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"Meilleurs lycées" : les classements à géométrie variable de la presse

Tous les ans, au même moment, journaux et sites internet dévoilent leur palmarès des lycées. Les parents de futurs lycéens se précipitent alors pour choisir l'établissement dans lequel ira leur progéniture. Mais attention, ces classements n’ont rien de scientifique, et il faut savoir les lire attentivement, pour éviter les contresens. Décryptage.

Derniers commentaires

Et moi, je m'interroge vraiment sur la nécessité d'un tel classement. Effet "pervers" : renforcer les "bons" et enfoncer encore plus les "mauvais"… Comme dit domire : quelle tristesse !
Quelle tristesse que cette manie de la compète à tous les étages…
A quand la sponsorisation directe des établissements par le marché ? On pourrait voir nos têtes blondes avec "pur beurre" ou "hypermieux" sur les uniformes, ce serait fun !
On m'avait raconté que le classement des Grandes Ecoles que publient chaque année les Point, Challenge et cie était réalisés de la même façon : on donne des "indicateurs" aux statisticiens dont ils peuvent se servir ou non, à condition qu'en fin de compte, Polytechnique (ou HEC) soit 1er dans leur classement.
Ne serait-ce donc, plutôt qu'une question d'idéologie, une question de pouvoir (financier ou autre) qu'exercent ces institutions sur les journaux?
je n'ai pas lu tous les commentaires mais ça me rappelle un développement détaillé fait sur le site de Pénombre (les lycées sous le feu de l'évaluation) :

http://www.penombre.org/IMG/File/LG4site.pdf
pour ceux qui veulent approfondir la pertinence et les discussions méthodologiques autour de ces prétendus classements...

Précisions que Pénombre est une association qui critique (avec beaucoup de justesse amha) l'usage et la dictature du nombre dans le débat public. Je vous conseille vivement d'aller jeter un oeil à leur site internet. (http://www.penombre.org/)
les meilleurs lycées semblent être privés, mais comme ils selectionnent quelle valeur a ce classement???????
ne veut on pas nous faire entendre que désormais il FAUT inscrire nos enfants dans le PRIVE afin de mieux casser le service PUBLIC
(voir à ce sujet la disparition des IUFM ex Ecoles Normales, dans le silence assourdissant des medias et les galères des universités (s'agissant de la masteurisation ) puisque les universités confessionnelles pourront aussi dispenser des master d'enseignement..!!!!!!!
ce gouvernement a tué "les hussards de la république" et seuls les formateurs IUFM et les universités concernés les pleurent...
lorsque les enfants seront pris en charge par plusieurs maitres inexpérimentés car non formés....il sera trop tard pour pleurer
conséquence de ce malentendu, un lycée arrivé 3ème dans un des classements de l’année précédente a été submergé de candidatures. "Les meilleurs élèves se sont bousculés pour y entrer," raconte Véronique Radier.

C'est à mes yeux quand même un point positif, si les lycées qui apportent le plus à leurs élèves (sans se contenter de pratiquer la séletion à l'entrée et le coup de pied aux éléments trop faibles aux deux passages seconde/1ère et 1ère/terminale) attirent des candidatures de "bons élèves".
ça ne peut qu'aider les profs à créer un environnement favorable pour l'ensemble des élèves.

signée : une ancienne élève d'Henri IV, sélectionnée à l'entrée, pas accompagnée pendant sa scolarité (sauf, il faut le reconnaître juste avant le bac) et qui a bouffé de la vache enragée pendant trois ans.
Article intéressant, merci.
le but de ces classements est évidemment de faire vendre du papier, et ça marche !
avec un minimum de bon sens on comprend aisément que le paramètre essentiel pour la réussite d'un élève c'est l'élève lui même.
A quand des lycées côtés en bourse ?
La tromperie porte essentiellement sur les buts que veulent atteindre les différents médias ! La pondération est effectivement très utile pour faire apparaître en tête les établissements privés par rapport aux établissements publics (qui accueillent de facto tout le monde... bien évidemment, dans la limite des places disponibles, ce qui permet pour les lycées parisiens de trier...).
Ainsi, on laisse à croire que les lycées privés (c'est très vrai en province) sont de grande qualité, alors qu'ils font le tri des élèves...
Votre article insiste sur les mécanismes & finalement peu sur les finalités qui sont claires pour certains. Casser le service public d'éducation en montrant que le privé fonctionne mieux... Ou en le faisant croire....!!!
Thalasrum, Mon Blog
beurk... beurk beurk beurk !

