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Adama Traoré : une contre-expertise confirme la mort par asphyxie

Par le - 15h44 - suivi

Adama Traoré est bien mort asphyxié. C'est, d'après les informations du Parisien, la conclusion d'une contre-expertise commandée par la famille de ce jeune homme de 24 ans, décédé il y a bientôt un an lors de son interpellation par les gendarmes. Pour rappel, très rapidement après la mort d'Adama Traoré le 19 juillet dernier, l'ancien procureur de Pontoise Yves Jannier, en charge à l'époque de l'enquête, a d'abord affirmé que le jeune homme était mort d'une crise cardiaque, puis a soutenu qu'il souffrait d'une "infection très grave". Ces déclarations étaient mises à mal déjà à l'époque par les deux autopsies sur lesquelles s'appuyaient Jannier, et qui concluaient elles à une mort par "syndrome asphyxique". Jannier a aussi assuré qu'une seconde autopsie n'avait révélé "aucune trace de violence susceptible d'expliquer le décès".

Les conclusions de la nouvelle contre-expertise demandée par la famille, datées du 22 juin dernier et que Le Parisien a pu consulter, viennent donc à leur tour démentir les affirmations de l'ancien procureur, puisque les auteurs, le professeur Jean-Patrick Barbet et le docteur Pierre Validiré, assurent "qu'«aucun signe ne permet d'évoquer un état infectieux antérieur» chez Adama Traoré", explique le quotidien. Qui relaie la conclusion des experts : "L’ensemble de ces constations permet de conclure que la mort de Monsieur Adama Traoré est secondaire à un état asphyxique aigu, lié à la décompensation – à l’occasion d’un effort et de stress". Pour l'avocat de la famille Traoré, Yassine Bouzrou, ces conclusions confirment la thèse selon laquelle Adama Traoré serait mort suite à des violences exercées par les gendarmes.

Adama Traoré avait été interpellé le 19 juillet dernier à Beaumont-sur-Oise, dans le Val d'Oise, lors d'un contrôle d'identité. Le jeune homme avait été écrasé au sol par le poids des trois gendarmes présents, ainsi que ces derniers le racontaient en juillet dernier à L'Obs, à l'aide d'un plaquage ventral. Un plaquage que la famille accuse d'être la cause de la mort d'Adama Traoré. Toujours d'après les déclarations d'un des officiers, le jeune homme se serait plaint d'avoir du mal à respirer et les trois membres des forces de l'ordre assurent l'avoir mis en position latérale de sécurité, une version contredite par un sapeur-pompier.

L'affaire, au départ traitée par le Tribunal de grande instance (TGI) de Pontoise, a été transférée à Paris en octobre dernier sur la demande de la famille. Critiqué pour sa gestion de l'enquête et ses omissions à répétition, le procureur Jannier avait quitté son poste à l'automne 2016, muté comme avocat général près de la cour d'appel de Paris. Après cette nouvelle expertise, l'avocat de la famille a déclaré au Parisien que cette dernière pourrait saisir le Conseil de la Magistrature pour faire sanctionner Jannier.

Invitée sur notre plateau en décembre dernier, la sœur d'Adama Traoré, Assa Traoré, dénonçait les mensonges du procureur – et le traitement des médias, qui avaient au départ "criminalisé" Adama Traoré.

L'occasion de revoir notre émission avec Assa Traoré: "On a établi un rapport de force avec les médias"


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