Après D. Schneidermann, Haski (Rue89) et Politis victimes de "swatting"
Brève

Après D. Schneidermann, Haski (Rue89) et Politis victimes de "swatting"

Après la mésaventure nocturne de Daniel Schneidermann, Pierre Haski de Rue89, la rédaction de l'hebdomadaire Politis, ainsi que son directeur Denis Sieffert, ont reçu à leur tour la visite nocturne de forces de police, alertées par de faux appels téléphoniques.

Les trois journalistes seront reçus mardi 23 juin, à sa demande, par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Pierre Haski a, une nouvelle fois, tué sa femme. Dans une tribune publiée à 5 heures, ce matin, le co-fondateur du site Rue89 révèle qu'une trentaine de personnes (parmi eux, des membres du Samu, des pompiers et des policiers de différentes unités) sont intervenues à son domicile cette nuit. Ce n'est pas la première fois : Haski avait déjà été victime de la même mésaventure en août 2014, après la publication sur son site d'une enquête sur les méthodes de Grégory Chelli, dit Ulcan, hacker sioniste dont nous avions aussi brossé le portrait sur notre plateau l'été dernier.

Pour Haski, aucun doute : une nouvelle fois, "le « mode opératoire » est signé : le pseudo hacker sioniste Grégory Chelli, alias Ulcan, basé en Israël et agissant depuis des mois en toute impunité". "Il a pris le contrôle de ma ligne téléphonique et appelé la police pour dire, en mon nom, que j’avais poignardé ma femme, et – variante fantaisiste par rapport à la précédente fois – que j’avais ouvert le gaz dans l’immeuble", écrit Haski. Le co-fondateur de Rue89 s'interroge sur les motivations de Chelli : "Me fait-il payer d’avoir relayé sur Rue89, mercredi matin, la chronique de notre ami Daniel Schneidermann, le patron d’Arrêt sur images, racontant comment il avait eu droit la veille à la visite de forces de police chez lui (en son absence), là encore pour avoir « tué sa femme » ?".

Une chose est sûre pour le journaliste : l'impunité dont bénéficie Ulcan doit cesser. "Plusieurs ministres se sont rendus au « chevet » de TV5 Monde lorsque cette station francophone a été subi une attaque informatique au printemps dernier ; mais le gouvernement n’a toujours pas dit publiquement un mot sur les activités de ce hacker qui fait tomber des sites et harcèle pêle-mêle journalistes, militants politiques ou associatifs, personnalités politiques comme Martine Aubry, ou patrons comme Stéphane Richard". "S’il s’était agi d’une situation inversée – un hacker en France, agissant à visage découvert, harcelant des Israéliens –, gageons que le problème aurait été réglé en l’espace de quelques jours...", conclut-il.

une vitre brisée par la police chez politis



La nuit a aussi été agitée pour la rédaction de l'hebdo Politis, ainsi que pour son directeur, Denis Sieffert. Selon nos informations, les policiers ont en effet reçu, dans la nuit de mercredi à jeudi, deux autres faux appels téléphoniques. Le premier indiquait qu'un cambriolage venait d'avoir lieu à l'adresse de la rédaction de Politis, et que Sieffert y séquestrait sa femme. Le second appel disait la même chose, en indiquant cette fois-ci l'adresse du domicile de Sieffert. Deux équipes de policiers se sont rendues sur les lieux, entre 3 heures et 4 heures du matin. A l'adresse de la rédaction, les policiers ont brisé une vitre pour pouvoir pénétrer à l'intérieur, avant que l'alarme ne se déclenche et que les membres de la rédaction ne soient ainsi alertés par le service de sécurité du bâtiment. Au domicile de Sieffert, les policiers ont "toqué violemment" à sa porte, a expliqué à @si un membre de la rédaction de l'hebdomadaire, et le patron de Politis leur a immédiatement ouvert.

Tweet de Thierry Brun, rédacteur en chef adjoint de Politis

Ces canulars téléphoniques font suite à la publication hier, sur le site de Politis d'une tribune intitulée "Un canular désopilant", signée Sieffert, qui revenait sur l'intervention de la police au domicile de Pierre Stambul dans la nuit du 8 au 9 juin à Marseille. "Ce qui nous intrigue ici, c’est l’impunité dont il jouit, et l’incroyable facilité avec laquelle il parvient à mobiliser la fine fleur de notre police nationale", écrivait Sieffert à propos de Grégory Chelli. Le directeur de la rédaction de Politis se demande au passage si les autorités françaises "font tout ce qui est en leur pouvoir pour obtenir l’extradition de l’activiste". Pierre Haski, Daniel Schneidermann et Denis Sieffert seront reçus le 23 juin, à sa demande, par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Sur son compte Facebook, Ulcan a réagi, ce matin, aux évènements de la nuit dernière :

L'occasion de revoir notre émissions sur l'affaire Ulcan : "Benoît, ils ont dit que tu étais décédé !".

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