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Un prophète, de sa prison

L'interview accordée par Julien Coupat au Monde aura donc précédé de quelques jours (et accéléré ?) sa sortie de prison, intervenue le jeudi 28 mai dans l'après-midi.

Derniers commentaires

"Les avocats du groupe de Tarnac, soupçonné d'avoir saboté des lignes TGV en 2008, ont fait part à Nouvelobs.com de leur satisfaction à l'issue de l'examen, jeudi 23 septembre, par la cour d'appel de Paris, à huis clos, de leurs requêtes pour vice de forme.

"Cela s'est très bien passé. Nous avons montré que la procédure reposait sur des actes irréguliers. Pendant deux heures, on a exposé les innombrables irrégularités du dossier", indique Me Jérémie Assous. "Le parquet a reconnu qu'il n'était pas au courant de l'existence du système de vidéosurveillance chez Julien Coupat, qu'aucun magistrat instructeur n'a ordonné", met-il encore en avant."



http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20100923.OBS0261/tarnac-la-procedure-est-en-miettes.html
Bon sang, Le Monde serait-il devenu un repère d'anarcho-autonomes gauchistes ? En tout cas, ils ont bouffé du lion !

Voici comment se termine un article relatant les soucis qu'eut le romancier Dashiell Hammett soupçonné de communiste et interrogé au tribunal par le sénateur McCarthy himself :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/07/04/temoignages-a-charge_1215282_3246.html
Imaginons maintenant que Dashiell Hammett ait été vu un jour près d'une voie ferrée. Et qu'au regard de sabotages effectués sur les trains de voyageurs dans les mois précédents, son comportement ait été jugé ambigu, si bien qu'il ait été emprisonné six mois pour faits de terrorisme sans que les soupçons qui pesaient sur lui aient été étayés de preuves ni d'aveux. Qu'aurait dit le président Eisenhower ? On a peut-être une réponse, du côté de Tarnac.
Ca y est, Fox News s'empare de "L'insurrection qui vient" (la traduction américaine va paraître) !

Séb Musset sur son blog a mis la vidéo et ça décoiffe ! A voir absolument !


http://sebmusset.blogspot.com/2009/07/linsurrection-qui-vient-aux-usa.html
nul n'est prophète en sa prison
des comités de soutien des inculpés de Tarnac à ceux qui luttent:
http://www.manifdu21juin.com/
Bonjour Judith,

Une large part de votre analyse est construite sur du sable.
par exemple, quand Coupat écrit en italique La guerre moderne, cela fait référence au livre "La guerre moderne", de 1960, écrit par l'officier Roger Trinquier et théorisant la guerre contre insurrectionnelle (actuellement appliquée en Irak et en Afghanistan). En résumé cette théorie militaire postule que la victoire militaire est assurée aujourd'hui non par la conquête d'un territoire mais par la conquête et le contrôle de la population de ce territoire, principalement grâce à l'action sociale et à "l'action psychologique" (propagande, maitrise de l'information). le livre dit que les guerres modernes sont des guerres idéologiques visant à emporter l'adhésion des individus, cette adhésion des populations est essentielle pour couper "l'ennemi intérieur" (en 60 Trinquier parlait alors des communistes et des indépendantistes algériens) de sa base populaire.
Mathieu Rigouste a fait un bouquin tiré de sa thèse d'histoire et analyse dans quelle mesure cette doctrine militaire a pu être transposée dans le cadre de la gestion sociale et sécuritaire du problème des banlieues aujourd'hui.
Comme vous êtes chroniqueuse et non journaliste vous ignorez peut être certaines données concernant le maintien de l'ordre aujourd'hui. Sur un plan factuel il se trouve qu'il y a réellement aujourd'hui utilisation de technologies militaires et de tactiques militaires pour le maintien de l'ordre et la gestion des média : drones, grenades de désencerclement, journalistes embeded, bouclage de quartier lors d'opération coup de poingt, mais aussi couvre feu de fait pour les jeunes lorsqu'un quartier est bloqué.
Il y a aussi une législation d'exception qui s'est mis en place et qui rappelle la guerre d'Algérie : plan vigipirate depuis les années 90, droit de fouiller les véhicules, garde à vue prolongée, délit d'embuscade, association de malfaiteur en vue d'une entreprise terroriste (il s'agit d'un crime d'intention, on peut être condamné sans qu'aucun actes positifs n'ai été commis), pénalisation du port de la cagoule, recours à l'état d'urgence en 2005.
Bref tout cela explique que Coupat emploie le vocabulaire de la guerre, ce n'est pas lui qui la déclare, en bon foucaldien ayant inversé la formule de Clausewitz (la guerre est la poursuite de la politique par d'autre moyens devient la politique est la poursuite de la guerre par d'autres moyens) il repère la guerre sous les apparences de civilité et de légalité dont nous abreuvent les média (un seul exemple : les média disent "charges de CRS" au lieu de dire tabassage de manifestants, ils disent la police a fait "usage de gaz lacrimogènes" au lieu de dire que les manifestant se sont fait gazés, la violence d'Etat est toujours euphémisée dans les média et la version de l'Etat prime toujours au début).
En somme il me semble que votre thèse de l'énoncé autoréalisateur de Coupat, celle de la déclaration du guerre créant la guerre et un martyr ne tient pas.

D'autre part vous semblez ignorer que L'insurection qui vient est la version grand public d'un livre moin connu dont le titre est l'Appel (voir sur le site bloom 0101 (http://bloom0101.org). dans ce bouquin et dans L'insurection, le souci d'anonymat n'a rien à voir avec l'expression d'une position opprimée ou baillonnée. Si le comité invisible veut rester anonyme cela tient au soubassement situationiste de la pensée des auteurs, qui refusent la personnalisation médiatique propre à la société du spectacle (en gros ils ne veulent surtout pas ressembler à un pantin médiatique comme Xavier Renou, par exemple). D'autre part on ne voit pas pourquoi vous rapprochez anonymat concernant les auteurs et clandestinité, anonyme ne veut pas dire être clandestin, c'est vous qui créez ce parallèle qui va dans le sens de votre thèse d'une mise en scène volontaire et manipulatrice de la parole visant à créer un effet de persuasion.

Quand l'appel est sorti vers 2003 il n'y avait pas encore de circulaire antiterroriste désignant une menace de type "mouvance anarcho-autonome francilienne" (MAAF), cette circulaire entraine une transmission à la SDAT et au juge antiterroriste de toute affaire concernant une personne fichée comme anarcho autonome par la DCRI date de 2007. Les premières arrestations pour terrorisme anarcho autonome on eu lieu plusieurs mois avant l'histoire de Tarnac (affaire des fumigènes de Vincenne, affaire de la tentative d'incendie d'une dépaneuse, affaire du Fouquets, affaire du chlorate de soude au péage de Vierzon voir ici pour plus d'éléments sur ces affaires et sur la circulaire Alliot Marie concernant la MAAF : http://infokiosques.net/mauvaises_intentions).
L'insurection qui vient a été écrit avant tout cela mais les déclarations de Coupat sont postérieures a ce contexte de répression assez massif (avec de la détention préventive, des filatures, des mises sur écoute, etc. tout cela pour des faits reprochés assez limités : deux tentatives d'incendie de voiture et deux transport de substance pouvant entrer dans la fabrication d'une bombe). Coupat lui même a fait l'objet d'une enquête préalable de plus d'un an avec écoute, filature, intrusion au domicile. Après son arrestation on lui a reproché son mode de vie et le contenu de L'insurection qui vient. Là ou je veux en venir est qu'il y aurait eu de quoi se sentir concrètement opprimé pour ses idées et que relativement à ce contexte répressif, que vous négligez largement, sa parole est finalement assez peu celle de quelqu'un se présentant comme un martyr persecuté pour ses idées.

En résumé le travail d'analyse de texte que vous faite a ses limites, faute de saisir tout le contexte, faute de connaitre ce qui n'est pas dans les textes que vous chroniquez, on arrive facilement à des contresens, parce que le sens n'est pas que dans le texte.

Et si vous faisiez un peu de journalisme (se documenter, interroger les gens, recouper les informations) en sus de vos travaux d'analyse de texte habituels?
Bien loin des considérations des uns et des autres voilà un texte qui est bien plus sympa:
http://www.livevideo.com/video/65EE2BBA11134C8EB1BE01A4DEC9B5AE/sam-cooke-chain-gang-.aspx


I hear somethin' sayin'

(hooh! aah!) (hooh! aah!)
(hooh! aah!) (hooh! aah!)

(Well, don't you know)
That's the sound of the men working on the chain ga-a-ang
That's the sound of the men working on the chain gang

All day long they're singin'
(hooh! aah!) (hooh! aah!)
(hooh! aah!) (hooh! aah!)

(Well, don't you know)
That's the sound of the men working on the chain ga-a-ang
That's the sound of the men working on the chain gang

All day long they work so hard
Till the sun is goin' down
Working on the highways and byways
And wearing, wearing a frown
You hear them moanin' their lives away
Then you hear somebody sa-ay

That's the sound of the men working on the chain ga-a-ang
That's the sound of the men working on the chain gang

Can't ya hear them singin'
Mm, I'm goin' home one of these days
I'm goin' home see my woman
Whom I love so dear
But meanwhile I got to work right he-ere

(Well, don't you know)
That's the sound of the men working on the chain ga-a-ang
That's the sound of the men working on the chain gang

All day long they're singin', mm
My, my, my, my, my, my, my, my, my work is so hard
Give me water, I'm thirsty

FADE
My work is so hard


(Retrouvé en visionnant les vidéos publiées sur le blog de Maître Eloas. Elles m'ont renvoyé sur celle-là extraite du film Cadence
http://www.youtube.com/watch?v=uR2G1801PAo )
Pour signer la pétition: http://calas-fr.net/

Depuis 1986, date où la législation antiterroriste a été instaurée en
France, un empilement de lois successives a construit un système pénal
d’exception qui renoue avec les lois scélérates du XIXe siècle et
rappelle les périodes les plus sombres de notre histoire. L’accusation
d’ «association de malfaiteurs en vue de commettre une infraction
terroriste», inscrite au Code pénal en 1996, est la clef de voûte du
nouveau régime. Or, ses contours sont particulièrement flous : il
suffit de deux personnes pour constituer un «groupe terroriste» et il
suffit d’un acte préparatoire pour que l’infraction soit caractérisée.
Cet acte préparatoire n’est pas défini dans la loi, il peut s’agir du
simple fait d’entreposer des tracts chez soi. Surtout, n’importe quel
type de relation - même ténue ou lointaine, voire amoureuse ou amicale
- avec l’un des membres constituant le «groupe» suffit pour être
impliqué à son tour. C’est pourquoi, sur dix personnes incarcérées
pour des infractions «en rapport avec le terrorisme», neuf le sont
sous cette qualification.

De l’aveu même de ses promoteurs, ce droit spécial répond à un
objectif de prévention. À la différence du droit commun qui incrimine
des actes, la pratique antiterroriste se satisfait d’intentions, voire
de simples relations. Suivant le juge Bruguière, cité par Human Rights
Watch, «la particularité de la loi est qu’elle nous permet de
poursuivre des personnes impliquées dans une activité terroriste sans
avoir à établir un lien entre cette activité et un projet terroriste
précis». C’est dans cette perspective qu’on a vu la possession de
certains livres devenir un élément à charge, car ils constitueraient
des indices sur des opinions; et de l’opinion à l’intention, il n’y a
qu’un pas. A ce flou de la loi pénale, s’associe une procédure d’une
extrême brutalité. Il suffit que le parquet choisisse de manière
discrétionnaire d’ouvrir une enquête sur une qualification terroriste
pour que la police reçoive des pouvoirs d’investigation exorbitants :
perquisitions de nuit, «sonorisation» des domiciles, écoutes
téléphoniques et interception de courriers sur tous supports… De son
côté, le délai de garde à vue - période qui précède la présentation à
un juge - passe de quarante-huit heures en droit commun à
quatre-vingt-seize heures, voire cent-quarante-quatre, dans la
procédure antiterroriste. La personne gardée à vue doit attendre la
72e heure pour voir un avocat - l’entretien est limité à trente
minutes et l’avocat n’a pas eu accès au dossier. A la suite de cette
garde à vue, en attendant un éventuel procès, le présumé innocent
pourra passer jusqu’à quatre ans en détention provisoire.

Par ailleurs, la loi centralise à Paris le traitement des affaires
«terroristes», confiées à une section du parquet et à une équipe de
juges d’instruction spécialisés qui travaillent en relation étroite
avec les services de renseignement. Des cours d’assises spéciales ont
également été instaurées, où les jurés populaires sont remplacés par
des magistrats professionnels. Un véritable système parallèle est
ainsi mis en place avec juges d’instruction, procureurs, juges des
libertés et de la détention, cours d’assises et bientôt présidents de
cours d’assises, juges d’application des peines, tous estampillés
antiterroristes.

L’application de plus en plus large des procédures antiterroristes à
des affaires d’État montre que l’antiterrorisme est désormais une
technique de gouvernement, un moyen de contrôle des populations. En
outre - et c’est peut-être le point le plus grave - cette justice
exorbitante contamine le droit commun : la législation antiterroriste
a servi de modèle dans d’autres domaines pour généraliser la notion de
«bande organisée», étendre les pouvoirs des services d’investigation
et centraliser le traitement de certaines instructions.

La Convention européenne des droits de l’homme et le Pacte des Nations
Unies sur les droits civils et politiques, tous deux ratifiés par la
France, garantissent qu’une sanction pénale soit fondée sur une
incrimination intelligible la rendant prévisible. En outre, ces textes
donnent à chacun le droit d’organiser équitablement sa défense - ce
qui passe par la prompte intervention d’un avocat ayant accès au
dossier. La procédure, «sœur jumelle de la liberté», doit être
contrôlée par un tiers impartial, ce qui est impossible avec une
filière spécialisée fonctionnant en vase clos, dans une logique de
combat idéologique incompatible avec la sérénité de la justice.

Il est illusoire de demander que ce régime procédural soit appliqué de
façon moins large et moins brutale : il est précisément conçu pour
être appliqué comme il l’est. C’est pourquoi nous demandons que les
lois antiterroristes soient purement et simplement abrogées et que la
France respecte en la matière la lettre et l’esprit de la Convention
européenne des droits de l’homme et du Pacte des Nations Unies sur les
droits civils et politiques. Nous invitons tous ceux qui se
préoccupent de libertés à se joindre à notre campagne en ce sens.

Le Comité pour l'Abrogation des Lois Antiterroristes - CALAS - : Giorgio Agamben, Esther Benbassa, Luc Boltanski, Saïd
Bouamama, Antoine Comte, Eric Hazan, Gilles Manceron, Karine Parrot,
Carlo Santulli, Agnès Tricoire.

Avec les signatures de : Alain Badiou, philosophe; Etienne Balibar,
philosophe; Jean-Christophe Bailly, écrivain; Daniel Bensaïd,
philosophe; Alima Boumedienne, sénatrice; Rony Brauman, ancien
président de Médecins Sans Frontières et enseignant; Raymond Depardon,
photographe et cinéaste; Pascal Casanova, critique littéraire;
Jean-Marie Gleize, poète; Nicolas Klotz, réalisateur; François
Maspero, écrivain; Emmanuelle Perreux, présidente du syndicat de la
magistrature; Jacques Rancière, philosophe; Michel Tubiana, président
d’honneur de la Ligue des droits de l’homme; Slavoj Zizek, philosophe.

Pour signer la pétition: http://calas-fr.net/
Vous êtes d'une malhonnêteté intellectuelle incroyable. Vous répondez sur d'autres parties que celles que j'ai mises en évidence. Puisqu'il est impossible de discuter avec vous, bye-bye...

Et en plus d'une mauvaise foi incommensurable. Quand je dis que je m'appuie sur le texte de Judith, comme dans la polémique il y a la question qu'elle aurait "nuancé" son discours par rapport à son intervention devant la caméra, je suis bien obligé de m'y référer.
Message 3/5max du 01/06/09


@ MC Maday (Cela sonne comme du Inspecteur Harry votre pseudo)

Très bien, alors si on applique au texte "bernardien", comme vous dites, yannick G, la méthode de lecture sur laquelle vous vous appuyez pour lire l'interligne de l'interview

Faites donc, faites donc.

- il n'est qu'un gamin orgueilleux qui nous soûle avec ses élucubrations (il déclare la guerre à l'État -qui donc se défend- dans son coin, il critique la partialité des médias qui pourtant par le Monde lui offrent toute latitude pour s'exprimer)
- il profite bien de sa position d'embastillé parce qu'elle transforme sa parole en une parole bâillonnée donc une parole vraie (pour les imbéciles)
- il dit qu'il n'est pas l'auteur de l'IQV, et on s'en fout, hein, mais il y a quand même de troublantes ressemblances entre sa prose et celle de l'IQV, ce qui fait que même s'il ne l'a pas écrit, il pense la même chose et aurait pu l'écrire, ce qui revient au même, cqfd.

