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Après-Brexit : Barroso embauché par Goldman Sachs

Par le - 20h18 - suivi

Les banques en déroute après le Brexit ? Vite, un ancien dirigeant de l’Europe à la rescousse ! Et pas n’importe qui : l’ancien président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso a en effet été recruté par Goldman Sachs. Sa mission ? Selon le journaliste de La Tribune Romaric Godin, le Portugais aidera la banque d'affaires étatsunienne "à gérer les conséquences de la sortie annoncée du Royaume-Uni de l'Union européenne après le référendum du 23 juin dernier".

Parmi ces conséquences, la perte potentielle de l’accès du Royaume-Uni au marché unique européen. Or, explique Godin, "les banques d'affaires étasuniennes ont naturellement choisi Londres comme base d'opération pour leurs activités européennes". Il leur faudra donc éventuellement ouvrir "de nouvelles filiales dans un pays de l'Espace économique européen". Et de poser alors la question du rôle de Barroso, nommé conseiller et président non exécutif de Goldman Sachs International (GSI) à Londres : "aura-t-il pour charge de faire du lobbying auprès des négociateurs européens qu'il connaît fort bien pour sauvegarder cet accès de la finance londonienne au marché unique (le fameux «passeport» européen) ? Cherchera-t-il à négocier des avantages avec un éventuel «point de chute» ?"

Barosso La Tribune

Cette nomination ne lasse pas de surprendre le journaliste – et de nombreux internautes qui s’interrogent sur ce pantouflage en or. Pour Godin, l’ancien président de la Commission, durant son mandat, "a géré au mieux les intérêts du secteur financier dans une crise causée à l'origine par des produits vendus à la Grèce par Goldman Sachs qu'il rejoint à présent". Et notamment en participant "à la troïka dans tous les pays touchés par la crise, de la Grèce à l'Irlande". De même, "le projet Barnier de séparation bancaire, assez timide, a été abandonné. L'union bancaire n'a pas été conclue sous la direction de José Manuel Barroso".

Cette porosité entre Goldman Sach et de grands dirigeants européens ne date pas d’aujourd’hui : avant Barosso, Mario Monti, ex-Premier ministre italien, ou encore Lucas Papademos, l'ex-Premier ministre grec, sont aussi passés par la banque. Plus vieux encore : GSI a été dirigée par Peter Sutherland, un ancien commissaire européen à la concurrence de 1985 à 1989. Mais le cas le plus souvent cité est celui du dirigeant de la Banque centrale européenne (BCE) et ancien gouverneur de la banque d’Italie Mario Draghi. Entre 2002 et 2005, il a été le vice-président de Goldman Sachs en charge des filiales européennes. Durant cette période, la banque a aidé la Grèce à maquiller son déficit public pour lui permettre de rentrer dans la zone euro. Quel a été le rôle de Draghi exactement ? Difficile à déterminer. Même son prédécesseur à la BCE Jean-Claude Trichet n’a rien voulu lâcher, comme nous le racontons ici.

Il faut croire que Goldman Sachs – "La banque qui dirige le monde" selon un documentaire diffusé en 2012 sur Arte et épluché sur ce site par Judith Bernard – attire les puissants. Mais, selon Godin, "les liens entre Goldman Sachs et d'autres grandes banques et de nombreux fonctionnaires européens ou nationaux posent de véritables problèmes, notamment dans la gestion de la crise financière. […] Voir un ancien chef de l'exécutif de l'Union européenne chercher à aider une banque à gérer au mieux le Brexit ne peut manquer de soulever des questions sur l'engagement quant à l'intérêt général européen des dirigeants de l'UE". Avant de conclure : "cette nomination est particulièrement mal venue et pourrait avoir un effet désastreux".

>> Lire aussi la chronique de Daniel Schneidermann : Barroso, un silence assourdissant.



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