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Commentaires

sexe, cactus et pantoufles

Derniers commentaires

Les transitions qui tuent d'Alain Korkos est une très bonne idée ,
mes je regrette ses plaisanteries de prof de cm2
"les titres des zeuvres de Terborch ayant été pondus a posteriori. Ah ! Il y en a qui rigolent, tout là-bas au fond"
et d'autres

Dommage
Pour cette chronique et toutes les autres, bravo Monsieur Korkos! Vous lire est toujours très intéressant.
J'adore.
Vous vous faites plaisir pour cet été, avec des oeuvres ultra-intéressantes....

Le fermier américain moyen dans American Gothic... Possible.
Etonnant en tout cas : cette image a été choisie pour la couverture du livre "De la démocratie en Amérique" de Tocqueville, et je ne peux m'empêcher de les associer désormais. Plutôt anachronique. Mais très américain, oui.
Les peintures n’indiquent pas des causes. On ne doit pas les scruter comme des radiographies, à la recherche d’un indice... Elles montrent l’état général d’un arrangement. Un style d’être au monde. Ce style manifeste la forme du sens, c’est de sa description essentielle que viendront les significations. Tout autre chose que la promotion de « causes cachées », obtenues par associations. La description la plus rigoureusement établie, qui n’est pas étrangère à l’efficacité poétique, prolonge heureusement le sens.
mais ici on peut conceder à votre analyse l'intention du peintre
Va-ton me pardonner cette intrusion hautement intellectuelle ?

Où sont passées mes pantoufles
Où sont passées mes pantoufles
Où sont passées mes pantoufles
Mes pantoufles, mes pantoufles, mes pantoufles

C'est un peu fort on ne les trouve pas
Pourtant toujours moi je les mettais là
Va t'en donc voir p't'êt' bien qu'elles sont en bas
Sur le trottoir en train d' faire les cent pas

Sur le tapis mes orteils se trémoussent
Du plus petit des doigts d' pied jusqu'au pouce
Ils se bousculent se serrent ou bien se poussent
Les uns contre les autres comme ça en douce

(au Refrain)

(Parlé:)
Z'avez pas vu mes pantouf' vous ?
Et vous z'avez pas vu mes pantouf' ?

(Choeurs:)
Où sont passées ses pantoufles ? (x10)

Où sont passées mes pan mes pan mes toufles
Mes pantoufles où sont passées mes pantoufles
Mes panpan, où sont passées mes snow boots
Mes pantouf touf touf en feutre

(On peut écouter ce chef d’œuvre de Jenn Constantin sur youtube)
Bravo bravo cher Alain Korkos... Mais vaut mieux mettre le sexe dans une pantoufle qu'au creux de la "femme du légionnaire"... comme on appelait jadis, quand les légionnaires légionnaient sur les terres arides du Mogrèbe avant et après l'Indo, les beaux cactus bien ronds et charnus et juteux. Heu... me v'là reparti alors que c'est dimanche. Comme quoi dirait le gars qui "adoorrrre" le surréalisme, votre insertion du cactus-qu'en-n'-est-pas un dans le titre répond à une pulsion irrépressible de votre underground. Ach ! les cheminements de l'inconscient.
Mal de dents ,mal d'amour, l'homme serre la machoire, raide comme la justice, mais ne disons nous pas "menteur comme un arracheur de dents"
la fourche, est caudine, dans ces années de crise de 29 , la prédestination protestante ne coincide plus avec le reve américain, c'est l'antagonisme du conservatisme et du libéralisme conquérant, c'est l'opposition sur tous ces tableaux , des portes rondes et carrées, soit dans la succession physique de l'enfilade (!) du couloir, ,soit juxtaposées ,de droite et gauche (!!!) dans l'espace unitaire
la forme ovoide en premier plan et le fond-sens en ouverture, un tableau dans le tableau; ce qui ramené à la chronique précédente, du tableau de Delvaux, où celle ci ,nue, ne se tient plus à carreau, sans cesse décalée de la perpective du damier, nous ramène du fond, point de fuite au présent de l'ici surdimensionné, convergeance à l'inverse de la débandade.
Je me croirais à l'époque de "La Sept" à regarder "Palette".
J'adore.
"Le monde entier est un cactus
Il est impossible de s'assoiaaar
Dans la vie, il y a qu'des cactus
Moi je me pique de le savoir
Aïe aïe aïe, ouille, aïe aïe aïe "


entre les cactus et les fourches du dentiste brrr notre monde n'est pas très accueillant....
merci m'sieur Korkos pour ces transitions saturdaynales qui tuent........
Non que je veuille remettre en cause votre vision de ce tableau magnifique, mais la porte du dehors est ouverte, tout est rangé, les pantoufles ne sont pas encore chaussées, ne serait-ce pas plutôt qu'on attend l'amant ?
Que toute cette sensualité est encore en délicieux suspens dans l'attente d'une arrivée prochaine et désirée ? Que même les bisous sont encore à venir ?

Dans ce cas, ça ne change rien à votre belle analyse.

J'ajoute que la psychanalyse n'est pas une science exacte, c'est une façon d'être au monde, dans l'intertextualité de la représentation et du langage. Une vision du monde qui complète toutes nos visions de la réalité, elle nous est propre, car chaque histoire est individuelle.
On n'est pas psychanalyste débutant, on est à la porte de tous nos savoirs sur nous-même, et donc sur les autres.

