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Pujadas veut jouer "l'espion" dans les maisons de retraite

La caméra cachée à nouveau en débat dans le microcosme journalistique. Utile auxiliaire de l'investigation à la télé ou appendice d'un journalisme dévoyé ? Les avis tranchés se déversent sur la nouvelle émission de David Pujadas, "Les infiltrés", qui démarre le 22 octobre prochain sur France

Derniers commentaires

Ça retourne les tripes, ce genre d'images, c'est sûr... Les journalistes DEVRAIENT (comme Bluesprint l'explique plus haut) dénoncer les établissements.
Moi, je suis pour qu'on filme tous ces malhonnêtes en caméra cachée.
Ya que ça, pour dénoncer tous ces scandales...
Mais si un de ces salauds vient me fllmer au boulot, je lui casse la gueule!
En Allemagne, il y avait un journaliste spécialiste des reportages cachés, Gunter Walraff : employé incognito comme journaliste au sein du journal Bild, il avait dénoncé les méthodes sensationnalistes, la mise au pas du journal par les hommes de l'extrêùe droite allemande; au sein de grosses entreprises allemandes il avait pu décrier l'attitude du patronat d'outre rhin contre ses salsariés; grimé en immigré turc pendant une année il avait décrit le sort de ces hommes dans l'Allemagne propère.
Plus proche de nous, en 1992, en France, Anne tristan s'est faite passée pour une sans papiers de la république dominicaine demandeuse d'asile et débarquée à Roissy, demurée une année en zone de tansit à l'aéroport.
ce ne sont que des exemples.
2 questions :
- sans ces expériences "espionnes", croyons nous vraiement que les descriptions des journalistes auraient été aussi complètes ?
- ce qui est permis depuis longtemps aux journalistes de la presse écrite serait-il interdit aux journalistes de l'image ? Pourquoi, les images auraient elles un sens si dérangeant ?
Sur les reportages avec caméra cachée, je n'ai pas d'opinion vraiment arrêtée. Mais si Aphatie est contre, ça ne peut pas être complètement mauvais.
Par ailleurs, je crois me rappeler que "Tête de Turc" de Günther Wallraf avait été unanimement considéré comme un chef d'oeuvre de journalisme. Etait-ce fondamentalement différent?
Hum, dites-moi quelle maison de retraite accueillerait les bras ouverts et le sourire aux lèvres les journalistes sur bases de: "Bonjour, on nous a raconté qu'ici les personnes âgées sont maltraitées, ça ne vous dérange pas qu'on fasse quelques prises de vue? On diffusera ça vite fait au 20h et on donnera évidemment tous les noms".

Évidemment la question est rhétorique.

Alors que faire: ne rien diffuser? ne faire aucune enquête sous prétexte que ce n'est pas "correct", on aurait du se présenter à l'entrée?

Le prise en charge des personnes âgées est un problème devenu très complexe...d'autant plus que beaucoup de familles n'en veulent plus et que l'état n'intervient pas assez.
D'un côté je pense que pas mal de gens sont bien égoïstes, préfèrent se débarrasser et ne pas savoir ( et je ne parle pas de retraités avec des pathologies lourdes qui nécessitent des suivis et de beaucoup de soins) et d'un autre l'état n'en a plus grand chose à cirer une fois que vous ne payez plus d'impôts. Une chance qu'ils peuvent toujours voter, ça permet des promesses farfelues lors des élections, un point comique à ne pas rater.

Je préfère encore un reportage de ce genre avec une petite prise de conscience pour une minorité que ne rien montrer du tout. Ceci dit, je pense qu'une campagne en règle ferait le plus grand bien et mobiliserait pas mal de monde. Au lieu de se déshumaniser un peu plus chaque jour.
L'utilisation de fausses identités et de caméras cachées, voilà un sujet à débattre. Que dit l'éthique de la profession ? Le journaliste doit-il évoluer se transformer en agent secret ou au contraire travailler ouvertement ?

