon intention. C'est un peu par accident, que je me suis trouvé propulsé à la tête de cette entreprise par l'enthousiasme des premiers pré-abonnés (salut chaleureux à celles et ceux qui sont encore là), après la suppression de l'émission de France 5. Je n'ai jamais eu particulièrement l'âme d'un patron, même si j'ai bien dû faire le boulot pendant près de quatorze ans.

Comme pour toutes les décisions qui ne sont pas sur le haut de la pile des urgences, il aura fallu du temps. Et ce temps est venu. Pour plusieurs raisons, dont une essentielle : ma date de naissance, qui m'impose de passer la main à une nouvelle génération, davantage en prise avec les médias et l'univers mental d'aujourd'hui.

Je ne vous cache pas qu'après quatorze ans à en supporter la charge mentale, je ne suis pas fâché de transmettre le fardeau. Un seul exemple : à la tête de ce site, et de l'émission qui l'a précédé, j'ai déjà couvert cinq médiatisations de campagnes présidentielles. Même si chacune est évidemment cruciale, l'intérêt, forcément, s'émousse. L'impression de déjà-vu est stérilisante.

La relève est prête. Dans un premier temps, notre rédactrice en chef, Emmanuelle Walter, que vous connaissez bien par sa lettre hebdomadaire et par ses émissions, prendra la responsabilité rédactionnelle entière du site, avec le titre de directrice de la publication, à partir de cet été.

À l'automne, c'est la propriété du site, qui changera de main, la société passant d'un actionnaire unique à une collectivité d'actionnaires, composée de tous ses salariés à temps complet. Nous vous en détaillerons alors les modalités précises, et les statuts renouvelés de l'entreprise. Sachez seulement, dès maintenant, que toutes les précautions seront prises pour que perdure le modèle économique qui est la base de notre indépendance : zéro pub, zéro actionnaire extérieur, zéro subvention, zéro revenu "non journalistique". Vos abonnements, et rien que vos abonnements. Sans oublier, pour ceux qui ne souhaitent pas s'abonner, les dons, néanmoins, toujours aussi précieux pour éviter d'augmenter nos tarifs d'abonnement, et rester à la portée du plus grand nombre (c'est là).

Et moi personnellement ? Que vais-je devenir ? Je n'ai aucune intention de vous quitter. Dans un premier temps, je continuerai le Matinaute, tout en explorant d'autres formes d'écritures (enquêtes ? Reportages ? Les plus attentifs auront remarqué que j'ai déjà commencé, ici sur les querelles autour des rééditions de 1984, là autour du bicentenaire de la mort d'un homme à petit chapeau). Et nous continuerons de nous partager les émissions, avec Emmanuelle et Nassira El Moaddem, dans un trio qui, me semble-t-il, est en train de trouver ses marques. À très vite ! DS.

LA REVENANTE (PAR EMMANUELLE WALTER)

Je suis une revenante ! J'ai travaillé à Arrêt sur images de 1997 à 2000, j'étais journaliste depuis 1994, tout ceci ne nous rajeunit pas. Nous étions alors sur France 5 et je garde le souvenir de scoops trépidants dont nous ne livrions l'existence qu'au dernier moment à la chaîne, par peur de nous faire censurer... Avant Arrêt sur images, j'avais travaillé pour Libération et La Marche du Siècle (quand je vous disais que c'était il y a longtemps), entre autres. Après Arrêt sur images, que j'ai quitté parce que j'avais besoin de tâter du terrain, j'ai passé sept années au Nouvel Obs (devenu L'Obs), surtout au supplément ParisObs, où j'écrivais sur la banlieue et l'éducation. Puis j'ai plongé dans une nouvelle vie : trois années à la campagne (en Normandie) et sept années au Québec (à Montréal), le tout comme journaliste indépendante. J'ai investigué sur le greenwashing, écrit plusieurs livres - sur l'élitisme en France, sur les enjeux autochtones au Canada -, coréalisé plusieurs documentaires (pour les détails, c'est ici).

Et puis, un jour d'hiver, à Montréal, j'ai reçu un mail dont l'objet était "Un revenant". Le revenant, c'était Daniel qui, apprenant que je revenais en France, me proposait de venir lui donner un coup de main à la rédaction d'Arrêt sur images. En septembre 2018, soit 21 ans (!) après mon tout premier jour à ASI, j'étais de retour. La boucle était bouclée. Et voici que se profile un nouveau cycle pour Arrêt sur images, dont je peux déjà vous dire qu'il reposera sur un fonctionnement collégial, avec la super équipe de quatre journalistes – Pauline Bock, Maurice Midena, Paul Aveline, Loris Guémart –, la cheffe des images, Adèle Bellot, et les deux techniciens, Antoine Streiff et Sébastien Bourgine, que vous connaissez déjà. Merci de nous soutenir ! 

E.W.



Nos comptes 2020 :


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