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Schtroumpfs à lunettes !

Dès que se profile la rentrée scolaire ils sont là, les mômes à lunettes, envahissant le moindre espace publicitaire. Cernés par des piles de cahiers ou de livres ils nous sourient de leurs quarante-deux dents et nous regardent au travers d'énormes binocles, mini-intellos d'opérette myopes comme des taupes.

Derniers commentaires

L'embêtant, Alain, c'est que votre provocante culture iconographique est une incitation irrésistible à aller voir.
Sur la première représentation de lunettes, voyez le psautier: http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1992x026x002/HSMx1992x026x002x0141.pdf
Cheers, et merci de nous ramener aux beaux jours de la boîte à images… parfois.
L'"idéologie du don" et des différences supposées d'"intelligence" entre les sujets demeure l'instrument le plus puissant de légitimation d'un ordre social inégalitaire fondé sur l'illusion "méritocratique".

Le fait que l'institution scolaire utilise les test psychométriques (QI) pour déceler les cas de "déficience" des élèves - ou de façon symétrique l'utilisation hystérique de ces tests par des parents d'enfants "surdoués" - contribue grandement à la reproduction des positions sociales et à l'intériorisation de la domination à la fois par les dominants et par les dominés.

Ces tests sont parfaitement redondants vis-à-vis des réquisits scolaires, puisqu'ils s'appuient sur des items du même ordre: les élèves repérés comme déficients à l'école ont donc une forte probabilité de présenter un mauvais score, à l'inverse des enfants soi-disant "surdoués" qui font exploser les scores.

Comme on sait depuis Bourdieu que la culture scolaire est elle-même fondée sur un arbitraire culturel monopolisé par les classes dominantes, le concept flou d'"intelligence" utilisé dans ces tests permet de masquer l'origine sociale des inégalités dans l'aptitude à répondre aux réquisits de l'école au profit des supposés "retards" ou "avances" des enfants sur le plan mental.

Cette supposée inégale répartition des compétences intellectuelles constitue le fonds de commerce universel de la bourgeoisie libérale et conservatrice, puisqu'elle permet à peu de frais de discréditer tout projet politique égalitaire, tout en légitimant la position des dominants et leur reproduction sociale.

Petite illustration avec les propos tous récents de Boris Johnson, le maire de Londres, lors d'une conférence en hommage à ...M Thatcher:

"Hé, ho ! Marx est mort. Hé, ho ! Le communisme, c’est fini. Hé, ho ! Le socialisme, c’est fini. Hé, ho ! (...). Que ça vous pose problème ou non, le libre-échange est là pour durer. (…) Certes, nul ne peut ignorer la dureté de la loi du marché, ou les inégalités qu’elle contribue à accroître (…) entre des êtres humains déjà loin d’être égaux en termes de compétences, si ce n’est en termes de valeur spirituelle. Quoi qu’on pense des tests mesurant le quotient intellectuel, une discussion au sujet de l’égalité ne peut ignorer le fait que près de 16 % des membres de notre espèce affichent un QI inférieur à 85, alors qu’environ 2 % dépassent 130. (…) Je le répète : je ne pense pas que l’égalité économique soit possible. Je crois même qu’un certain degré d’inégalité est nécessaire pour susciter l’envie (…) et la cupidité, des aiguillons indispensables à l’activité économique."

« Boris Johnson’s speech at the Margaret Thatcher lecture », The Telegraph, 28 novembre 2013.
Pan le Bohler ! Boum le Finky !!!

Hargneux le Korkos ! Et c'est comme ça que je l'aime ! ;B-)
il me semble que le "moine (ou plutôt chanoine) à lunettes" de la cathédrale de Meaux est un peu antérieur à celui de Thomas de Modène (autour de 1335 si mes souvenirs sont bons)..
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/82/MoineAuxLunettes-Meaux.png
Ça vous donne un air plus intelligent, c'est sûr et certain !
Il faut aussi tenir compte de ce que les tests d'intelligence utilisent abondamment les capacités visuelles en de lecture. La corrélation intelligence-myopie mesurée pourrait en être affectée. Pour éliminer ce biais éventuel il faudrait appliquer des tests d'intelligence conçus pour des aveugles.
En faisant une démonstration par l'absurde (ça existe en math), cette histoire de lunettes permettrait de prouver que les conclusions sur le cerveau basées sur des études statistiques sont fausses. Il y a un biais, invisible à l'oeil nu, imperceptible qui fait que la méthode est à proscrire. Pour le voir il faut les lunettes d'Alain Korkos, l'idéal serait un microscope.