J'aimerais beaucoup qu'@SI traite ces questions par une vraie analyse (historique, arguments, débats...) et pas seulement en posant la question.

Pour ma part quand je repense au film "Les hommes du Président" je me dis qu'il est possible de faire du journalisme sans jouer à James Bond et que la fin ne justifie pas toujours les moyens.
Ca marche pas bien ces activations de compte pour les blogs rtl.fr....

Bref, j'avais juste une question :
Sur son blog, Apathie dit "de telle sorte que l’on sait que des comportements condamnables se produisent, mais on ne sait pas où. Moralité: on ne sait donc rien." Suis je le seul à être choqué par cette affirmation qui emploie le "on" ? "On ne sait rien". Personnellement, je n'ai pas besoin de savoir où ces comportements se déroulent, il me suffit de savoir qu'ils existent pour savoir quelque chose.

Ne pas dire où ça se passe, ce n'est pas du journalisme ? Ah bon... mais monsieur Apathie, si vous aviez une enquête à mener sur le terrain, vous même (ça ne doit pas arriver souvent à mon avis...), j'aimerai bien savoir comment vous vous y prendriez.... "Bonjour, je suis journaliste, je fais une enquête sur les mauvais traitements en maison de retraite, vous pourriez me montrer svp ? Bien entendu, je communiquerai votre adresse à toute la France". Monsieur Apathie, vous parlez beaucoup, vous êtres très conceptuel, mais à mon avis bien loin de la réalité...
Pour avoir animé des groupes de parole de stagiaires au sortir de stages en maisons de retraite,
la maltraitance est un phénomène largement répandu et jamais sanctionné,
car improuvable.
Quand elles rentrent de leur stage d'auxiliaire de vie sociale, elles racontent leur indignation,
la mauvaise organisation, l'abattage des levers, des petits déjeuners, des douches,
contents, pas contents, on les déshabille, on les passe à la douche.
Pas rares, les arrivées le lundi matin dans des chambres puantes,
parce que la personne est restée dans ses couches pleines de merde,
sans avoir été changée durant le week end.
Pas rares, les hurlements, les jets violents de lavette sur le corps,
les chantages, les vols, la solitude imposée.
Interdiction faite aux stagiaires de prendre le temps de les nourrir,
de prendre le temps de les convaincre de se vêtir ou de se laver.
Tout est fait rapidement, faute de personnel, faute de projet respectueux de la personne.
Mes statistiques durant plus de cinq années, c'est que 60% des maisons de retraite
suscitent l'indignation des stagiaires, leur dégoût devant des pratiques inadmissibles.
La maltraitance est institutionnelle, soit intentionnelle (violence des pratiques et de l'organisation),
soit due au manque de personnel.
Elle est aussi individuelle et faute d'encadrement présent, les professionnels violents sont livrés à leur sale instinct.

Alors la fin justifie-t-elle les moyens ? J'avoue que j'ai souvent rêvé qu'on fasse le ménage dans ces institutions.
Et pour cela il faut de l'information, des faits, des images.
http://anthropia.blogg.org
--HORS SUJET--

Avez-vous vu ce reportage surréaliste de France 3 concernant la mise en examen d'un médecin du SAMU de Valence pour "homicide volontaire" d'une octogénaire en arret cardiaque ?
http://rhone-alpes-auvergne.france3.fr/info/47170958-fr.php
L'interview de la coiffeuse nous apprend qu'elle n'a rien vu. Un témoin aurait constaté des gestes innapropriés nous dit-on. le Procureur, face caméra, explique à peine les raisons de cette mise en garde à vue, mais parle déjà d'interdiction d'exercice...
Le reportage n'apporte donc strictement aucune information en dehors du fait qu'un Médecin a été mis en cause par "On ne sait pas Qui" pour "On ne sait pas Quoi" !
Comment peut-on diffuser un tel sujet ? Pourquoi ? (je crois d'ailleurs que ce n'est pas la seule chaine à avoir relayer cette histoire)
Je ne pensais pas qu'à chaque fois qu'une personne était mise en examen a presse était convoquée, afin qu'on puisse ne rien lui expliquer et que celle-ci, devant ces Non-informations capitales s'empresse de diffuser un sujet non-informatif qui aura au moins le merite de faire frissonner la ménagère et de salir un de ces salauds de médecins (pléonasme...).

