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Commentaires

Voynet à Montreuil : derrière le plan com' de sa non-candidature

Un "texte qui serre le coeur" publié sur son site, une interview à Libération et une autre à France inter : la mise en scène de la non-candidature de Dominique Voynet à la mairie de Montreuil (93) a eu l'écho attendu. C'est partout dans la presse aujourd'hui. D'autant plus que Voynet invoque le refus du clientélisme et de l'usage de la violence en politique pour justifier son départ. Un coup d'éclat qui balaie un peu vite une réalité moins romanesque, à commencer par des erreurs de gestion et un sondage qui la donnait perdante.

Derniers commentaires

Mentionné (avec erreur) dans l article plutôt bon par ailleurs, je souhaiterais m entretenir avec vous.
Stephane Goudet, directeur artistique du Melies (et non pas directeur), licencié pour " non dénonciation d'une irrégularité comptable " qui aurait été commise par d autres (qui n ont pas été licenciés) et surtout " non respect du devoir de réserve " ( et non pour détournement de fonds...), après que Voynet a accusé Le Melies dans toute la presse d avoir une caisse noire (nous avons porte plainte pour diffamation) . Mon mail : goudets@yahoo.fr
Bien à vous
Stephane Goudet
En effet, si on parlait du clientélisme? Que Dominique Voynet le mette en avant pour de bonnes raisons ou pour de mauvaises, ça ne l'empêche pas d'exister et de corrompre la vie citoyenne. Vu la manière dont il est répandu, vu la manière dont il sert désormais d'argument électoral (dans les primaires, à Marseille, par exemple) ça ferait un excellent sujet d'émission.

Prendre en compte les besoins et les demandes des citoyens, où est la frontière?
Si je peux me permettre, pour comprendre la situation politique de Dominique Voynet, il manque le rappel des conditions de son élection : elle s'était maintenue au 2ème tour, alors qu'elle était derrière une autre liste "de gauche". Elle a été "élue par la droite". Un peu comme en 2012 à La Rochelle Olivier Falconi contre Ségolène Royal.
Ce péché originel a marqué toute la mandature.
A priori la sincérité pour vous ça n'existe pas. Si Dominique Voynet démissionne ce n'est que pour des mauvaises raisons. Faut il s'accrocher à son siége pour trouver grâce à vos yeux ? Dans ce cas Gaudin à Marseille est le roi de la franchise de l'honnêteté de la probité, et de la compétence.
Vous vous servez surtout de toutes les déclarations de ses adversaires pour lui tailler un costard. C'est justement ce qu'elle dénonce ! Je n'habite pas Montreuil, je ne suis pas écolo, mais votre façon de décrire le renoncement de Dominique Voynet me donne envie de la croire. Peut être est ce le résultat escompté par votre article et dans ce cas là je vous dit bravo !
Etonnant que les discussions de comptoir d'un ville de banlieue parisienne en viennent à faire la une des journaux et se retrouvent dans l'une de vos chroniques (que j'ai connues plus perspicaces et objectives).

Certes Montreuil est une grande ville de (+ de 100 000 habitants), mais elle ne mérite sans doute pas plus que Toulouse, Bordeaux ou Rennes de faire l'actualité sur sa vie municipale qui n'est sans doute pas plus indigente qu'ailleurs.

Montreuillois depuis plusieurs années, je continue de m'étonner que les altercations d'un microcosme politique qui, ici comme ailleurs, ne dépasse pas la centaine de militants chevronnés, puisse se retrouver dans les journaux nationaux à grand tirage..
"Etonnant que les discussions de comptoir d'un ville de banlieue parisienne en viennent à faire la une des journaux"

En se penchant un peu sur sa population, on "pourrait" tomber sur un grand nombre de personnes travaillant dans les médias.
Je n'aurais pas pu trouver meilleure explication :)
C'est d'ailleurs sans doute pour cela que "l'affaire du Méliès" a eu autant d'écho.
Car au fond, qu'un-e Maire décide de déboulonner un de ses chefs de service (car rappelons-le, le cinéma de Montreuil est municipal) ne me semble pas un fantastique scoop. Mais quand la ville regorge de réalisateurs, journalistes et d'une armée d'intermittents, on peut être sûr que cela va devenir l'attraction du village dont on discute le dimanche matin au Bar du Marché ...
L'affaire du Méliès était clairement une querelle de personnes, dont on pouvait débattre et entendre parler toute la semaine au Bar du Marché.
Allez hop, j'vais me prendre un demi en face au Chinois avec la musique on entend moins les râleurs.

Etonnant que les discussions de comptoir d'un ville de banlieue parisienne en viennent à faire la une des journaux et se retrouvent dans l'une de vos chroniques (que j'ai connues plus perspicaces et objectives).

