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Quelques emprunts sans peur au père Hopper

Derniers commentaires

Ben euh j'vais p'têt me faire engueuler que non c'est pas vrai (:-)) mais quand je suis allée à la pinacothèque voir ça j'ai bien sûr découvert des peintres que je ne connaissais pas, mais je suis aussi tombée sur une toile de Peter de Hooch qui m'a bouleversée, et fait penser à Hopper en même temps. Surtout à cause de ça.

Je ne sais pas comment le dire autrement mais j'ai trouvé la toile, sa composition, ses lumières découpées si modernes si vivantes. Bref, magnifique !

Et sinon Alain merci pour la chronique, géniale ! l'effet friandise/bonbon/merde c'est quand samedi matin marche à tous les coups :-)
Au fait, qu'est-ce que Hopper doit à Seurat ? ;)
Petite question: n'y aurait-il pas un peu de Hopper dans le film Lost in Translation de Sofia Coppola? Car il me semble qu'il y a quand même beaucoup de lits blancs, de fenêtres et de solitude urbaine... non?
Vous avez parlé de Grand Emprunt ??......

l'an passé vous m'avez fait connaitre HOPPER, m'sieur Korkos, et rien que pour ça je vénère cette chronique (ben ouais je faisais partie de ces béotien-ne-s qui ne connaissaient que Norman Rockwell pfff)....

vous parlez d'"emprunt", synonyme quand il s'agit d''art d'inspiration, d'influences, et quelquefois c'est vrai de plagiat honteux...
puisque vous ne l'avez pas fait, je vais rajouter le hollandais de service auquel m'a fait penser cette chronique de l'ultra moderne solitude : Jeune fille lisant une Lettre...... de Vermeer..

(sauf que chez Vermeer parait que le fait qu'elles lisent toutes des lettres signifieraient qu'elles soient toutes amoureuses et donc fi de l'urbaine solitude ?!! bon en même temps c'est de mémoire et mon cerveau ne garde dans sa mémoire que les infos qui l'arrangent....alors solitude ou pas solitude chez Vermeer ?? gggrrhhuummpfff)

une chose est sûre : du HOPPER dans [s]m[/s]la chronique du samedi matin j'en redemande....
Ah ça pour une coïncidence, c'est une coïncidence : je suis revenue il y a peu de Pologne, où j'ai pu parler de ce réalisateur polonais, découvert au cours d'un festival de films polonais (à Lyon)... Je devais voir Tatarak incessamment sous peu !

Bonus : non seulement ce doit être un amateur sincère de Hopper, mais en plus, il paraît que c'est un chouette vieux monsieur... L'amie qui a assisté à l'avant-première parisienne a des anecdotes à me raconter à ce sujet !
Ben, ce qui me chagrine dans l'utilisation du tableau, c'est que le sens est [s]quelque-peu[/s] complètement détourné: y'a un côté racolage actif dans l'affiche (même si, enfin surtout que, c'est son but premier).
A la fois dans le message, mais picturalement parlant aussi.

Chez E.Hopper, ce qui est notable, c'est bien sûr la surexposition et les contrastes. Mais ce qui ressort c'est la lumière pétante sur le mur et sur le drap, mis en évidence par les ombres. La femme maussade se confond presque dans la lividité du drap éclairé.
Sa robe, pas franchement voyante, fait écho à l'immeuble d'en face. Ce qui fait que cette pauvresse en devient un objet désincarné, et qu'il semble que les cieux soient plus bleus et cléments bien loin de son intérieur froid et de son intimité inexistante.

Sur l'affiche, c'est exactement le contraire: l'intérieur est très sombre, presque coloré et velouté. Et si la robe se confond avec la pièce et les meubles, c'est pour mieux faire ressortir encore le visage d'une belle blonde, une cuisse pulpeuse...
Son sac à main rajoute à l'épaisseur du personnage: les sacs des filles regorgent de mystères insondables et impénétrables gardant jalousement les secrets interdits aux proches. Et encore plus aux spectateurs.

Quand l'une, dans un dénuement de couleur presque total, regarde au loin, c'est lassée par sa transparence et certainement le vide de son existence.
L'autre semble méditer sur la somme de toutes ses aventures. Son corps se détache si bien de sa robe et de la pièce, que son âme doit être elle aussi constrastée, singulière, originale... Et le film, tel les rayons du soleil caressant exclusivement cette femme, nous promet de nous introduire dans son intimité.

Si le jeu des contrastes, la position et la solitude sont repris, la surexposition et la transparence du personnage sont abandonnées. La composition est carrément inversée. D'ailleurs qui irait voir un film qui s'attarde sur une femme qui fait partie des meubles ?
Il était difficile de parler de l'influence d'E.Hopper sur le cinéma sans parler d'A.Hitchcock, mais vous avez réussi ce tour de force!!
Bravo!!
L'homme et la femme du bar de "Nighthawks", et ceux de la couverture du disque de "End of Violence", me font repenser à ce couple de Gary Larson.
C'est mon côté romantique qui ressort.
Preuve que Hopper est sans doute un des maîtres les plus consensuels du XXème siècle.
Je suis à la fois fasciné et agacé par son côté conservateur American Way of Life.
Hopper , Hopper , Hopper , voyons voyons .....
A ca y est "Massacre à la Tronçonneuse" le chef d'oeuvre du gore !!!!
Ahahahahahaha pardon Alain , je délire .
J'ai bien aimé l'allusion à "Amadeus" de Milos Forman (Beaucoup trop
de notes !!!!)
Bravo Alain , super !!
PS : c'est Tobe Hooper , bien sur (l'auteur du génial Poltergeist)
Et votre forme en conversation de votre analyse d'images, me fait terriblement penser à une nouvelle écrite par mon Historien de l'art préféré Daniel Arasse, dans " On y voit rien ", la description " la femme dans le coffre ".
Jolie référence Alain...
Spleen

