Samsonite : le marathon des ex-salariés (Cash Investigation)
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Samsonite : le marathon des ex-salariés (Cash Investigation)

L’émission "Cash Investigation" diffusée le 3 mars sur France 2 revient sur une des nombreuses affaires de fermetures d’usines, celle de l’ex-usine Samsonite à Hénin-Beaumont en 2007, à laquelle @si a consacré une émission en 2010. A l’époque, près de deux cents emplois avaient été supprimés. Aujourd’hui, ces anciens salariés n’ont pas abandonné le combat et s’attaquent au fonds d’investissement américain Bain Capital, qui détenait à l’époque Samsonite, et qu’ils accusent d’avoir sacrifié leur emploi pour davantage de profit.

Affaire Samsonite - Cash Investigation, 3 mars 2015

Magouilles au pays de la finance américaine. L’émission "Cash Investigation" du 3 mars revient sur la fermeture en 2007 de l’ex-usine Samsonite à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et sur le combat de ses anciens salariés, une situation à laquelle @si avait consacré une émission en 2010. Il s’avère que toute l’histoire n’était qu’une gigantesque opération financière. Aujourd'hui, les anciens employés de l'usine poursuivent le fonds d'investissement Bain Capital à travers le monde.

Rappel des faits : après les attentats de 2001, Samsonite connaît de grosses difficultés. L’entreprise est alors rachetée en 2003 par un fonds d’investissement américain Bain Capital pour 105 millions de dollars. Le fonds s’emploie à réduire les dépenses et augmenter les dividendes. En 2005, Samsonite, donc Bain Capital, décide de revendre l’usine d’Hénin-Beaumont pour empêcher un plan social inévitable et qui coûterait cher à l’entreprise. L’usine est reprise pour 1 euro symbolique et un bonus d’environ 10 millions d’euros par Jean-Jacques Aurel, PDG d’Energy Plast, qui fabrique des panneaux solaires. Bain Capital se débarrasse donc d'une usine destinée à fermer pour une somme bien inférieure à un plan social. Une reprise vouée à l'échec : aucun panneau solaire ne sort des ateliers. Dix-huit mois plus tard, l’entreprise fait faillite, l’usine est fermée en juin 2007. Energy Plast ayant fait faillite, le licenciement se fait aux frais de la collectivité : l’entreprise ne paie rien aux employés.

Un mois plus tard, en juillet 2007, Bain Capital revend Samsonite à un fonds d’investissement à Hong-Kong pour 1,7 milliards de dollars. L’opération "rationalisation" de Bain Capital a fonctionné, au prix de centaines d’emplois sacrifiés.

Le PDG d'Energy plast, Allié inattendu

Impossible à l’époque pour les anciens employés de l’usine d’Hénin-Beaumont, représentés par l’avocat Fiodor Rilov, de poursuivre en France les actionnaires de Samsonite. Il n’y a pas de preuves impliquant Bain Capital. En juin 2009, le PDG Jean-Jacques Aurel avait été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis.

Qu’est-ce qui a changé depuis l’émission d’@si en 2010 ? "Cash Investigation" nous apprend que les anciens salariés de l’usine Hénin-Beaumont n’ont pas lâché l’affaire. Ils ont même trouvé un "allié inattendu" : l’ancien PDG d'Energy Plast. Fatigué de "porter le costume du 'patron voyou' tout seul", nous explique "Cash investigation', il décide en 2011 de venir en aide à ses anciens employés, en replaçant notamment Bain Capital au coeur des événements.

Grâce à son témoignage, qui impliqueun représentant de Bain Capital Patrick Lebreton dans les discussions de 2005 sur la reprise de l’usine d’Hénin-Beaumont, le combat a repris. En 2014, les anciens ouvriers de Samsonite se rendent donc à Boston avec leur avocat Fiodor Rilov. Leur but : engager un procès contre Bain Capital, le fonds d’investissement qui gérait Samsonite jusqu’en 2007.

En juin 2014, la Cour fédérale de Boston juge cependant qu’il y a prescription pour l’affaire. Les anciens salariés d’Hénin-Beaumont poursuivent désormais la branche européenne du fonds d’investissement, basée à Londres. L’histoire n’est donc pas encore terminée.

(Par Juliette Gramaglia)

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