Modiano : Bergé insulte un chroniqueur du Monde
Brève

Modiano : Bergé insulte un chroniqueur du Monde

On ne touche pas à Modiano ! Pierre Bergé, l'un des trois actionnaires du journal Le Monde, s'en est pris sur Twitter au chroniqueur littéraire du quotidien, l'écrivain Eric Chevillard, en le traitant de "connard". En cause : une chronique jugée trop sévère du dernier livre de Modiano, parue dans le journal le mois dernier.

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Le Monde, son univers impitoyable. Sur Twitter, l'actionnaire du Monde s'est emporté contre le chroniqueur littéraire de son quotidien, Eric Chevillard, coupable d'avoir critiqué un peu trop ouvertement le dernier livre de Patrick Modiano dans l'un de ses papiers, publiée le 2 octobre dernier : "Le lecteur a parfois l’impression de suivre un itinéraire scrupuleusement détaillé plutôt que de lire un roman. A recommander aux touristes en visite dans la capitale. Sans compter qu’un livre dans le vent d’automne se ­replie beaucoup plus facilement qu’un plan" écrivait alors, un brin moqueur, Chevillard avant de s'interroger : "Les inconditionnels vanteront encore la fameuse «petite musique», mais n’est-ce pas la définition même de la rengaine? Comme le roman est mince (150 pages), on parlera d’une épure. Certes, mais la littérature selon Modiano est déjà tout en ellipses et, s’il persiste à l’amaigrir encore, les mots eux-mêmes y seront bientôt implicites. Et que restera-t-il alors ?".

Une semaine après la parution de ce papier, Modiano reçoit le prix Nobel de littérature et Bergé saute sur l'occasion pour critiquer, sur Twitter, le papier de Chevillard :

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Après la publication, hier, dans Le Monde d'un papier nettement moins critique et signé Denis Cosnard sur le discours de Modiano prononcé à Stockholm lors de l'attribution de son Nobel, Bergé en a remis une (grosse) couche :

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Sur son blog, Chevillard a cette fois jugé utile de réagir : "Voilà de longs mois déjà que je ne réponds que par des blagues aux propos insultants de Pierre Bergé à mon égard. Je ne suis pas de ceux qui pensent en effet qu’il devrait s’interdire de donner son avis sur ma chronique du Monde des livres au prétexte qu’il est propriétaire du journal. Emporté par sa vindicte, il lui arrive cependant de me calomnier – ainsi mon article sur Modiano n’était pas un éreintement en règle, mais une critique respectueuse et nuancée", estime le journaliste du Monde qui a visiblement peu goûté le dernier tweet de son actionnaire : "Voilà que j’apprends qu’il me traite maintenant de connard (sic) depuis la branche de Twitter où il croasse ses imprécations. Cela confine au harcèlement moral, non ? J’ai donc le choix : ou bien je lui envoie ma démission – mais pourquoi pas des fleurs avec ? Ou bien je m’immole par le feu dans le hall du journal. Ou j'attends plutôt qu'il me vire ; et au moins les choses seront claires".

Twitter toujours : après la publication de son post de blog, Chevillard a reçu le soutien de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, grands reporters au Monde. Alain Beuve-Méry, journaliste au quotidien et président de la société des rédacteurs du Monde, a aussi interpellé son actionnaire sur le réseau social. Force est de constater, après la réponse de Bergé, que ce dernier n'est pas un grand amateur du supplément littéraire de son propre journal, Le Monde des livres (MDL) :

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