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Uranium appauvri : un reportage relance le débat sur les déchets nucléaires

La France entrepose en Sibérie des matières radioactives issues de ses centrales nucléaires : c'est le scoop publié cette semaine simultanément par Libération, sur Arte et dans un livre. Tandis que la secrétaire d'Etat à l'Ecologie leur demande des comptes, les industriels du nucléaire se défendent et crient à la calomnie.

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On s'aperçoit comme tout les reportages de ce type qu'il sont pipés par la (mauvaise ?) foi des réalisateurs ou leur parti pris militant.
Encore une fois, pas de quoi fouetter un chat. On peut rêver d'un monde dont la seule dangerosité serait celle de la radioactivité de l'uranium appauvri !!

Ne parlons pas des rejets dans l'atmosphère des centaines de milliers de voitures qui circulent le matin pour emmener ces pauvres petits à l'école, au lieu de les laisser faire 2 km à pied.
Ne parlons pas de ces centaines de milliers de foyers qui se chauffent en toute bonne conscience au fuel (rejets), au charbon (rejets) et même au bois (fumées et rejet de CO2 considérable).
Ne parlons pas des déchets de l'industrie chimique, de l'industrie pharmaceutique, de l'empoisonnement de notre nourriture par les milliers de tonnes de pesticides utilisés par nos "braves" paysans.

Mais parlons du nucléaire qui fait peur (à juste titre, mais il est maitrisé), qui cristallise nos angoisses et qui a le gros défaut de nous rappeler (par son volet militaire) que nous sommes tous condamnés à mort.
les commentaire présents sur le forum ne concerne que une possibilité du débat.
Au vu du d"bat, je me demande pourquoi, jamais,personne n'ai fait remarquer au "Dir Com" de AREVA que son argumentation, fondée sur le principe:"cela est une mise en scène" ne soit mis en cause sur la com de la boite(papier ou télé) qui n'est rien moins que de la mise en scéne mais avec plus de moyens financier que ne peuvent les "antinucléaires"
"Il est légitime qu'un journaliste ai des sentiments."
Certes, c'est un humain, (jusqu'à preuve du contraire :) mais est ce que toute la difficulté de ce métier n'est pas d'une part de ce servir de ses émotions, voire des les exacerber pour mieux s'insurger contre un fait, d'en faire un moteur à l'investigation vers la révélation de la vérité, et d'autre part, de devoir s'en détacher, tenter de refouler les chocs émotionnels, les présomptions et les convictions à l'heure de la divulgation des informations. Être capable de se mettre à la place de l'accusé, d'imaginer l'impact des mots (ou des sons/images) sur le destinataire et de faire la part entre ses convictions, ses sentiments et les faits. La neutralité et vérité ne sont elles pas la base et le but du journalisme ?

Comme un ministre en exercice devrait être de comportement irréprochable, un reportage de journaliste (sur des questions non-tranchées) ne devrait-il pas comporter autant d'arguments dans le sens des convictions du journaliste que dans l'autre ? Bien entendu, c'est un but impossible, en tant qu'humain sain d'esprit il n'est pas possible de se détacher à ce point de ses sentiments, mais la différence entre militantisme et journalisme mérite d'être sauvegardée. Pourquoi un journaliste ne pourrait-il pas faire un reportage militant, revendiqué comme tel, si il le faut en marge de son reportage journalistique ?
Dans la bataille sémantique avec Areva, c'est Benjamin Dessus qui a bien résumé la situation :
On a un paquet de merde et on nous dit qu'éventuellement, dans 50 ans, si tout se passe bien, ça sera un tas d'or. Mais pour l'instant et jusqu'à nouvel ordre, ça reste un paquet de merde.

Or, vu le contexte économique et géopolitique, et au train où vont les choses, il y a un risque non négligeable que cela reste à jamais... un paquet de merde.
Sur ASI, j'ai appris à décoder, alors voilà mon essai de décodage de l'aspect communication :-)

Un des sujets de l'émission d'Arte tournait autour de l'uranium EDF entreposé en Russie.
Mais cet enjeu n'a pas été bien explicité à mon avis, il y a le débat en paroles et le non dit du débat, des 2 côtés.
Aussi bien AREVA +EDF que les antinucléaires (il est clair que le documentaire est anti) ont intérêt me semble t il à ne pas tout bien expliciter.

Voilà ma compréhension, essentiellement avec de l'info trouvée sur Internet, et accessoirement à partir du film et du débat.

