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Sarkozy et le déni de contradiction...

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Dans le « vite dit » du 01/12/2011, Sarkozy et l'arme de "l'injonction paradoxale" (Obs), la rédaction d'@si reprend la définition de l'Obs de « l'injonction paradoxale » attribuée au "sémiologue américain", Paul Watzalawick: « Une injonction paradoxale consiste à interpeller l’adversaire par une provocation délibérée ».

Or, cette notion s'inscrit dans la théorie de la double contrainte (double bind) issue des travaux de l'école de sociologie de Palo Alto (San Francisco) qui, par la réunion de chercheurs de différentes disciplines dont surtout l'anthropologue Gregory Bateson, a développé une approche systémique et interactionniste des relations humaines dans le cadre du courant des nouvelles communications fusionnant électronique et biologie (l'homme et la machine). Cette théorie de la double contrainte me semble correctement décrite dans l'article de Wikipédia. Cette école a été très influencée par les mathématiciens Norbert Wiener et John von Neuman, "pères" de la cybernétique.

Dans la communication paradoxale, l'injection paradoxale, inscrite dans un rapport d'autorité, « se présente sous la forme d'un ordre qui contient en lui-même une contradiction telle que celui à qui il s'adresse n'a aucun moyen d'y répondre de façon satisfaisante. () On ne peut le résoudre qu'en le critiquant, c'est-à-dire en faisant acte d'insubordination. » (Edmond Marc et Dominique Picard). Un exemple paradigmatique est l'injonction: « Ne faites pas ce que je dis ». (Pour Sarko, c'est plutôt: « je ne fais pas ce que je dis ».) Un autre exemple est le fameux: « il est interdit d'interdire ».
Or les exemples donnés par l'Obs: « Vous voulez que tous les criminels soient livrés à eux-mêmes dans la rue ? » ou « Vous mettez en danger l’indépendance nationale ! » ne me paraissent pas correspondre au cas de figures de l'injonction paradoxale. Ils me semblent plutôt entrer dans le sophisme du « faux dilemme » tel que le définit Normand Baillargeon dans son excellent « petit cours d'autodéfense intellectuelle » (2002) que nous avait signalé JIEM 92 il y a plus de trois ans: « On fait croire (faussement) qu’il n’y a que deux possibilités; on donne ensuite à entendre qu’une est exclue; et on conclut que l'autre doit donc être vraie. Le hic, évidemment, c’est que, dans le cas en question, il n’y a pas que deux possibilités: le dilemme présenté est donc un faux dilemme ». Baillargeon donne l'exemple: « Ou bien on diminue les dépenses publiques ou bien l’économie s’écroule. (La propagande, depuis au moins vingt ans) ». On remarquera au passage que cet exemple est toujours d'actualité.
Dans l'exemple de l'Obs, le second terme de l'alternative c'est de faire plus de prisons et d'enfermer les « criminels » à vie. Ce qui n'est évidemment pas l'alternative humaniste. Mais pas non plus une injonction paradoxale.
Sarko pratique aussi beaucoup le sophisme de « la généralisation hâtive (qui) consiste à généraliser trop vite et à tirer des conclusions à propos d’un ensemble à partir d’un trop petit nombre de cas » (tous les roms sont voleurs).

Je trouve dommageable (si mon objection est pertinente) que soit ainsi relayée (en l'occurrence par la rédaction d'@si) une fausse interprétation qui correspond peu à l'idéal de citoyenneté participative et délibérative prôné par Baillargeon consistant sur le plan rhétorique à « apprendre la pensée critique, (qui) est apprendre à évaluer des arguments, à juger les informations et les idées qui nous sont soumises. »
Ce qui permet à Sarkozy de proférer impunément ses "sottises" et d'« ainsi interpeller ses détracteurs afin de les mettre dans l'embarras », c'est avant tout sa position d'autorité (sur talonnettes) et la cour servile qui le protège (plus les milliers de policiers qui l'entourent en permanence). D'ailleurs il n'a jamais de réels contradicteurs en face. Ça a d'ailleurs toujours été le cas des présidents de la cinquième [s]Royauté[/s] République, même si le nain mafieux en a fait une manière d'être.
Ainsi, je trouve plus pertinente l'expression de Flecktarn (quelque part dans le forum): « on connait le goût du Président pour les questions "clivantes", sa proximité avec la marionnette, et aussi avec les gens de télévision. Et on est en plein dans sa stratégie de comm de pré-2007 "un jour, une polémique", qui oblige le public à "polémiquer" sur les sujets choisis par le Président, de manière à ce que le débat devienne "pour ou contre Sarkozy" ».