En fait le médecin a été mise hors de cause 48h plus tard, et aurait été dénoncé par un Infirmière qui n'a pas compris ce qu'elle a vu !
http://rhone-alpes-auvergne.france3.fr/info/47170958-fr.php

Ce non-fait divers a également été rapportée par Le Monde, Libération...

Curieusement j'ai l'impression que TF1 a attendu Lundi et la mise hors de cause du médecin pour parler de ce non-crime.
http://tf1.lci.fr/infos/jt/0,,4113059,00-l-urgentiste-de-valence-dedouane-.html

On ne sait en revanche toujours pas comment on en est arrivé à une telle médiatisation pour cette non-affaire.
Contrairement aux émissions britanniques, tout ici est anonyme, les visages, les lieux.
L'émission Panorama de la BBC, montre tout, sans rien cacher, dénonce ouvertement.
Dispatches sur Channel 4 idem.
Ici, l'on fait du sensationnel. Mais attention "on ne dénonce pas, c'est pas Vichy".
Il faudrait que l'on fasse un jour la différence en France entre les dénonciations fascisantes gratuites et haineuses, et les dénonciations de l'incompréhensible et du non admissible, nécessaires.

Car là est la différence entre le journalisme de caniveau qui vous jette la vie privée des gens en pâture, de préférence pour blesser, amuser la galerie ou jouer avec les émotions, ici c'est de cela qu'il s'agit, on joue, on informe pas, personne ne peut réagir, rien ne change. (On revient filmer quelques jours plus tard)
Informer, c'est du brut de décoffrage, la réalité, sans dorure sans floutage, on reconnaît, cela donne des résultats, on peut agir, s'impliquer, changer les choses, dire "plus jamais ça".

Chez Pujadas et Capa, on est pas là pour dénoncer un établissement... Mais si... Justement. Dénonçons le, sinon ce serait faire l'amalgame de toutes les maisons de retraite. De quel droit ?

Le journalisme, c'est autre chose que de la chronique, 10mn d'interview (voire 10mn de pub pour la nouvelle Citroën ), des reportages docu-fiction évoqués ci-dessus.
Il est un aspect qui mériterait d'être plus fouillé, notamment par @si: c'est l'influence des facteurs économiques sur les choix de réalisation d'un reportage. À ma connaissance, la présence manifeste d'une caméra n'a jamais empêché de révéler les dysfonctionnements d'une institution, mais ça demande plus de temps que "plusieurs jours" (Pujadas dixit); ainsi dès 1967, Wiseman montrait dans Titicut Follies l'inhumanité d'une prison pour fous, et a continué son œuvre jusqu'à aujourd'hui en affrontant caméra à l'épaule nombre d'institutions américaines, en affrontant donc également leurs dysfonctionnements. Avec à chaque fois plusieurs semaines, sinon mois, de tournage.

