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Commentaires

Quelques canulars mémorables, pour la science

Pasticher pour dénoncer. Le journaliste et biologiste John Bohannon vient de s’illustrer en parvenant à faire publier une étude – volontairement peu sérieuse – sur les supposées vertus amaigrissantes du chocolat dans une revue scientifique, et dans plusieurs médias généralistes. Ce n’est pas la première fois qu’un chercheur diffuse des résultats douteux pour mettre en évidence le manque de rigueur de certaines publications, scientifiques ou généralistes.

Derniers commentaires

Véridique:
A la première lecture, j'avais lu "Alain Soral" au lieu d'Alan Sokal, et "quenelle " au lieu de "querelle" !!!!!!!
Le lien a peut-être déja été mis, au sujet des travaux du professeur Séralini
http://www.reporterre.net/OGM-le-professeur-Seralini-prend

Corine Lepage, qui a soutenu le professeur Séralini, n'a pas eu ses 500 signatures et n'a pas pu se présenter aux dernières élections présidentielles. Elle dérange sans doute davantage que Marine LePen.
Ces articles sur les dérives de la bibliométrie (en bref, la notation des chercheurs sur la seule base de leur nombre de publications) sont de salubrité publique. Merci, donc, d'avoir rendu compte de ce cas. J'ai deux réserves :

- Les chercheurs qui publient ce genre de résultat sont certains d'augmenter leur H-number de un, ce qui rend plus troubles leurs motivations réelles. Explication : le H-number d'un chercheur est le plus grand nombre entier N tel que ses N publications les plus citées dans d'autres publications sont citées au moins N fois. Si vous n'avez publié qu'un seul article et qu'il n'est pas cité, votre H-number est 0. Mais si votre unique article est cité au moins une fois, votre H-number est 1. Et si vous avez publié 6 articles mais que le moins cité est cité 5 fois, votre H-number est 5. Oui, c'est un peu compliqué à comprendre mais on finit par y arriver sans faire d'études supérieures. Le H-number est considéré par la plupart des "manageurs" de la recherche comme l'apha et l'omega de l'évaluation de la qualité d'un chercheur. Pour être un chercheur recherché et bien financé, il est donc vital d'augmenter son H-number. Pour augmenter votre H-number vous pouvez publier un article scientifique exceptionnel (très dur), un article complètement débile mais accepté (pas si facile que ça d'être sébile et accepté mais vous serez abondamment cité en exemple de ce qu'il ne faut pas faire) ou un article sur la légèreté avec laquelle on accepte les articles (le cas qui nous intéresse). Au choix. Certains chercheurs, généralement pas très bien notés, publient plutôt lorsqu'ils ont quelque chose de nouveau à dire. Des loosers, selon le système d'évaluation en vigueur qui ne valorise pas du tout la modestie ou la discrétion.

- Au vu de nombreux commentaires, cette dénonciation du mécanisme d'évaluation de la recherche serait la preuve, s'il en fallait, que "la science c'est des c...ries" : puisque les scientifiques sont tous pourris mieux vaudrait s'intéresser à la télépathie ou à la radiesthésie qu'à la composition des exo-planètes. Même si, encore une fois, je pense que ce genre de dénonciation est salutaire, je ne suis pas sûr qu'on y gagne vraiment. Il en va de la science rigoureuse comme de la démocratie : elle met un point d'honneur à employer des méthodes et à énoncer des principes que ses ennemis méprisent, ne respectent jamais et, finalement, retournent contre elle.
Cet article devrait être en accès libre! Merci en tout cas.
Euh j'ai lourdement l’impression que vous parlez du livre de Sokal sans l'avoir lu. Car effectivement, ils reconnaissent ne pas comprendre les thèses défendues dans les articles critiqués mais ce n'est pas ce qu'ils leur reprochent. Ils leur reprochent d'utiliser un vocabulaire compliqué (issu des mathématiques et de la physique) or de son contexte. Pour avoir fait un peu de maths, en lisant les exemples trouvé par Sokal, on se marre bien. L'usage d'un vocabulaire obscure pour créer l'intimidation devant un discours abscons cela vous rappelle pas un truc à si la secte avec son cortège de disciples ... Si vous vous intéressez un peu au math niveau licence c'est assez marrant le détournement du vocabulaire or de son contexte (vocabulaire de la théorie de ensembles (de mémoire) appliqué au science sociale sans définir aucun ensemble etc ... ).
Un détail : le site ayant refusé de publier une critique d'un livre de Maffesoli au motif du "don't feed the troll" n'est pas La vie des Idées, mais lectures.revues.org, un site dirigé par le sociologue Pierre Mercklé. Il avait d'ailleurs expliqué a posteriori son choix dans un article ou un post Facebook, je ne sais plus trop... désolé de ne pouvoir être plus précis sur ce point.
La science n'est qu'un canular.
[quote=Faab]A mon avis, vous mélangez des choses qui ne sont pas forcément du même ordre : en biologie, il y a des problèmes sérieux de reproductibilité des résultats mais on parle encore de science clairement expérimentale. Dans les sciences humaines et sociales, il y a un tas de publications "qualitatives" parce que les sujets ne sont tout simplement pas quantifiables, ne sont pas évaluables de manière "objective".