L'autre dommage est que l'on ne s'occupe plus alors de la fonction même et des conditions d'effectuation du discours présidentiel.
Le discours politique d'autorité est un discours à plusieurs étages et différentes entrées qui s'adresse en même temps à différentes catégories de publics. Chacune y trouve (y entend) et y décode ce qui la concerne. Le spectacle de l'illusionniste a pour fonction de rendre opaque cette distribution.
C'est pour quoi ce discours a nécessairement besoin aussi de la mise en condition du public. Il est annoncé à l'avance par un battage massif et le rôle des merdias (sur le plan quantitatif ET qualitatif) est essentiel. Anne-Sophie Lapix, par exemple, l'annonce ainsi: « Nous nous rendons à Toulon où le chef de l'État prononce un discours décisif sur l'avenir de l'Europe. »

Si j'ai raison, j'estime évidement regrettable qu'@si participe à cette dimension de la propagande (pour autant que mon opinion ait une quelconque importance).
Que fait Sarkozy? Il se décommande au grand débat pour cause de voyage à Londres, puis maintenant on le décommande là-bas... du coup il retourne au grand débat ou pas?
encore une histoire de ptit brun chétif qu´on embêtait quand il était petit........

PAUVRE PETIT GARÇON!

COMME d'habitude, Mme Klara emmena son petit garçon, cinq ans, au jardin public, au bord du fleuve. Il était environ trois heures. La saison n'était ni belle ni mauvaise, le soleil jouait à cache-cache et le vent soufflait de temps à autre, porté par le fleuve.
On ne pouvait pas dire non plus de cet enfant qu'il était beau, au contraire, il était plutôt pitoyable même, maigrichon, souffreteux, blafard, presque vert, au point que ses camarades de jeu, pour se moquer de lui, l'appelaient Laitue. Mais d'habitude les enfants au teint pâle ont en compensation d'immenses yeux noirs qui illuminent leur visage exsangue et lui donnent une expression pathétique. Ce n'était pas le cas de Dolfi; il avait de petits yeux insignifiants qui vous regardaient sans aucune personnalité.
Ce jour-là, le bambin surnommé Laitue avait un fusil tout neuf qui tirait même de petites cartouches, inoffensives bien sûr, mais c'était quand même un fusil ! Il ne se mit pas à jouer avec les autres enfants car d'ordinaire ils le tracassaient, alors il préférait rester tout seul dans son coin, même sans jouer. Parce que les animaux qui ignorent la souffrance de la solitude sont capables de s'amuser tout seuls, mais l'homme au contraire n'y arrive pas et s'il tente de le faire, bien vite une angoisse encore plus forte s'empare de lui.
Pourtant quand les autres gamins passaient devant lui, Dolfi épaulait son fusil et faisait semblant de tirer, mais sans animosité, c'était plutôt une invitation, comme s'il avait voulu leur dire : « Tiens, tu vois, moi aussi aujourd'hui j'ai un fusil. Pourquoi est-ce que vous ne me demandez pas de jouer avec vous? »
Les autres enfants éparpillés dans l'allée remarquèrent bien le nouveau fusil de Dolfi. C'était un jouet de quatre sous mais il était flambant neuf et puis il était différent des leurs et cela suffisait pour susciter leur curiosité et leur envie. L'un d'eux dit :
« Hé ! vous autres !... vous avez vu la Laitue, le fusil qu'il a aujourd'hui ? »
Un autre dit:
« La Laitue a apporté son fusil seulement pour nous le faire voir et nous faire bisquer mais il ne jouera pas avec nous. D'ailleurs il ne sait même pas jouer tout seul. La Laitue est un cochon. Et puis son fusil, c'est de la camelote !
- Il ne joue pas parce qu'il a peur de nous», dit un troisième.
Et celui qui avait parlé avant :
« Peut-être, mais n'empêche que c'est un dégoûtant ! » Mme Klara était assise sur un banc, occupée à tricoter, et le soleil la nimbait d'un halo. Son petit garçon était assis, bêtement désoeuvré, à côté d'elle, il n'osait pas se risquer dans l’allée avec son fusil et il le manipulait avec maladresse. Il était environ trois heures et dans les arbres de nombreux oiseaux inconnus faisaient un tapage invraisemblable, signe peut-être que le crépuscule approchait.
« Allons, Dolfi, va jouer, l'encourageait Mme Klara, sans lever les yeux de son travail. - Jouer avec qui ?
- Mais avec les autres petits garçons, voyons ! vous êtes tous amis, non ? - Non, on n'est pas amis, disait Dolfi. Quand je vais jouer ils se moquent de moi.
- Tu dis cela parce qu'ils t'appellent Laitue ? - Je veux pas qu'ils m'appellent Laitue !
- Pourtant moi je trouve que c'est un joli nom. A ta place, je ne me fâcherais pas pour si peu. »
Mais lui, obstiné : « Je veux pas qu'on m'appelle Laitue ! » Les autres enfants jouaient habituellement à la guerre et ce jour-là aussi. Dolfi avait tenté une fois de se joindre à eux, mais aussitôt ils l'avaient appelé Laitue et s'étaient mis à rire. Ils étaient presque tous blonds, lui au contraire était brun, avec une petite mèche qui lui retombait sur le front en virgule. Les autres avaient de bonnes grosses jambes, lui au contraire avait de vraies flûtes maigres et grêles. Les autres couraient et sautaient comme des lapins, lui, avec sa meilleure volonté, ne réussissait pas à les suivre. Ils avaient des fusils, des sabres, des frondes, des arcs, des sarbacanes, des casques. Le fils de l'ingénieur Weiss avait même une cuirasse brillante comme celle des hussards. Les autres, qui avaient pourtant le même âge que lui, connaissaient une quantité de gros mots très énergiques et il n'osait pas les répéter. Ils étaient forts et lui si faible.
Mais cette fois lui aussi était venu avec un fusil.
C'est alors qu'après avoir tenu conciliabules les autres garçons s'approchèrent :
« Tu as un beau fusil, dit Max, le fils de l'ingénieur Weiss. Fais voir. »
Dolfi sans le lâcher laissa l'autre l'examiner.
« Pas mal », reconnut Max avec l'autorité d'un expert.
Il portait en bandoulière une carabine à air comprimé qui coûtait au moins vingt fois plus que le fusil. Dolfi en fut très flatté.
« Avec ce fusil, toi aussi tu peux faire la guerre, dit Walter en baissant les paupières avec condescendance.
- Mais oui, avec ce fusil, tu peux être capitaine », dit un troisième.
'" Et Dolfi les regardait émerveillé. Ils ne l'avaient pas encore appelé Laitue. Il commença à s'enhardir.
Alors ils lui expliquèrent comment ils allaient faire la guerre ce jour-là. Il y avait l'armée du général Max qui occupait la montagne et il y avait l'armée du général Walter qui tenterait de forcer le passage. Les montagnes étaient en réalité deux talus herbeux recouverts de buissons ; et le passage était constitué par une petite allée en pente. Dolfi fut affecté à l'armée de Walter avec le grade de capitaine. Et puis les deux formations se séparèrent, chacune allant préparer en secret ses propres plans de bataille.
Pour la première fois, Dolfi se vit prendre au sérieux par les autres garçons. Walter lui confia une mission de grande responsabilité : il commanderait l'avant-garde. Ils lui donnèrent comme escorte deux bambins à l'air sournois armés de fronde et ils l'expédièrent en tête de l'armée, avec l'ordre de sonder le passage : Walter et les