En gros, malgré le côté satirique, votre résumé est acceptable.

Bref, il l'a bien cherché

Tout dépend ce que vous entendez par là. Disons que son discours appelait une réaction, donc en ce sens, il l’a bien cherché, mais pas dans le sens de, il a cherché cette réaction-là. En tout cas, il sait en tirer partie dans son action, ce qu’il ne souligne pas, malhonnêteté, duplicité…, en tout cas, il y a de l’opportunisme.

qu'est-ce qu'il vient nous emm... avec ses discours à deux balles oùssqu'il essaie de nous manipuler les méninges en nous détournant de nos luttes quotidiennes, tellement plus vraies que sa guerre fantasmée.

Mouai, en gros d’accord également.

Pas d'accord ? C'est que vous êtes un sensible au méta-texte à géométrie variable.

Ben, si, si, je viens de vous dire que nonobstant certaines tournures inutiles, vous aviez assez bien résumé le discours.

D'ailleurs, cette aversion pour Coupat, pour ce que vous pensez qu'il pense et ce que vous pensez qu'il écrit, se retrouve de façon plus manifeste encore chez vous, qui ne vous privez pas de commenter avec mépris un grand nombre de vos conclusions (pathétique, fanfaronnade, fantasque, duper, berner, et j'en passe). Ce n'est pas ce que vous pensez ? C'est pourtant ce qui ressort nettement de vos interventions.

Ah si, si, encore une fois, c’est carrément ce que je pense, et je pourrai même en rajouter, mais je resterai courtois, une fois n’est pas coutume..

Cet article de la pourtant si souvent fine et nuancée Judith Bernard (je suis fan moi z'aussi) manque cruellement à la fois de logique et d'empathie. Et ça chagrine.

Oh, je suis certain qu’elle ne manque d’aucune empathie pour les personnes innocentes en préventive, en tout, moi, j’en ai, pour le reste, avoir de la sympathie pour son discours, je ne crois pas qu’elle en ait beaucoup comme moi. Sachons séparer le lieu et ce qui est dit à partir de ce lieu, surtout lorsque certains utilisent ce lieu pour renforcer, palier aux déficiences de ce qu’ils racontent. Pour ce qui est de la logique, j’attends votre développement pour vous répondre.

Oublieriez-vous que tout homme est innocent jusqu'à ce qu'on démontre rationnellement et irréfutablement qu'il est coupable ?

Mais, personne ne juge de sa culpabilité, sur quelle base d’ailleurs pourrions-nous le faire, seulement de sa vision des choses, sur quelles bases erronées elle s’appuit.

La conclusion de JB est tout bonnement époustouflante -et c'est ce qui permet à certains d'affirmer qu'elle ne l'aime pas.

Son discours, certainement. La personne, comme moi, elle s’en fout, il n’existe pour nous ici que par son discours.

Mettre quelqu'un en prison sous un régime d'exception pendant une demi-année, ce n'est pas une gaffe, ce n'est pas une erreur stratégique, ce n'est pas une maladresse, c'est un SCANDALE. En majuscule et en italique.

Il n’y a pas de contradiction, cela peut-être tout cela, et oui, de la façon dont elle a lieu, la préventive est criminogène actuellement (le principe lui peut se comprendre, c’est sa réalisation qui est condamnable).

Ah, mais bien sûr, comme c'est un ultragauchiste, en fait, il ne souffre aucunement de sa position

Personne n’a dit cela, ni ne le pense, bien qu’il déclare qu’il aille bien. Une seule chose est certaine, son message lui en ressort renforcé… hélas.

Affirmer que dire "c'est la guerre", c'est la déclarer, donc entrer en guerre, et surtout en déduire (implicitement) que, partant de ce principe, ne pas avoir déclaré la guerre, c'est ne pas en mener une, est un bizarre syllogisme.

Euh, non. Ne pas avoir déclaré la guerre ne veut pas dire ne pas en mener une ou rentrer dedans, c’est d’ailleurs ce que s’empresse de faire ce gouvernement contre Coupat et sa bande, régime d’exception, accusation d’acte de terrorisme, etc… une guerre de pieds nickelés des deux côtés. Judith dit d’ailleurs « que fait l’ennemi désigné par un assaillant qui lui "déclare la guerre" ? Il le prend au mot, se défend, et lui fait la guerre en effet. »

C'est pourtant ce que Judith Bernard écrit, puisque de son texte ressort l'équation : JC/l'IQV écrivent que l'État est en guerre = ils sont en guerre contre l'État ==> l'État se défend de façon maladroite (et ne fait que se défendre) <==> JC/l'IQV ont bel et bien commencé cette bataille de cour de récré. Écrire qu'il y a une guerre, c'est d'abord la constater, ce n'est pas la déclarer.

Vous n’avez pas compris le performatif, dire c’est la guerre (entre x et nous), ce n’est jamais un simple constat (extérieur), c’est y être déjà. Que x le soit effectivement alors importe peu, vous vous l’êtes.

Pour soutenir ce que Judith Bernard soutient, il faut nécessairement partir du postulat que l'État n'est pas en guerre, donc prendre position nettement au préalable contre les analyses portées par Coupat (et d'autres, encore une fois). Ce serait bien de le marquer en toute lettres.

Non, il suffit de respecter la chronologie. Comment l’état aurait pu être en guerre contre Coupat/IQV avant qu’il(s) ne s’exprime(nt) et se fasse(nt) entendre sa déclaration à cet état ? Avant cela, l’état n’avait aucune raison de le(s) connaître. Il ne s’agit pas de dire que l’état ne mène déjà pas nombre de guerre, contre les clandestins, les terroristes, etc…, mais seulement de souligner que dans cette affaire, L’IQV à tort ou à raison imputé à Coupat a d’abord attiré l’attention, fait prendre la menace au sérieux, comme le rappelle Coupat lui-même à Alain Bauer, puis à l’état. Maintenant, l’essentiel n’est pas de savoir qui a commencé, puisque tous deux se reconnaissent pour ennemi, donc en guerre l’un avec l’autre, l’état et Coupat, tous les deux sont dans le performatif désormais.

Que Coupat ait eu l'honneur (huhu, derechef) de pouvoir s'exprimer sur une pleine page du Monde ne remet pas en cause une critique des médias au service, non du pouvoir politique, mais de la pensée dominante (au service de laquelle les institutions de l'État sont aussi).

Contrairement à achab, vous soutenez que c’est bel et bien un propos appartenant à la pensée de Coupat, je note pour ne pas confondre vos deux critiques distinctes et indépendantes.
Dans le cas où on adhère à la théorie de la pensée dominante, et qu’on déclare ne pas appartenir à celle-ci (comme Coupat), on s’autorise à intervenir autant qu’on le veut, le peut, sans avoir à remettre en cause son postulat. C’est bien pratique, même si chaque fois que vous vous exprimez, vous contredisez le fondement de votre démarche, à savoir qu’une pensée dominante n’est plus dominante dès lors qu’elle laisse s’exprimer les pensées alternatives.

Il est par ailleurs un activiste politique. Il veut une tribune ; on lui en propose une, il en profite puisque, même si ce journal porte en grande partie l'idéologie dominante, il est le meilleur moyen de toucher un large public (et ce n'est alors pas faire preuve d'hypocrisie que de s'y exprimer).

Sauf si on condamne a priori l’usage par le pouvoir de cette même tribune. C’est de bonne guerre, on peut dire, mais alors, cela confirme la logique guerrière, au delà de toute morale, de tous les coups sont permis.

c'est faire d'une pierre deux coups : démontrer qu'on est ouvert, pluraliste, et que, partant, les personnes qui dénoncent la collusion médias-politiques ont tort (le Monde n'est pas à la botte du gouvernement puisque le Monde laisse des gens critiquer le gouvernement) ; se présenter comme le pouvoir qui fait peur au gouvernement et à la justice en mentionnant dès le lendemain la libération imminente de l'interviewé. Ce qui ne remet pas en cause du tout une analyse globale de l'univocité idéologique quasi-générale des médias dominants

Comme c’est bien pratique, que le Monde lui donne ou non une tribune, il est perdant aux yeux de Coupat, puisque jugé préalablement comme média appartenant à la pensée dominante. Autrement dit, tant que la pensée de Coupat ne représentera pas la pensée dominante, il peut exploiter lui tous les médias qui tomberont dans son piège en toute bonne conscience. Oui, c’est une conception bien pratique, à défaut d’être bien raisonnable.

Il est difficile de comprendre pourquoi Judith Bernard adopte deux positions opposées sur Libé et sur le Monde : un article ne remettra jamais en cause une construction générale du discours médiatique...

Mais justement, Judith n’adopte aucunement deux positions distinctes. Elle peut attaquer le premier pour avoir sans élément fait des associations qui condamnaient d’office ceux qu’on ne connaissait pas encore. Alors qu’elle n’a aucune raison d’attaquer le second parce qu’il offre une tribune à l’un des accusés. Elle n’est pas Coupat, elle n’a pas fait des médias dans leur globalité une fabrique à fable anti-coupat, elle peut donc juger au cas par cas.

Enfin, et juste pour mon édification personnelle : quand et comment Foucault parle-t-il de la presse comme d'un "quatrième pouvoir" ? Là, je sèche...

Relisez, ce n’est pas ce que j’ai dis. Je soulignai simplement l’incongruité qu’il y a à lire et citer moult penseurs, par exemple Foucault, et faire semblant d’ignorer l’existence du quatrième pouvoir.

@ Camille Payet,

Ici, c'est un forum qui suit un texte de Judith Bernard, je m'appuie donc sur ce texte ET SUR RIEN D'AUTRE.

Alors pourquoi laissez-vous entendre qu’elle aurait changé d’avis ? Puisque pour le faire, il faut se référer à son autre chronique sur cette affaire, celle concernant Libé..

Quand je dis qu'elle ne tient pas les mêmes propos impitoyables à l'égard des médias et même qu'elle a tendance à les exonérer in fine, je le démontre.

Mais alors, vous faites bien un comparatif, quoi que faux, entre la chronique sur Libé et celle sur cette tribune dans le Monde. Contrairement à ce que vous venez de dire, vous ne vous en tenez pas à ce seul texte.
Je dis faux à propos de votre comparatif, car, il n’a jamais été question d’avoir une attitude impitoyable envers les médias, puis de les exonérer in fine. Il faudrait pour cela qu’elle ait eu une position globale sur les médias. Or, elle n’attaquait que Libé sur ce point précis, un Libé qu’elle considère toujours comme coupable de précipitation, de course au vente à ce moment-là.

Vous, vous ne savez que démontrer que Judith Bernard est omnisciente et qu'elle a toujours raison sur tout. Peut-être même que c'est Dieu ?

Que je suis bête, j’oubliais que c’était là votre place, pardon, je vous la rend, Camille. Sorry.

quand je pense qu'elle se plante, je n'ai pas peur de le dire.

Personne (et certainement pas moi) ne vous le demande.

Encore qu'elle a, à mon sens, déjà tendance à minorer.

Je ne vois pas en quoi, car, comme vous, on pourrait lui faire dire sans crainte de déformer son propos, que c’ « une action délibérée de propagande pour mieux criminaliser ses adversaires politiques. », même si le style n’est pas le sien. C’est d’ailleurs en substance ce qu’elle a reproché en gros à Joffrin, à savoir de s’attaquer à l’extrême gauche via l’ultra-gauche en faisant les amalgames terrorisme-sabotage et autres, car cela ne correspondait plus à l’idéologie plus centriste du journal.

si de nombreux journaux ont admis que le dossier est "apparemment vide", le ton n'est pas univoque

En quoi est-ce un problème ? En quoi devraient-ils en avoir un de ton univoque ? On ne peut à la fois reprocher l’existence de média dominant et attendre d’eux, lorsqu’ils ne font pas preuve de dépendance aveugle, qu’ils suivent tous le même chemin.

De quels titres parle-t-on ? Faudrait peut-être analyser dans le détail, faire de l'observation détaillée avant d'être aussi péremptoire.

Pourquoi analyser en détail lorsqu’elle parle justement de manière générale, « pour la plupart », cela veut bien dire que si on voulait savoir que le dossier était vide, on l’a très vite su, sans avoir à dénicher quelque rapport ou publication secrète.

Mais ça ne va pas dans le sens d'un virage à 180 °.

Parce que vous partez du principe que tous devraient suivre le même chemin, on se demande bien pourquoi elle devrait être aussi catégorique, alors que c’est globalement qu’elle parle, bref, qu’elle inclut la disparité, réfute le monopole (de la pensée dominante qui écraserait tout), tout au plus y a-t-il une pensée majoritaire (ce qui est différent), mais il n’y a là rien de surprenant, ne sommes-nous pas en démocratie... sur certains plans, tout du moins.

s'il y a bien une chose avec laquelle nous devrions tous nous solidariser, c'est l'incrimination de terrorisme pour ce qui est un simple sabotage matériel.

N’était-ce pas l’un des points principaux de sa critique à Libé justement ? Ah oups, nous n’avons pas le droit d’en parler si je vous suis bien. ;)

Demain, si on n'y prend pas garde, on foutra en prison les ouvriers en colère qui ont retenu leur patron voyou. Déjà, le prélèvement ADN, prévu au départ pour les criminels et les délinquants sexuels est utilisé contre les syndicalistes.

Oui, c’est une dérive sérieuse, qu’il faut dénoncer, mais je ne vois pas en quoi Judith semblerait la cautionner simplement parce qu’elle n’est pas exhaustive dans son papier sur une unique dimension de l’affaire, l’entretien de Coupat.

Comment peut-on tirer une telle conclusion à partir du seul cas d'un journal qui est devenu ce qu'il est aujourd'hui, un journal aux abois

Mais quelle conclusion lui faites-vous précisément tirer ? Judith ne dit pas que tous les journaux sont subitement devenus coupé du pouvoir, que tous relais la parole de Coupat, qu’ils ne s’emballeront plus, seulement que depuis des mois nous savons pour la plupart que le dossier est vide, grâce à divers médias, et qu’aujourd’hui, sa parole est lisible dans un journal de premier plan, ce qui invalide de fait la fable des médias comme conspuant toute parole anti-gouvernementale du type Coupat.

C’est la fable de la fable médiatique de Coupat qui a besoin d’un ostracisme généralisé, des plus majoritaires pour affirmer/affermir sa parole victimaire, de guerrier minoritaire. Or, quelques cas suffisent à battre en brèche son présupposé. Désormais, libre de s’exprimer, le succès de sa parole ne dépend que de sa pertinence, une place beaucoup moins commode que celle de victime pour se faire entendre, quoi qu’on dise.

yG
La sortie de J. Coupat a été finement orchestrée par l'intéressé, les proches et la direction de l'établissement. Pourquoi n'en serait-il pas autrement pour le texte de cet homme? En grande partie une mise en scène pour laquelle Le Monde lui offre des planches.

http://www.dailymotion.com/search/coupat/video/x9f8vy_coupat-la-sortie-invisible_news
http://www.rue89.com/2009/05/28/mais-ou-est-donc-passe-julien-coupat

Aux premières loges c'est le spectacle auquel j'ai cru assister. Manque de pôt, la scène principale se déroulait à la sortie des artistes. ;)
Très bien, alors si on applique au texte "bernardien", comme vous dites, yannick G, la méthode de lecture sur laquelle vous vous appuyez pour lire l'interligne de l'interview, on peut dire que Judith Bernard postule la malhonnêteté, la duplicité fondamentale de Julien Coupat :
- il n'est qu'un gamin orgueilleux qui nous soûle avec ses élucubrations (il déclare la guerre à l'État -qui donc se défend- dans son coin, il critique la partialité des médias qui pourtant par le Monde lui offrent toute latitude pour s'exprimer)
- il profite bien de sa position d'embastillé parce qu'elle transforme sa parole en une parole bâillonnée donc une parole vraie (pour les imbéciles)
- il dit qu'il n'est pas l'auteur de l'IQV, et on s'en fout, hein, mais il y a quand même de troublantes ressemblances entre sa prose et celle de l'IQV, ce qui fait que même s'il ne l'a pas écrit, il pense la même chose et aurait pu l'écrire, ce qui revient au même, cqfd.
Bref, il l'a bien cherché, qu'est-ce qu'il vient nous emm... avec ses discours à deux balles oùssqu'il essaie de nous manipuler les méninges en nous détournant de nos luttes quotidiennes, tellement plus vraies que sa guerre fantasmée.
Pas d'accord ? C'est que vous êtes un sensible au méta-texte à géométrie variable. D'ailleurs, cette aversion pour Coupat, pour ce que vous pensez qu'il pense et ce que vous pensez qu'il écrit, se retrouve de façon plus manifeste encore chez vous, qui ne vous privez pas de commenter avec mépris un grand nombre de vos conclusions (pathétique, fanfaronnade, fantasque, duper, berner, et j'en passe). Ce n'est pas ce que vous pensez ? C'est pourtant ce qui ressort nettement de vos interventions.