Même si les sciences humaines ont des expériences moins quantitatives, et plus difficilement reproductibles que leurs seurs "dures", elles n'en reste pas moins des sciences avec une méthodologie. Sans cette méthodologie, pas de science, uniquement de la discussion de comptoir. C'est ce que dénonce certains chercheurs en sciences humaines, inquiet des dérives de certains de leurs collègues.

[quote=Faab]D'autre part, "Impostures intellectuelles" est pour moi aussi une imposture intellectuelle, un bouquin sur des auteurs dont Bricmont et Sokal disent eux-mêmes qu'ils ne comprennent pas la pensée (pour autant qu'ils les aient lu).
C'est une drôle de lecture de ce bouquin... Si je prends le passage sur Lacan (peut-être mon préféré, ancien fan des élucubration de JCVD que je suis), il disent qu'ils ne comprennent rien... aux explications topologiques de Lacan alors qu'ils ont le bagage mathématique pour, du coup ils posent la question de la compréhension de l'oditoire classique de Lacan qui n'a, à priori, pas le bagage mathémathique, pour, et du coup la question qui tue, pourquoi une telle utilisation de la topologie. On peut continuer avec Deleuze et toute cette famille de pensée qui revendique CLAIREMENT l'obscurantisme de leurs écrits, pour "créer l'état mental permettant de toucher un concept indescriptible par des mots"... Mouais, il n'y a qu'a voir le résultat, il y a autant d'interprétation que de lecteurs (vous remarquerez au passage que c'est le cas de Lacan, comme toutes les interprétations de Lacan ne peuvent être vrai, ça veut dire qu'une foutlitude de gens DONT C'EST LE METIER n'ont pas compris Lacan, bigre Sokal et Bricmont ne seraient pas les seuls ?!?). Comparer la situation avec ce qu'il se passe en sciences dures... Y a-t'il plusieurs interprétation de la relativité ? Non ? Certainement parceque les concepts sous-jacents sont triviaux par rapport à la pensée lumineuse d'un Deleuze...

[quote=M_]ou si on remone vraiment plus loin avec la mémoire de l'eau qui est toujours en débat.

En débat chez qui ? Chez les bognanoff ou dans le nouvel obs', mais pour ce qui du domaine de la SCIENCES, le débat est tranché... depuis que benveniste c'est fais viré de l'INSERM pour fraude...
[quote=Justine Brabant]avec le physicien (controversé suite à des prises de parole récentes sur d'autres sujets) Jean Bricmont

Ce n'est pas très grave, mais sur un sujet qui n'a vraiment rien à voir, ce genre de précision, pour ne pas dire de stigmatisation, est-il nécessaire ? comme un air de condamnation éternelle à effet rétroactif, une sorte de tribut rituel et incontournable à payer au patron...
A mon avis, vous mélangez des choses qui ne sont pas forcément du même ordre : en biologie, il y a des problèmes sérieux de reproductibilité des résultats mais on parle encore de science clairement expérimentale. Dans les sciences humaines et sociales, il y a un tas de publications "qualitatives" parce que les sujets ne sont tout simplement pas quantifiables, ne sont pas évaluables de manière "objective".

Une lecture socio-culturelle de l'usage de l'auto-lib' n'est pas en soi choquante et quand je lis le résumé de l'article, je souris à l'abus de mots clés typiques du "maffesolisme" mais je lie le sens général à des réflexions légitimes sur les rapports au transport, au nomadisme, à la propriété etc. dans certaines populations urbaines (qui a dit "bobo" ?).

D'autre part, "Impostures intellectuelles" est pour moi aussi une imposture intellectuelle, un bouquin sur des auteurs dont Bricmont et Sokal disent eux-mêmes qu'ils ne comprennent pas la pensée (pour autant qu'ils les aient lu).

En fait, il faudrait aussi se méfier de la prétention à la rigueur de certains qui vont vouloir faire croire que leurs méthodes à eux sont véritablement sérieuses, scientifiques, crédibles, que c'est eux qui devraient être écoutés, avoir les crédits, les thésards, les médailles plutôt que ces rigolos de psycho-socio-philosophico-poètes qui savent même pas calculer un écart-type.
Ahhh tout s'explique!!! Le livre de Todd doit être un de ces canulars...on s'est bien fait avoir....pffff
Déjà que les canulars journalistiques, c'est tout un programme et à temps plein...
Il faut bien varier les plaisirs.

Merci Justine.
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