Crash du vol MH17 : armée russe impliquée (CORRECT !V/Mediapart)
Brève

Crash du vol MH17 : armée russe impliquée (CORRECT !V/Mediapart)

Qui est à l’origine du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines au-dessus de l’est de l’Ukraine le 17 juillet dernier et dont la totalité des 298 passagers a péri ? Un missile de l’armée russe, conclut une enquête menée par le site d'investigation allemand CORRECT!V et publiée sur Mediapart. Les enquêteurs se fondent sur le rapport des autorités hollandaises mais aussi sur le travail effectué par le site britannique Bellingcat – objet d’une chronique de Jean-Marc Manach sur @si – ainsi que sur la récolte de nombreux témoignages en Ukraine et en Russie.

Attention : "c’est l’un des plus graves crimes de guerre de notre temps et la vérité n’a toujours pas été établie". Ainsi commence la longue enquête publiée sur Mediapart et menée par le site d'investigation allemand CORRECT!V parti à la recherche de l’engin qui a abattu le Boeing du vol MH17 de la Malaysia Airlines au-dessus de l’est de l’Ukraine le 17 juillet dernier. Un crash qui a vu la totalité de ces 298 passagers périr – pour moitié des Hollandais – et dont certains médias n’avaient pas hésité à montrer les passeports et les affaires personnelles des victimes comme nous le rapportions ici. Est-ce une bévue pro-russe, russe ou ukrainienne ? Malgré les nombreuses enquêtes officielles et indépendantes, il n’y a à ce jour aucune réponse officielle.

A moins que l’enquête menée par CORRECT!V change la donne. Ce travail de longue haleine commence par une certitude : le Boeing n’a pas été abattu par un avion de chasse mais par un missile tiré au sol selon l’un "des meilleurs experts en combat aérien" cité par les enquêteurs allemands, mais dont le nom n’est pas révélé. Sur la base du rapport des autorités hollandaises du trafic aérien OVV qui ont mené leur propre enquête, qui reconstitue les dernières minutes du vol sans formuler de conclusions, l’avion a été heurté par un grand nombre «d’objets à forte énergie». Or, d’après l’expert, seul un missile tiré du sol peut causer de tels dommages. Et pas n’importe quel missile : "ce ne peut être qu’un BUKM1, un missile tueur d’avion développé par les Soviétiques".

Partant de là, quel est l'engin qui a tiré ce missile ? Les enquêteurs – après avoir écarté l’hypothèse d’un tir provenant d’un avion de chasse ukrainien – étudient la version russe qui affirme la présence de deux lanceurs de missiles BUK ukrainiens dans un champ près du village de Zaroschens'ke. Or un tir de ce genre fait beaucoup de bruit et, d’après les témoignages des villageois, aucune détonation n'a été entendue. Les enquêteurs s’intéressent alors à la piste d’un lanceur de missile Buk appartenant à la 53e brigade russe de défense anti-aérienne repéré par le site britannique Bellingcat dont les recherches à partir de photos et vidéos récupérées sur Internet furent l’objet, sur @si, d’une chronique de Jean-Marc Manach ainsi que d’une émission avec le blogueur Olivier Berruyer. Lequel émit de vives critiques sur les conclusions des enquêtes du site britannique trop proches, à son goût, de la version de l’Otan.

Avions de chasse ukrainiens cachés derrière avions de vacanciers

De là, les enquêteurs partent sur la trace d’un sergent de cette 53e brigade, démobilisé en juin, ainsi qu’un tiers des membres de son unité. Pour quelles raisons cette démobilisation ? Probablement pour se rendre en Ukraine. Pour les enquêteurs, "peu de doutes, c’est bien la 53e brigade de défense anti-aérienne de Koursk qui a pris position à Snizhne, dans l’est de l’Ukraine, cet après-midi-là", soit le 17 juillet. Les enquêteurs se rendent alors à Snizhne et rencontrent là encore des habitants dont une femme qui assure avoir "entendu quelque chose, un son long, puis il y a eu un bruit". Un missile a donc bien été tiré. Reste une question : est-ce un officier russe ou un séparatiste pro-russe qui a tiré le missile ? La parole est donné à l’expert en combat aérien qui est formel : "les missiles russes ne sont lancés que sur ordre d’un officier russe". Son analyse est partagée par un ancien de la 53e brigade russe de défense anti-aérienne de Koursk.

Conclusion de l’enquête : "le gouvernement de Vladimir Poutine est responsable d'avoir abattu l’avion. […] Que cela ait été fait intentionnellement ou par accident, dans un moment de panique, n’a aucune importance". Une responsabilité partagée, note toutefois l'enquête, avec le gouvernement ukrainien "qui a utilisé les passagers des avions de ligne comme boucliers humains lors de ses attaques aériennes sur les chars russes. Ces avions de chasse se sont cachés derrière des avions remplis de vacanciers, mettant en danger la vie de centaines d’innocents". Une responsabilité relevée également par Berruyer durant notre émission.

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