autres lui souriaient avec gentillesse. D'une façon presque excessive.
Alors Dolfi se dirigea vers la petite allée qui descendait en pente rapide. Des deux côtés, les rives herbeuses avec leurs buissons. Il était clair que les ennemis, commandés par Max, avaient dû tendre une embuscade en se cachant derrière les arbres. Mais on n'apercevait rien de suspect.
« Hé ! capitaine Dolfi, pars immédiatement à l'attaque, les autres n'ont sûrement pas encore eu le temps d'arriver, ordonna Walter sur un ton confidentiel. Aussitôt que tu es arrivé en bas, nous accourons et nous y soutenons leur assaut. Mais toi, cours, cours le plus vite que tu peux, on ne sait jamais... »
Dolfi se retourna pour le regarder. Il remarqua que tant Walter que ses autres compagnons d'armes avaient un étrange sourire. Il eut un instant d'hésitation.
« Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il.
- Allons, capitaine, à l’attaque ! intima le général.
Au même moment, de l'autre côté du fleuve invisible, passa une fanfare militaire. Les palpitations émouvantes de la trompette pénétrèrent comme un flot de vie dans le coeur de Dolfi qui serra fièrement son ridicule petit fusil et se sentit appelé par la gloire.
« A l’attaque, les enfants ! » cria t-il, comme il n'aurait jamais eu le courage de le faire dans des conditions normales.
Et il se jeta en courant dans la petite allée en pente.
Au même moment un éclat de rire sauvage éclata derrière lui. Mais il n'eut pas le temps de se retourner. Il était déjà lancé et d'un seul coup il sentit son pied retenu. A dix centimètres du sol, ils avaient tendu une ficelle.
Il s'étala de tout son long parterre, se cognant douloureusement le nez. Le fusil lui échappa des mains. Un tumulte de cris et de coups se mêla aux échos ardents de la fanfare. Il essaya de se relever mais les ennemis débouchèrent des buissons et le bombardèrent de terrifiantes balles d'argile pétrie avec de l’eau. Un de ces projectiles le frappa en plein sur l'oreille le faisant trébucher de nouveau. Alors ils sautèrent tous sur lui et le piétinèrent. Même Walter, son général, même ses compagnons d'armes !
« Tiens! Attrape, capitaine Laitue. »
Enfin il sentit que les autres s'enfuyaient, le son héroïque de la fanfare s'estompait au delà du fleuve. Secoué par des sanglots désespérés il chercha tout autour de lui son fusil. Il le ramassa. Ce n'était plus qu'un tronçon de métal tordu. Quelqu'un avait fait sauter le canon, il ne pouvait plus servir à rien.
Avec cette douloureuse relique à la main, saignant du nez, les genoux couronnés, couvert de terre de la tête aux pieds, il alla retrouver sa maman dans l'allée.
« Mon Dieu! Dolfi, qu'est-ce que tu as fait ? »
Elle ne lui demandait pas ce que les autres lui avaient fait mais ce qu'il avait fait, lui. Instinctif dépit de la brave ménagère qui voit un vêtement complètement perdu. Mais il y avait aussi l’humiliation de la mère : quel pauvre homme deviendrait ce malheureux bambin? Quelle misérable destinée l’attendait ? Pourquoi n'avait-elle pas mis au monde, elle aussi, un de ces garçons blonds et robustes qui couraient dans le jardin ? Pourquoi Dolfi restait-il si rachitique? Pourquoi était-il toujours si pâle? Pourquoi était-il si peu sympathique aux autres? Pourquoi n'avait-il pas de sang dans les veines et se laissait-il toujours mener par les autres et conduire par le bout du nez? Elle essaya d'imaginer son fils dans quinze, vingt ans. Elle aurait aimé se le représenter en uniforme, à la tête d'un escadron de cavalerie, ou donnant le bras à une superbe jeune fille, ou patron d'une belle boutique, ou officier de marine. Mais elle n'y arrivait pas. Elle le voyait toujours assis un porte-plume à la main, avec de grandes feuilles de papier devant lui, penché sur le banc de l’école, penché sur la table de la maison, penché sur le bureau d'une étude poussiéreuse. Un bureaucrate, un petit homme terne. Il serait toujours un pauvre diable, vaincu par la vie.
« Oh! le pauvre petit! » s’apitoya une jeune femme élégante qui parlait avec Mme Klara.
Et secouant la tête, elle caressa le visage défait de Dolfi.
Le garçon leva les yeux, reconnaissant, il essaya de sourire, et une sorte de lumière éclaira un bref instant son visage pâle. Il y avait toute l'amère solitude d'une créature fragile, innocente, humiliée, sans défense; le désir désespéré d'un peu de consolation; un sentiment pur, douloureux et très beau qu'il était impossible de définir. Pendant un instant - et ce fut la dernière fois -, il fut un petit garçon doux, tendre et malheureux, qui ne comprenait pas et demandait au monde environnant un peu de bonté.
Mais ce ne fut qu'un instant. « Allons, Dolfi, viens te changer! » fit la mère en colère, et elle le traîna énergiquement, à la maison.
Alors le bambin se remit à sangloter à coeur fendre, son visage devint subitement laid, un rictus dur lui plissa la bouche.
« Oh ! ces enfants! quelles histoires ils font pour un rien! s'exclama l'autre dame agacée en les quittant. Allons, au revoir, madame Hitler! »
Merci Judith, d'attirer notre attention sur ce discours (consultable sur le site de l'Elysée), dans lequel on trouve effectivement quelques perles. J'aime bien en particulier la contradiction qui fait dire à notre hyperprésident qu'il n'a pas à "s’impliquer dans les élections municipales" pour ensuite féliciter les élus de son camp et faire campagne pour ceux qui restent. Voilà une illustration du lieu commun selon lequel les hommes politiques sont aisément menteurs et hypocrites ; il n'est jamais inutile de le rappeler, ni d'en pointer des exemples.