Cet article de la pourtant si souvent fine et nuancée Judith Bernard (je suis fan moi z'aussi) manque cruellement à la fois de logique et d'empathie. Et ça chagrine.

On ne peut considérer de la même façon l'État/le gouvernement et un individu emprisonné par celui-ci, considérés tous deux dans le texte de JB comme des adolescents capricieux. C'est faire preuve d'un aveuglement singulier. Pour filer la métaphore, il faudrait plutôt considérer Coupat comme le mauvais élève qui est soupçonné d'avoir placé une punaise sur la chaise du prof parce que deux jours avant il avait fait passer en classe un petit mot sur lequel était écrit "f*ck school, je vé tou pété" ; l'État serait quant à lui le principal favorable à l'expulsion des indisciplinés et aux portiques de sécurité (huhu). Julien Coupat est en prison depuis 6 mois pour un acte qualifié de façon discutable de "terroriste" et pour lequel il n'a pas encore été prouvé qu'il soit coupable. Oublieriez-vous que tout homme est innocent jusqu'à ce qu'on démontre rationnellement et irréfutablement qu'il est coupable ? La conclusion de JB est tout bonnement époustouflante -et c'est ce qui permet à certains d'affirmer qu'elle ne l'aime pas. Mettre quelqu'un en prison sous un régime d'exception pendant une demi-année, ce n'est pas une gaffe, ce n'est pas une erreur stratégique, ce n'est pas une maladresse, c'est un SCANDALE. En majuscule et en italique.

Ah, mais bien sûr, comme c'est un ultragauchiste, en fait, il ne souffre aucunement de sa position : comme elle démontre par l'exemple que sur un point il a raison, il ne peut que s'en réjouir... C'est là aller trop loin, c'est là ne pas savoir ce qu'est la prison, c'est là lui prêter des intentions qu'il n'a pas nécessairement, c'est donc là partir d'une idée préconçue et prendre tout ce qui dans le texte peut de près ou de loin justifier cette idée préconçue.

Deux points encore :

- Affirmer que dire "c'est la guerre", c'est la déclarer, donc entrer en guerre, et surtout en déduire (implicitement) que, partant de ce principe, ne pas avoir déclaré la guerre, c'est ne pas en mener une, est un bizarre syllogisme. C'est pourtant ce que Judith Bernard écrit, puisque de son texte ressort l'équation : JC/l'IQV écrivent que l'État est en guerre = ils sont en guerre contre l'État ==> l'État se défend de façon maladroite (et ne fait que se défendre) <==> JC/l'IQV ont bel et bien commencé cette bataille de cour de récré. Écrire qu'il y a une guerre, c'est d'abord la constater, ce n'est pas la déclarer. Que Coupat ait raison ou tort sur ce point, qu'il est loin d'être le seul à souligner, n'est pas la question. Il y a là une erreur de lecture, et une erreur de logique. Pour soutenir ce que Judith Bernard soutient, il faut nécessairement partir du postulat que l'État n'est pas en guerre, donc prendre position nettement au préalable contre les analyses portées par Coupat (et d'autres, encore une fois). Ce serait bien de le marquer en toute lettres.

- Que Coupat ait eu l'honneur (huhu, derechef) de pouvoir s'exprimer sur une pleine page du Monde ne remet pas en cause une critique des médias au service, non du pouvoir politique, mais de la pensée dominante (au service de laquelle les institutions de l'État sont aussi). Le Monde, ce n'est pas les médias. Un article, ce n'est pas les médias. Ne peut-on pas penser que dans le champ politique, le Monde et Coupat jouent chacun leur partition respective ? Coupat est en prison et -a priori- innocent. Il est par ailleurs un activiste politique. Il veut une tribune ; on lui en propose une, il en profite puisque, même si ce journal porte en grande partie l'idéologie dominante, il est le meilleur moyen de toucher un large public (et ce n'est alors pas faire preuve d'hypocrisie que de s'y exprimer). Le Monde est un journal "de référence" et se veut neutre, pluraliste et objectif. Or, il est depuis pas mal de temps brocardé par la gauche. Interviewer Coupat à quelques jours de sa sortie (il n'est pas impossible de penser que le Monde était au courant de la sortie prochaine de Coupat au moment de l'interview), c'est faire d'une pierre deux coups : démontrer qu'on est ouvert, pluraliste, et que, partant, les personnes qui dénoncent la collusion médias-politiques ont tort (le Monde n'est pas à la botte du gouvernement puisque le Monde laisse des gens critiquer le gouvernement) ; se présenter comme le pouvoir qui fait peur au gouvernement et à la justice en mentionnant dès le lendemain la libération imminente de l'interviewé. Ce qui ne remet pas en cause du tout une analyse globale de l'univocité idéologique quasi-générale des médias dominants -et au contraire, pourrait même la renforcer. Il est difficile de comprendre pourquoi Judith Bernard adopte deux positions opposées sur Libé et sur le Monde : un article ne remettra jamais en cause une construction générale du discours médiatique... Et accessoirement, en tournant tous les projecteurs vers Coupat qu'on présente comme le chef, le meneur, le penseur, on est à-côté de la plaque et on personnalise un mouvement de pensée et d'action avant tout collectif.

Enfin, et juste pour mon édification personnelle : quand et comment Foucault parle-t-il de la presse comme d'un "quatrième pouvoir" ? Là, je sèche...
... peut-être faudrait-il limiter l'utilisation de la fonction ?
En intitulant sa chronique "Un prophète, de sa prison" Judith a-t-elle voulu aussi nous faire un clin d'oeil cinéphilique ? Après tout, Cannes était autant dans l'actualité que ...Julien Coupat, ces derniers temps.

Je me fourvoie peut-être totalement mais je demande à voir...

"Un prophète " de Jacques Audiard.

Il faudra attendre un peu pour voir le film je crois bien mais le sujet ne manque pas d'intérêt non plus.
J'ai lu quelque part, peut-être le NO, que Chloé Delaume était la seule femme à faire partie du premier groupe formé par coupat, du temps où il vivait à Paris.
« Je viens de relire la prose du philosophe de Tarnac, et votre position me rappelle étrangement celle de Joffrin face à Judith, il y a quelques mois, lorsqu’elle pointait fort justement les éléments dessinant alors l’accusation éditoriale contre Coupat et sa bande et que celui-ci la ramenait stérilement au texte, alors que c’est à un niveau global qu’on ressent précisément l’orientation donnée. Car, toutes les occurrences de Coupat concernant la presse prisent ensemble ne dessinent qu’un seul motif, l’alliance de l’état et de la presse. »

Le parallèle est audacieux entre la piètre défense de Joffrin lors de la première une de Libé sur Tarnac, et la vision qu'aurait Coupat des médias, que dessineraient à un « niveau global » ses propos dans l'entretien, mais pour moi il n'a pas lieu d'être. La présentation du Libé de ce jour là dessinait effectivement une orientation par un somme d'éléments divers (la une, les différents articles, l'éditorial, la mise en page): cela se ressentait certes à la lecture, mais l'analyse de Judith décryptait parfaitement les bases objectives de ce sentiment. Dans le cas de l'entretien de Coupat c'est tout à fait différent.Les seuls éléments cités dans la chronique sont repris d'un paragraphe dans lequel Coupat parle « du moment de notre arrestation ».Rattachée à ce contexte précis l'affirmation qui prête à Coupat une vision complotiste de tous les médias s'effondre. Vous pouvez trouver que je vous ramène « stérilement au texte » mais quand il s'agit de juger de la pensée de quelqu'un la moindre des chose est de s'en tenir à ce qu'il dit. Le fait est que Coupat ne parle pas des médias en général, qu'il parle d'une « fable médiatique » mais « au moment de notre arrestation », aucune trace d'un jugement de Coupat sur la couverture de l'affaire par les médias après ce moment de l'arrestation, alors que Judith semble l'acusser de ne pas en tenir compte et fait comme si Coupat affirmait que les médias avaient entretenu la communication de l'Etat, ce qu'il ne dit pas.
En l'occurrence «l' orientation donnée » ne l'est que par l'interprétation de Judith qui détache des éléments du contexte où ils prennent un sens. Je n'ai pas de position sur Coupat, et je ne dis pas que l'interprétation de Judith est fausse en soi, je dis qu'elle ne se soutient pas du texte lui-même, qu'elle est invérifiable sur la base du texte. Pour pouvoir à partir du discours de Coupat affirmer en des termes aussi catégoriques que ceux de Judith qu'il aurait une vision complotiste des médias, il faut déjà au préalable lui prêter cette vision qui n'est simplement pas dans le texte. C'est un ressenti préalable qui dicte ici l' ''analyse'' et pas l'analyse qui amènerait à faire ressentir une orientation au niveau global, qui ne se trouve nullement dans le texte.

Pour vous répondre plus précisément:

« « On aura, dès lors, bien soin de ne pas trop mentionner ce communiqué, ni dans la procédure, ni dans le mensonge public. »

Mensonge public qui ne peut le devenir public que par, je vous le donne en mille, car, il ne l’écrit pas, les médias; »

Oui mais Coupat parle « du moment de notre arrestation » et du communiqué déjà en possession de la police française quand elle a lieu. Aucun jugement global sur les médias en général au delà de ce moment. Tout cela est très factuel.



« « le pouvoir en place n'a donc rien à craindre, de personne. […] son seul ennemi réel dans ce pays, c'est la rue »

Entendez également, certainement pas les médias »

Montage tendancieux. Je rétabli la citation complète « Dans la sphère de la représentation politique, le pouvoir en place n'a donc rien à craindre, de personne. » C'est de la sphère de la représentation politique que parle Coupat. Y inclut-il les médias? Peut être mais là encore invérifiable. Tout au plus peut-on lui reprocher de porter atteindre à l'idée que se font les journalistes de leur propre vocation, en ne parlant pas d'eux, comme de personnes faisant trembler en général le pouvoir. Quelle énorme contre-vérité par omission de sa part..



« « les renseignements généraux faisaient paraître dès juin 2007, sous la plume de journalistes aux ordres (et notamment dans Le Monde)"

Journalistes tellement aux ordres, qu’il ne souligne même pas qu’ils lui offrent cette tribune anti-gouvernemental et anti-média »

Pourquoi devrait-il le souligner sinon pour se défendre de l'accusation d'avoir des médias un vision complotiste qu'il ne soutient jamais. Comment passez vous « de journalistes» aux ordres en 2007 à « Journalistes tellement aux ordres » sinon par un amalgame que Coupat ne fait pas mais que vous faites à sa place? Les journalistes aux ordres de 2007 sont-ils les mêmes pour Coupat que ceux auquel il répond? Vous avez peut être des informations que nous n'avons pas. Ils sont dans le même journal mais c'est transparent pour le lecteur, Coupat le dit explicitement, pourquoi voulez vous qu'il le souligne? S'il exprimait une vision complotiste des médias ça ne serait vraiment pas intelligent de se tirer ainsi une balle dans l'argumentation, à moins qu'il n'exprime tout simplement pas une telle vision. La tribune « anti-média » elle n'existe que dans votre tête.



« « la ministre de l'intérieur […] d'arrestations ciblées en rafles médiatiques »

Encore les médias à la botte de MAM. »

Coupat parle de « rafles médiatiques », ce qui évoque simplement la convocation des journalistes pour les arrestations à Tarnac et dans d'autres cas. Le fait est que des médias sont là avertis par le ministère, et le fait est aussi qu'il n'y a que vous qui parler au nom de ce constat factuel de «  médias à la botte de MAM », pas Coupat. Vous me semblez plus complotiste que Coupat, attention aux généralisations.


« « l'acharnement un peu mesquin des "services", depuis le 11 novembre, à nous prêter par voie de presse les méfaits les plus fantasques »

Une presse encore aux ordres »

Idem: les services font des communiqués de presse, mais Coupat ne parle pas d'  «une presse encore aux ordres ». D'ailleurs si l'acharnement est un peu mesquin c'est qu'il a perdu très rapidement beaucoup de crédit, peut être parce que la presse tout en faisant état des communiqués, prenez beaucoup de distance avec eux: on peut penser que Coupat le pense, rien ne prouve ne contraire, mais assurément il ne parle d'une presse aux ordres.


« « L'antiterrorisme […] c'est la méthode par quoi l'on produit, positivement, l'ennemi politique en tant que terroriste. […] propagande, par toute une science de la manipulation médiatique »

Science force nous est de constater bien faible, puisqu’elle n’arrive même pas à l’empêcher de s’exprimer dans un journal censé être infiltré par des journalistes à l’écoute gouvernementale… »

Encore très tendancieux.Quel rapport entre la construction du terroriste qui porte sur l'opinion, et le simple fait qu'il ait pu faire passer à des journalistes des réponses depuis la prison. L'entretien du monde n'invalide en rien l'analyse de la méthode de gouvernement dont parle Coupat. Le mot science ne désigne manifestement pas ici une science mathématique ou exact comme vous le laissez entendre.
Coupat écrit d'ailleurs « Une fois n'est pas coutume, dans notre cas, l'antiterrorisme a fait un four. On n'est pas prêt, en France, à se laisser terroriser par nous. La prolongation de ma détention pour une durée "raisonnable" est une petite vengeance bien compréhensible au vu des moyens mobilisés, et de la profondeur de l'échec »
Vous pourriez dire aussi que Coupat ne remercie pas assez la mobilisation fantastique des médias qui a permis à l'antiterrorisme de faire un four. Il faut lui pardonner de porter ainsi atteinte à la dignité du métier de journaliste: soit c'est un complotiste invétéré et on ne peut rien pour lui, plusieurs mois de prisons ne lui auront d'ailleurs pas appris à mieux respecter les défenseurs de la liberté que sont tous les médias, soit il est un peu septique sur le fait de devoir sa libération uniquement aux médias en général , et de devoir leur rendre un hommage global; ah oui mais j'oubliais un tel scepticisme c'est déjà une manifestation aiguë de complotisme...

Pour votre résumé de la pensée politique de Coupat, je pense qu'elle se passe de commentaire, ne fait que confirmer ce que j'ai pu dire plus haut.
Message 5/5max du 30/05/09.

@ achab

J'ai déjà dit que l'entretien de Coupat ne permet pas de lui prêter l'idée qu'il y aurait eu une censure généralisée de la presse sur l'affaire Tarnac, et encore moins que les médias seraient en général et par définition pour lui les instruments d'une censure généralisée de la vérité. C'est si vous vous voulez une libre interprétation de Judith, elle croit le lire dans les propos de Coupat mais ça ne s'y trouve pas.

Je viens de relire la prose du philosophe de Tarnac, et votre position me rappelle étrangement celle de Joffrin face à Judith, il y a quelques mois, lorsqu’elle pointait fort justement les éléments dessinant alors l’accusation éditoriale contre Coupat et sa bande et que celui-ci la ramenait stérilement au texte, alors que c’est à un niveau global qu’on ressent précisément l’orientation donnée. Car, toutes les occurrences de Coupat concernant la presse prisent ensemble ne dessinent qu’un seul motif, l’alliance de l’état et de la presse.

Ainsi, voici ce que Coupat dit.

« On aura, dès lors, bien soin de ne pas trop mentionner ce communiqué, ni dans la procédure, ni dans le mensonge public. »

Mensonge public qui ne peut le devenir public que par, je vous le donne en mille, car, il ne l’écrit pas, les médias.

« le pouvoir en place n'a donc rien à craindre, de personne. […] son seul ennemi réel dans ce pays, c'est la rue »

Entendez également, certainement pas les médias.

« les renseignements généraux faisaient paraître dès juin 2007, sous la plume de journalistes aux ordres (et notamment dans Le Monde) »

Journalistes tellement aux ordres, qu’il ne souligne même pas qu’ils lui offrent cette tribune anti-gouvernemental et anti-média.

« la ministre de l'intérieur […] d'arrestations ciblées en rafles médiatiques »

Encore les médias à la botte de MAM.

« l'acharnement un peu mesquin des "services", depuis le 11 novembre, à nous prêter par voie de presse les méfaits les plus fantasques »

Une presse encore aux ordres.

« L'antiterrorisme […] c'est la méthode par quoi l'on produit, positivement, l'ennemi politique en tant que terroriste. […] propagande, par toute une science de la manipulation médiatique »

Science force nous est de constater bien faible, puisqu’elle n’arrive même pas à l’empêcher de s’exprimer dans un journal censé être infiltré par des journalistes à l’écoute gouvernementale…

« la récente fortune du terme "ultragauche" qui a permis à certains journalistes pressés de cataloguer sans coup férir les émeutiers grecs de décembre dernier »

Woua, une nuance, « certains journalistes », pas tous, ouf. En même temps, après ce qu’il leur a foutu sur la gueule à ces derniers, pas la peine d’en rajouter en étant inutilement catégorique. Surtout que le fin mot, c’est encore pour se foutre d’eux.
Alors, si après tout cela vous pensez que la vision des médias de Coupat est nuancée, libre à vous.

