Dropped : ALP de nouveau condamnée pour "faute inexcusable"
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Dropped : ALP de nouveau condamnée pour "faute inexcusable"

Trois ans après le crash d'hélicoptères qui a coûté la vie à dix personnes sur le tournage de Dropped (TF1), la société de production ALP vient d'être condamnée pour "faute inexcusable". ALP, qui doit verser 120 000 euros à la famille d'un caméraman décédé, a fait appel de la décision.

Deuxième condamnation pour "faute inexcusable" à l’encontre d'Adventure Line Productions (ALP). La société productrice de l'émission Dropped (TF1) a été condamnée lundi 24 septembre à verser 120 000 euros à la famille d'une des victimes de l'accident mortel survenu sur le tournage du jeu télévisé, il y a trois ans.

Le 9 mars 2015, au cours du tournage en Argentine de cette émission de téléréalité produite par ALP, le crash de deux hélicoptères avait coûté la vie à dix personnes. Parmi elles : la navigatrice Florence Arthaud, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat qui participaient au jeu comme candidats. Mais aussi des membres de l'équipe de tournage, dont le caméraman Brice Guilbert. C'est la famille de ce dernier qui a obtenu gain de cause en début de semaine devant le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Lyon.

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"dans un but de sensationnalisme"

Le tribunal a en effet estimé que "dans un but de sensationnalisme pour un simple spectacle de divertissement télévisuel", la société ALP avait "choisi de faire prendre des risques particulièrement importants à l'ensemble des personnes transportées." Le tribunal a estimé que la production "ne pouvait ignorer" la dimension "particulièrement accidentogène" d'un vol d'hélicoptères en formation rapprochée.

C’est la deuxième condamnation pour "faute inexcusable" d’ALP dans cette affaire. En effet, en avril dernier la société de production avait été citée à comparaître devant le tribunal des affaires de sécurité sociale des Hauts-de-Seine, saisi par la famille de Laurent Sbasnik, un autre caméraman décédé dans le crash. ALP avait alors déjà été condamnée à verser 120 000 euros aux plaignants. La société avait aussi été sommée de rembourser quelque 400 000 euros à la Caisse primaire d’assurance maladie des Hauts-de-Seine. Pour cette première condamnation, comme pour celle de ce lundi, ALP a annoncé faire appel.

Un procès au pénal en vue

Une autre procédure est encore cours devant le tribunal des affaires de sécurité sociale de Paris. Celle intentée par la famille de la journaliste Lucie Mei, autre victime française du crash qui réclame, elle aussi, la condamnation d’ALP pour "faute inexcusable", ainsi que 400 000 euros d’indemnités. Pour l’heure, ce tribunal a choisi d’attendre l’issue du procès pénal, alors qu’une instruction pour "homicide involontaire par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence" est toujours en cours au TGI de Paris. Dans le cadre de cette enquête, et en attendant d’être entendu au pénal, ALP et son directeur de production sont toujours placés sous le statut de témoins assistés.

Pour rappel, deux ans avant l’accident mortel survenu en Argentine, le tournage d’une autre émission d’ALP, Koh-Lanta, avait dû être interrompu après la mort d’un candidat, suivi du suicide du médecin urgentiste du programme. Arrêt sur images, suivi par d'autres médias, avait alors recueillis des témoignages tendant à montrer comment la mécanique du jeu l'avait emporté sur les règles élémentaires de sécurité.

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