Toutefois, je n'ai pas compris pour ma part où étaient certaines des contradictions pointées dans cet article. Certes on peut interpréter le mot voisinage dans un sens restreint ; selon cette lecture, on aurait en effet du mal à se accepter qu'il soit "important" de voter pour des questions de "paillassons". Si l'on tient à se convaincre que les plumes de Sarkozy sont des idiots, on peut ne pas chercher plus loin. Mais quand une hypothèse de lecture aboutit à un tel non-sens, on peut aussi envisager que cette hypothèse n'était pas juste.

En l'occurrence, le terme "voisinage" est un substitut courant du mot "proximité" : les expressions "à proximité", "dans les environs" et "dans le voisinage" sont quasi synonymes ; en sociologie, une unité de voisinage, c'est un "quartier". Dire d'un élu que ses décisions politiques influencent directement "ma vie quotidienne" et que j'en constaterai les effets tout près de chez moi, dans le voisinage, dans mon quartier, ça ne me semble pas péjoratif. C'est même plutôt valorisant, même si le choix des termes permet au passage de creuser l'écart avec la "politique de la Nation" et que cet exercice de "pédagogie", à trop vouloir faire simple finit pas être simpliste, voire, si l'on veut, maladroit. Mais il n'y a là aucune contradiction : voter pour des projets qui se concrétiseront à proximité de chacun de nous, dans notre voisinage, à n'en pas douter "c'est important. Trop important pour qu’aucun citoyen s’en désintéresse."