Le top c'est la phrase (j'ai lu le lien) qui dit que l'oeil du point de vue embryonnaire, l'oeil c'est kif kif du neurone. Donc si il y en a qui est raté, l'autre devrait être raté, pourquoi il dit ça puisque sa thèse c'est le contraire: moins bien l'oeil marche, mieux les neurones sont actifs?

Pour avoir l'air intelligent grâce au port de lunettes, chacun sait qu'il ne faut pas que le verre soit trop épais! J'ose espérer qu'il n'y a pas d'études lancées pour prouver la véracité de ce préjugé :-).
L'occasion d'écouter un binoclard, plus doué pour la musique que pour les études https://www.youtube.com/watch?v=cDIzMGh94vo
C'est pas un peu con, ces histoires de lunette ?
Je porte des lunettes de près et je ne suis pas plus intelligent.
Je précise que je viens de passer une nuit blanche, pas de ma faute,
(ces putain de jeux sur tablette).
Je ne suis pas très lucide. Du coup j'y retourne, ils vont me ruiner...
gamma
Je n'ai pas lu tous les commentaires et je ne sais si un ophtalmo ou opticien (ce que je ne suis pas) aura fait la remarque.

Mais tous les myopes savent qu'ils n'ont pas besoin de lunettes pour lire un livre : ils voient très bien de près. Ils portent des lunettes (avec des verres divergents) pour voir net ce qui se passe au loin.

Tous les porteur de lunettes des iconographies présentées par Alain sont de vieilles barbes atteints sûrement par la presbytie. Ils portent des lunettes (avec des verres convergents (comme les loupes)) pour voir net les objets qui sont proches d'eux.

Le glissement de raisonnement qui associerait intelligence à porteur de lunettes parce qu'une étude a trouvé une corrélation entre intelligence et myopie est donc du niveau d'une discussion de comptoir. Mais je n'avais pas besoin de cette démonstration nous connaissons tous des porteurs de lunettes qui ne brillent pas par leur intelligence.

En restant accoudé à ce comptoir, je propose ma petite théorie quant à la soi-disante corrélation entre myopie et niveau d'études. Un myope quand il lit un livre sans lunettes se fatiguerait beaucoup moins (puisqu'il voit facilement de près) qu'un hypermétrope ou qu'une personne à la vision normale qui eux sont obligés de forcer pour voir de près. La lecture des livres serait donc plus facile pour les myopes que pour les autres voyants.
Suis-je le seul à qui le détail du retable de Herling a fait pensé à çà ?
Jésus dit : "La lampe du corps, c'est l'oeil. Si ton oeuil est sain, ton corps tout entier sera dans la lumiere. Mais si ton oeil est malade, ton corps tout entier sera dans les ténèbres" (Matthieu, 6). Ce serait bete de croire que les myopes ne peuvent pas avoir, en ce sens, un oeil sain, mais il n'est pas certain que les lunettes donnent, tant que cela, le summum de l'air intelligent. Cela parait plus facile de donner un air extra-lucide a des gens sans lunettes, car c'est par leurs yeux, par exemple un peu ecarquillés, ou brillants, qu'il pourront avoir cet air. Difficile d'imaginer un Jesus ou des saints avec des lunettes. Peut-etre que l'intelligence a vraiment un effet sur les yeux, qu'elle les façonne, les rend brillants comme des diamants, quand tout au moins c'est une intelligence de philosophes, tournée vers l'idée du bien... C'est peut-être la tension interieure vers cette idee, ou le fait d'avoir peu a peu developpé en soi cette idée, qui finit par rayonner a travers les yeux... Toujours est-il que ce sont peut-etre, au final, les intellectuels sans lunettes qui sont les mieux dotés pour avoir l'air intelligents, par des yeux qui pourront leur donner cet air un peu illuminé ou extra-lucide. Cela est bien illustré par des photos, ou videos sur youtube, de vrais intellectuels sans lunettes, avec souvent alors des yeux magnifiques...
Le chat et la lunette