vieux prof sur le point de tirer sa révérence, je lis avec tristesse tous ces "propos" : les articles de différents journaux, l'article a@i et ses précisions et enfin ce forum...
Aucune critique fondamentale, aucune dérision...
Sarko et ses semblables ne se sont pas trompés. On est loin de Montaigne et La Boétie, pas de doute, même si le roi se prend les pieds dans le tapis en 2012, les valeurs ambiantes seront encore celles qui l'ont fait s'asseoir sur le trône en 2007. Et la tête du suivant n'a que peu d'importance, de gauche comme de droite, les valeurs "motrices" seront encore celles qui transpirent dans le sujet ici débattu... la perf ! la perf !
Vieux et déçu ! En 1974, prof débutant, je subodorais un monde meilleur, plus humaniste, plus fraternel... quel C.. !
Suis triste ...
Il me semble essentiel de dire que les boîtes privées n'acceptent pas tous les élèves.........
De toute façon que pèse la "performance" (entendu dans l'Éducation nationale) face à la volonté de rester "entre soi" ? Henri IV aura toujours du succès, parce qu'on est sûr de ne pas y trouver de pauvres. D'une certaine manière, le système des grandes écoles commence avec le lycée...
Ce que personne ne dit, c'est que le fameux ''taux brut de réussite'' n'est statistiquement pas significatif. Presque tous les élèves obtiennent leur baccalauréat (par commission d'harmonisation ou rattrapage) et par conséquent ce taux varie entre 90% et 100% pour tous les grands lycées parisiens. Un lycéee pourrait être classé le meilleur sans obtenir aucune mention... et un lycée obtenant de nombreuses mentions pourrait être en queue de classement parce que quelques élèves n'ont pas obtenu leur baccalauréat.

Le seul outil statistique fiable pour évaluer le niveau d'un lycée, ce serait la moyenne des notes obtenues à l'examen.
Mais quelqu'un m'expliquera-t-il comment on calcule le "taux attendu" ? Je n'ai trouvé la réponse nulle part.
Peu importe, puisque le classement est généralement établi à partir de l'écart entre ce mystérieux ''taux attendu'' et le ''taux brut de réussite''. Or ce taux n'ayant statistiquement aucun sens (voir plus bas), un tel écart, et par conséquent le classement, n'a lui-même absolument aucun sens...
C'est justement pour cela que ça m'importe. Un chiffre en soi n'a pas de sens, ce qui fait sens, c'est la façon dont il est calculé, et qui le calcule. Je reste très intrigué, le mot est faible, par la fabrication de celui-ci.
J'ai trouvé. Pour ceux que ça intéresse, c'est là et ça fait peur :

