Thélyson Orélien, de "phénomène littéraire" à polémique sur l'IA
Thélyson Orélien était la "révélation littéraire" de cette rentrée avec son roman publié chez Grasset, "C'était ça ou mourir", qui mettait d'accord médias, ventes et prix. Mais lorsqu'un compte X anonyme l'a accusé d'avoir écrit son texte "presque intégralement en IA", les médias ont polémiqué, re-testé sa prose, débattu de l'IA, déniché de vieux plagiats. Retour sur un emballement médiatique aux proportions dantesques.
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Commentaires préférés des abonnés
Alors que si l'IA n'existait pas, on ne se poserait même pas la question. Cette technologie détruit la société. Et comme par hasard, ça vient conforter l'extrême droite et faire de la pub pour un logiciel de plus.
Je trouve vraiment dommage que n’abordiez pas la question du racisme qui transpire littéralement dans cette affaire.
Ce qui est dommageable avec Thélyson Orelien, c’est que son passé de plagiaire le délégitime d’emblée, ce qui permet d’évacuer c(...)
Derniers commentaires
Et si on créait un prix du meilleur ou de la meilleure prompteureuse ? C'est aussi un art de bien savoir prompter.
Allons-y gaiement et regardons le bel objet. Je ne l'ai pas lu et je ne l'aurai pas acheté: le fait d'avoir le goncourt est deja excluant (ce qui n'est pas le cas du Goncourt des lycéens).
Maintenant, pour publier un livre, il faut qu'un éditeur ait travaillé sur le texte, son auteur etc... bref un boulot d'éditeur. Ce qui dans le cadre de la reprise Bolloreene coûte énormément. Bref, admettons que l'éditeur à bout de moyens n'ait pas fait de travail nécessaire. On arrive aux critiques dont le travail est toujours exemplaire et qui jamais au grand jamais ne souffrirait de paresse intellectuelle ni copinage. Et bien sûr les jurys de prix prestigieux ne pourraient surtout pas avoir de conflits d'intérets.
Bon on l'a compris: c'est la faillite intellectuelle de toute une branche (je pense que certaines réunions de rédaction au figaro valent leur pesant de cahuètes...)
mais il n'y a un qu'un seul coupable à punir!Et bien sûr des procureurs plus incorruptibles, supérieurement intelligents qui sont soit de la droite bien dure, soit de l'IA (la nuance est subtile).
Et ben je pose la question qui fache: la droitosphère a crié au génie pour le dernier titre de Boy George... qui a ete realisé par IA.
Bref?
Le moyen d'avoir le fin mot de cette histoire, c'est que l'auteur publie ses manuscrits, brouillons, en physique ou en .doc. Mais quand on voit l'historique de plagiat, le prompt bizarre resté dans un texte précédent... J'ai plutôt tendance à penser que ça n'arrivera jamais. En tout cas cette "affaire" pose des dilemmes: d'un côté il faut traiter le sujet de l'utilisation de l'IA dans l'écriture, établir quels sont les usages éthiques et ceux interdits; et de l'autre, il faut aussi se rendre compte d'où vient l'attaque (un "journaliste"/investisseur IA bien à droite, et qui cache par ailleurs ses autres petits camarades derrières le compte balance ton claude).
Attention, il y aune grosse confusion logique dans des phrases du type : « Pangram conclut à du texte 100 % humain. Pour les secondes, 100 % IA »
C’est 100% de probabilité, pas 100% de caractères générés par IA.
Donc le livre en question a très certainement été co-écrit avec un LLM, mais certainement pas en intégralité par un LLM.
T. Orelien a dû réprendre des passages lui-même, demandé au LLM d’en écrire d’autres, etc.
À ce titre c’est comme le plagiat qui n’est jamais intégral.
Ça peut paraître évident, mais je pense que c’est important pour comprendre l’état d’esprit des écrivains qui utilisent les LLM : ils les voient peut-être comme un outil orthographique évolué, un assistant, un correspondant, ou une béquille compensant un handicap ou une discrimination (ici, le racisme, pourquoi pas).
Je suis surpris de la réaction du Figaro à cette affaire. En effet normalement un tel plagiaire de la trempe d'un Étienne Klein devrait être célébré, non?
comme ce roman raconte le parcours d'un réfugié, migrant dans un pays démocratique, la panique morale de l'extrême droite n'a rien d'étonnant face à son succès!