Un chat sauvage et grand chasseur
S'établit, pour faire bombance,
Dans le parc d'un jeune seigneur
Où lapins et perdrix étaient en abondance.
Là, ce nouveau Nembrod, la nuit comme le jour,
A la course, à l'affût également habile,
Poursuivait, attendait, immolait tour-à-tour
Et quadrupède et volatile.
Les gardes épiaient l'insolent braconnier ;
Mais, dans le fort du bois caché près d'un terrier,
Le drôle trompait leur adresse.
Cependant il craignait d'être pris à la fin,
Et se plaignait que la vieillesse
Lui rendît l'oeil moins sûr, moins fin.
Ce penser lui causait souvent de la tristesse ;
Lorsqu'un jour il rencontre un petit tuyau noir
Garni par ses deux bouts de deux glaces bien nettes :
C'était une de ces lunettes
Faites pour l'opéra, que par hasard, un soir,
Le maître avait perdue en ce lieu solitaire.
Le chat d'abord la considère,
La touche de sa griffe, et de l'extrémité
La fait à petits coups rouler sur le côté,
Court après, s'en saisit, l'agite, la remue,
Etonné que rien n'en sortît.
Il s'avise à la fin d'appliquer à sa vue
Le verre d'un des bouts, c'était le plus petit.
Alors il apperçoit sous la verte coudrette
Un lapin que ses yeux tout seuls ne voyaient pas.
Ah ! Quel trésor ! Dit-il en serrant sa lunette,
Et courant au lapin qu'il croit à quatre pas.
Mais il entend du bruit ; il reprend sa machine,
S'en sert par l'autre bout, et voit dans le lointain
Le garde qui vers lui chemine.
Pressé par la peur, par la faim,
Il reste un moment incertain,
Hésite, réfléchit, puis de nouveau regarde :
Mais toujours le gros bout lui montre loin le garde,
Et le petit tout près lui fait voir le lapin.
Croyant avoir le temps, il va manger la bête ;
Le garde est à vingt pas qui vous l'ajuste au front,
Lui met deux balles dans la tête,
Et de sa peau fait un manchon.

Chacun de nous a sa lunette,
Qu'il retourne suivant l'objet ;
On voit là-bas ce qui déplaît,
On voit ici ce qu'on souhaite.

Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794)
Petit-Pierre (extraits)

C’étaient vraiment des gens heureux. Ils étaient trois :
Le père, adroit maçon parmi les plus adroits ;
La mère, brave femme à peu prés du même âge,
Qui travaillait en ville et soignait son ménage ;
Enfin, pour compléter ce doux intérieur,
Un garçon, un unique enfant frais et rieur,
Que la famille avait appelé Petit-Pierre.
(...)
L’enfant étudiait comme un fils de bourgeois :
Il savait déjà lire, il savait même écrire,
Et son maître faisait un amical sourire
En voyant ses devoirs toujours bien expliqués.
C’est lui qui répétait les calculs compliqués
Sur les grands tableaux noirs pendus à la muraille ;
Et tous les écoliers, sans avoir l’air qui raille,
Les coudes sur le banc, recueillaient ses leçons.
(...)
Lorsqu’ils avaient soupe dans la cuisine basse,
Petit-Pierre prenait un livre de la classe
Et, feuilletant la table afin de faire un choix,
Lisait une touchante histoire à haute voix.
Les parents rayonnaient !… Ils respiraient à peine
Et n’osaient pas bouger, craignant de faire peine
Au lecteur susceptible assis au milieu d’eux.
Quand l’enfant terminait, il disait à tous deux. :
« Pourquoi ne pas venir, vous autres, à l’école ?…
Moi, je veux vous apprendre à lire !… » Une auréole,
Descendait de la lampe attachée au plafond
Sur l’enfant qui, naïf, venait d’être profond,
Et la mère riait : « Donne-moi des lunettes !…
« Car ces lettres vraiment sont pour moi trop peu nettes ;
« Ils vieillissent, nos yeux !… »


Mais l’enfant s’obstinait.
« C’est bien simple, épelons d’abord… » Puis il prenait
La grosse main du père et le forçait à suivre
Pour redire après lui les syllabes du livre.

