Charlie Hebdo : le collectif met la pression sur la direction
Brève

Charlie Hebdo : le collectif met la pression sur la direction

La réorganisation de Charlie Hebdo crée des remous en interne.

Le collectif de onze salariés, créé au mois de mars pour réclamer une redistribution des actions du journal à tous les salariés, vient de publier une tribune dans Le Monde pour dénoncer la mise à l'écart des salariés dans la réorganisation du journal et les projets à venir. "Nous assistons aujourd'hui à des prises de décision importantes pour le journal, souvent le fait d’avocats, dont les tenants et les aboutissants restent opaques. Nous entendons qu’une nouvelle formule se prépare, dont nous sommes exclus. Nous ignorons tout de la fondation qui est en train d’être créée", regrette ce collectif de salariés, tout en se défendant de vouloir prendre le contrôle du journal pour des raisons mercantiles. "Nous n’avons aucune ambition personnelle, hormis celle de faire un journal toujours meilleur et de faire perdurer Charlie Hebdo. La cause que nous défendons n’est en rien financière, c’est une cause juste et morale", précise la tribune.

Au passage, le collectif réaffirme sa volonté de créer une société coopérative : "Le journal doit abandonner le statut d’entreprise commerciale, suggère le texte. En accordant à chacun d’entre nous le droit de prendre part, collectivement, aux décisions qui engagent le journal, sans en retirer de gains personnels : les parts sociales dévolues ne donneront aucun droit à dividendes, mais nous offriront la possibilité d’être impliqué dans la reconstruction de ce qui est pour nous aujourd’hui bien plus qu’un employeur. En bloquant, comme nos camarades du Canard enchaîné, sous votre regard et par la volonté de tous les membres de Charlie, ces incroyables réserves financières qui doivent ne servir qu’à garantir la pérennité du titre à dix, vingt ou trente ans, en en affectant les fruits à la consolidation du titre, à l’apuration de ses dettes, à son développement et à sa nécessaire modernisation".

Cette allusion à l'actionnariat et aux réserves du journal fait référence à une précédente crise au sein du journal, survenue en 2008 et révélée par Le Monde et BFM Business. En 2008, l'ancien directeur Philippe Val (mais aussi Cabu) avait touché près de 300 000 euros de dividendes, notamment grâce à la vente du numéro sur Mahomet "C'est dur d'être aimé par des cons". Au total, Val aurait même perçu près de 1,6 million d'euros de dividendes pendant la période où il était directeur du journal.

Actuellement, 40% du journal est détenu par le dessinateur Riss (le nouveau directeur de la rédaction), 20% par le directeur financier Eric Portheault et les 40% restant appartiennent pour l'instant aux parents de Charb.

Un nouvel élément pour notre dossier : Charlie Hebdo : on n'a pas fini de rire

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