Ce qui explique aussi la volonté de la gauche de le défendre à tout prix et de faire passer toute critique pour du racisme
Je remets ici le lien (réparé) donné par Catherine Gaeng plus bas.
https://marcusolang.substack.com/p/im-kenyan-i-dont-write-like-chatgpt
Ce texte me parle... Peut-être parce que j’ai appris le français en Afrique ?
Je viens de relire, dans Courrier International, un article signé Thélyson Orélien paru dans La Presse (Canada) remerciant ses lecteurs et lectrices pour l'accueil de son livre avec citation de témoignages.
Je ne sais si c'est écrit par une IA, juste je n'ai pas du tout envie de lire un livre entier écrit comme cela.
Je dois dire que que je m'en fous surtout depuis que Despentes a pris faite et cause pour l'auteur.
Un aveuglement hypocrite de sa part !
Je trouve vraiment dommage que n’abordiez pas la question du racisme qui transpire littéralement dans cette affaire.
Ce qui est dommageable avec Thélyson Orelien, c’est que son passé de plagiaire le délégitime d’emblée, ce qui permet d’évacuer ce qu’il y a de plus effrayant dans cette histoire : à partir d’un compte anonyme, qui compte 90 abonnés, fan de valeur actuelle, une toute grande partie des médias se sont jetés sur cette information, sans aucune vérification préalable, et ont amplifié une accusation sans preuve. Nous avons assisté à un grand réflexe raciste spontané (sans doute inconscient), de la part du monde médiatique et culturel. Pour preuve, l’académie Goncourt vient de le supprimer de la liste, sans une seule seconde envisager de soumettre les autres candidats au détecteur d’intelligence artificielle. Pendant ce temps, Yannick Haenel reste en lice. Pourtant, ActuaLitté a révélé il y a deux semaines de troublantes proximités entre son roman et un manuscrit de Fabrice Sanchez qui aurait circulé chez Gallimard, son propre éditeur. L'Académie n'a publié aucun communiqué et n'a posé aucune question. Ce n'est pas une première : Alina Reyes en 2007, puis Claude Lanzmann en 2009, avaient déjà mis en cause ses textes, sans que cela n'entame une carrière couronnée de prix.
Deux poids, deux mesures: une noire, une blanche
Il y a peu de temps Jason Arday, un universitaire accusé de plagiat; se donnait la mort; l'extreme-droite universitaire ayant monté en épingle la polémique.
C'est la même stratégie qu'emploie ici Samuel Fitoussi, journaliste d'extreme-droite (et investisseur dans l'IA par ailleurs); et proche des mêmes milieux qui ont poussé Arday au suicide. C'est lui (derrière le compte balance ton Claude) qui relaie en premier cette histoire. La stratégie raciste et de disqualification de ses ennemis politique est assez transparente.
C'est la nouvelle forme des paniques morales d'extreme-droite; c'est parfait la gauche culturelle/institutionnelle emboite le pas de l'extreme-droite; en plus des habituels "zetapo sceptiques mangez des IA" à la monsieur phi. Parce que quand l'extreme-droite commence à harceler quelqu'un le premier reflexe de ces gens c'est d'en rajouter une couche.
Et sinon rappel que les outils de détection IA c'est de l'IA aussi donc aussi fiable (c'est à dire pas du tout). C'est des grosses machines de statistiques; dans le cas d'une accusation comme celle ci il faut mieux avoir des preuves solides; c'en est pas. ya déja des gosses (souvent neurodivergents) qui ont des écritures un peu plus avancés que la moyenne et qui se font recaler parce qu'on pense qu'ils ont utilisé l'IA pour écrire (ou les profs utilisent ces outils qui donnent des faux positifs). Rappel aussi que des histoires de plagiats ça a jamais empeché des écrivains et universitaire de faire carrière.
"Eh bien selon Pangram, ce roman est rédigé presque intégralement par une intelligence artificielle. Nous avons testé plusieurs passages, à divers endroits du manuscrit, pour presque toujours le même résultat : 100% IA."
Donc, c'est un robot qui teste si un texte a été écrit par un robot.