Pour le propos politique, il se résume à c’est la guerre, l’état est l’ennemi, « un tel régime, même installé par un plébiscite aux apparences démocratiques, n'a aucun titre à exister et mérite seulement d'être mis à bas » feigne-t-il d’interroger après avoir souligner que c’est « au prix d'une révolte cruelle mais bouleversante » que doit s’opérer ce changement de paradigme. Et de terminer par « la situation est excellente. Ce n'est pas le moment de perdre courage. »

Si vous voulez défendre ce belliciste, après vous.

@ Gamma gt

Cela arrive, ce n'est rien, mais soignez-vous et portez-vous mieux, à pluche.

@ Gavroche

Ce que je trouve particulièrement agaçant, en revanche, c'est votre manière de la défendre, toujours, quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse, c'est Judith, et on ne doit absolument pas trouver à redire à sa prose...

Vous me faites le classique procès d’intention qu’on me fait toujours lorsqu’on me rencontre sur son chemin, alors qu’on souhaite décocher une volée de bois vert sur la pensée bernardienne.

Mais si vos flèches sont si bien aiguisées, qu’importe alors que je m’interpose, elles me perceront tout autant que celles à qui vous les destinez. Autrement dit, si vos arguments étaient valides, ils auraient raison tout autant des miens que de ceux de Judith.

Je pense d'ailleurs ne pas être la seule ici à ressentir cet agacement devant votre côté chevalier blanc ...

Oui, j’ai l’habitude, mais peu m’importe, c’est le prix à payer. Maintenant, demandez-vous pourquoi cela vous dérange que quelqu’un, moi ou un autre, s’interpose, puisque tel est le cas, car, vous dites : « Judith est assez grande pour "se défendre" si je peux me permettre d'user de ce terme, en tous cas pour argumenter. »

Oui, elle est assez grande, et moi aussi pour l'aider sans demander sa permission ou la vôtre. N'est-ce pas ?

Pourquoi tenez-vous tant à ce qu’elle soit directement accessible, sans chevalier servant, sans aide, si comme vous le dites « ce qui m'intéresse justement, ce n'est pas d'avoir raison, ou de "me bagarrer", pour reprendre les termes de votre chroniqueuse préférée, c'est de les confronter, de m'enrichir l'esprit au milieu de gens venus de tous horizons. » Les arguments que moi ou un autre pouvons produire sont-ils incapables de vous enrichir ? Ne sont-ils pas une manifestation d’un autre horizon que le vôtre ?

Et d'ailleurs, le plus souvent, dans vos réponses aux affreux qui osent émettre des avis différents des siens, vous n'apportez que peu d'arguments, sinon de dire que si Judith l'a dit c'est que c'est parole d'évangile...

C’est votre avis, et je n’irai pas rechercher pour vous contredire toutes les occurrences démontrant que ma défense des propos de Judith est bien souvent (soit pas toujours) de même nature que celle qu’opère Judith elle-même. Maintenant...

yG
Merci de m'avoir permis de me défouler... Je vais passer un excellent dimanche, grâce à vous...

Par ailleurs, je me doute que vous ne défendez pas le PS, il est hélas indéfendable. Et rassurez-vous, l'injustice me révolte toujours autant qu'il y a trente ans... C'est aussi un signe de jeunesse d'esprit ...

Bienvenue donc au club des plus très jeunes (mais quand même) encore capables de se révolter !
Citation de M. Montebourg à laquelle vous faites référence :

"C'est parce que Coupat est libre que cette affaire devient l'affaire de tous"

Curieux comme phrase, non ? Quand il était au gnouf, avec un dossier d'instruction vide, ce n'était pas l'affaire de tous, peut-être ? La politique répressive de Sarkozy, ça vient de sortir, sans doute ? Le tout-sécurité aussi, le fonds de commerce habituel de la droite, est donc la grande nouveauté de 2009, élections obligent, hélas, on en revient toujours là...

"Certains d'entre vous semblent regretter que mon intervention soit tardive. Mais celle-ci n'aurait pu prendre cette force politique, en atteignant la réputation de l'un des piliers du pouvoir, la ministre de l'Intérieur, et nous ne pourrions convaincre plus largement la société française que cette affaire constitue une manipulation, si la justice elle-même ne s'était pas mise en situation de devoir libérer Coupat pour insuffisance de charges."

Ben oui, on le regrette vraiment, M. Montebourg... Car un homme a passé six mois en prison pour rien. Le rôle de l'opposition n'est-elle pas d'en être une, justement ? Au lieu de passer son temps à se mettre sur la gueule pour savoir qui va être le chef ... Vite vite, ayons un discours "de gauche", enfin, un peu plus "à gauche", pour rafler quelques voix aux européennes... Vite vite, on agite ses petits bras "stalloniens" et on réclame la tête d'Alliot Marie... Ben voyons... tellement facile, et téléguidé. Juste maintenant, quand il est trop tard.

Quant on voit à quel niveau ils sont, les "socialistes" quand ils tendent des "pièges" à Besancenot, oui, là, on est bien au niveau de la cour de récré, et de la "bagarre de collégiens"... Pas pour rien hélas, que les sondages donnent l'UMP en tête, il n'y a personne en face. Et les français ont déjà donné, et contrairement à ce qu'on croit, ils n'ont pas la mémoire courte.
Vous n'aimez pas Julien Coupat.
Vous n'aimez ni sa façon d'écrire, ni ce qu'il écrit. Je suis d'accord avec vous sur le premier point : son imitation systématique du style de Guy Debord peut paraître prétentieuse. Par contre, j'adhère totalement à ce qu'il écrit, qui n'a vraiment rien d'original et que l'on retrouve sous la plume de nombreux penseurs. Sur ce point, votre critique relève constamment de la mauvaise foi.
En tout premier lieu, la notion de vérité absolue semble faire problème pour vous et celui qui prétend la détenir pourra (au terme de votre analyse) être disqualifié en tant que penseur et, du coup, être considéré comme prophète. Mais si vous récusez la notion de vérité absolue (universelle - éternelle - qui ne se discute pas) c'est que, modestement, nous devrions considérer qu'il est impossible de sortir de ce que Platon appelle le registre de l'opinion, ce qui est très exactement la position de la sophistique. Autrement dit, il faudrait s'en tenir au fameux : à chacun sa vérité. Simple question : considérez vous,Madame, que cet énoncé "Les hommes naissent libres et égaux en droits" est une simple opinion ? Ou encore celui-ci "l'homme est une fin en soi" ?
Venons en au couplet sur les médias. Qui dénonce aujourd'hui les silences des grands médias, leurs mensonges, leurs manipulations si ce n'est @si ? si ce n'est Daniel Schneidermann lui-même, presque tous les matins, dans sa chronique ? C'est d'ailleurs lui, il me semble, qui a inventé avec beaucoup de pertinence le mot "Lémédias". Le fait que "Lémédias" aient ensuite fait machine arrière sur l'affaire Coupat, sous la pression d'@si, de Médiapart, de quelques grandes voix et de manifestations publiques ne change rien à l'affaire. Alors, bien sûr, il y a des brèches dans la muraille du pouvoir médiatique, comme porte-voix du pouvoir politique ; ce qui signifie que nous ne sommes pas dans un régime fasciste. Mais si justement ce régime "démocratique" était pire qu'un régime fasciste ? Qui dit cela ? Ce n'est pas Julien Coupat, c'est Pasolini dans "Ècrits corsaires" et qui voyait dans le pouvoir des médias et de la publicité une menace d'aliénation des consciences bien plus sérieuse que la grosse artillerie de la propagande fasciste.
Je me rappelle que le philosophe François Chatelet désignait les pouvoirs étatiques par le mot "GANG". Ne trouvez vous pas que ce mot sonne particulièrement juste quand on pense à l'administration Bush ? Et pour ses opérations de police en Irak et en Afghanistan, le mot guerre vous paraît il trop fort ?
Enfin, je vous renvoie à l'intervention de Alain Badiou sur "Rue 89" qui n'hésite pas à parler de BARBARIE sarkozienne en se référant, en particulier, à la nouvelle législation sur les malades mentaux.
En bref, je pense qu'il n'y a aucune démesure dans les termes que Julien Coupat utilise à propos du néolibéralisme (bien entendu, sa stratégie politique, elle, peut être discutée) et que c'est vous qui ne voyez pas bien sa véritable nature.
J'y mettrai moins de colère mais je ne peux qu'être choqué par la dévalorisation permanente que fait subir Judith au texte et à son auteur (les garçons à l'ego démesuré, le "tu l'as bien cherché puisque c'est celui qui dit qui y est ..." et autres).

Reprenons dans l'ordre ; ce jeune homme, présumé innocent, a peut-être, au minimum, après avoir été incarcéré six mois sans avoir rien demandé, publié pour se défendre une interview dans le monde où il déclare "c'est la guerre"...
Victoire de Coupat, son énoncé est performatif... (j'espère qu'il est content, maintenant, à cause de lui voilà, la guerre est déclarée...)
Défaite de Coupat ; il vivait tranquillement à Tarnac avec sa compagne et ses amis, il a passé six mois en prison, il est maintenant sommé de vivre sous contrôle judiciaire et vit dans la perspective d'un procès pour une inculpation très grave où il risque gros, surtout qu'a priori, on n'a pas l'impression qu'on va lui faire des cadeaux.... (trop cool pour un fou qui voudrait jouer les martyrs, mais Coupat en a-t-il envie???)

J'aime @si et Judith lorsqu'ils décryptent et dénoncent avec parfois humour et verve les medias qui auront toujours plus de pouvoir de nuisance qu'une interview de Coupat dans le Monde (prenez un JT de Ferrari tous les soirs et une interview de Coupat tous les dix ans... et voyez le résultat)...

Mais je suis gêné qu'on prenne la plume sur @si pour tirer sur une ambulance.... pour se moquer de façon ouverte d'un homme, qui même s'il est risible pour certains à cause de ses faux airs de prophète, paie cher la "guerre de papier" qu'il aurait déclaré au gouvernement...

Qui veut-on ici abattre, sur ce forum et dans la chronique de Judith ? Pourquoi est-ce si rassurant que Judith dézuingue Coupat et sa rhétorique? Qui a peur de Coupat et des épiciers de Tarnac?
Pour ma part j'ai de la sympathie pour les embastillés et les opprimés. Ils n'ont pas forcément raison, (ni forcément tort) mais je ne sortirai pas mon fusil rhétorique pour les abattre dès qu'ils ouvrent la bouche.

Enfin, ce texte de Judith aura eu le mérite de soulager quelques uns sur le forum, de les rassurer et de les réconforter dans leur désaccord avec ce qui a été dit. Tant mieux pour eux. L'angoisse que cherche à faire naître le gouvernement et le film d'horreur que nous propose le Monde pour offrir quelques frissons à ses lecteurs auront donc bien marché.

Pour ma part Julien Coupat ne me fait pas peur, mais bien plus ce gouvernement fou qui propose des portiques et des fouilles, qui multiplie les arrestations et les garde à vue, et tout le reste.
Je ne m'attendais pas à ce qu'un chroniqueur d'@si chante ses louanges, ce qui serait déplacé entre gens raisonnables, mais était-ce bien nécessaire de l'attaquer aussi violemment??? Ne vous étonnez pas Judith, de la violence de certains sur ce forum... Votre attaque et votre humour étaient comme d'habitude parfaitement huilés, peut-être trop...
Coup de colère :

Comme cette chronique est finalement bien dans l'air du temps, propre sur elle, et de «bon ton»... Bien pensante, quoi, vraiment du bon ton journalistique en tous cas...

Deux remarques :

La première :

Apparemment Judith, vous n'avez pas beaucoup aimé que Julien Coupat s'en prenne aux médias... Bon, curieux sur ASI, site de décryptage de ces mêmes médias... mais dont acte.

Bon d'accord, Coupat est «probablement» innocent, d'accord, ce n'est pas un terroriste, c'est bien qu'il soit sorti du trou, mais tout de même, hein, «il prône ouvertement l'insurrection» dit Thomas Legrand sur France Inter le 27 mai, tout en rajoutant «mais il peut très bien avoir participé au sabotage d'une ligne de chemin de fer...»

Et Thomas Legrand est loin d'être le seul à tenir ce genre de discours, quasiment tous les médias ont eu et ont toujours le même. La fabrication par le gouvernement de l'épouvantail de la «mouvance anarcho-autonome», a été bien relayée, quoi que vous en disiez aujourd'hui, par les médias, même ceux prétendument à gauche (de quoi rire, vraiment) comme Libé avec son «Ultra gauche déraille».

L'arrestation de ces dangereux terroristes, rappelons le, a été réalisée en présence des journalistes, dont certains avaient été prévenus au petit matin par leur copains, avant même la conférence de presse de Mme la sinistre Alliot Marie ...

La «presse» est d'ailleurs souvent dans les «bons coups», à Tarnac, puisqu'on en parle, mais aussi à la moindre descente de «cagoulés avec leurs journalistes intégrés» dans les cités, pour chasser «la racaille», bandes d'immigrés, bronzés, donc forcément trafiquants.
Comme dit Serge Quaddrupani sur rue 89, «le fonctionnement des médias dominants est toujours le même : c'est radio poulaga, la parole univoque des autorités» ...

Car les journalistes semblent bien ignorants des réalités de la France d'en-bas, finalement, et c'est d'en bas qu'est venue la résistance au battage médiatique sur cette affaire, à commencer par le comité de soutien qui s'est créé à Tarnac même, avec les habitants du village, dans les jours qui ont suivi l'arrestation rocambolesque des «neuf de Tarnac». Ont suivi la création de comités de soutien un peu partout en France, et même à l'étranger. Quelques voix éparses se sont fait entendre, des humoristes comme Didier Porte, la Ligue des Droits de l'Homme, et parmi les politiques, Noël Mamère et quelques députés socialistes et communistes dont j'ai oublié le nom... Et aussi, c'est vrai, «Arrêt sur images», au milieu de tout un tas de blogs sur internet.

En clair, seule une petite minorité de gens ont pu avoir une idée précise de ce que représentait vraiment «l'affaire de Tarnac». Si on faisait aujourd'hui un micro trottoir, peu de gens même savent qui est vraiment Julien Coupat, ils n'ont retenu que les mots «sabotage» et «terroriste». Que la justice instruise uniquement à charge dans ce dossier, elle ne fait que jouer son rôle dans la machine répressive sarkozyste, mais quel organe de presse a parlé vraiment du communiqué allemand qui revendiquait les sabotages ?
De quoi conforter «le grand soupçon antimédiatique», non ?

Je suis donc convaincue qu'effectivement Julien Coupat se méfie, à juste titre, de la «machine médiatique». Il a utilisé les colonnes du Monde pour s'exprimer, en imposant ses conditions, y compris les mots en italique qui semblent vous poser problème, on se demande bien pourquoi. Prudent, le Julien, car il sait à qui il a affaire... et intelligent... ! Quant au journal, il a tout simplement à mon sens «senti le vent tourner», et a vu l'opportunité de réaliser là un beau scoop... ça a marché d'ailleurs, puisque l'interview de Coupat buzze partout.

La seconde :

Il semble qu'en votre qualité de non-violente revendiquée, et ce n'est pas une critique, juste une constatation, tout vocabulaire «belliqueux» vous révulse, par principe. Le mot «guerre» vous heurte, vous lui préférez celui de «luttes», au pluriel. C'est votre droit. Le pluriel du mot serait à analyser plus longuement, vous êtes devenue spécialiste, je vous laisse donc faire...

Seulement, quand vous dites qu'en écrivant le mot, ou en parlant de guerre, sociale, politique, Coupat et/ou les auteurs de «L'Insurrection qui vient» déclarent la guerre à la société, et que celle-ci est donc en droit de répondre à cette déclaration, en mettant ces gens là en prison, sans jugement, et sans preuve, vous exagérez quelque peu, et je suis polie ...

Je vous cite :

«Déclarer : c'est la guerre», c'est déclarer la guerre. Parce qu'une guerre commence par une déclaration. ... L'Insurrection qui vient, c'est littéralement, une déclaration de guerre. ... Et que fait l'ennemi désigné ... Il le prend au mot, se défend, et lui fait la guerre en effet. ... Voyant la guerre partout, on la déclare, on la déclenche, on le subit, on se retrouve arrêté...»

Tout cela est dit bien gentiment, et bien écrit, mais cela revient purement et simplement à dire que le comité invisible, Julien Coupat ou qui vous voudrez, aurait dû la fermer, et qu'il vivrait tranquille au fin fond de sa Corrèze s'il n'avait pas ramené sa fraise. Ca revient purement et simplement à légitimer la répression de toute contestation sociale ou politique, même par des mots. Cela revient à justifier les autodafés. Bref, Alliot Marie a eu raison de les mettre au gnouf, après tout, ils l'ont cherché, merde !