Il est clair aussi que Sarkozy aurait fait campagne si son impopularité n'avait été un cadeau empoisonné. Le fait de ne pas s'impliquer n'est qu'un pseudo-principe de circonstance, assez hypocrite. Mais il n'y a pas de contradiction avec le fait de tenir compte des résultats. Ce n'est pas parce qu'il ne fait pas campagne que le président doit devenir sourd. Si ce qui est dit au niveau local ne le concerne pas directement, les préoccupations exprimées à l'échelle du pays, en cumulant tous ces résultats, en revanche, devraient normalement être entendues dans une démocratie. Il n'échappe à personne que les élections locales servent aussi à sanctionner la politique nationale.

Il y a derrière ça un profond malaise démocratique et c'est pour cela à mon avis que les journalistes dont parle Sébastien Bohler ne peuvent pas en dire plus que "Mais enfin, ce n'est pas seulement local, local, local!" (en plus peut-être de raisons psychologiques) : pour argumenter, il faudrait pointer le fait que le pouvoir est confisqué par de prétendus "représentants" et que le peuple n'a pas d'autres moyens de s'exprimer que de court-circuiter des élections locales. Ce fonctionnement-là est bien en contradiction avec l'idée de démocratie.

Le terme "naturellement" est cependant intéressant. Si Sarkozy avait seulement dit : "Le peuple aura alors parlé. Je tiendrai compte de ce qu’il aura exprimé.", ça commencerait à ressembler à une promesse personnelle. Le terme "naturellement" en relativise la portée, en ramenant cet engagement dans le fonctionnement normal de la Cinquième République, qui comme on le sait, ne brille pas par sa dimension démocratique. "Je tiendrai naturellement compte de ce qu’il aura exprimé" est seulement un bel exemple de langue de bois, qui ne l'engage à rien vu qu'il n'a pas dit comment.

La lecture du discours de Sarkozy offre une autre perle. S'adressant à des français nouvellement naturalisés, il leur délivre un cours d'histoire qui vaut son pesant de cacahuètes : "Alors les historiens ne sont pas tous d’accord sur la date à laquelle commence l’histoire de notre pays.
Pourtant les noms des bâtisseurs célèbres de notre Nation vous sont déjà familiers : Clovis, Philippe Auguste, Jeanne d’Arc, Henri IV, Bonaparte, Charles de Gaulle.
(c'est moi qui souligne)

Vous je ne sais pas, mais il y a des noms que j'aurais enlevés, et d'autres qui me semblent manquer...
Yannick, vous confondez "droit de cité" et "droit de citer".

Vous me citez, soit, j'en suis fort aise mais n'espérez pas que je vous rembourse pour un si faible effort créatif.

;-))
Pour convaincre vos amis opposants à la majorité UMP, celle-ci édite un argumentaire :
il est téléchargeable ici : http://www.marianne2.fr/Petit-manuel-de-survie-par-gros-temps-pour-militant-UMP_a84858.html?voir_commentaire=oui
Accessoirement, cela permet à nous tous de sourire en entendant ce soir l'UMP sur les plateaux…
Merci de l'apprendre par coeur, interrogation orale demain.
Merci Judith pour votre existence sur le site d'@si et pour vos éclairages savants et surtout pertinents sur des discours dont je peux sentir ( même sans vos lumières, mais de façon diffuse) qu'ils agissent comme des poisons (1) sur ma capacité très incomplète de raisonner correctement sur ces sujets, et surtout (2) sur ma capacité actuelle de décryptage des liens entre la forme et le fond. Pour moi, vous êtes l'enseignante indispensable et complémentaire au décryptage de l'image proprement dite.
Je regrette votre disparition des plateaux... Je reste toutefois très heureuse de lire vos chroniques
A l'instar des psychanalystes, feriez-vous une distinction entre déni et dénégation? et si oui, quelle en serait de votre point de vue la nuance?
Pour préhambule, je n'ai pas encore lu les autres articles, dont celui en référence de Sébastien, ni lu les commentaires de la discussion ayant trait à votre texte.

Pour résumer ma compréhension, par idéalisme pour son expression personnelle, Sarkozy a tourné sa cuti depuis janvier, période où il voulait un enjeu national des élections municipales, pour cause de sur médiatisation contre productive de sa vie privée (Mariage, blingbling...) envers sa vie publique (Président de la république française, chef des armées,...).
Cette initiative fait suite à un effondrement dans les sondages de sa popularité, preuve de la faille décisionnaire du chef de l'Etat actuel, où même de nombreuses grèves ne surent le remettre en cause.

