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Promenons-nous dans les bois

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Loin des atrocités nazies commises dans les bois, je propose un petit coup de loupe sur la vision romantique de la forêt par Caspar David Friedrich, qui idéalisait le gothique comme l’âge d’or du sens communautaire d’avant la modernité industrielle.
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/bc/Caspar_David_Friedrich_051.jpg

Merci encore à M.Korkos, tant pour ses chroniques que pour sa présence sur les forums.
Alain, vous arrive-t-il d'aller vous promener du côté de chez Frédéric (Ferney) ? Non ? Vous devriez... surtout ces temps-ci.
Intéressant. Beau travail. Merci Monsieur KORKOS. C'est asi comme je l'aime...
Les 4 BD d'Alain Korkos.
On ne sait pas laquelle choisir. Une qui vient des USA. Ou de Grande-Bretagne? Celles d'occasion qui coûtent plus cher que les neuves? La plus cher, la moins cher, j'hésite...
J'ai l'impression que cette chronique, en tout cas, l'analyse de ces affiches de films, avait déjà été faite il y a quelques années.. Je me trompe? Mais loin de moi l'envie de dénigrer votre travail, que j'apprécie beaucoup.
Concernant la typographie, j'ai envie d'ajouter que les caractères de l'écriture de Kostebel ont quelque chose de contemporain et familier. Propre, net et rassurant. comme les lettres qu'écrit mon ordinateur. Je ne suis pas spécialiste des fontes, mais ça ressemble à du banal Arial aux contours nets comme sur le papier glacé des magazines d'aujourd'hui.
La graphie de Belzec a quelque chose d'inquiétant. Inquiétant par sa bizarrerie. Ces lettres irrégulières et maladroites (certaines étroites comme le B et le E, d'autres larges comme le C), non civilisées ne semblent pas appartenir à une fonte officielle. Les contours incertains rappellent les méchantes lettres des journaux d'autrefois imprimés avec des caractères en plomb sur du papier grossier; ou bien les inscriptions au pochoir sur certains wagons de sinistre mémoire. Il y a quelque chose de barbare dans ces lettres, qui évoque la barbarie des Nazis.
Un grand cru, cette chronique. Sans épate ni multiplication de références, l'analyse nue rejoint le style épuré des images présentées.
Et pendant ce temps ,l'êveque de la honte , Williamson le négationniste que le pape veut réintégrer , ne se renie pas du tout : il veut des preuves !!!William sonne comme un sinistre glas
Très bucolique, très relaxante chronique avec des images aujourd'hui si apaisantes alors qu'on ne soupçonne pas a priori les horreurs qui y ont eu lieu.

Mais...

Vous allez sans doute dire que je pinaille, mais je n'apprécie pas le terme de camp d'"extermination".
Pour moi, l'extermination est associée à la destruction des rats ou des nuisibles.

Or, ces camps étaient destinés à tuer des personnes humaines.
J'ai toujours l'impression que c'est une assimilation au langage des bourreaux, une acceptation de leur langage manipulatoire.

Moi j'appelle ça des camps d'assassinat de masse.
Il étrangle son prochain
Quand il a le cafard,
Allez hop! Dans le bassin
Sous les nénuphars.
Et je donne un coup de balai
Sur les lieux du crime
Où il ne revient jamais,
Même pas pour la frime.
(Auteur : Monsieur Fersen)