Contexte: le combustible usé issu des centrales est retraité à la Hague. Un certain % de la partie uranium est envoyée en Russie pour y être enrichi dans des centrifugeuses. La partie enrichie revient chez EDF pour être brûlée (à Cruas selon le Monde d'hier, semble t il). La partie appauvrie reste en Russie. Ceci parce que l'usine AREVA de diffusion gazeuse de Pierrelate (Eurodif) ne peut pas enrichir l'uranium retraité sans encombres. Il faut attendre l'usine de centrifugeuses d'Areva, vers 2014.
(En plaisantant, on pourrait aussi envoyer cet uranium à Natanz en Iran, ce qui occuperait les Iraniens et les empêcherait de faire trop vite de l'uranium au grade militaire; ce n'est peut être même pas complètement exclu qu'un deal politique global comporte ce genre de clauses :-).

Le vrai débat est: l'Uranium Appauvri (UA) est il un déchet ou non?
Ce débat a déjà eu lieu à propos des 200 000 t d'UA du site de Bessines près de Limoges où est entreposé l'UA d'Eurodif. Celui ci est similaire à celui de Russie, mais moins radioactif car l'UA retraité contient des isotopes de l'uranium plus radioactifs que U235 et U238.
Le conseil d'état a tranché en 2001 en faveur d'AREVA, donc cet UA n'est pas stocké selon les normes "déchets".
Ce point est discutable; par exemple aux US, le DOE a semble t il acté que l'UA est un déchet de type A.
Donc on peut défendre les 2 positions, selon les pays:
- c'est valorisable à terme, donc ce n'est pas un déchet - position EDF+AREVA
- peut être, mais aucune technologie existante ne permet de le valoriser, donc c'est un déchet - position des antis

Note: l'UA peut servir de matériau fertile pour les surgénérateurs du futur (vers 2040?) dans le cadre du programme international GEN IV.

Dans ces conditions, les antis disent (subliminalement) à EDF: c'est un déchet et EDF s'est mis en contradiction avec la loi sur les déchets qui ne peuvent pas être stockés à l'étranger. Mais ils ne formulent pas le problème comme ça, ils disent: vous ne recyclez pas 96%, vous mentez, comme d'habitude. Des 2 cotés, on joue sur les mots entre recyclé et recyclable. Et aussi, "c'est dangereux de stocker de l'uranium sur un parking en plein air". Ils n'utilisent pas le mot appauvri qui affaiblirait leur propos.

Je m'attendais à ce que EDF explicite le fait que l'UA n'est pas un déchet. Au contraire, Mr Granger s'est borné à dire que "nos équipes ont visité le site russe et il est conforme". Pourquoi cette prudence? A mon avis, EDF est conscient de la fragilité de sa position qui est juridique, franco-française et donc contestable; après tout, un appel des antis devant une cour européenne pourrait changer la décision du conseil d'état ... . Donc EDF préfère rester dans le flou.

De même, les antis sont conscients du fait que que les quelques(?) de milliers de tonnes d'UA EDF en Russie pourraient facilement être rapatriés et fermer le dossier. Et sans doute aussi que le risque sanitaire de l'UA russe est quasi nul.
Sinon ils auraient ressorti le dossier Bessines.

Les antinucléaires sont tout sauf bêtes. Donc, dans une lutte avec une technostructure "assez puissante", ils exploitent toute faille pour "Sortir du nucléaire", avec mauvaise foi si nécessaire. C'est de bonne guerre.

Mais la faille UA existe.

Donc, je garde l'impression que le corps des Mines continue à me prendre pour un benêt (pour rester dans la tonalité de l'émission :-)
j'ai fait mon stage dans une centrale nucléaire pendant 3 mois pour mon BTS. Je me suis intéressé en particulier au fonctionnement d'une centrale nucléaire et surtout a la sécurité nucléaire. Ce qui en résulte à la fin, c'est que le plus grand problème est bien les déchets nucléaires même si ce n'est pas le seul... Le reportage que j'ai visionné(merci pacontente) est très professionnel. Je n'y ai pas vu d'erreur. Je pourrais fournir un tas d'informations à vous apprendre mais je ne sais pas par ou commencer. Je vais relire mon rapport, et donner des informations complémentaires qui n'ont pas été mentionnées dans le reportage. Si quelqu'un veut me poser des questions, qu'il n'hésite pas,j'essayerais de répondre le plus pertinemment possible.
Deux choses me turlupinent un peu.

On ne parle ici que d' uranium enrich en tant que dechet, en declarant : "l'uranium de retraitement ne peut être réutilisé qu'à hauteur de 10%. Les 90% restants restent donc en Sibérie, à 8000 kilomètres de la France."

Je ne suis pas du tout un specialiste, mais j'aimerais bien savoir si lrosque cette personne dit on ne peut utiliser que 10% de ces dechets, elle veut dire on ne peut re-utiliser que 10% dans le cycle de production de l'energie.