Mais qui teste le robot qui teste ? C'est un robot qui teste les robots qui testent si un texte a été écrit par un robot.
Mais qui teste les robots qui testent ? Ce sont des robots qui testent les robots qui testent les robots qui testent si un texte a été écrit par un robot.
Etc...
On n'arrête pas le progrès, il s'arrête tout seul.
Ce qui est drôle c'est que ce M. Fitoussi écrit visiblement ses chroniques grâce à l'IA. Or comme il est indiqué, il aurait pu faire une chronique détaillée expliquant comment il en était arrivé à ce résultat et accepter le débat, mais il a préféré se planquer derriere un compte anonyme et n'en est sorti que contraint et forcé.
Concernant Orelien, je n'ai pas lu le livre mais j'envisage de l'acheter, ne serait-ce que pour me faire ma propre idée.
Perso, il m'arrive de faire appel à l'IA pour valider des écrits, lui demander un style plus percutant ou diplomate, si le mot que j'emploie est correct ou si elle en verrait un autre. Partant de là, dois-je considérer que ce n'est pas moi qui écrit ou l'IA?
Si Orelien fonctionne de la sorte, c'est difficile car malgré tout nous guidons l'IA.
Et comment faire confiance aux détecteurs quand on apprend que le 'I have a dream" de MLK est considéré comme écrit par de l'IA.
alors SI (un gros SI) il a bien écrit son livre avec l'IA j'aimerais bien voir le brouillon des prompts pour un roman, à moins que les prompts soient de l'IA aussi ?? A suivre quoi...
S.Fitoussi qui se dit "plutôt de droite", c'est très drôle après avoir coché tant de cases de l'extrême-droite :)
Il ne manque que le poste de zadiste de plateau télé sur BolloréTV (ou une condamnation).
Avant d'être une polémique c'est d'abord un énième outrage venu de l'extrême-droite, qui bizarrement vise souvent une certaine catégorie de personnes.
Cela dit, les plagiats (repérés par des humains :) ) et ce qui ressemble à un prompt au milieu d'un texte (un politique canadien s'est fait avoir de la même manière il n'y a pas si longtemps) jettent forcément un doute.
Et sur la conclusion, la mal-nommée "IA" est bien plus une affaire de probabilités (et de vol) que d'intelligence.
Mais est ce que je me trompe ou cet écrivain est noir
étrange non, qu'un raciste prenne autant de temps à examiner les écrits d'un noir
C'est étrange je n'ai pas besoin de passer par l'Intelligence Artificielle pour déceler de mauvaises intentions raciales
Le compte anonyme précise avoir testé ""plus de vingt passages" "du livre, et que" "la probabilité que vingt passages d'un même livre soient identifiés à tort par Pangram comme étant produits par une IA"" s'élève à ""0 suivi de 85 zéros après la virgule"".
Le compte anonyme, en fait Samuel Fitoussi, est un crétin ignare qui brandit des nombres pour faire sérieux alors qu'il n'a rien compris à son cours de mathématiques de seconde.
Le calcul qu'il fait n'a de sens que si les évènements sont indépendants, ce que ne sont évidemment pas 20 passages d'un même livre.
Samuel Fitoussi, l'antiwoke et pourfendeur des "attitudes victimaires" pleurniche sur X, mdr :
Merci pour ce résumé mais j'avoue que j'attend un texte de Thibault Prévost également tant je trouve le traitement de cette affaire encore à coté de la plaque et totalement naïf, ridicule voire insultant quand à toute ce que cela dis de cet usage.
On semble tomber du ciel quand on découvre qu'un auteur puisse s'aider d'une technologie. J'avoue que cela me fais rire jaune dans une industrie qui emploi moult ghost writers (qui eux au moins consomme pas les ressources du Kenya quand ils bossent)
(Du coup ici c'est plutôt Ghost writers in the shell)
Et de fait la panique me semble très bourgeoise tant elle s'attarde sur l'auteur avec un grand O sans jamais aller plus loin. Sans jamais se dire que l'usage de l'IA dans le milieu est là et déjà consenti. Si cela ne semble pas grave (ça l'est pourtant) pour ce qui concerne l'édition, l'impression, la vente, la distribution, le marketing etc, pourquoi cela devrait-il l'être pour la création et la rédaction ?