La seule différence avec tout ce qui s'appuie sur le langage, littérature, rhétorique...., c'est que la psychanalyse a été créée pour guérir. Et que pour cela, elle vous force à aller jusqu'à l'indicible.
Passionnant, j'adore. Mais il y a ici ou là, dans la philosophie @si, de quoi hurler au plagiat, non ? :-)
UN JOUR... TES PANTOUFLES...

Je regardais tes pantoufles, et dans le débarras de ta chambre, ma mémoire s’habituait à la légère couche de poussière qui recouvrait tes meubles et qui recouvrait notre âme.

N’en est-il qu’illusion, cette vermine fouillant partout et grouillant à travers nos deux vies ? Absence latente d’une certitude douteuse. Nous n’aurons peut-être pas assez de temps... Ce temps qui me colle à la peau comme une sangsue exsangue. Ce temps monotone, crasseux, ventru, frustrant. Ce temps que je supplie de nous laisser encore un peu de temps.

Et surtout l’envie de fuir cette vie, de fuir ces démons ; l’envie de fuir nos propres réalités. Aurons-nous suffisamment de temps pour... ?

À faire l’amour à tort ou à raison, à tort et à travers parce qu’on aurait aimé basculer nos vies, nos souffrances, nos espoirs. Se baiser rageusement comme on aurait voulu baiser notre mal. Nous n’avons pourtant rien fait de mal. Juste une tricherie contre soi-même. La cadence accélérée de l’incompris. Le train de la vie, le train de l’avenir poursuit sa course haletante, loin de nous.

Dans la poussière de tes pantoufles, s’élevait le désir de palper l’invisible, l’inexistant ; et montait une buée d’espoir non identifiée.

Qu’adviendra-t-il de ce que nous ne saurons sans doute jamais ? Aquarelle sans image et incolore ? Parfum d’une passion incontrôlée ? Rejet de deux vies désabusées?

Nous ne serons jamais de ce monde où les monstres s’acharnent à dénouer nos doigts, à dénouer nos amours et à dénouer nos illusions. Nous ne serons jamais de ce monde où le temps, tel un monolithe de souffrances, a barbouillé de noire tristesse nos rencontres à venir.

Je ne savais pas ce que mon corps faisait. Je ne savais pas ce que ton coeur voulait. Mais je savais, tes pantoufles que je n’ai pas chaussées, reviendraient me dire un jour que tes doigts attendent les miens pour se nouer, que le ciel n’est pas bleu sans nos désillusions amoureuses, que le temps s’en ira nous laissant sur la rive du fleuve Espoir. Heureusement nous avions su voler ce temps.

Jeanie Bogart
Née en Haïti, Jeanie Bogart vit aux États-Unis où elle mène une carrière de designer et d’écrivain. Après des études en journalisme, elle a, tour à tour, été reporter, présentatrice et rédactrice de nouvelles à la radio, à la télévision en Haïti et dans quelques publications aux États-Unis. Elle a commencé à écrire des poèmes à l’âge de quatorze ans. Elle a gagné avec son poème A la foli, le premier prix Kalbas Lò Lakarayib 2006, un concours de poésie réunissant les poètes créoles des Amériques, d’Afrique et de l’Océan indien. Elle est éditrice à deux magazines aux États-Unis.
Vos chroniques sont d'un charme admirable, cher Alain Korkos. Celui-ci me semble résulter de l'union en elles de l'analyse iconologique (interne d'abord, puis comparative - ou généalogique) des oeuvres et celle de leur signification: esthésiologique*, éthique, politique, tout à la fois et plus encore: autrement dit philosophique au sens du terme non académique. La chose y va même si loin que, comme dans cette chronique-ci et dans la précédente, elle fait ressortir les carences des pensées esthétiques aujourd'hui. Ainsi, touchant l'import sexuologique de l'art, la non interrogation de la notion freudienne de sublimation nous fait manquer la spécificité et, disons: la libératrice hauteur que l'art nous permet de prendre par rapport au "basique instinct" qui défigure tout autant ce que l'instinct pourrait avoir de naturel, que ce par quoi la pulsion en diffère. L'enseignement de Lacan aurait déjà beaucoup à nous apprendre à ce sujet, mais sa non-considération de la sublimation nous en fait manquer la plus grande portée. Ce n'est donc pas le moindre mérite de vos deux dernières chroniques de nous rappeler à cette nécessité.


*Le qualificatif - quasiment un hapax chez lui - est de Merleau-Ponty: il permet de s'affranchir du sens devenu trop dérivé du terme d'esthétique.
Des cactus circulaires, des cactus circulaires, est-ce que j'ai une tête de cactus circulaire?
C'est pas plus genre des begonia erythrophylla http://www.jardins-interieurs.com/v3/images/especes/begonia.erytrophylla.jpg

Non c'est tout.

Ça n'a aucune importance, je sais, mais un forum ça sert aussi à ça. Voilà.
Belle rentrée pour Alain !!! Bravo!
En cette triste rentrée politico financière, ta sensibilité et ton invitation au questionnement font un bien fou.
On en redemande!!!
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