Pour paradoxe, j'en rajouterai un, qui me semble nettement plus subtile, de voir des membres du gouvernement être dans la course aux élections, là où Sarkozy aujourd'hui décrit une démarche locale n'ayant pas rapport au National, on remarque également nettement un cumul de mandat érigé en quasi obligation pour se faire confirmer en poste national (Pour ceux ayant beaucoup léché pour atteindre le poste, impression...), où en fait des élections municipales servent plus de sondages pour consolider une position vis à vis du Président français actuel.

On peut conclure de ce paradoxe un foutage de gueule caractérisé au moins d'une fonction publique, celle de maire, et de ses délégués, relégué au rang d'image médiatique, le temps d'élire une équipe qui travaillera à sa place...Je ne puis dire que cela, car autrement, cela voudrait considérer comme des mi-temps, ou du temps libre..., les postes du gouvernement, ou les postes de maire et adjoints.

Toujours est-il que cumuler mandats et élections autres, à la fois nationalement et localement, et arriver à conclure que cela n'a rien à voir...Le président Sarkozy est tellement égocentrique qu'il ne voit plus les fonctions multiples de son entourage, considérant sa propre fonction président, comme englobant toutes les autres par sa capacité à décider et choisir pour autrui...d'où le réveil par les mauvais sondages, sa capacité à trouver des responsabilités ailleurs que dans sa propre majesté lui permit de s'ouvrir à nouveau qu'il existait d'autres métiers que le sien...
Pour un peu d'humour noir, il me semble qu'il croit réellement qu'il peut décider personnellement de tous les métiers français existant, seulement l'opinion n'est pas prête encore, et il fait preuve d'humilité en matière de communication le temps que les gens s'expriment...

: o ) ; o ) , o ) o )
contrairement à celui de Sarkozy, je ne vois pas de contradiction ni de déni dans le "naturellement" de Chirac: au contraire, son "naturellement" veut dire que la principale raison pour laquelle il va soutenir Sarkozy est le fait qu'il est le candidat du parti que Chirac à créé. C'est pas très flatteur pour Sarko et c'est assez honnête de la part de Chirac. Son "naturellement" veut dire "biensur que je déteste Sarko, mais qu'est-ce que vous voulez que je fasse? Que je soutienne S. Royal ou que je m'abstienne? Pas possible donc je soutiens le candidat de ma famille politique..."
" Naturellement " pour s'opposer au " culturellement " , c'est -à-dire opposer à la chose induite de fait ( voire subie ), la chose réfléchie, posée et construite.
+
Ne serait-ce pas l'invention d'une forme de double affirmation qui vaudrait négation ?
Ce que montre aussi ce discours, c'est que point n'est besoin d'articulation de la pensée,

au chef de l'Etat qu'il est,

nous sommes supposées prendre le message bribes par bribes,

oies gavées que nous sommes,

nous avalons chaque pensée avec reconnaissance,

sans douter de lui et sans nous douter

que le discours du chef pourrait être contradictoire dans les termes.

C'est d'abord et avant tout une magnifique de mépris et/ou de toute-puissance imbécile. Au choix.


http://anthropia.blogg.org
Un historien (Damon Mayaffre) avait étudié durant dix ans le discours de Jacques Chirac et il était apparu que le terme "naturellement" était celui qui était le plus souvent employé ! Sarkozy a-t-il donc cessé d'être obsédé par la rupture pour revenir à un style présidentiel plus rôdé ?
L'article auraient tout simplement s'intituler "Le politique et le déni de contradiction"...
L'animal politique dans tout sa splendeur ( ou sa décadence ) pourrait se définir comme une somme de contradictions.
La mémoire, en ce qui concerne la politique, est un véritable instrument de torture dont les journalistes, malheureusement, n'usent pas comme il faudrait.

[ Un énième blog ? ]
Il faudra aussi travaillé sur le cerveau des électeurs et des électrices... la chose faite, on pourra passer, au système républicain français.

Puis on comprendra alors mieux pourquoi dimanche prochain : je pense qu'il fera beau, et ceci sans sondage d'opinion des technicien de météo france, car j'irai faire une virée en vtt, comme les 42 % des citoyens et des citoyennes de ma ville de résidence actuelle.

Les sondages sont des outils pour les journalistes ... qui eux ne sont pas sur le terrain... en vtt ou pas.
Cette manie qu'a Monsieur Sarkosy de vider systématiquement ses discours de leur sens en invoquant tout et son contraire dans la même déclaration fait à mes yeux totalement partie du bonhomme depuis longtemps, un peu comme ses tics d'épaule, son sourire/rictus, son ironie humiliante, ses montres de luxe et j'en passe... Son procédé rhétorique n'est pas nouveau, on en parlait déjà pendant la campagne présidentielle et avant. Il en use et en abuse.