@ Jérome MARTINEZ : C'est justement parce que c'est partout qu'on a "complété" le plan com' en rappelant l'historique du feuilleton médiatique. En étant plus objectif (voire perspicace, mais ça, c'est vraiment dans mes bons jours), je faisais quoi de différent ?

D'un plan com' à un plan d'article :

Première partie : Les 3 interventions de Voynet (qui répète la même chose)
Deuxième partie : Une ambiance délétère, la faute à tout le monde
Troisième partie : A part Le Figaro, la presse a zappé tous les soucis de la gestion de Voynet
Un peu de mesure dans la seconde partie, qui me semble bien déséquilibrée. En reprenant essentiellement les articles du Monde et du JDD qui se focalisaient sur la personnalité et le caractère de D. Voynet, la question de "l'ambiance délétère" se réduit essentiellement à la problématique de l'attitude de la Maire.
Qu'on soit d'accord ou non avec la manière dont elle a géré la ville pendant 5 ans, on ne peut pas nier que la vie politique locale est étouffante de combines, coups bas, agressions et mauvaise foi.

Derrière le plan comm', il y a sans doute d'autres raisons, politiques ou non, mais il y a aussi une part de sincérité qui en fait l'écho. Discutant avec des ami-e-s dans d'autres villes, engagés ou non dans la vie municipale, beaucoup se reconnaissent dans les propos de D. Voynet, au delà du fait de se reconnaitre ou non dans ses engagements politiques et de pouvoir ainsi évaluer son bilan et sa compétence.
Etonnant que les discussions de comptoir d'un ville de banlieue parisienne en viennent à faire la une des journaux et se retrouvent dans l'une de vos chroniques (que j'ai connues plus perspicaces et objectives).

1- Si les mésaventures de Dominique Voynet à Montreuil font la une des journaux, il me parait normal qu'@si en parle, même si l'on peut penser que ces journaux donnent trop d'importance à cet événement. @si ne crée pas l'événement. Lorsqu'@si l'analyse le buzz autour de l'évènement, @si est tout à fait dans son rôle.
2 - Dominique Voynet est une personnalité politique connue au plan national.
3 - Dominique Voynet est une femme. Cette actualité nous conduit une nouvelle fois à analyser le rapport des femmes au pouvoir..*
4 - Dominique Voynet appartient au mouvement écologiste. Là encore, on peut se poser la question de l'aptitude à gouverner de ces hommes et femmes politiques qui se recrutent dans cette mouvance relativement récente, qui a peu d'expérience de la politique politicienne et de ses [s]magouilles[/s] réalités.
5 - le fait qu'un maire sortant ne se représente pas est un fait suffisamment rare (alors que d'autres s'accrochent à leur mairie comme des berniques à leur rocher) pour qu'il mériter une description.

* Les abonnés à Médiapart ont bien entendu dévoré le beau film de Camille Froidevaux et Laurent Metterie (construit autour de témoignages de 57 femmes politiques) que le site publie aujourd'hui-même.
Hypothèse:

3 - Dominique Voynet est un homme. Cette actualité nous conduit une nouvelle fois à analyser le rapport des hommes au pouvoir..

Question: valideriez-vous toujours cette hypothèse si elle était un fait, et plus encore: si D. Voynet avait été un homme, auriez-vous écrit ce 3 - ?
si D. Voynet avait été un homme, auriez-vous écrit ce 3

Non, bien sûr.
Depuis des siècles, ce sont les hommes qui exercent le pouvoir à peu près partout : en politique, dans la famille, dans les ateliers et les usines. Les "positions éminentes" sont occupées par des hommes, à de rares exceptions près.
Qu'une femme exerce un pouvoir est, encore de nos jours, relativement rare. Cela induit probablement chez beaucoup de personnes un comportement de refus : il n'acceptent pas que le pouvoir soit exercé par une femme. Lorsqu'une femme occupe un poste de pouvoir, elle doit faire preuve de beaucoup plus de talent qu'un homme au même poste. D'autant qu'elle n'a pas à sa disposition beaucoup de modèles sur qui prendre exemple.
Le fait que certains traitent Dominique Voynet de "pète-sec" me parait symptomatique. Ce n'est pas une expression qu'on emploie d'habitude pour désigner un homme naturellement autoritaire qui sait utiliser les procédés qui permettent de dominer sans avoir à péter sec.
Mais peut-être ai-je mal compris votre question.
Peut être un plan com. Peut être des sondages qui la donnaient perdante (c'était aussi le cas en 2008). Pas une raison pour ne pas entendre ce qu'elle dit, qui d'ailleurs, n'est pas propre à Montreuil.

Difficile de faire de la politique localement sans clientélisme, et c'est d 'autant plus déprimant, que c'est ce qui marche... Médecin, Defferre, Balkany, Carignon... La liste est longue.


Parce que ses propos sont jugés par vous comme des excuses et uniquement comme tels (et avec une ceriane ironie de votre part), je trouve cet article un peu à charge.
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