O le petit apôtre et le maître charmant !
Ce n’était pas toujours ses parents seulement
Qu’il s’efforçait d’instruire en sa candeur naïve,
Mais partout s’étendait sa sainte tentative : .
Écrivant, — sans jamais accepter de profits, —
Les lettres que dictaient les mères pour leurs fils,
Conscrits que l’indigence obligeait au service ;
Traduisant aux voisins, pour leur rendre service,
Devant les bâtiments publics ou les marchés,
Les placards importants qu’on avait affichés.
Aussi c’était l’ami, le caprice, l’idole ;
Et lorsque chaque été les maîtres de l’école,
Tant il travaillait bien, lui donnaient tous les prix,
Aucun n’était jaloux, aucun n’était surpris ;
C’était l’enfant de tous, de tous c’était la fête :
On pavoisait avec une entente parfaite,
Par la foule, en triomphe, il était ramené ;
Le soir, tout le faubourg était illuminé,
Et, n’ayant que dix ans, le Petit-Pierre en somme
Était dans le quartier déjà presque un grand homme !.
(...)
Georges RODENBACH
Recueil : "Les Tristesses"
Absolument, M'sieur K. : si, à force de lire, on s'usait les yeux, comme l'implique Bohler, la logique voudrait qu'on ne voie plus de près.
Et que l'on soit presbyte et non myope. Non ?
"ils nous sourient de leurs quarante-deux dents"

Un piège pour nous faire encore parler de VT-FH ?
"Nous sommes là devant un cliché ancré en nos esprits depuis des siècles : les porteurs de lunettes seraient des intellectuels, des êtres supérieurement intelligents (mais alors, où ranger Finkielkraut ?)"
Une question pour vous, Aloys, si vous portez des lunettes.
Question anachronisme, j'avais signalé dans le forum d'une chronique antérieure ce tableau du peintre hollandais Jan de Bray.
A moins que l'oeil qui était dans la tombe et regardait Cain.....
Impossible de résister à la tentation du Bohler-Bashing après avoir jeté un coup d'œil sur son bouquin. Vous avez gentiment édulcoré ses conclusions.

Citation: "une autre explication viendrait de l'évolution .../... Cette pression de sélection aurait pu conduire à agréger les gènes de l'intelligence et ceux de la myopie, conduisant aux corrélations aujourd'hui constatées."

Et voilà, Bolher affirme sans vergogne l'existence de "gènes de l'intelligence" ! Vive l'eugénisme !




Pangloss enseignait la métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie. Il prouvait admirablement qu’il n’y a point d’effet sans cause, et que, dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux et madame la meilleure des baronnes possibles.
Il est démontré, disait-il, que les choses ne peuvent être autrement: car, tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes. Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses. Les pierres ont été formées pour être taillées, et pour en faire des châteaux, aussi monseigneur a un très beau château; le plus grand baron de la province doit être le mieux logé; et, les cochons étant faits pour être mangés, nous mangeons du porc toute l’année: par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise; il fallait dire que tout est au mieux.
J'étais prêt à adopter la théorie de Sébastien Bohler lorsque j'ai constaté qu'il ne porte pas de lunettes.
Bon, j'ai aussi lu le post d'Ulysse
Ayant subi une opération au laser pour ma myopie, je ne porte plus de lunettes depuis longtemps.
Aujourd'hui, je ne présente donc plus aucun signe extérieur d'intelligence, et pourtant elle demeure intacte.
[quote=Alain Korkos]Sauf que voilà, la myopie n'entraîne pas de difficultés particulières pour la lecture, activité intellectuelle par excellence. La réflexion et l'esprit d'analyse ne sont pas non plus réputées rendre l'oeil trop long ou le cristallin bombé. Et plouf ! font en tombant à l'eau les études prouvant que les myopes seraient plus intelligents que la moyenne.


Ce n'est pas parce qu'on n'a pas trouvé d'explication satisfaisante à un fait constaté que cela invalide le constat...
J'en propose une autre : les myopes ayant de mauvais yeux pour admirer le monde ou se livrer à des activités extérieures (sports...), se tournent plus volontiers vers la lecture ou plus généralement des activités intellectuelles ou d'imagination. Ce qui les oriente vers des études plus longues et les prépare aux tests dits "d'intelligence"...
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