L'assassin qui revient sur le lieu du crime, vrai ou non, est une façon de dire qu'il revoit son crime, le re-visite, le ressasse, que sa vie est restée coincée, immobilisée, sur le lieu du crime. Cette fascination pour les lieux du "crime", de l'extermination, ce besoin d'aller leur rendre visite, est-ce le signe de la culpabilité qu'on porte?
On y cherche un signe.
Qu'est-ce qui pourrait faire que tout ne recommence pas pareil? Que l'histoire ne se répète pas? Ou est la station d'aiguillage, le levier qui fait bouger les rails, basculer l'Histoire? Celui qu'on pourra saisir à deux mains, le moment venu?
On sent que ne pas effacer les traces nous tient aux aguets.
Mais jusqu'à quand? Les coupables ont tenté ici d'effacer les traces, mais on sait les débusquer malgré tout. Ailleurs même si rien n'est intact, des bâtiments témoignent de ce qui a existé. Ce n'est pas seulement le coup de balai que passent les serviteurs des assassins que l'on peut craindre.
C'est qu'il y a le temps qui passe, qui détruit la mémoire et ces traces se portant garantes du fait de ne pas revivre à nouveau des horreurs... Les témoins s'expriment dans des films, et ces images feront traces quand le dernier sera mort, comme le poilu l'année dernière. Seulement d'autres films sont sortis et pourquoi ne seraient-ils pas le reflet de l'Histoire vue par les générations futures, masquant les authentiques témoignages bruts, éprouvants? Les films plus récents parfois nous réhabilitent, sont moins culpabilisants. Le temps qui passe, et sa presbytie qui déforme la vision et les proportions des faits, n'ouvre-t-il pas à nouveau la porte qu'on essaie de fermer définitivement à double tour?
On redevient incrédules, si ce n'est envers le passé, au moins envers des possibilités d'événements aussi monstrueux dans le futur, dans notre petit monde, bien sur, parce qu'ailleurs...
Ailleurs ce n'est pas comparable, hop, on perd déjà la partie, nous voilà dans le camp des témoins résignés et impuissants pour ce qui se passe là-bas, pas chez nous, maintenant comme avant, pas moyen d'arrêter les machines en route. On est toujours là après (mais par un malheureux hasard, nous arrivons touours en retard), et on n'a plus qu' à se promener [s]sur les lieux du crime[/s] dans les bois! Pas besoin de s'imaginer dans le futur pour s'apercevoir qu'on ne sait pas stopper le bras de la monstruosité dans un pays.
Belzec, ce que j'en retiens c'est les jeunes couples qui dans ces dernières années vont sur le site dans l'espoir de retrouver des bagues ou des pierres pour se l'offrir pour leurs fiançailles,
c'est l'appât du gain qui à l'époque jusqu'à aujourd'hui a attiré les pilleurs de tombes, effaçant le souvenir de l'horreur.

Ce film est vraiment très fort, car sans image de l'époque ou quasiment, devant une scène champêtre, il sait ressusciter les faits.


http://anthropia.blogg.org
Merci Alain pour cette belle chronique ! Je sais que l'esprit d'@si continuera à vivre grâce à des gens comme vous.
Paix
Votre chronique a suscité en moi un questionnement métaphysique.
La preuve par la photo montre bien que la nature parvient aisément à repousser rapidemment même sur les lieux qui ont été le théâtre d'horreurs. La nature n'a pas de mémoire, et même contribue à l'amnésie. C'est ce que comptaient faire les nazis, effacer les traces, neutraliser la mémoire humaine en gommant les indices de leur méfaits. Etait-ce une prise de conscience tardive, le poids des âmes trop lourdes, ou encore une tentative d'échapper à l'inévitable procès qui risquait de s'en suivre si "les gens" qui n'avaient pas participé à cette horreur constataient son étendue et le mal qui avait été fait à cet endroit ?
Contrairement à la nature, l'humanité n'oublie pas, ne veut pas oublier. Est-ce pour autant une démarche non naturelle ?
On ne peut pas qualifier le massacre organisé de démarche naturelle, c'est à dire issue d'un continuum logique, un enchainement d'éléments qui conduisent naturellement à cette néfaste conclusion. Les nazis ont commis des actes contre-nature, en dehors de notions de morale, un peu comme le canibalisme. C'est une infraction majeure à des principes qui sont ancrés dans l'humanité, mais aussi dans la nature. Bien sûr, la nature fourmille de petits meurtres, et même de canibalisme parfois, ne serait-ce qu'au travers de la chaine alimentaire, mais le génocide sort de ce cadre parce qu'il est organisé. Il a même été pensé, par je ne sais quel cheminement intellectuel sûr de lui-même et pourtant rance.
C'est ce cheminement intellectuel contre-nature que nous continuons à combattre aujourd'hui.
Quand nous regardons ces photos, si la mémoire collective avait été pour une raison ou une autre effacée, nous n'y verrions que la végétation. Mais le fait est que nous connaissons l'histoire. En refusant obstinément de l'effacer de nos mémoires, notre intention est double :
La plus simple est la comémoration des morts, la plus complexe est de faire en sorte que ça n'arrive plus. Cette deuxième intention est pour moi une sorte de devoir qui tend à nous rapprocher de l'"humanité" au sens noble du terme, c'est à dire le côté "naturellement et universellement" bon de l'humain. C'est sans doute ce qui nous rapproche le plus de la "Nature" que nous concevons si gratuitement bonne, maternelle.
Cette mémoire est un soin, un traitement, un vaccin que nous prodiguons à nous même pour nous préserver d'un nouvel accès de folie contre-nature. Ce faisant, nous préservons notre humanité, démarche on ne peut plus naturelle.
Cher Alain Korkos,