Pour moi, c'est un peu comme une bonne vieille paire de pantoufles, on sait qu'elles sont éculées, qu'elles font la risée des amis qui ne manqueront pas de les remarquer, ces pauvres charantaises élimées et totalement démodées, mais on ne peut se résoudre à les quitter, on est si bien dedans, confortablement chaussé, comme dans une seconde peau, si laide soit-elle. On sait bien qu'il faudrait les jeter pourtant, il y a cette odeur de transpiration qui commence à s'intensifier le temps passant au point d'évoquer les effluves nauséabondes du Munster, et ça c'est pas bon pour son image quand on est en société. On a bien essayé des pantoufles neuves, mais c'était pas pareil, alors par la force de l'habitude, on est revenu aux anciennes qu'on avait soigneusement remisées, au cas ou.

Merci Judith, encore une fois, pour cette analyse. C'était jubilatoire. J'avais l'impression d'être au milieu du salon de Monsieur Sarkosy au moment du digestif, lorsque vous avez surgi avec ses vieilles charantaises puantes en criant : "regardez, c'est incroyable, il les a encore ! " Et les invités de lui conseiller, d'un air navré, pendant que lui-même s'étranglait avec son verre d'eau gazeuse (parce qu'il ne boit pas d'alcool, y parait) : "M'enfin Nicolas, tu les as toujours pas jetées ? Franchement, là, faut que tu fasses quelque chose, ça commence à jaser, c'est pas sérieux."
En fait, si on intègre le discours sarkozyste, c'est à cause de notre subconscient. Et pour preuve :


http://fsu13apc.free.fr/fkda/subcon.htm
Conseil de lecture :
"LQR, la propagande au quotidien" Eric Hazan, éditions Raisons d'agir
livre qui décortique la propagande contemporaine au quotidien.
http://www.evene.fr/livres/livre/eric-hazan-lqr-la-propagande-du-quotidien-18814.php
http://www.lemonde.fr/municipales-cantonales/article/2008/03/12/nicolas-sarkozy-reparle-d-immigration-pour-rallier-les-abstentionnistes-de-droite_1021946_987706.html#ens_id=989381


désolée, je débute dans l'insertion de liens
La contradiction flagrante entre ces deux principes, (le président « n’a pas à s’impliquer » dans les municipales, et, en même temps, « il lui appartient d’en tenir compte » ) a été quand même relevé par le monde.fr,



c'est pas beaucoup mais c'est déjà ça.
Il est par ailleurs amusant de constater que les plus grands pourvoyeurs d'informations n'ont eu de cesse de parler de la danse du centre ...
... alors que la danse du chantre et ses appels du pieds aux divers bayrouistes ne veulent servir qu'à légitimer, a posteriori, l'investissement présidentiel
dans ces élections.

Je soulève modestement et de loin une légère contradiction : d'aucuns - Devedjian, par exemple - ont pris un bonheur certain à tacler et par la même contrarier
la formation entre-deux-touristes orange, sous prétexte que sa stratégie n'était pas cohérente, tout en assenant ce désormais célèbre "local, local, local...".
Or, il me semble que cette absence de stratégie globale - qui veut davantage s'affranchir du poids d'une étiquette définitive - va parfaitement dans le sens
d'alliance possible avec les idées d'une liste encore en course au second tour. Elle est donc locale.
A l'instar de Pujadas et Lucet, la notion de local perdait également son sens dans la bouche d'une majorité trop fier pour se décider à s'avouer blessée ici ou là.

Et Nicolaï Sarkovitch de dire, ce matin, qu'il n'y avait pas eu de vote sanction. Est-il utile de se vautrer aussi ouvertement dans la contradiction si l'on s'est assez
convaincu qu'elles étaient locales, ces élections?

NB : ou plutôt question : pourquoi ce papier figure dans une chronique et pas dans un dossier? Qui désavoue Judith?
"c'est de la démocratie locale dont il est question"
A force d'entendre ce genre de formulation, j'en viens à ne plus connaître la règle.
On dit bien "c'est de la démocratie locale qu'il est question" ou "c'est la démocratie locale dont il est question", mais pas ce qu'on entend ici ?