Je pense me souvenir que l'uranium enrichi etant un materiaux extremement lourd, le pantagone a eu la brilliante idee de l'utiliser dans l'armement depuis quelques decennies, et que cet uranium provenait bien des dechets nuclaires, d'autant plus interessant pour les marchands d'armes que des dechets ne coutent rien.

et dans ce cas, il me semble quand meme assez bizarre d'envoyer cet uranium enrichi dans un pays comme la Russie, qui n'est pas encore un modele parfait de stabilite poilitique.

Deuxieme chose : quid des dechets HAVL ? ces fameux 4% ? dont certains mettent apparement jusqu'a des millions ( Millions ! ) d'annees, la plupart quelques milliers d'annees a decroitre.

Franchement quelle vanite de notre part, et quel cadeau pour les generations fututres, alors que nous n'arrivons pas meme a comprendre des civilisations qui ne se sont eteintes qu'il y a 2000 ou 3000 ans !
Les "anti-nucléaires" ne sont pas plus "anti-nucléaires" qu'ils ne sont "anti-pollutionnaires", "anti-mauvais-air" "anti-armée de terre", ou "anti-étiquettaires"....pourquoi ce doigt accusateur vers les "anti-nucléaires" ?
Dirigez le plutôt vers les "pro-nucléaires" d'Areva qui nous prennent pour des imbéciles en jouant sur les mots, en béguaillant et en esquivant la question de leur responsabilité.

Il n'est question que de profit immédiat, comme toujours, les problèmes c'est pour les générations à venir, "nous", on s'en met plein les poches, et avant que la catastrophe n'arrive, en s'en fout, on ne sera plus là !!! Voilà le discour depuis des années de ceux qui nous traitent d'anti-nucléaire.......
Je n'ai pas encore regardé ce reportage par manque de temps, mais je n'ai pas oublié de l'enregistrer, je me le garde pour ce week end.

Quand on voit comment les manifestations anti-nucléaire sont "encadrées", on voit bien une tentative politique de ne pas aborder ce sujet qui dérange. C'est disproportionné (lors de la dernière manifestation à colmar, les autorités ont tenté d'interdire la manifestation pendant un bon mois avant au final de nous parquer à la place de la gare et de fermer toute le centre ville pour nous contenir)

J'espère bien que cela relancera le débat pendant longtemps sur le nucléaire, afin que nous envisagions enfin des solutions alternatives à cette pseudo "indépendance énergétique" qui pollue pour des centaines de générations futures.
Bernard Bigot vous connaissez ?
Haut commissaire au CEA, et conseillé de Sarkozy pour le nucléaire.
A la fin du documentaire il nous vantait les mérites de la confiance comme seule garantie pour les 6000 générations à venir.
Aujourd’hui il prétexte que le coup de téléphone du CEA signalant l’existence des 39 Kg d’uranium n’a pas été suivi d’effet.
CQFD : c'est pas de sa faute, il ne faut pas s'inquiéter, circulez.
Illustration en images ici.
Vous lui faites confiance vous ?!
Très bon article, et sujet très intéressant!
Curieuse de voir le plateau de demain...

Juste un souvenir, vite fait : quand j'étais en école d'ingénieur, on a eu une journée sur le nucléaire avec une table ronde notamment. Il y avait un mec d'EDF je crois, un médecin du travail qui bossait dans les centrales, je ne sais plus qui d'autre, et un type de "sortir du nucléaire". Comme quoi il arrive qu'on puisse les réunir.
Et bien, autant les autres intervenants étaient intéressants, posés, argumentés, autant le mec de "sortir du nucléaire" nous a sorti une diatribe complètement subjective, sans autre argument que "le nucléaire c'est mal, la preuve : la bombe atomique" (j'exagère à peine, juré!).

Je ne développe pas plus (pas le temps, et j'attends le débat de demain) mais c'était juste pour faire contrepoint aux gens qui disent que les "pro-nucléaire" refusent le débat, sont orientés (sous-entendu que les "anti" seraient forcément objectifs et au-dessus de tout soupçon).
1 Grand sujet
2 Grand article
Quant à l'émission à venir... ben normalement, jamais deux sans trois.
Merci Sophie pour ce décryptage.
Quant à vos dernières questions, je répondrai sincèrement sur l'une d'elles que non, on ne doit pas être forcément "pro" ou "anti", mais je ne veux pas gâcher le suspense de l'émission ;-)
En ce qui me concerne, prôner le droit à la transparence et à l'information me suffira amplement
Je ne sais pas si vous avez prévu d'inviter Sylvestre Huet, journaliste scientifique à Libération mais ces billets sur les déchets nucléaires d'Areva (Nucléaire: déchets et polémiques sur le film d'Arte (ce soir)) et sur l'incident à Cadarache (Le plutonium de Cadarache : la vraie histoire) sont très éclairants.
Je vois que l'émission de demain porte sur le sujet, je voudrais attirer votre attention sur le forum mis en ligne suite à l'émission http://www.parlonsen.areva.com/fr/suggestions et en particulier http://www.parlonsen.areva.com/fr/rejets-de-crypton-a-l-usine-de-la-hague-impact-100078