C'est comme si vous compariez les gamins palestiniens avec leurs cailloux, face aux chars israéliens avec leurs bombes au phosphore blanc.
Sans doute une autre bagarre de collégiens en mal d'identité...

La troisième et dernière :

Croyez vous vraiment que Julien Coupat ait été heureux de passer sept mois en prison ? Vous pensez sans doute qu'il est heureux d'avoir gagné «la misérable lutte d'ego façon collège», «la bagarre de gamins orgueilleux...». Sans doute avez vous dans l'idée, comme beaucoup, que les prisons françaises sont «des prisons quatre étoiles»... Le «gamin orgueilleux» en chef, lui, vit très bien, merci, et ses petits copains aussi.

Julien Coupat lui, n'a rien gagné du tout, sauf d'être aujourd'hui loin de sa compagne, toujours sous contrôle judiciaire, et sommé de payer une caution. Il est toujours inculpé.

Et la seule victoire dans cette triste histoire, sa libération, enfin, n'est pas due aux journalistes, qui ne trouvent finalement pas grand chose à redire à la "guerre" aux pauvres, aux sans-papiers, au jeunes, aux chômeurs, aux fonctionnaires, sûrement j'en oublie, orchestrée par le pouvoir.
chère Judith la prochaine fois que vous vous attaquerez à un texte de révolutionnaire, petit conseil entre filles, faites le juste avant de partir en vacances ;
les gens s'étriperont les uns les autres amen ! au nom d'une quelconque idéologie (la sienne étant toujours la meilleure !) pour changer le monde..... et vous, ben vous regarderez cela en sirotant un bon jus de fruits les doigts de pieds en éventail ;
et confortablement installée au soleil vous regarderez le flux et le reflux apaisants de l'océan, valeurs sûres en ce bas monde, et vous vous direz que la vie vaut définitivement la peine d'être vécue !
-:)
Curieuse chronique qui m'a donné l'impression d'être parfaitement cohérente et parfaitement sans objet, sinon celui de justifier à vos propres yeux l'aversion que vous avez manifestement pour le gamin orgueilleux que serait Coupat. C'est certainement ce que suscite en vous les positions politiques de Coupat, malheureusement jamais vous n 'analysez ce qu'il dit vraiment (quelques citations prises ça et là dans un texte de quatre pages).Vous retenez du texte les maigres éléments propre à confirmer ce que vous voulez y voir. Au fond vous instrumentalisez les textes pour justifier votre émotion. C'est assez drôle puisque vous n'avez cessé dans l'émission sur l'insurrection qui vient de regretter que le texte ne s'adresse pas à la raison du lecteur. Moi je suggère que vous vous adressiez à votre propre raison, et qu'au lieu de laisser parler vos aversions, vous vous expliquiez avec elles, ou que vous nous les expliquiez véritablement et raisonnablement. Mais pour cela il faudrait analyser vraiment et précisément le discours politique de Coupat.Quoi qu'il en soit son discours, qui mérite comme tout discours une véritable critique, me semble cependant moins "égocentré" que votre propre chronique, qui se donne des airs d'analyse critique, mais qui n'est rien d'autre, comme vous l'avouez d'ailleurs, que l'expression d'un émoi.
Ben dites-donc, elle semble rude, cette fin de semaine... Tout le monde est à cran ! Enfin... tous ceux qui gueulent, mais ça fait tout de même de de quoi remplir un bus (j'imagine le boucan).
Bagarre de saloon sur la Ligne Jaune, crêpages de chignons à propos de Coupat, de Judith, de la Sarkaille, mais qu'est-ce qui s'est passé pour vous mettre dans cet état ?
Je soupçonne que les sujets en cours font plus appel à de l'idéologie, à de la croyance et à des goûts, qu'à de la saine raison, sinon l'on n'en serait pas là... Enfin quoi, on se croirait dans un repas du dimanche, quand le gigot fait place à la politique, et que l'intestin diffuse son pinard !
Quel exemple, bon sang, pour les visiteurs ! on se croirait sur un forum au Monde, ou à Europe1.
Remballez votre armement et profitez du beau temps. Ya pas quelqu'un qui aurait une blague ?
Vu la violence des reactions, soit "contre" la personne ( et non des idees ) de Judith, soit "pour" la personne ( et non des idees ) de J.C., et la violence avec laquelle ces personnes se sentent offusquees et scandalisees par le moindre regard critique envers la personne ( et non des idees ) de J.C., je commence maintenant a me demander serieusement si Judith n'avait pas encore plus raison avec l'idee de la naissance d'un prophete, et donc de disciples, que je ne l'imaginais a la premiere lecture.
La vérité, c'est que Hazan, ce vieil iguane, énerve formidablement Judith.

Et ce Coupat, sa coupe au bol, son épicerie et sa révolution, n'en parlons pas, n'en parlons plus

ou la kalachnikov va changer de main.

Tous ces morveux, avec leur insurrection, je te leur foutrais une bonne heure de colle,

sous le préau,

pour leur apprendre l'autonomie.

Vous me recopierez cent fois à la craie sur le tableau noir :

"je ne dois pas me prendre pour un prophète."
"je ne suis pas le messie."
"je couperai mes cheveux."
"je trouverai un vrai métier."
"j'achèterai une carte 12/25."
"je revendrai ma 2CV qui pollue."
"j'arrêterai de faire l'intéressant dans le monde pour un oui, pour un non."

Ah, foutue jeunesse indisciplinée !

Heureusement que vous êtes là Judith !
Dans ces propos de la guerre je vois surtout la guerre des propos.
citations de Judith, 1 point commun :

- "Que les médias aient été ridiculement maladroits et démesurément prompts à s’identifier aux névroses du pouvoir, la chose ne fait aucun doute (...)"

- "(...) le pouvoir, trop soucieux de ménager sa face pour être vraiment pris au sérieux, trahit bien plus de maladresse et d’impuissance que d’occultes et savantes intentions belliqueuses"


Ouf, me voilà rassuré. C'est juste des maladresses commises par des maladroits. Et puis, c'est pas comme si ça arrivait de façon récurrente, hein, l'emballement des médias et/ou leur suivisme par rapport au pouvoir.
Quant à ce dernier, c'est clair qu'il ne faut pas trop le "prendre au sérieux"... C'est de la ma-la-dresse. C'est pas comme si les amalgames étaient dans ses habitudes (de l'immigré-délinquant au gréviste-preneur d'otage, en passant par les manifestants-casseurs). C'est pas comme si le pouvoir envisageait d'un bon oeil tout ce qui peut créer, dans l'inconscient collectif, l'équation "contestation de l'ordre établi = (ultra-)violence"... C'est pas non plus comme si le thème de l'insécurité avait déjà servi ses intérêts...

Le pouvoir et les médias, en fait, c'est des grands maladroits.
He ben, ça foisonne dans les cerveaux de ce forum !

J'en oublie ce que j'avais à dire de ce texte, parce que votre raisonnement final sur la guerre, Judith, ça me semble un peu tiré par les cheveux.

Ah si ! Je voulais faire remarquer que si J Coupat se sent en état de déclarer la guerre, c'est qu'on l'a enfermé sans preuve et traité de terroriste. S'il est innocent, il est un peu normal qu'il réagisse ainsi et décide que la guerre est déclarée. Et vues ses idées anarcho-autonomes, ça a un sens bien particulier, l'état de guerre.

Personnellement, j'ai lu d'autres manifestes anarcho-autonomes qui étaient aussi brillamment écrits que L'insurrection qui vient, et qui ne pouvaient pas être tous écrits par Coupat. Donc je n'ai aucune certitude sur ce point. Peut-être, peut-être pas. Donc il n'y a pas de preuve réelle qu'il ait précédemment déclaré la guerre à travers ce livre, et puisqu'il s'en défend.....
Vous semblez douter qu'il ait écrit le livre, parce qu'évidemment, personne ne peut avoir de certitudes, mais ensuite vous raisonnez comme si vous considériez qu'il a le premier déclaré la guerre en écrivant l'IQV, mais vous n'en avez aucune preuve. Je trouve votre raisonnement vicié par une prémisse que vous ne pouvez prouver. C'est la première fois que je vous prends en défaut ainsi, et je suis étonnée, parce que d'habitude, vos démonstrations sont sans appel.

Et pour en revenir au fond de l'affaire, Coupat aurait-il auparavant déclaré la guerre ? Son attitude dans l'épisode à la frontière entre les USA et le Canada, et le fait qu'il ait des liens avec des anarcho-autonomes allemands (mais Berlin comme Barcelone sont des hauts lieux de l'anarchisme actuel, et ce n'est pas très étonnant que Coupat connaisse des anarchistes allemands) ne font pas de lui un terroriste.

Je dirais par ailleurs que c'est un discours anarchiste autonome classique dans le livre comme dans son manifeste, par rapport à la façon dont vivent les anarchistes.
On y déclare la guerre au système et on vit dans une marge pensée dans la sobriété et avec une grande économie de moyens, parce que vivre ainsi, c'est défier le système, prouver qu'on peut vivre autrement.

On vit vraiment son trip, ça peut être une épicerie bio, du syndicalisme, la lutte pour les sans papiers ou contre l'extrême droite.........et soit on vit par ailleurs à l'intérieur de la société, normalement, soit dans des squatts tautos, on s'entraide et on se fait confiance. On crée une société en grande partie autarcique et qui se déploie dans les failles du système social.
Et cela n'exclut pas de recourir à la violence dans certains cas bien cadrés. Après, il peut y avoir dérive vers une violence plus explosive, mais vu le nombre d'anarchistes, c'est vraiment très rare.

Et tant que vous ne fréquentez pas ces milieux, vous ne pouvez pas vous imaginer comment on peut vivre avec rien. Le fait que le Comité soit invisible est un écho au fait que le monde anarchiste, puissant et très militant, est invisible pour la plupart des gens et pour lémédias.

Mais le discours tourne en rond et ne changera pas le monde. Cela fait 150 ans qu'il existe sous des formes qui ont varié avec le temps, de Proudhon à Debord, et rien.... Sur ce point, vous avez raison. Mais il vivifie beaucoup de luttes un peu partout dans le monde.

Je ne vous décris pas un monde rêvé ou des préjugés sans savoir, j'ai été proche de ces milieux, sans en faire partie, à la fin des années 90. Et j'en ai assez vu et entendu pour prétendre comprendre comment il fonctionne intellectuellement.

Et même si c'est un monde assez dur, ça a été la période la plus féconde intellectuellement dans ma vie, parce que ça peut être intéressant pour la pensée d'être sûre qu'on ne pense pas d'une certaine façon et de s'en émanciper, de tout remettre à plat.
Quelle chronique fabuleuse ! J'avais lu l'interview de Julien Coupat, en avait perçu la côté caricatural, mais sans réussir à vraiment définir quels points me gênaient. Après avoir lu cette chronique, tout est incroyablement plus clair. L'analyse sur l'immaturité relative de Coupat est convaincante et passionnante car elle éclaire indirectement les limites d'un discours gauchiste militant peu subtil que j'entends dans mon entourage, et que je m'approprie parfois. Bref, j'ai pris une petite leçon et au final c'est très agréable.
Bonjour,

Juste pour dire que la notion d'état de guerre, qui peut paraître excessive au regard de l'acception courante du terme (guerre entre Etats-Unis et Irak, par exemple) est différente dans nombre de philosophies politiques proches de celle de la revue Tiqqun qui était animée par Coupat, par exemple celle de Toni Negri :

http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=MULT_018_0107


Lorsque l’état d’exception devient la règle et la guerre une condition permanente, la distinction traditionnelle entre guerre et politique tend à s’estomper. D’Eschyle à Shakespeare, toute la tradition de la tragédie n’a eu de cesse de souligner la propension de la guerre à se prolonger indéfiniment et à proliférer. Aujourd’hui, la guerre tend à s’étendre plus encore et à devenir une relation sociale permanente. Certains auteurs contemporains essaient de rendre compte de cette nouveauté en inversant la formule de Clausewitz (...) : la politique s’apparente toujours plus à la guerre menée par d’autres moyens. Cela veut dire que la guerre est en passe de devenir le principe premier d’organisation de la société, et la politique une de ses modalités. Ce qui tient lieu de paix civile n’est donc en réalité que le passage d’une forme de guerre à une autre.



Juste pour dire qu'il ne me paraît pas exact, ou suffisant, de prétendre que la notion de guerre n'existerait que parce qu'elle est affirmée dans ce court texte d'interview, il doit y avoir toute une réflexion derrière, un sens du terme.
[large]C'est pichrocolinesque les forums induits par la prose de Judith !! :-)))) [/large]
Je n'ai rien compris au texte de Judith, je ne dois plus savoir parler français normalement...
[quote=J.B.]On notera qu’une telle position énonciative – se déclarer détenteur d’une vérité absolue – sort considérablement renforcée d’une position d’énonciation concrètement opprimée (...) une parole frappée d’interdit paraît plus vraie qu’une qui a libre cours, comme si la puissance transgressive nécessaire à son émission garantissait sa charge véridique (hypothèse absurde : nier l’existence des chambres à gaz est une parole frappée d’interdit, et il n’y a que quelques fous furieux pour penser que c’est parce que c’est vrai que c’est interdit de le dire…)

D'abord par soucis de précision il me semble qu'il faut dire que dans le texte à aucun moment Coupat ne prétend détenir cette vérité absolue, il dit plutôt qu'il prend pour vrai "catastrophiquement vrai" tout ce qui est contenue dans l'IQV. Détail me direz vous. Je n'en suis pas si sure. En tout cas pas pour lui apparemment puisqu'il tient à préciser que "le propre des vérités est d’échapper, à peine énoncées, à ceux qui les formulent".
Interdisant par là a quiconque de s'en revendiquer propriétaire.

Ensuite dire que ce n'est pas parce qu'une parole est opprimée qu'elle est forcément vraie (engrangeant au passage un point G...) me semble être (désolé) une Lapalissade indigne de vous (je dit cela parce que je vous estime) dont on se passerait d'autant mieux ici qu'encore une fois vous faites dire à ce jeune homme ce qu'il n' a jamais dit.
Ou alors j'ai mal lu et vous n'aurez aucun mal à me citer le passage du texte où il prétend que la preuve que ce qu'il dit et vrai c'est qu'on lui interdit de le dire (Tient ça ressemble à du [s]Dieudo[/s] Soral ça).


[quote=J.B.](...)Comment, mais comment donc la fable de la fable médiatique tient-elle encore, dans la tête de Coupat, au moment où paraît dans un journal de référence son copieux et non contradictoire entretien ?

C'est vrai ça et comment mais comment donc par exemple les altermondialistes peuvent encore se croire censurés alors que Libé a fait deux papiers sur le forum social mondial (pendant que le Fig, Valeurs Actuelle, Le monde, TF1 et les autres ne faisait pas au moins un sujet par jour pour couvrir Davos) ou les gréviste brocardés alors que France trois a fait trois sujet leur donnant longuement la parole (tandis que Pernaut et consors ne donnent jamais mais jamais la parole au "pauvres usagers pris en otage".)

D'ailleurs la preuve que la presse n'est pas très largement univoque n'est-elle pas qu'il y a pléthore de voix dissidentes à l'intérieur même des grand groupes de presse . (Si si voyons il y a Mermet, le Monde diplo, Porte, CQFD et et .... AH merde ils sont pas si nombreuex et il ne doivent en rien leur existence à une quelconque bienveillance des médias dominants.)


[quote=J.B.]Du performatif au prophétique : la déclaration de guerre

Un autre point constitutif de cette situation décrite "en vérité", consiste dans l’affirmation que c’est la guerre.


« Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n'avons jamais été aussi prospères. C'est une guerre de classes, et c'est ma classe qui est en train de gagner » W. Buffet.
il faut pas etre tres malin pour décrypter l'article de Judith et lui faire dire
ce que lui (texte) et 'elle’ désire dire 'vraiment’
question de distinguer le latent du manifeste
ca il y a un discours sub-liminal dans ce discours récupérateur

un coupat qui parle comme un livre
commentaire littéraire:ne confondons pas le genre oral du genre écrit
message latent:ni Hazan,ni Coupat ne respectent la difference intrinsèque entre l’oral et l’écrit
ce sont de ‘écrivants’
la désinence en ants est au demeurant pejorative
en outre ‘qu’un qui parle comme un livre est un’ pédant’

le seul constat c'est que Judith utilise plus de gros titres que Coupat
n'utilise les italiques

le lieu commun d’une verite opprimee
ou l’apologie des medias

principe:une parole opprimée(Coupat/Hazan) n’est pas la condition sine qua non d’une parole vraie

message latent donc suggéré: une parole libre(la mienne,les medias)’ n’est pas nécessairement une parole fausse

la verite sur le mensonge
ou le mensonge de la vérite (sous-entendu de Coupat/Hazan)

ou l’innocentement des media après manipulation(ou tentative)
C’est le raisonnement des armes de destruction massive de l’Irak

L’objectivité des medias est postulée post factum (quand la guerre est terminée càd gagnée/ici quand la criminalistation
a échouée/ car un francais n’est pas un américain)
Par un mea culpa collectif (nous nous sommes fait avoir)
Suivi d’un spectacle de purification collective

Bref:les medias libres meme quand ils manipulent(ou essayent) sont de facto manipulés càd INNOCENTS




Du performatif au prophetique

Message latent:Coupat/Hazan créent un adversaire qui n’ex-iste pas
Le performatif se crée lui meme un adversaire,un ennemi
Ce sont des parano ergo des malades
Message sous-jacent:Car le pouvoir est BON et JUSTE
Et les medias sont la pour le montrer et surtout sans collusion( c’est pourquoi d’ailleurs Hazan n’est pas nommé directeur de TF1)

Naissance du prophète

L’argument ad hominem/ad personam
On détruit le personage/la personne
Le philosophe de Tarnac(hahaha)a un ego (hahaha) c’est un gamin (hahaha) il se met en spectacle (hahaha)
Qu'il s'agisse de Coupat ou de Judith: un monde de "bobos"!... des ratiocinations à perte de vue... des mots qui "font sens"... des formules aussi prétentieuses que creuses... La vraie vie, les fins de mois difficiles, le souci angoissant du lendemain, les humiliations quotidiennes: ils ne connaissent pas, à l'évidence!...
Bonjour Judith,

D'une forme séduisante de la rigueur. D'un discours vertébré, adossé à des références sensibles qui organisent les signifiants de ce monde dans l'ordre de l'universel mais qui par sa structure trop serrée empêche (ou veur empêcher) l'émergence d'un signifiant nouveau qui vient rompre le filet du monde symbolique tel qu'il se manifeste à nous actuellement.
Puisque vous citez Lacan, il s'agit du discours de l'universitaire.
C'est un discours séduisant car il est prestigieux mais anxiolytique (au contraire du discours du maître, assez angoissant à soutenir), un discours qui donne l'impression de pouvoir embrasser la réalité dans sa totalité, de ne rien oublier, de ne rien négliger.
C'est un discours, sur le plan marxiste, qui serait un discours du dix-neuvième siècle, contemporain de Marx et peu ou pas éloigné des socialistes utopiques.
Et bien peut-être pouvons convenir qu'il est important que Judith résume la pensée de la sphère sociale-démocrate (même teintée de lutte des classes) en ces circonstances historiques actuelles.
Il est important, pour nous-peut-être-révolutionnaires, de savoir qui sont nos alliés et à quels places ils sont. Judith est à la place classique des démocrates dont la peur principale est d'assumer la violence sociale comme un moteur pour l'action. Ils sont -vous êtes- nos alliés mais nous ne pourrons peut-être pas compter sur vous quand nous aurons les mains salies, par la lutte (Coupat parle je crois d'une luttre cruelle à venir), cars ils ont -vous savez- leur morale et nous la notre.
Personne ne souhaite de bain de sang, mais regardons-nous avec la même flamme le sort réservé aux pauvres que nous ne sommes pas ni moi, ni Coupat, ni vous même?
Sont-ils nos frères?
Qui sont-ils alors?

Des voix ré emergent pour traduire l'impact de la violence sociale sur les plus faibles et, comme souvent, ces voix ne viennent pas des plus faibles mais de ceux qui ont la voix qui porte. Qu'importe? Si mon frère, ma soeur est ce sans-papier chassé comme une proie, privé de ses enfants, alors Coupat aussi est mon frère et sa parole est bienvenue dans ce monde qui ne saisit pas la révolte au niveau de fureur où elle se trouve.

Personne non plus ne souhaite re jouer des pans tragiques de l'histoire révolutionnaire.

Mais c'est là précisemment que le discours de l'universitaire coule. Il ne peut rien faire émerger de nouveau, il ne fait que dire "Souvenez-vous, nous savons bien". Il ne peut que mettre en garde, clore et résumer.

Si nous avons une chance de construire une alternative de pensée et d'action à la sociale-démocratie impuissante c'est en l'écoutant avec admiration ré écrire et interpéter le monde à l'infini, pendant que, maladroitement, faiblement, avec ce qu'il faut d'orgueil et d'immaturité (et oui vous avez raison Judith, Coupat est un peu cela aussi), à l'ombre des éditeurs confidentiels ou avec l'aide opportune de quelques feux médiatiques, de quelques mécènes, dans des réunions dépeuplées, des manifestations désertiques, des prisons parfois, nous écrirons ce qui fera sens nouveau.
Nous avons aussi besoin pour cela des universitaires même s'ils descendent bien avant notre arrêt.

Fraternellement, Miguel.
Une fois n'est pas coutume mais je trouve beaucoup de choses critiquables concernant cette chronique. L'analyse de Judith témoigne de sa profonde hostilité vis à vis de la position politique et des écrits de Julien Coupat. Cette hostilité est probablement en rapport avec un rejet, tel que Judith l'a exprimé (cf."d@ns le texte"), de la violence potentielle que véhicule le texte de l'IQV. Cependant, ce rejet de l'IQV et la volonté de s'en démarquer provoquent aujourd'hui des commentaires et une analyse que je trouve particulièrement spécieuse.

je reprends quelques points gênants selon moi :

[quote=Judith] Comme la promesse ou l’excuse, la déclaration de guerre est un performatif : elle accomplit ce qu’elle énonce, elle le réalise, elle a valeur d’acte.

Ah Judith ! Vous croyez donc au pouvoir des mots comme les magiciennes ou les prophètes que vous critiquez. Si les mots ont un pouvoir, sont-ils pour autant des actes ? En répondant par l'affirmative à cette question, vous franchissez une étape lourde de conséquences. Car ce genre de conception permet de déclarer préventivement la guerre. Bush n'a-t-il pas légitimé une partie de son action sur ce seul argument ? De la même façon, l'insulte ou la menace auraient elles désormais valeur de coups ou d'agressions physiques ? Qui n'a pas insulté l'automobiliste distrait ou le voisin bruyant ? Serons nous prochainement considérés comme criminels pour y avoir seulement pensé ?

[quote=Judith] que fait l’ennemi désigné par un assaillant qui lui "déclare la guerre" ? Il le prend au mot, se défend, et lui fait la guerre en effet.

Vous justifiez l'idée de la guerre préventive !!?
Dans la vie de tous les jours cela donne : "il m'a mal regardé alors je lui ai mis un coup de boule." Comme dans la cour d'école...

[quote=Judith]Mais si c’était vraiment la guerre, les stratèges du pouvoir offriraient-ils à leur ennemi ce statut de martyr, qui l’érige en prophète ? Cette lamentable gaffe judiciaire, qui n’en finit pas de ne pas trouver sa solution de sortie, fait bien plutôt l’effet d’une misérable lutte d’ego façon cour de collège : tu m’as traité, là, tu m’as traité, tartagueule à la récré.

Vous renvoyez dos à dos et dans la cour d'école, l'état français et un épicier de Tarnac. L'idée d'une lutte d'égo me semble totalement étrange dans ce contexte. Que signifie la lutté d'ego entre un trentenaire épicier au fond de la province et le gouvernement d'un état de plus de 60 millions d'habitant ?

[quote=Judith]
Vue d’ici – de nos vies qui luttent, chacune à sa mesure, sans forcément faire la guerre et sans faire de spectacle - ce qui se joue là-bas entre prison et ministère, ce n’est pas "la guerre" : c’est une bagarre de gamins orgueilleux dont on a simplement hâte qu’elle se termine, avec l’intuition que le spectacle de guerre qu’elle offre finit par occulter les luttes nécessaires auxquelles le réel ne cesse pas de nous convoquer.



Là encore, vous écrivez comme si Julien Coupat était le chef des Tigres Tamouls, le chef d'un état dans l'état.
Et nous, pauvres civils au milieu du conflit, méprisés par les puissants, pris en otage.
Mais de quelle puissance politique, financière ou militaire Julien Coupat est-il donc le représentant ?

Julien Coupat est un citoyen comme vous et moi. Si vous justifiez l'action de l'état contre lui à l'aide des notions de guerre préventive et de la création d'une figure de dangereux chef terroriste, ne vous étonnez pas qu'un jour, en vertu de la loi Loppsi 5, on vienne vous dire quoi écrire et à qui déclarer la guerre.
Bonjour,
je souhaiterais revenir sur la partie "la vérité sur le mensonge" de votre texte Judith. Ce développement comme d'autre passage de ce texte ne me semble pas vraiment tenir la route quand on sait ce qui est accusé par Coupat et la manière dont vous semblez le défendre, à savoir le traitement de l'information par les médias.

L"hypothèse d'observation de Coupat n'est pas nécessairement que les médias nous mentent, mais plutôt qu'ils sont au service d'une réalité qui est celle du pouvoir, et qui nous le savons a tout intérêt à faire croire qu'il n'y a que cette réalité là qui vaille.
C'est très réducteur de voir dans cette critique des médias une théorie du complot : la théorie du complot repose sur la croyance qu'il y aurait dans nos société une sorte de bureau secret qui coordonne toutes les décisions d'un pays, notamment le traitement de l'information dans le but de servir des fins politiques. Cette théorie n'est en fait que le spectre de l'organisation des vieux régimes totalitaire, actualisée et plaquée sur nos "démocraties" occidentales. Cette manière de penser relève à la fois d'un mythe qu'on agite pour des fins obscures le plus souvent, mais aussi d'une erreur d'analyse historique et sociologique.

Coupat ne tombe jamais dans cette erreur-là et son analyse du fonctionnement médiatique se rapproche bien plus d'un texte comme celui de Hazan, LQR : il n'est pas nécessaire de croire dans un complot pour affirmer que l'organe médiatique est asservis ou pouvoir en place, les liens entre pouvoir et médias, ne sont pas ceux grossiers et visibles qui se tissent des les régimes totalitaire, mais des liens d'affinité, de connivences de classe, qui ne sont pas ceux de gens qui complotent, mais qui sont en entente cordiales. De tels liens beaucoup plus complexes, permettent à de nombreux journalistes d'écrire ou de dire sans mentir qu'ils sont totalement libres vis à vis du pouvoir, car effectivement il n'y a pas besoin d'exercer quelconques pressions si l'on est soi-même en familiarité avec les décisions politiques prises, et la manière qui s'en suit de les relater.

L'objection que l'on peut faire alors c'est qu'il existe des exceptions à ce conformisme intellectuel, politique et médiatique. Et que ces exceptions exercent librement leur libre analyse. Un de vos chroniqueurs de Dans le texte le rappelait d'ailleurs à Hazan dernièrement. Et d'une certaine manière votre texte tient le même discours, quand vous écrivez que c'est la "fable médiatique" qui depuis novembre nous informe que le dossier de Coupat est à peu près vide, que c'est le même "conte" qui publie tribunes et chroniques dénonçant son incarcération grotesque, et qui donc, lui tend cette magnifique tribune en pleine page du Monde ou que vous vous interrogez sur la possibilité pour Coupat de tenir son hypothèse sur la fable médiatique lorsque au moment-même où il affirme cette fable paraît dans un journal de référence son copieux et non contradictoire entretien, vous faites vous aussi là une erreur d'analyse de la profession qu'il semble que vous exerciez à mi-temps.

La thèse de la "fable médiatique" ne s'effrite pas au moment même ou ceux qui la dénonce peuvent s'exprimer à l'intérieur, croyez-vous que la pomme soit si faible pour se laisser détruire par le ver? Au contraire, de ceux qui la critique elle fait son jus. Dans l'uniformisation du discours politique dans la bouche des hommes politique et dans les médias, la parole qui s'élève en faux n'est pas la preuve de la non-uniformisation mais au contraire la preuve que la fable politique et médiatique marche bien!

[large]La fable médiatique, madame, ce n'est pas le règne sans conteste du faux, c'est rendre le vrai, ou tout autre discours inopérant! La logique de pouvoir qui est la même que la logique médiatique, et dans une certaine une certaine mesure, celle du laisser dire.[/large]

Je vous recopie là quelques lignes tirée de L'instant d'après de B. Aspe qui définit très bien l'état intellectuel actuel qui vaut aussi pour l'état médiatique du moment où toute critique se trouve neutralisée, c’est-à-dire détachée de tout acte : « c’est ce qui rend en notre temps la vérité si fragile, car elle a constitutivement besoin de ce dire, ou de se dire. Nul besoin d’un pouvoir qui efface l’existence des faits : s’il se sert du mensonge pour son compte, c’est de façon à la fois éhontée et mesurée. Son opération de plus grande portée à l’endroit du dire-vrai est ailleurs. Rendre la vérité inoffensive, c’est faire que son énonciation soit équivalente à celle du mensonge. Pour cela, il suffit d’agiter le spectre du dogmatisme, ou celui de l’endoctrinement sectaire, lorsque d’aucuns, surtout s’ils n’y ont aucun titre, s’avisent de vouloir imposer ce qu’ils jugent vrai. Ce qui contrevient au constat prétendument indépassable de la pluralité des vérités passe alors pour être au moins tendanciellement criminel »

Voilà pourquoi la fable médiatique ne tombe pas des lors que certain journaux font la part belle à Coupat ou simplement traite un peu mieux l'information, tant que Jean-François Copé déclarera sur Canal qu'il faut avoir peur de ceux qui arrête les trains, qu'il faut avoir peur "en tant que citoyens". Et tout ces autres endroits où le mensonge s'énonce et il est, lui, suivit d'actes.

Je souhaitais répondre sur ce point parce qu'il vous engage dans votre pratique de femme qui participe au ballet médiatique, et que j'espérais autre chose de votre part que simplement une profession de fois dans votre métier. Et si vous lisez ces lignes, pourriez vous répondre, entre autre, à cette question : pourquoi les journalistes lorsqu'ils se sentent attaqués ne réponde que par une défense de leur profession et ne cherchent pas plutôt à savoir pourquoi celui qui les attaque le fait, quelles sont ses raisons, et d'où parle-t-il?

Peut-être pas seulement de prison...

gabriel
Je vous suis à propos de la "fable médiatique". L'argument de Judith "oui mais c'est Le Monde, qui a offert la tribune" est d'une faiblesse insigne. C'est prendre la partie pour le tout. C'est sur la distance qu'on analyse le comportement des médias. Ce type d'argument est du même ordre que ceux qui s'opposent à une analyse sociologique (portant sur un échantillon significatif et qui tient compte de la durée) en disant "oui, mais moi je..."
Si on interroge chaque journaliste à propos des emballements médiatiques, chacun dira : "oui mais moi je fais bien mon boulot".
Toujours à propos du traitement médiatique, dans lequel Judith voit finalement un équilibre (on s'enflamme à partir de sources policières et puis après, face à l'indignation générale, on met la pédale sur le frein. Ben oui, une information + un démenti, ça fait deux infos, c'est tout bénéf, coco !) sous prétexte que Coupat a pu causer librement dans le monde, voici un extrait d'un article de l'écrivain Serge Quadruppani.

[quote=Serge Quadruppani]
Sur le rôle des médias d'abord. A chaque fois que les autorités étatiques annoncent de vastes entreprises de répression, qu'il s'agisse d'opérations coups de poing en banlieue ou Taïga en Corrèze, ces déploiements de cagoulés avec leurs journalistes intégrés prompts à dénicher les trafiquants dans les cages d'escalier et autres « épiceries tapies dans l'ombre », le fonctionnement des médias dominants est toujours le même : c'est radio-poulaga, la parole univoque des autorités.

Après, comme on est, paraît-il, en démocratie, les faiblesses du dossier apparaissant, il est toujours tant de laisser place à l'esprit critique. Le temps passant, les libre opinions et les mobilisations se multipliant, l'affaire de Tarnac a constitué un cas assez rare de scepticisme médiatique généralisé devant le discours gouvernemental.

A l'exception de quelques organes qui se sont fait l'écho des faibles contre-attaques médiatiques de l'Intérieur (comme la soudaine et opportune apparition d'une liste de courses au Canada, et autres plaisanteries involontaires du Point), l'affaire de Tarnac a surtout servi de support à la verve des humoristes. Ayant été le premier, je le dis sans excessive modestie, à signaler dans un média national (ici-même) le caractère bouffon de l'affaire, je me permettrai de faire remarquer aux travailleurs médiatique qu'il existe bien d'autres dossiers semblables, par exemple celui de la fusillade de Villers-le-Bel, où les inculpés auraient aussi besoin de leur esprit critique renouvelé.