Après que vous ayez, fort justement d'ailleurs, repéré quelques fautes inacceptables chez un éditeur de renom, la semaine dernière, me permettez-vous de solliciter votre vigilance sur les quelques lignes présentant votre rubrique "Chez Alain".

Merci pour vos chroniques particulièrement enrichissantes que vous nous faites partager à un rythme hebdomadaire...
curieux comme personne ne semble vouloir voir dans "Koktebel" les souches des arbres coupés....
comment expliquer ces souches.... et cette cécité?
Je crois que pour l'image de Koktebel, on est à la hauteur des personnages, et aussi des arbres ; tout semble familier / familial, quelque chose qui parle à notre imaginaire, qui évoque nos jeux d'enfants dans la foret.
Dans l'image de Belzec, on est en contre-plongée, les arbres paraissent immenses, et forcément effrayants. Le loup est présent, sa présence est palpable.
Je pense que cela joue aussi dans l'opposition.

Sinon, vous pensez qu'ils se sont inspirés de Koktebel pour inventer Pékin Express ? ;-)
Dommage, j'ai raté les images de ce reportage, je n'ai entendu que le son (j'étais sur le forum @si).
Il me semble qu'un rescapé de ce camps témoigne.


Belzec en écriture polonaise [BE??EC], sur l’affiche me fait penser à Belzébuth, c’est à dire l’ENFER, l’image du bois au contraire me fait penser à l’EDEN.

Cette vision antinomique est-elle un pur hasard, ou voulu comme image subliminale ?

A propos d’images subliminales, pourquoi Monsieur Alain Korkos, ne faites vous pas une rubrique à ce sujet.
Je précise bien photo [ou iconographie inanimée (excusez le pléonasme)] et non un film (introduction de flash, indépendante du film) comme les tests dans les années 50’ ; ou une vidéo (introduction d’une demie trame ou d’une image tout les 25ième de seconde (1/30 avec NTSC), comme reprochée à certains génériques, spots politiques ou autres émissions [M6 pub Kodak].

En attendant pour ceusses que sa intéresse :
Oui-c’est-encore-ouikipédia
Ou une recherche googouleyante

James VICARY
Le loup n’y est plus, mais il rôde encore parmi nous. Le négationnisme avait déjà commencé à Belzec par les nazis eux-mêmes
puisqu’ils ont effacé les traces de l’extermination.

Quand le vent souffle dans les feuilles des bouleaux, on doit entendre les murmures de ceux qui ont péri là-bas.

Il faut sans cesse rappeler ces horreurs, alors que tellement de voix essaient de nier ce qui s’est passé.
Convoquer régulièrement la Shoah ne donne pourtant aucune qualité à une supposé profondeur d'âme.

Il peut y avoir aussi une forme de lâcheté à se cacher derrière du lourd et de l'inattaquable
pour faire sens, pour faire pression, tout comme les fameux points Godwin.
Ce papier vient après l'indignation de son auteur à propos d'une photo ayant fait la une du quotidien l'humanité lors du récent conflit entre le hamas et israel . En consultant l'histoire, je pense que Mr Korkos pouvait choisir une autre photo , et ainsi évoquer d'autres drames , d'autres génocides pour illustrer son propos
C'est excellent, comme d'habitude, sauf qu'on ne peut pas s'y habituer.

Que Daniel Schneidermann réalise que l'on s'abonne parfois à ce site juste pour les chroniques d'Alain Korkos, non pour les interviews anticipées à coup de bannières prometteuses.. et qui avortent bêtement..

Il y a chez Alain de l'efficacité en un minimum de gestes...
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