Ce qui est étonnant c'est le peu de réponses et de sujets ouverts. Surtout quand on se souvient de l'activité du chat qu'il y avait le jour de la diffusion sur le site d'arte... Forum modéré ?
Je suspecte la présence de Laure Noualhat. On verra bien…

(Au passage, si vous pouviez lui demander ce qu'elle éprouve lorsqu'on l'appelle "employée du journal de Rotschild" ? Juste pour vérifier une intuition. Merci.)
la troisième guerre mondiale demain sur le plateau d'ASI ! Toutes les fois où l'on veut organiser un débat entre pro et anti nucléaire, soit les pro refusent (avant de supposer que je suis de mauvaise foi parce que je suis une anti, essayer de votre côté, d'organiser une réunion publique avec un représentant d'Aréva après lui avoir dit que ce serait contradictoire, je vous souhaite bien du plaisir. Mais pour DS super héros de la transparence rien n'est impossible, on verra demain), soit le pronucléaire s'arrange pour que son interlocuteur ne puisse pas parler et que le téléspectateur veuille zapper (j'ai vu une archive de ce genre, c'était bien avant ma naissance. De mon vivant, il n'y a plus eu d'émission avec un pro et un anti nucléaire).

On doit noter qu'Aréva a bien adapté sa ligne com' avec le concept de "mix énergétique" (devinez qui défend mot pour mot la même politique énergétique ? je vous donne un indice : elle est à la tête de la nouvelle Agence internationale pour les énergies renouvelables). S'il y a un pronucléaire de moins de 60 ans il va le sortir, ce concept de "mix énergétique" (qui promeut les énergies renouvelables parce que c'est à la mode mais en demandant toujours plus d'investissements dans l'énergie sale, ben oui, les énergies renouvelables, ça tombe du ciel, pas besoin d'investissement). Ils sont tellement prévisibles ces pronucléaires que ça en devient lassant.
J'attends votre émission avec grande impatience, il est difficile de se faire un avis tant les prises de positions sont à la fois extrêmes et politisées.
J'avais entr'aperçu Mme "Areva" en zappant, mais j'ignorais qu'elle faisait sa comm. comme d'habituuuuude !
J'aime par dessus tout l'argument "ce sont des anti-nucléaires" qui ont fait le film ! Ah ouaaaai ! Areva a donc tout compris... so what ?
Le film montrait la rivière pourtant éloignée de la région de Sibérie où les déchets (car j'affirme que ce sont des déchets, et je ne suis pas une pro du nucléaire et je me fiche du terme exact) français entre autres sont "recyclés" ! L'appareil de mesure du représentant de la CRIIRAD en sifflait d'horreur tellement le taux relevé était énorme !
Sans parler de la Sibérie (puisque la France s'en fiche, ça n'est pas chez elle), on a vu ce que les tuyaux relâchaient en mer à des kilomètres de La Hague ! Tout comme les fumées rejetées par les cheminées de l'usine... qui, selon les vents, peuvent répandre leur "merde" (excusez cette vulgarité mais je ne vois pas d'autre mots sauf le terme technique que j'ai oublié) jusqu'en Suisse, en Belgique, dans le Midi etc.
Et après ça, il faudrait qu'on se repente d'être "anti-nucléaires" ? C'est fort de café ça ! On ne sait pas comment se débarrasser des déchets nucléaires, on les accumule, en dépit de tous les dangers qu'ils peuvent représenter... et ça n'est pas hypothéquer sur l'avenir de l'être humain ou de la planète ?
Elle est forte, Mme Areva !
Le reportage sur arte était excellent. J'en profite pour suggérer à tous les asinautes de le visionner pendant qu'il est encore gratuit sur le service de replay d'arte.
Merci, Sophie, pour cette synthèse.

L'intervention d'Anne Lauvergeon était caricaturale, parlant de Zéro CO2, de développement durable, etc., elle était dans la communication ; et malheureusement le zapping apportait plus tard la contradiction à AL, trop tard, elle était déjà sur le départ.

http://anthropia.blogg.org
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