Agression femme voilée : Fourest condamnée
Brève

Agression femme voilée : Fourest condamnée

Caroline Fourest a été condamnée aujourd'hui par le tribunal de grande instance de Paris pour diffamation dans le dossier l'opposant à Rabia Bentot, jeune femme voilée agressée à Argenteuil en 2013. L'information, relayée sur quelques sites internet, nous a été confirmé par l'avocat de Fourest, qui va "très probablement" faire appel.
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C'est l'avocat de Bento, Hosni Maati, qui a annoncé le premier la nouvelle sur sa page Facebook.

Ce litige remonte au 25 juin 2013 et une chronique de Fourest intitulée "Faut-il être féministe pour dénoncer l'agression des femmes voilées ?". Dans cette chronique, la journaliste mettait en doute les propos d'une jeune femme voilée, agressée quelques semaines plus tôt à Argenteuil : "C’est une jeune femme d’à peine 17 ans qui aurait été insultée, traitée de sale arabe et de sale musulmane par deux hommes, deux autres crânes rasés ayant porté des coups et arraché son voile. Cette fois aussi la jeune femme n’a pas déposé plainte tout de suite, il a fallu attendre que son père, en voyage à l’étranger, ne revienne accompagnée de militants du CRI (ndlr - Coordination contre le Racisme et l'Islamophobie) bien décidés à médiatiser l’agression, notamment sur le site communautariste Oumma.com, où le père, pourtant absent au moment des faits, passe son temps à couper la parole à sa fille, pour donner sa version. Et là aussi c’est une version qui n’a pas arrêté de changer, dont la police d’ailleurs doute. Elle n’exclut pas un règlement de comptes familial, une opération punitive destinée à faire payer à la jeune femme son style de vie, jugé trop libre, ce qui changerait évidemment tout". Jugeant ces propos diffamants, la jeune femme en question, Rabia Bentot, a déposé plainte.

La 17ème chambre du Tribunal de grande instance de Paris a donné aujourd'hui raison à Bentot et condamné Fourest à verser 3 000 euros de dommages et d'intérêts à la plaignante. Contacté par @si, Richard Malka, avocat de l'éditorialiste, confirme ces informations, même s'il ne comprend pas la décision : "Cette décision m'apparaît non fondée. Caroline Fourest était dans un débat d'idées complètement légitime, elle n'a pas cité le nom de la personne, elle a pris énormément de précautions oratoires en parlant au conditionnel. C'est une décision très restrictive en qui concerne la liberté d'expression et d'opinion". Envisagent-ils de faire appel ? "Très probablement", répond l'avocat.

Une précédente chronique de Caroline Fourest, à propos de globes oculaires prétendûment arrachés en Ukraine, avait retenu l'attention du... CSA, qui estimait que certaines informations n'avaient pas "fait l'objet de vérifications préalables suffisantes".

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