Par ailleurs, la chronique de Judith Bernard m'a fait penser à un texte de David Abiker sur quasi-feu Big Bang Blog (texte par ailleurs désormais inaccessible sur le site en question). Je ne peux résister au plaisir de le reproduire :

mercredi 21 mars 2007.
David Abiker
"Avec le Premier ministre, [Je ne soutiens jamais un candidat sans un Villepin avec moi] j’ai reçu ce matin le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur. M. Nicolas Sarkozy nous a fait part de son souhait de quitter le gouvernement lundi prochain et ceci pour se consacrer pleinement à la campagne électorale [Quelle surprise]. Je l’ai accepté [J’aurais pu refuser car le suis le chef des Français]. Et cet entretien a été pour nous, pour le Premier ministre et pour moi [Je précise, car Bernadette n’était pas là], l’occasion de saluer son travail, son engagement, ses résultats au ministère de l’Intérieur [Comment ne pas être obligé de saluer l’action d’un membre du Gouvernement dont j’ai nommé le Premier Ministre qui est toujours à mes côtés, lui].
S’agissant de mes choix personnels [Tu n’as droit qu’à un seul candidat Jacques], les choses sont simples [Tellement simples qu’il faut invoquer ce qui suit]. Il y a cinq ans, j’ai voulu la création de l’UMP [Tout cela arrive quand même par ma volonté, rien ne m’est imposé] et ceci pour permettre à la France de conduire une politique rigoureuse de modernisation, dans la durée [Annule et remplace Alain Juppé à l’Elysée].
Dans sa diversité [Plus de 99 % des voix Jacques...], cette formation politique a choisi de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle [La formation a choisi de faire cette connerie] et ceci en raison de ses qualités [Les qualités que l’UMP lui a reconnues, pas moi]. C’est donc tout naturellement [Naturellement, logiquement, conséquemment, par un lien de cause à effet mais pas spontanément ou personnellement ou volontairement] que je lui apporterai mon vote et mon soutien" [Le service minmum, enfin une réforme Jacques, tu as fini par en réussir une]."
Orwell dit : «Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges et les meurtres respectables, et à donner une solidité apparente à ce qui n’est que vent.»

Sarkozy, c'est la double pensée en discours, la manne du rhéteur, la raison d'être du sophiste. J'appelle "naturel" ce qui est contraire à ma nature. Je décrète très importantes des questions de voisinage. Je tiendrai naturellement compte de ce qui ne me concerne pas.

Celui qui faisait la morale à Laurent Joffrin sur son expression pourtant intéressante de "monarchie élective" en déclarant avec condescendance que "les mots ont un sens" se fait en réalité l'avocat d'une destruction du sens.

En disant une chose puis son contraire, Sarkozy emplit les ondes de concepts qui s'annulent les uns les autres, comme s'il s'adressait à des cerveaux vides. Sarkozy assassine le sens sous couvert de bon sens. C'est son crime absolu.
Cette chronique pointe quelque chose qui devrait être pourtant évident, mais qui ne l'est malheureusement pas. Le décryptage des discours politiques devrait être enseigné au collège avec l'instruction civique, sous le titre de "Résistance à la manipulation", qui pourrait aussi fonctionner pour combattre les combines du marketing ou toutes sortes de faux gourous intellectuels.
Un détail qui me frappe : le "quelles que soient ses croyances" dans la tirade sur l'abstention.
Les croyances, ça a "naturellement" un rapport avec la politique, n'est-ce pas !
Ce paquet de nouilles contradictoires que nous livre Sarkozy c'est le même plat que nous ont servi les ministres de son gouvernement au cours de la soirée électorale sur les plateaux télévisés : ils/elles se sont tous/toutes précipité(e)s pour dire et répéter à l'envie ... que les municipales étaient des élections locales sans véritable enjeu national. Dans la foulée, ils ont fait l'impasse sur les cantonales où la gifle était encore un peu plus appuyée.
L’hypothèse d’une distinction locale/nationale est mise à mal cette semaine aussi par un partisan du camp de Sarkozy, Jean-François Copé.

En déclarant, que les électeurs doivent se souvenir partout où la droite s’oppose encore à la gauche aux municipales (cf. zapping de canal du lundi 10 mars), que la droite, c’est la réduction des impôts et la gauche l’augmentation.

Sans même se pencher ici sur la validité théorique et empirique de cette assertion, il est bon de noter que ce leader UMPiste emploie un argument générique (pour ne pas dire idéologique, ils n’aiment pas ce terme à l’UMP, semble-t-il) qui s’applique quelle que soit l’échelle et donc aussi bien au niveau national que local… contrairement au désir qu'expriment tous les UMPistes d'éviter la baffe en dissociant le pouvoir gouvernemental du pouvoir municipal.

yG
Je crois qu'il est important de se souvenir que pendant la campagne électorale, NS était toujours Ministre de l'Intérieur et qu'au moins deux personnes ont compris que l'insulter n'avait rien de réjouissant et que la Nation dans son entier a retenu la leçon...

Pour le reste les journalistes se sont pour leur majorité complètement décrédibilisés... leurs rires, leurs bassesses sont écoeurants

Yannick
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