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Springer a peur de Google (Frankfurter)

Par le - 11h37 - lu

Le patron du groupe de presse allemand Axel Springer reconnaît sa totale dépendance vis-à-vis de Google. Dans une letttre ouverte adressée à Eric Schmidt publiée dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, Mathias Döpfner écrit "Google n'a pas besoin de nous, mais nous avons besoin de Google".

"Nous avons peur de Google. Je dois le dire très clairement et franchement, parce que peu de mes collègues osent le faire publiquement."

Dans sa lettre ouverte au patron de Google datée du 16 avril, Döpfner, le patron d'Axel Springer (éditeur, entre autres de Bild et de Die Welt) salue les remarquables résultats de Google dans tous les domaines, du moteur de recherche à YouTube en passant par le système Androïd qui équipe de nombreux mobiles etc.. Et souligne sa faiblesse face au géant : "Avec quatorze milliards de dollars, le bénéfice annuel de Google est environ vingt fois plus grand que celui d'Axel Springer."

"Lorsque Google a changé son algorithme, l'une de nos filiales a perdu 70% de son trafic en quelques jours. Le fait que cette filiale est un concurrent de Google est certainement une coïncidence", ajoute Döpfner sans donner le nom de cette filiale, ni situer la date de cet événement.

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Döpfner reconnaît aussi la position étrange de son groupe Springer qui fait partie de ceux qui ont lancé une action anti trust en Europe contre Google (en ce moment, le moteur de recherche Google a 91,2 % de part de marché en Allemagne), et, qui, par ailleurs, bénéficie des revenus publicitaires de Google suite à un accord concernant les mobiles. Ceci alors que l'Allemagne demande à Google de payer pour les extraits de presse qu'il publie dans ses pages, ce que Google refuse toujours.

Cet étrange dialogue public a commencé par un article paru dans Frankfurter Allgemeine Zeitung sous le titre "La peur de Google" (Angst vor Google) le 3 avril dernier. Le texte dénonçait la "position dominante de Google qui est dangereuse pour la société" et il se demandait "Pourquoi personne n'osait résister face à son monopole ?"

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Schmidt avait répondu dans le même journal, le 9 avril, en parlant des "chances pour la croissance" offertes par Internet et Google à ses partenaires. Il évoquait notamment les négociations entre sa société et Axel Springer pour un partenariat publicitaire sur mobile.

Schmidt y soulignait aussi les efforts d'adaptation de Google face au marché européen et à ses singularités. Enfin, il défendait Google News lancé en 2002, et désormais présent dans plus de 70 pays, et sans publicité. Selon lui Google offre ainsi aux médias plus de 10 milliards de clics par mois.

L'occasion de parcourir notre dossier Google : pieuvre ou idole ?


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