Hypocrisie quand tu nous tiens. Des millions d'emploi sont détruit à cause de l'IA dont ceux dans le milieux livre (RIP les traducteurs et traductrices) mais ça devient un problème quand on touche à la création (là aussi il est intéressant d'y voir toute l'expression du biais de la culture française qui méprise le caractère prolétaire et collective de l'objet culturel)
l'écrivain Mohamed Mbougar SARR a écrit un papier sur cette affaire https://kinkelibaa.info/sur-laffaire-thelyson-orelien-par-mohamed-mbougar-sarr/
C'est quand même formidable: on reproche à un type d'avoir écrit son bouquin avec une machine, et on utilise ladite machine pour s'en assurer!
Si le livre est bon et que c'est l'œuvre d'une machine, bravo à la machine. Ou à ceux qui la nourrissent ? Ça c'est un vrai sujet :
https://marcusolang.substack.com/p/im-kenyan-i-dont-write-like-chatgpt
Et s'il est mauvais il faut en conclure que les jurys et critiques littéraires distribuent leurs lauriers sur des critères qui n'ont rien à voir avec la littérature. Ou alors qu'ils ont des goûts de ch...
Dès lors, la question est : est-ce que JE trouve ce livre bon? Et si oui, en quoi le fait qu'il ait été écrit par une machine, un singe ou un homme devrait m'importer, ce qui compte c'est le récit (forme et fond), pas son auteur et encore moins l'avis des "spécialistes " (s'il est un domaine où on peut s'en passer c'est bien celui-là, surtout quand on voit ce qu'il vaut).
QuebecOb a écrit :
"Il y a des choses plus graves dans la vie !!!"
Comme c'est vrai !
Mais nous vivons dans une société où ce qui compte, c'est de faire du fric.
Et les auteurs, même mal payés, sont payés sur ce qu'ils écrivent.
Alors, accuser un auteur, qui n'a pas la bonne couleur de peau, de n'avoir pas écrit ce qu'il a écrit, c'est tentant.
Il aurait mieux fait de se payer un "nègre" (rires dans la salle).
Pangram et les autres détecteurs d'IA sont bidons. Faites des tests, vous allez rigoler. J'ai testé des petits textes ou mails 100 % rédigés par ChatGPT et Pangram détecte 100 % humain ou parfois 8 % d'IA seulement. Ou bien des courts mails rédigés par moi sans IA et il détecte de l'IA. Si vous repassez ces mêmes textes dans d'autres détecteurs, vous aurez des résultats différents. Ne perdez pas votre temps avec ces outils qui ne servent à rien. Ce sont des polémiques inutiles. Il y a des choses plus graves dans la vie !!!
Dans l'analyse, y aurait-il une approche différenciée entre les images et les textes générés par IA ?
Alors que si l'IA n'existait pas, on ne se poserait même pas la question. Cette technologie détruit la société. Et comme par hasard, ça vient conforter l'extrême droite et faire de la pub pour un logiciel de plus.
Se faire une idée soi-même, bah c'est vrai que du coup ça donne pas très très envie d'acheter (geste qui est en soi un pari sur l'humain).
Et c'est vrai que les présomptions s'accumulent. Mon premier réflexe (outre la suspicion sur les accusations entachées de tous les reproches fascistoïdes modèle figaro) c'était le doute culturel, l'envie que ces tests soient effectués sur des écrits culturellement voisins puisque l'ancrage stylistique est donné en excuse (et, par exemple, les narrations des contes africains jouent souvent sur des effets de répétitions). Imaginer un tel biais à ces tests est assez légitime, mais ça se vérifie.
Mais les plagiats et l'espèce de prompt font un arrière-plan assez accablant. Et contribuent au constat que la littérature est effectivement à l'agonie : qu'elle soit perceptiblement ou imperceptiblement remplacée par de la génération informatique, le doute lui-même (qui sera de moins en moins possible à lever) va complètement changer notre rapport à l'écrit et à ses auteurices. On entre, sans retour possible, dans l'ère du faux et, pire peut-être, du présumable faux.
Personne n'a questionné l'auteur sur tous ses plagiats? C'est un peu la seule chose qui est sûre ici et qui fait pencher la balance du coté d'une certaine malhonnêteté du Mr. Comment se justifie-t-il sur ce sujet?