Tout m'ennuie aujourd'hui. J'écarte mon rideau,
En haut ciel gris rayé d'une éternelle pluie,
En bas la rue où dans une brume de suie
Des ombres vont, glissant parmi les flaques d'eau.
Je regarde sans voir fouillant mon vieux cerveau,
Et machinalement sur la vitre ternie
Je fais du bout du doigt de la calligraphie.
Bah ! sortons, je verrai peut-être du nouveau.
Pas de livres parus. Passants bêtes. Personne.
Des fiacres, de la boue, et l'averse toujours...
Puis le soir et le bec de gaz et je rentre à pas lourds...
Je mange, et baille, et lis, rien ne me passionne...
Bah ! Couchons-nous. - Minuit. Une heure. Ah ! chacun dort !
Seul, je ne puis dormir et je m'ennuie encor.
Jules Laforgue

Saisir
Saisir, saisir le soir, la pomme et la statue,
Saisir l'ombre et le mur et le bout de la rue.
Saisir le pied, le cou de la femme couchée
Et puis ouvrir les mains. Combien d'oiseaux lâchés
Combien d'oiseaux perdus qui deviennent la rue,
L'ombre, le mur, le soir, la pomme et la statue !

Jules Supervielle

Depuis cent ans, je parcours les impasses, je cogne les portes, j'implore les lucarnes. Qu'il fait noir dans ce monde où l'on finit par se heurter à son propre corps. Que faire pour éviter ces hordes de soi-même, ces rues pleines de sosies qui longent les murs, silhouettes lancinantes, démarches tordues, figures échevelées qui sortent en coup de vent sous un coup de lumière moqueuse.
Léon Paul Lafargue
Un grand merci !!
Dur dur pour les illustrateurs de ne pas faire du "sous-Hopper"
tant ses peintures marquent l'inconscient collectif.
Qui n'a jamais cru trouver LE bar en se promenant au coin d'une rue américaine ?

Mais pour autant, je préfère que les maisons d'éditions commandent des peintures "à la manière de" plutôt que de redécouper systématiquement les même tableaux. C'est que ça grouille d'illustrateurs en manque de commandes, ici dehors !
Dédicacé à Gamma GT.

Lettrine Propanole (minute 47.20) habite son quotidien, à moins que ce soit Morning in the city.
"Quel comble d'imaginer son quotidien lassé de son quotidien de quotidien".
Bonjour Maître, quelle érudition, quel travail de recherche iconographique. J'en reste bouche bée.

Bravo.
Trop c'est trop!. Mais Alain Korkos, "il est trop!"
Chronique géniale, une des dernières que je verrai. (Je me suis désabonnée d'ASI à cause de cette double page qui paraît dans Marianne... )
Dites donc, Alain, et si la faute était à Hopper, qui a mis l'embargo sur toutes les scènes de vie urbaine, sur la notion de cadre photographique appliquée à la peinture, sur une forme de réalisme légèrement décalé.
Bref, on ne peut plus prendre une photo des States, sans avoir l'impression de faire du Hopper.
C'était un as du marketing, il a breveté la vie quotidienne à son exclusif avantage.

Donc, allez chercher l'originalité, revisiter Hopper, tiens celle-là je ne l'ai pas faite dans mon billet du jour.

Moi j'aurais aimé des scènes de piscine, pour changer.

Mais merci tout de même.

http://anthropia.blogg.org
Ah, le panard du samedi matin. Indispensable !
Chronique passionnante comme toujours. Mais "le chroniqueur de ces lieux" ménage ses effets et nous laisse un peu songeur en présentant sa parodie sans nous expliquer pourquoi il a remplacé la belle rousse par un Mac...
Suggestions ?
Boudioud'boudiou... je connais rien de rien des zœuvres ont été magistralement montrées et mises en lien là par maître K, ....bon, ben je me coucherai moins ignare ce soir....
Le dernier tableau... est très moderne.

Alain Korkos: Un homme seul, Presses de la Cité.
HaKo Johnson: Je m'emmerde et ça se voit, 10/18.
Allan K: iLapin, au Diable Vauvert.
Alin Korghiu: En attendant les canards électriques, José Corti.
Je suis pas familier du monde de la peinture mais vos analyses et vos commentaires sympathiques ont le mérites de donner des clés pour aborder cet univers et pour le détecter dans notre quotidien.

Une petite contribution d'un profane qui va bien finir par pousser les portes d'une exposition si ça continue comme çà :)
Même Gilles Klein ???!!!
:-)
J'adore la peinture de Hopper. Ces toiles se situent quelque part entre réalisme et onirisme, ce que l'on voit et ce que l'on croit voir et j'aime ça. :)
Admirable est le terme approprié pour qualifier Gregory Crewdson.
J'avais feuilleté par hasard un bouquin rassemblant quelques unes des ses photos, à la boutique d'un musée de Boston, et ces photos, étrangement belles, je les garde encore en mémoire.
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