On peut quand même s'interroger sur cette tendance récurrente de ce qui se prétend « le quatrième pouvoir » à se faire porte-parole de l'Intérieur. Directement dépendantes de cette oligarchie financière dont Sarkozy est le fondé de pouvoir, les directions des grands journaux sont tout naturellement portées à relayer la parole du gouvernement ou celle de ses opposants institutionnels.
Un renouveau de l'esprit de rébellion ?

Mais les journalistes de base, ceux qui, de piges en CDI, connaissent une précarité qui les rapproche plus de la plèbe que de l'hyperbourgeoisie mondiale en train de détruire la planète, ces gens-là, pourquoi s'obstinent-ils à servir la seconde (et ses prétoriens) aux dépens de la première ? Un terrible soupçon nous saisit : serait-ce que la proximité avec la gent policière est indispensable au maintien de leur gagne-pain ? Plus de tuyaux, plus de boulot ? Si c'était ça, quel triste aveu !
Vous me sollicitez en message privé pour répondre à votre contribution. Bon. J'avoue que je commence à être lasse de l'agressivité qui se déploie par ici ; je comprends qu'on réclame que j'explicite ma position de chroniqueuse. Mais je n'ai pas à rendre compte du lieu d'énonciation médiatique en général ; pourquoi les journalistes n'entendent pas ce qu'on leur dit ? Je n'en sais rien. Je ne suis pas journaliste, n'ai jamais prétendu l'être. Je suis chroniqueuse, et très à l'écoute de ce qu'on me dit ; ma prose relève d'une subjectivité qui s'efforce à la raison avec quelques outils linguistiques ; quand vous dites que je réponds par "une profession de foi" dans mon métier, je ne sais pas de quel métier vous parlez. Et pour tout dire, je n'ai que peu de "foi". Je me demande s'il n'y en a pas beaucoup, en revanche, dans le "camp d'en face" : celui qui me tombe à bras raccourci dessus, parce que j'ai commis cet impair : tenter un décryptage très partiel (et partial ? Peut-être : je ne crois pas à l'objectivité) de la rhétorique de Coupat. Mais enfin, son discours est-il si sacré qu'il soit inacceptable qu'on en interroge les formes et les tendances ?
"J'avoue que je commence à être lasse de l'agressivité qui se déploie par ici"

Honnetement, est-ce que vous ne vous attendiez pas, au moins un peu a ce genre de reactions en publiant cette chronique ?

Vous avez eu le courage de l'ecrire, dans un climat ou le "bien-pensant" et le "politiquement-correct" font de Coupat soit un terroriste dangereux, soit le seul recours ( lire sauveur ) a la situation politique actuelle et rien d'autre.


Sans doute que si vous vouliez reellement la tranquilite et le calme seriez-vous plutot en train de presenter des emissions de divertissement sur ce truc du siecle dernier qu'est la tele.

Vous me sollicitez en message privé pour répondre à votre contribution.

À qui vous adressez-vous ? Je n'ai jamais écrit à quiconque en privé.
Comme si je vous disais que Judith Bernard confond le journalisme avec le football...
Les journalistes se plantent, prennent leurs sources essentiellement chez les flics pour faire de Coupat un terroriste putatif. Puis ils se rendent compte, face à l'indignation générale, qu'ils ont peut-être poussé le bouchon un peu loin. Du coup, marche arrière toute. Pour Judith, c'est pas si grave les emballements de départ (qu'elle a condamnés, je n'oublie pas) puisqu'in fine le journal de révérence a offert une tribune à Coupat. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes... (je caricature, mais c'est ce qui ressort de ce que dit Judith Bernard à propos du comportement des médias).
Si c'est grave, c'est très grave, c'est gravissime, même.
La comparaison avec le foot ? Ben au foot, quand l'arbitre se gourre, en oubliant de siffler une faute dans un camp, et ben il offre un pénalty de compensation. En général, ça ne règle rien, ça ne fait que pourrir le match. Là, c'est pareil. La "compensation" sous forme de tribune offerte (compensation intéressée puisqu'elle donne lieu à un scoop) ne rattrape pas l'erreur de départ.
Surtout, qu'on ne s'avise pas me suspecter d'évoquer un quelconque complot des médias. C'est DS et pas moi qui a inventé l'expression imbécile lémédias. Y-a pas plus de complot que de beurre en broche. Les dysfonctionnements répétés, les emballements, l'information circulaire, la non-vérification, la course au scoop ont des raisons tout à fait explicables, à commencer par des raisons économiques. Comme dit le sociologue Alain Accardo :
"Il n'est pas nécessaire que les horloges conspirent pour donner pratiquement la même heure en même temps, il suffit qu'au départ elles aient été mises à l'heure et dotées du même type de mouvement, de sorte qu'en suivant son propre mouvement chacune d'elles s'accordera grosso modo avec toutes les autres. La similitude du mécanisme exclut toute machination".
« Un Journalisme de classes moyennes », Alain Accardo, dans Médias et censure. Figures de l'orthodoxie, Pascal Durand, éd. Université de Liège, 2004.

Comprend qui peut/veut.

À part ça, je partage les réserves à propos de la prose de Coupat. Je remarque au passage que le soutien à ces jeunes gens ne s'est pas tellement étendu aux autres victimes de la répression des mouvements sociaux.


"Il n'est pas nécessaire que les horloges conspirent pour donner pratiquement la même heure en même temps, il suffit qu'au départ elles aient été mises à l'heure et dotées du même type de mouvement, de sorte qu'en suivant son propre mouvement chacune d'elles s'accordera grosso modo avec toutes les autres. La similitude du mécanisme exclut toute machination".
« Un Journalisme de classes moyennes », Alain Accardo, dans Médias et censure. Figures de l'orthodoxie, Pascal Durand, éd. Université de Liège, 2004.

Comprend qui peut/veut.



je suis comme vous ça me fatigue la désormais inévitable accusation de "théorie du complot",
Je suis d'accord avec philpep et vous devriez vous servir de ces "attaques agressives" pour explorer vos propres limites, qui me paraissent évidentes, pas simplement au niveau journalistique, mais aussi pour ce qui est de la critique littéraire.

L'argument contre la fable médiatique est d'une telle faiblesse qu'il devrait vous mettre la puce à l'oreille quand à vos réelles motivations. Celui sur la nécessité d'un complot est peut être plus scandaleux que le premier : c'est parce qu'on vous a donné du crédit qu'on évitera de croire à une malhonnêteté intellectuelle !

Vous attaquez J.C. en lui reprochant d'avoir du style ! Pourtant, en ce bas monde, l'emballage est nécessaire pour booter le cerveau du lecteur et lui donner envie de démarrer la lecture -car depuis Kant, l'a priori inné à pris du plomb dans l'aile !

Vous êtes tellement rivée sur votre "raison" que vous oubliez que la plupart des gens n'ont pas été conditionnés depuis leur tendre enfance, comme vous, à la lecture et que leur intérêt doit être renouvelé et stimulé.

Comment peut t-on oser enfoncer J.C. pour cela, c'est la question à laquelle vous ne répondez pas !

Vous êtes bien de votre classe, J.B., quoique vous ayez pu vous imaginer là-dessus...
Message 2/5max du 30/05/09.

@ 100hp (en réponse à plusieurs de ces posts sur cette page).

Je suis d'accord avec philpep et vous devriez vous servir de ces "attaques agressives" pour explorer vos propres limites, qui me paraissent évidentes, pas simplement au niveau journalistique, mais aussi pour ce qui est de la critique littéraire.

C'est tellement évident, qu'à vous lire, je ne vois au contraire que les vôtres, 100hp.
Ainsi, vous avez déclaré :


pour que cette déclaration de guerre est valeur d'acte, il faut que nous lui donnions sa valeur performative. Vous nous prenez donc pour des êtres suffisamment stupides pour interpréter ainsi cette phrase, plutôt que pour la prendre comme une indication du contexte psychologique de l'auteur. ailleurs vous précisez Vous l'aurez compris, le performatif, dans mon esprit, implique une absence de choix du lecteur à jouer des différents modes de lecture qui s'offrent à lui (au pieds de lettre ou psychologique, pour faire vite).


Vous faites un contre-sens sur ce qu'est le performatif.
Il n'y a que deux contextes en l'occurrence,
- ou l'auteur de cette phrase performative est susceptible d'être pris au sérieux, dans ce cas, il est raisonnable de répondre à la menace qu'il profère,
- ou l'auteur n'est pas pris au sérieux, soit qu'on le prenne pour un guignol, un enfant ou un fou, c'est-à-dire une personne irresponsable et dans ce cas, il faut le traiter comme tel.

Je doute à vous lire que vous preniez Coupat pour l'un des cas de la seconde alternative.


J.C. emballe ses idées comme il l'entend, non ?

Vous répondez de façon tout à fait hors sujet. Judith se contentait alors de souligner que l'écriture prophétique annonce ce qui va arriver. Ce que fait le livre comme l'article.

Enfin, non, toutes les manières d'exprimer ses idées ne sont pas bonnes.


évitez ce phrasé larmoyant et pathos en évoquant cette pauvre populace maltraitée par J.C.

Outre que je ne vois absolument pas à quoi vous faites référence dans la prose de Judith, je note à vous lire si dessous, que votre mépris pour les caractéristiques de cette populace dépasse largement celui que vous avez cru percevoir chez elle. C'est vous qui parler de booster le cerveau des lecteurs de Coupat, qui doivent être continuellement stimulé. Vous faites de Coupat un meneur de brebis et de nous par la même occasion des moutons, non merci. Autre élément injustifié de votre argumentaire :

vous reprochez à J.C. de s'exprimer. Je ne sais pas pourquoi. Je subodore que vous lui reprochez de court-circuiter les intellectuels, les vrais, ceux qui sont dissolubles dans l'air du temps...

Non, c'est tout à fait faux. Judith ne lui reproche pas de s'exprimer, seulement de s'exprimer pour dire qu'il ne le peut pas, alors que son livre n'a pas été interdit et que la presse à le droit de publier tel quel ses textes, si elle le souhaite.
Joli paradoxe.
Le reste de votre paragraphe n'est que vil procès d'intention, une fois de plus.


vos contre-arguments sont peu convainquant

Que dire des vôtres alors.

Comme disait Nietzsche (c'est mon côté beauf qui ressort),

Ne vous cachez pas derrière ce grand penseur, l'argument d'autorité n'impressionne (peut-être) que ceux qui ne l'ont pas lu (Nietzsche, le premier dénonçait l'usage de ce genre d'argument), ce qui n'est pas le cas de Judith, ni de moi.

J'ai voulu dire à J.B. qu'elle s'attarde trop à mon avis sur l'emballage des idées et pas assez sur les idées elles-mêmes, stratégie de discréditation qui peut s'expliquer comme un refus de la prise de parole de J.C. par la voie médiatique qui est la sienne actuellement.

Quelles idées ? Exprimez-les nous, si elles vous tiennent à cœur, au lieu de vous offusquer à bon compte. Je les attends encore ces fameuses idées. Le reste est encore un procès d'intention à l'encontre de Judith.

Qu'elle devrait réfléchir lorsqu'elle parle d'un texte qui manque de raisonnements et donc ne s'adresse pas à la raison, car c'est positivement stupide comme remarque.

Assertion péremptoire et malveillante, une fois de plus, de votre part. Démontrez donc en quoi c'est stupide, je vous attends encore sur ce point.

J.B. devrait intégrer les enseignements épistémologiques qui sont accumulés par la science depuis le 17ième siècle...

Encore de l'argument d'autorité utilisé pour injurier, rabaisser... Mais, pendant ce temps, nous nous impatientons, où sont vos arguments développés, expliqués, pas seulement plaqués ?

Par exemple, sur l'idée qu'une société fonctionnant en communes soit vouée à l'anarchie. J'ai le sentiment, en lisant Tocqueville, que ce modèle qualifié d'utopique, est la base de l'organisation politique des Etats-Unis telle qu'elle est décrite fonctionnelle dans son livre De la démocratie en Amérique ; modèle très certainement corrompu par la modernité -notamment des mœurs- par manque de vigilance quand à ses conditions de fonctionnement, plus que par des vices propres à ce système.

Mais, ce type de système est utopique, parce que justement la réalité le dément. Ce n'est donc pas tant dans le principe même qu'il faut chercher un vice de forme, que dans sa réalisation. C'est là qu'il s'avère ce qu'il est, une chimère.

L'argument contre la fable médiatique est d'une telle faiblesse qu'il devrait vous mettre la puce à l'oreille quand à vos réelles motivations. Celui sur la nécessité d'un complot est peut être plus scandaleux que le premier : c'est parce qu'on vous a donné du crédit qu'on évitera de croire à une malhonnêteté intellectuelle !

La faiblesse, j'en attends la démonstration, celle qu'a avancé Camille ne me convainc pas. Pour le complot, je ne vois pas de quoi vous parlez.

Vous attaquez J.C. en lui reprochant d'avoir du style ! Pourtant, en ce bas monde, l'emballage est nécessaire pour booter le cerveau du lecteur et lui donner envie de démarrer la lecture

Contre-sens total. Judith ne critique pas le fait d'avoir du style, mais d'avoir ce style. Chose tout à fait différente.

Vous êtes tellement rivée sur votre "raison" que vous oubliez que la plupart des gens n'ont pas été conditionnés depuis leur tendre enfance, comme vous, à la lecture et que leur intérêt doit être renouvelé et stimulé. [...] Vous êtes bien de votre classe, J.B., quoique vous ayez pu vous imaginer là-dessus...

Et après, vous avez le toupet de reprocher à Judith d'appartenir à sa classe (?), alors qu'elle au moins ne fait pas le genre de distinction de classe intellectuelle que vous faites. Elle, elle estime que la raison peut s'adresser à tous et qu'il n'est pas nécessaire de recourir aux tripes pour s'adresser au peuple. A lire ce genre de déclaration sous votre plume, tout en connaissant celles de Judith sur ce sujet (cf. sa critique à Debray), je sais pertinemment pourquoi je prends une nouvelle fois son parti.

yG
[quote= La fable médiatique, madame, ce n'est pas le règne sans conteste du faux, c'est rendre le vrai, ou tout autre discours inopérant ! La logique de pouvoir, qui est la même que la logique médiatique, est dans une certaine mesure celle du laisser dire.]

Pertinence de votre « explication » – merci :-)

Pertinence de la chronique de JB et de ses réponses aux divers commentaires – certains semblent effectivement sur le sentier de la guerre dans une certaine ferveur :-)

C'est très réducteur de voir dans cette critique des médias une théorie du complot : la théorie du complot repose sur la croyance qu'il y aurait dans nos société une sorte de bureau secret qui coordonne toutes les décisions d'un pays, notamment le traitement de l'information dans le but de servir des fins politiques. Cette théorie n'est en fait que le spectre de l'organisation des vieux régimes totalitaire, actualisée et plaquée sur nos "démocraties" occidentales. Cette manière de penser relève à la fois d'un mythe qu'on agite pour des fins obscures le plus souvent, mais aussi d'une erreur d'analyse historique et sociologique.

Coupat ne tombe jamais dans cette erreur-là et son analyse du fonctionnement médiatique se rapproche bien plus d'un texte comme celui de Hazan, LQR : il n'est pas nécessaire de croire dans un complot pour affirmer que l'organe médiatique est asservis ou pouvoir en place, les liens entre pouvoir et médias, ne sont pas ceux grossiers et visibles qui se tissent des les régimes totalitaire, mais des liens d'affinité, de connivences de classe, qui ne sont pas ceux de gens qui complotent, mais qui sont en entente cordiales. De tels liens beaucoup plus complexes, permettent à de nombreux journalistes d'écrire ou de dire sans mentir qu'ils sont totalement libres vis à vis du pouvoir, car effectivement il n'y a pas besoin d'exercer quelconques pressions si l'on est soi-même en familiarité avec les décisions politiques prises, et la manière qui s'en suit de les relater.


alors là merci beaucoup pour ce passage, je suis totalement en phase avec vous sur ce point. une arme très pratique pour refuser la contradiction que cette fameuse "théorie du complot"
Merci pour cette très belle chronique (comme toujours).

Le ton prophétique de L'insurrection qui vient m'avait fait penser au style et à l'écriture de Ballard, dans ses derniers romans (les seuls que j'ai lus de l'auteur, pour l'instant). Sauf que chez Ballard le discours politique des révoltes qu'il décrit s'accompagne d'une forte ironie et d'une vision de la violence politique dénoncée comme un inquiétant nihilisme, quelle que soit l'idéologie qui la sous-tend... Alors que pour le Comité Invisible, elle est le début de lendemains qui chante après le Grand Soir.