Le documentaire cinématographique est un genre qui sans forcément utiliser la caméra cachée, peut tout à fait dévoiler les dessous d'une institution (voir également l'œuvre de Depardon). Mais ça demande du temps, de l'argent, et une réflexion sur la réalisation. Le choix de la caméra cachée n'est qu'une façon d'obtenir ce que montre un documentaire caméra à l'épaule, mais en gagnant du temps, donc de l'argent. Mais cela démontre également une absence de réflexion sur la réalisation, puisqu'il suffit d'équiper "sept personnes, (infirmières, aide-soignantes, dame qui fait la lecture aux résidents...) de caméra cachée", lesquels n'ont aucune notion du métier journalistique, encore moins de celui de documentariste. Au finale on obtient un produit pas cher, mais mal pensé et qui de fait n'eût pas déparé dans Le droit de savoir, exemple suprême du sensationnalisme bas de gamme télévisuel comme TF1 sait nous en fournir (mais elle n'est pas la seule spécialiste en la matière).
Ce qui est stupide c'est qu'on est dès le départ dans un concept de caméra cachée. Ce n'est même plus un outil pour passer des barrages, mais la raison d'être de l'émission. Et j'imagine qu'ils ont sans doute pioché les pires trucs, c'est à dire "des séquences très marquantes." où l'ont peut habilement placer soit du violon, soit du piano.
Les caméras cachées, c’est juste la « forme ». On peut toujours la critiquer…
Le « fond » c’est la prise en charge des personnes âgées malades et dépendantes dans notre société. Il faut savoir qu’une place en maison de retraite (EHPAD) coûte au malade et à sa famille (obligation alimentaire) entre 1500 euros (en province) et 4500 euros (structures de luxe en région parisienne) pour le seul hébergement, sans aucune possibilité d’aide financière (mis à part l’aide sociale qui se rattrape au décès). La retraite moyenne en France oscille entre 1100 et 1400 euros et 80% des personnes âgées en institution n’ont pas les moyens de payer. Malgré ces prix, les établissements d’hébergement sont sous dotés en personnel soignant (infirmières ou aides-soignantes) et ont bien souvent du personnel sous qualifié. Ceci s’explique par le sous financement par l’état et par les départements du forfait soin et du forfait dépendance. Voila pourquoi en France le ratio de personnel au lit du malade n’est que de 0,3-0,4 en maison de retraite, voire 0,6-08 en soins de longue durée (long séjour hospitalier) contre 1 à 1,2 chez la plupart de nos voisins européens.
Ce manque de personnel explique en grande partie (mais pas uniquement, il y a aussi des soignants qui n’en ont rien à faire) les situations que l’on peut voir en caméra cachée. Et il est bien évident que même dans les structures montrées en exemples (pratiquant l’humanitude…) ou à l’hôpital, si l’on faisait un reportage en caméra cachée on pourrait filmer le même type de documentaire que dans les structures les pires. Bien sûr ces situations sont inacceptables et certains soignants sont maltraitants. Mais faire un commentaire sur un repas sans savoir ce qui se passe après n’est pas suffisant. Par ailleurs, la situation peut être très différente d’une structure à l’autre en fonction des malades. Il est beaucoup plus facile de s’occuper des malades si on les trie au départ : on ne prend pas les plus dépendants (GIR 1 et 2), on ne prend pas ceux ayant une maladie d’Alzheimer avec troubles du comportement… on prend ce qui marchent seuls (sans déambuler), qui arrivent un peu à se laver et à manger sans aide… Par ailleurs, il faut garder en tête que les soignants sont souvent 3 ou 4 (au maximum le matin) pour une quarantaine de personnes âgées malades et dépendantes. S’il faut toutes les laver, les habiller, les changer, les faire manger… on voit tout de suite l’impossibilité de la situation.
Le droit de savoir sur France 2 ? That is the question... Un peu de musique anxiogène, du flouté, qu'accepte t'on finalement comme mise en scène sous prétexte d'information ou de dénonciation ...est ce du documentaire ? du docu-fiction ? du journalisme réalité ?
Le problème est bien désormais l'emballage : la mise en image de l'information et l'obligation qui se trouve maintenant dans tous les traitements informatifs d'appuyer par le son et l'image ce que l'on entend démontrer.
On enfonce le clou déjà planté et bine planté des "Envoyé spécial," "Capital," et autres magazines d'information qui désormais avec voix off et effet de montage suggère des émotions plut^tot que des idées. On n'est pas très loin de "sans aucun doute", "Loft story" et autres téléréalités... Jouer sur le voyeurisme pour informer ? N'est ce pas également le même débat d'ailleurs pour la vie privée des hommes politiques...
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