Taubira, contre le cadenagate
Brève

Taubira, contre le cadenagate

Et Twitter vint au secours du matinaute. "Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l'affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l'affaire de l'affaire, jusqu'à ce que personne n'y comprenne plus rien". La citation est prêtée à Charles Pasqua. La marée l'a providentiellement apportée sur mon fil Twitter. Dans l'idéal, il faudrait vérifier son authenticité. Nommer une commission d'enquête, voire un juge d'instruction. Il doit bien en rester quelques uns de désoeuvrés. Mais elle est si belle ! Il est bien imprudent de prêter des citations, ou toutes autres affaires, à Charles Pasqua. Mais l'ancien ministre l'ayant à son tour prêtée à Twitter, je la garde. Trop pratique.

Dans l'idéal, il faudrait tenter de démêler les fils des affaires dans l'affaire, raconter dans le détail comment une affaire Sarkozy, plouf plouf, se transforme en affaire Taubira. Si l'on était vraiment interactifs, et si on cherchait le clic, on vous préparerait des quiz, tous les jours, pour voir si vous suivez. Mais celà vous intéresse-t-il vraiment ? Si l'on en croit vos réactions sur les rézosociaux, les deux sujets d'@si qui vous ont le plus intéressés ces derniers jours sont : 1) La bagarre de certains chercheurs, qui ne veulent pas être "pistés" par l'éditeur scientifique Elsevier. Question indiscutablement passionnante, et qui a indiscutablement sa place sur ce site, sur les circuits de l'information scientifique. 2) Un vite-dit commis hier par le toujours remarquable Alain Korkos, sur l'affaire des cadenas du Pont des Arts, à Paris (et que j'ai étourdiment classé, pauvre de moi, dans la rubrique "Vous n'êtes pas obligés"). Oui, il y un cadenagate. Le Pont croule sous les cadenas, apposés là par des touristes, des amoureux, ou plus néfastes encore, des touristes amoureux. Sous le poids des cadenas, des pans entiers du parapet menacent écroulement. Eh bien, je découvre que le débat fait rage. Contre les cadenasseurs, s'est lancée une pétition anti-cadenas. On se jette à la tête le respect du patrimoine, la vocation touristique de Paris, la liberté individuelle qui s'arrête où commence celle des autres, et évidemment l'amour, toujours l'amour. Mais que font donc Hidalgo et NKM qui, sauf erreur, n'ont pas abordé le sujet ? Et l'on s'étonne que la campagne municipale ne passionne pas.

Si France Inter et Le Grand journal faisaient leur menu en fonction des rézosociaux, ils n'inviteraient donc pas Plenel et Hortefeux, mais Alain Korkos et un couple de cadenasseurs australiens (suggestion gratuite). Mais patience, on y viendra, on y est même déjà. Avez-vous vu, le week-end dernier, cette passionnante simulation d'un cabinet conseil américain, qui a reconstitué les Unes de plusieurs grands medias anglo-saxons, si elles étaient déterminées, non par les choix des journalistes, mais par ceux des internautes ? En substance, il y aurait bien moins d'Ukraine, et de scandales politiques, et bien davantage de régimes alimentaires. Cette étude a sidéré bon nombre de mes confrères de medias sérieux, qui l'ont re-twittée avec de grands points d'exclamation. Dont je ne suis pas arrivé à discerner s'ils exprimaient l'épouvante, ou la sidération des révélations brutales.

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