De toute façon, il y a des lectures subversives encore plus dangereuses que L'insurrection qui vient. Que fait MAM? Que fait Darkos Vador?
L'insurrection peut venir, j'ai pas peur.

je viens de lire l'iQv, c'est un texte de bonne qualité avec des cotés vivifiants.
il y a une filiation certaine avec le livre "la vie sur terre" (avec en sous-titre : "réflexions sur le peu d'avenir que contient le temps ou nous sommes") de Baudouin de Bodinat; de la belle collection de l'encyclopédie des nuisances;
A lire dans cette maison d'édition le recueil d'articles et de lettres de georges Orwell qui nous fait découvrir un homme d'une belle clairvoyance...
( a ce propos Judith si oedipe se crève les yeux dans Oedipe a colone c'est je pense que la sphinge, par son énigme, exige un maitre de cité clairvoyant, ce que n'a pu lui fournir Oedipe, Oedipe qui n'a pas vu venir la peste ( le nul ) , et qui est sans doute a l'origine de sa culpabilité.

Pour revenir a "la vie sur terre", cet ouvrage possède a mon sens bien plus de poids et de densité que l'iQv, il est plus sombre , plus riche , avec ce qu'il faut d'érudition pour soutenir le propos, et est de caractère universel , en effet c'est un peu ce qui me gène avec les textes politiques , ils restent un peu sur le pas de la porte. Je ne m'étais pas régalé de la sorte depuis longtemps.
1. confondus dans ce "on" de complot qui court dans les lignes de L’IQV

Julien Coupat parle d'un intérêt de classe, pas d'un complot. Le premier suggère une réaction commune d'individus, l'autre une réaction organisée collectivement. La différence est de taille, pour qui veut décrédibiliser Julien Coupat en tant que porteur d'idée. D'ailleurs, dans son interview au Monde, il prévient que cela sera tenté.

2. Comment, mais comment donc la fable de la fable médiatique tient-elle encore, dans la tête de Coupat, au moment où paraît dans un journal de référence son copieux et non contradictoire entretien ?

Oui, comment peut t-il imaginer que les médias français, après que la vérité sur la vide du dossier soit révélée, ne retournent pas leurs vestes pour tout simplement garder le peu de crédibilité qui leur permettent de vendre... Argument ridicule.

3. Comme la promesse ou l’excuse, la déclaration de guerre est un performatif

J'imagine que le "performaté" c'est moi ? Merci de me prendre pour un imbécile.

4. Et c’est ainsi qu’on devient prophète

Un de mes professeurs, au sujet d'une thèse portant à controverse, nous dit : elle aura eu au moins l'immense qualité de faire penser. Quand Judith lit un citoyen français qui exprime des idées portant à controverses, elle y voit un prophète. Bravo...

5. C’est tout le paradoxe de Coupat : alors qu’il prétendait à l’anonymat et à la liberté, c’est en cellule et célèbre qu’il tient sa plus grande victoire.

Décidément, un français qui s'exprime librement en France, ça à l'air d'impressionner son monde. Moi, je ne vois pas de victoire, juste un texte intéressant à lire, plus que les 15 dernières années de débats politiques à TF1 et FR2 réunis.

6. Vue d’ici – de nos vies qui luttent, chacune à sa mesure, sans forcément faire la guerre et sans faire de spectacle

De nos vies qui luttent, où l'on achète étrangers parce qu'aliéner des travailleurs chinois sans droits sociaux, ça permet d'acheter plus ; où l'on vote à 53% pour avoir le droit de se gaver autant qu'avant : où l'on défile pour se plaindre de la baisse du pouvoir d'achat que notre bêtise engendre... Dure vie que celle des français !

Pour conclure, voici un texte ridicule de Judith qui nous démontre qu'elle est, elle aussi, une intellectuelle frustrée de ne pouvoir s'exprimer librement, plus librement. Là où la normalité républicaine voudrait qu'on ne voit qu'un homme s'exprimant librement sur la société, Judith veut à toutes forces nous montrer un inconscient prétentieux de prophète qui-se-prend-pour-qui-de-s'exprimer-sans-permission-sur-le-sujet-très-grave-de-"nos vies qui luttent" avec tant d'intelligence...

En gros, vous faites comme 80% de la population : pour cacher votre incapacité à répondre aux idées de J.C, vous attaquez la démarche en lui prêtant l'habit que vous voulez lui faire porter.
Personne ne semble le mentionner, pas Judith en tout cas, mais l'influence des situationnistes, en particulier Guy Debord, sur Julien Coupat est énorme. Influence dans les idées et dans le style, et qui va jusqu'au mimétisme : Coupat sur la photo de Libération ressemble à s'y méprendre à son inspirateur...
Ceci dit il est difficile de rejeter d'un revers de main tout ce que dit Coupat – ou Debord. Celui qui affirme détenir à lui seul toute la vérité, les autres étant soit des aveugles soit des corrompus est bien sûr prodigieusement agaçant. Il n'empêche qu'il faut écouter cette vérité, il faut relire les livres de Guy Debord, entendre la parole de Coupat. Oui, nous vivons dans le mensonge généralisé et omniprésent du spectacle. Oui, celui-ci règne sans partage sur la quasi-totalité des rapports sociaux. Quelques rapports humains y échappent encore, et c'est notre oxygène.
Ce mensonge généralisé est si bien assuré de lui-même qu'il s'offre quelquefois le luxe de dire cyniquement sa vérité : le temps de cerveau disponible, la rolex comme réussite sociale, le mépris affiché de l'intelligence ("il y a de la lumière, c'est chauffé"), les provocations et insultes à répétition vis à vis de l'obscur, du sans grade, du tout un chacun...
Parallèlement cette mise en pièces accélérée de toutes les solidarités sociales provoque montée de la violence, aggrave les tensions, empoisonne le tissu social. Bien sûr le gouvernement a peur, il a peur des jeunes, des banlieues, des enfants, des internautes, il a peur de son ombre. La seule réponse qu'il trouve à cette violence qui monte et qu'il provoque est le "surveiller et punir", une autre violence qui se déploie tous les jours un peu plus, en accéléré. Il est évident que ces deux violences se renforcent mutuellement, et que "ça va mal finir"... Peut-être cette "insurrection qui vient", il faudrait la souhaiter, peut-être serait-elle la meilleure issue possible, ou la moins mauvaise... Pour moi c'est un rêve, une utopie romantique, sans véritable consistance.
Merci, merci, merci !
Vous avez enchanté ma journée avec ce texte, moi qui étais perdue depuis la lecture de l'interview de Coupat, texte que je trouvais peu pertinent et surtout, certainement pas révolutionnaire, et surtout, depuis la lecture de nombreux commentaires ici et là, sur Internet, l'encensant comme le messie.
Ouf ! Vous remettez les choses au point, avec brio, comme d'habitude.
Décidemment, je sais pourquoi je vous lis.
Message 2/5max du 28/05/09.

Que Coupat soit une victime d'un emballement étatique ou un réel coupable, le message gouvernemental est lui bel et bien réel, à défaut d'être totalement passé, et se résume comme suit, que vous soyez sérieux ou pas, que nous ayons des informations sur vous ou pas, nous vous traiterons de la même manière ou presque.

Dans cette affaire, ce n'est pas seulement l'idéologie de Coupat que l'État permet de concrétiser, c'est une certaine politique sécuritaire. Si Coupat était clairement coupable, nous sérions nombreux à être rassurés par l'efficacité étatique. Que cela soit le cas ou non, il faut croire que ce n'est pas là le message essentiel que le gouvernement souhaite et/ou réussit à faire passer, bien au contraire, ayez tous craintes semble plus proche du message délivré intentionnellement ou non, peu importe en fait.

yG
et d'où ça parle chez vous, Judith?
de quel lieu?



votre dernière phrase est intéressante .... 'le réel ne cesse de nous convoquer'

il ,serait intéressant de vous entendre expliquer le mot 'réel'

cela mettrait votre texte 'en perspective'
À propos du fait que le Monde a offert cette tribune (plus qu'une interview). Comme je l'ai déjà dit sur le forum suivant l'article de DS, le capitaliste vendrait la corde qui servira à le pendre. Que Le Monde offre une page pour faire un scoop ne disqualifie pas les accusations vis à vis de la presse : son comportement panurgien habituel, les choix éditoriaux plutôt du côté de manche.
Qu'un Pujadas demande à un délégué CGT de Continental de lancer un appel à la modération à ses collègues, ça ne vous choque pas ? Que je sache, les présentateurs de JT ne demandent jamais aux patrons d'arrêter de toujours demander aux mêmes de faire des sacrifices ? Ça va de soi pour vous ? Quiconque s'intéresse sérieusement à la critique documentée des médias pourra vérifier que globalement les choix éditoriaux et les pratiques vont dans le sens de la perpétuation de l'ordre social existant, donc du maintien des injustices et des inégalités. On peut le contester, mais interrogez-vous, au plus profond de vous même : la question de Pujadas est-elle emblématique, oui ou non ?

Je suis d'accord pour dire avec vous "qu’une telle position énonciative – se déclarer détenteur d’une vérité absolue – sort considérablement renforcée d’une position d’énonciation concrètement opprimée", mais dire ça ne peut pas servir à disqualifier tous les énoncés, les constats de Coupat sous prétexte qu'un Faurisson s'appuie lui aussi sur la répression de sa parole. C'est un syllogisme mensonger. La plupart des constats faits par Coupat n'en restent pas moins pertinents (je mets de côté le côté "donneur de leçon" du personnage - inquiétant - qui conchie les syndicalistes et autres militants qui ne vont pas aussi loin que lui).

Ce que vous appelez "déclaration de guerre", Judith, ne répond-il pas à une guerre non déclarée ? La volonté de criminaliser à tout va de la part du pouvoir, y compris les syndicalistes (qui doivent se soumettre à des prélèvement d'ADN alors que c'était prévu pour les pédophiles et autres criminels), l'arrestation des enfants dans les écoles, l'intrusion de plus en plus grande dans nos vie, l'anti-terrorisme qui invente un terrorisme imaginaire, une justice apparaissant de manière de plus en plus évidente plus en plus comme "de classe", qu'est-ce que c'est tout cela selon vous ? Ce n'est pas une guerre de classe non avouée ?
Je crois que fondamentalement, c'est la notion de lutte de classes que vous récusez, comme si ça n'existait pas (un peu comme Fukuyama avec sa "fin de l'Histoire").
Message 1/5max du 28/05/09.

[qquote] Et c’est ainsi qu’on devient prophète : voyant la guerre partout, on la déclare, on la déclenche, on la subit, on se retrouve arrêté, et l’on peut dire : j’avais raison. [...] Mais si c’était vraiment la guerre, les stratèges du pouvoir offriraient-ils à leur ennemi ce statut de martyr, qui l’érige en prophète ? Cette lamentable gaffe judiciaire, qui n’en finit pas de ne pas trouver sa solution de sortie, fait bien plutôt l’effet d’une misérable lutte d’ego façon cour de collège : tu m’as traité, là, tu m’as traité, tartagueule à la récré. En prenant au mot le Comité invisible et le philosophe de Tarnac, le pouvoir, trop soucieux de ménager sa face pour être vraiment pris au sérieux, trahit bien plus de maladresse et d’impuissance que d’occultes et savantes intentions belliqueuses.

Oui, il y a effectivement dans cette histoire une dimension de prophétie auto-réalisatrice avec "l'aimable" et "coupable" participation de l'État, et je dirai que c'est là qu'est tout le danger. Car, aussi clownesque soient nos dirigeants dans cette aventure, il n'en reste pas moins qu'ils jouent bel et bien leur partition arbitraire-autoritaire-totalitaire (?).

Que l'État se donne ou non les moyens d'être sérieux, lorsqu'il fait mine de l'être, nous devons tous le considérer comme tel.

Désormais, la bagarre de cour de récrée ne concerne plus simplement deux égo, elle n'est plus celle d'un élève contre la hiérarchie, le pouvoir des "maitres". Dès lors que cette lutte se concrétise, le pouvoir s'exerce sur tous ceux dont il a la charge, coupat-ble ou innocent.

yG

ps: Qui pouvait prendre au sérieux l'assassinat d'un archiduc pour déclencher une guerre mondiale, et pourtant... Méfions-nous des avancées et prétextes carnavalesques, ils masquent difficilement une triste réalité.
Analyse très intéressante mais qui s'intéresse surtout à la forme et peine à toucher le fond selon moi. Enfin je pense que l'article n'était pas là pour essayer de comprendre les idées de Coupat.
Voilà un texte lui aussi bien écrit. Pour ma part je pense qu'il y a là un malentendu. L'Etat n'est pas en guerre contre Coupat. Cette affaire n'est même pas un épisode important. Simple maladresse, dégât collatéral de la stratégie d'usage de la peur et de l'intimidation. Lémédia se font tous l'écho de l'usage du fameux thème de l'insécurité en période électorale ou non. Pour moi c'est en fait le mot guerre qui par manque de définition empêche le débat. Guerre suppose deux camps bien identifiés qui s'affrontent. Et ici dur d'affirmer voir des camps s'affronter sans passer par la théorie du complot, capitalistes vs ultragauche, selon le point de vue.
Est-ce que pour autant le mot guerre est inapproprié pour décrire notre société, le monde actuel? La guerre de tous contre tous n'est-elle pas une expression qui fait un peu sens aujourd'hui? Quand J. Généreux décrit le libéralisme comme une maladie sociale dégénérative et auto-réalisatrice (la dissociété), le malade n'a-t-il pas le droit de se considérer en lutte, et pourquoi pas en guerre, contre la maladie? Dans le même livre, Généreux présente les "exploiteurs", les "capitalistes", comme des bourreaux eux-même victimes de cette maladie, via les expériences de Milgram. "c'est la vie", "c'est comme ça", "There is no alternative", et de nos jours "c'est la crise" suffisent à pousser une partie de la population vers le comportement de bourreaux. Il n'y a pas complot, il n'y a pas de camp clairement définis et conscients d'eux mêmes, mais la guerre est pourtant là.
Excellent texte!!! J'ai toujours beaucoup de plaisir à vous lire Judith!
En regardant un peu plus loin, je crois que le texte du Monde est un beau piège (organisé??) pour tous les politiques de gauche, qui fatalement seront questionnés sur le sujet. Difficile alors de se positionner sur des idées politiques appelant au changement radical émises par un toujours mis en examen pour sabotage et autres. Le contredire, c'est nier la nécessité de bouleversement en profondeur nécessaire, et s'en rapprocher c'est s'exposer aux "regardez le vilain, il soutient la violence". Et au premier gros poisson qui s'en approcherait de trop prêt, hop, on ressortira le dossier avec de d'éventuelles nouvelles accusations ou autres pleines pages accusatrices dont notre presse a le secret.
[quote=Judith]Et c’est ainsi qu’on devient prophète : voyant la guerre partout, on la déclare, on la déclenche, on la subit, on se retrouve arrêté, et l’on peut dire : j’avais raison.

Bam le processus de défense par stigmatisation de la société explicité en une phrase dés le matin. Le reste de la journée va être chiant...

Mais effectivement, pour ce que j'ai lu de l'IQV, je n'y ai rien vu de franchement nouveau, du post-situ version année 2000 bien écrit (mais tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parent 68ards...). Ce serais vraisemblablement passé inaperçu (comme sans doute des dizaines d'essai du même genre depuis 20ans) si MAM n'avais pas obligeamment mis un violent coup de projo dessus. Ce qui n'enlève rien à la pertinence et la brillance de l'itw amha...
Les americains ont bien Obama : pourquoi n'aurions nous pas aussi droit a un messie national ?

Un grand merci pour ce necessaire retour sur terre.
La France va pouvoir se rendormir, y a maintenant un petit gars qui mène l'insurrection permanente avec ses p'tis bras!!
Merci Judith pour ce très bon texte, qui dit ce qu'il y a à dire.

Une petite remarque sur "déclarer "c'est la guerre", c'est "déclarer la guerre"", ça me semble nommer aussi ces jeunes hommes qui n'ont jamais vécu aucune guerre, et qui aimeraient bien s'en mettre une sous le pied, l'arme sous l'aisselle et le chant guerrier à la bouche.

Et pour l'iqv, j'ai lu l'entretien d'un pseudo "bras droit" de Coupat dans le Nouvel Obs, hier ; et en moins doué, c'était la même langue, il doit y avoir une fabrique quelque part, des stages de formation à la langue insurrectionnelle du Comité invisible. Pas sûr que ce soit prévu dans le Dif, le droit individuel de formation, cette affaire-là.

http://anthropia.blogg.org
Merci Judith pour ce recadrage. Bien que je soit le premier scandaliser que Coupat soit maintenant en captivité depuis plusieurs mois sans la moindre preuve, je suis aussi de plus en plus agacé par tous ceux qui voient en lui le sauveur de la nation et en appelleraient presque à voter pour lui aux prochaines présidentielles.

J'ai commencé à lire l'IQV, qu'il n'a peut-être pas écrit (tout seul) mais dont le style est très proche du sien, et je suis moi aussi un peu déçu dans les premières pages de l'absence totale de réflexion. Le texte semble s'adresser, comme les les médias actuels, plus à notre affect qu'à notre intellect, et en celà il serait un pur produit de son temps.
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