http://indicateurs.education.gouv.fr/brochure.html#structure

La notion de "valeur ajoutée" appliquée à un travail d'éducation me donne des frissons dans le dos.
Au départ deux critères ont été retenus : la CSP - Catégorie socio-professionnelle - du chef de famille et l'âge du candidat. Les résultats constatés permettent de savoir que, par exemple, 98 % des candidats ayant un an d'avance et issu d'une CSP dite favorisée ont décroché le diplôme et que 50% seulement pour les élèves ayant 1 an de retard et issus de CSP dites défavorisées, etc.
Il suffit ensuite de faire mouliner l'ordinateur pour comparer les résultats obtenus par le Lycée Tartempion avec ces moyennes nationales, pour savoir, si en fonction de l'âge et des CSP, il a fait mieux ou moins bien que ce que l'on pouvait attendre.
Ces deux critères ont été retenus parce qu'ils étaient disponibles et pertinents. On a pu en ajouter un 3e avec la création d'une base nationale Brevet des collèges.
De même, le regroupement des CSP - devenues PCS, mais ça ne change rien - en grands agrégats (favorisés A et B, Moyens, défavorisés) peut faire l'objet de discussion d'experts.
Mais ceux qui péremptoirement décrètent que ça ne vaut rien ne démontrent que leur suffisance et leur ignorance.

(Le but n'est pas de faire un palmarès-bis, mais d'amener à croiser les indicateurs, le 3e n'étant pas négligeable, puisqu'il mesure la capacité d'un lycée à mener le maximum d'élèves jusqu'au bac, quelque soit le temps mis)
La capacité d'un lycée à amener une maximum d'élèves au bac ne m'indique pas sa pertinence pour amener mon enfant au bac.

Il est bon de comprendre ce qu'indiquent les indicateurs pour utiliser l'information à bon essient.

Ce que je comprends ici, c'est que si je suis d'une catégorie moyenne et défacorisée is faut que je me fie à l'indicateur "lycée qui amène un maximum d'élèves au bac", et si je suis bourré de fric je lis La Tribune. C'est pertinent pour mon cas.

Finalement, chaque presse fait plutôt bien son boulot pour le lectorat qu'elle pense avoir. Celui (ou celle) qui se plante est celui (ou celle) qui lit la presse qui ne correspond pas à sa catégorie... A moins de connaitre cet effet et de savoir traiter l'information à la lumière de la ligne éditoriale qui nous est décryptée sur un site comme @si.
Mais ceux qui péremptoirement décrètent que ça ne vaut rien ne démontrent que leur suffisance et leur ignorance.

Merci beaucoup...

Vous expliquez vous-même avec une certaine suffisance comment se calculent le ''taux brut de réussite'' et ''la valeur ajoutée'', ce que nous savions déjà. Malheureusement si le taux de réussite n'est pas statistiquement pertinent, la ''valeur ajoutée'' ne l'est pas non plus. Il n'est qu'à observer les brusques variations d'une année à l'autre.
et plutòt qu'un taux de réussite à un examen on prenait en compte les desiderata des élèves et la capacité de l' EN de l'amener à la réussite de son (ses) projet(s), en évaluant leur faisabilité ?


toutenbateau
On peut pas savoir si les toilettes sont propres, si il y a du papier, si il y a une poubelle chez les filles, alors? Et si le rapport qualité/prix de la cantine est correct? Si l'infirmerie n'est ouverte que le matin?
La seule chose que l'on puisse raisonnablement retenir, c'est que la valeur ajoutée par la presse à ces classements est nulle (voire négative). Il est de loin préférable, si l'on veut vraiment un classement, de se reporter directement aux classements publiés par le ministère (tiens... l'info trouvée sur internet est ici manifestement plus pertinente que l'info publiée dans la presse papier; marrant non ?). L'objectif est de vendre du papier, point final.
C'est presque pire quand on a droit aux classements des prépas, classements concoctés sur la base d'une information très partielle. J'ai connaissance d'une prépa qui, une année, a eu des résultats exceptionnelles : une floppée d'élèves dans les écoles normales supéreures. Oui mais... ces écoles refusent, dans la plupart des filières, de communiquer les résultats à la presse. Conséquence : les classements "Etudiant" et autres"Challenge" de cette prépa n'ont jamais été aussi mauvais que cette année là!
Enfin un article synthétique sur le sujet, avec de vraies explications. Je m'étais perdue dans l'express et Médiapart.
D'ailleurs, j'ai conclu en lisant Médiapart que les choix des critères dépend d'une guerre idéologique entre les partisans du privé et du public.
Ca va toujours mieux en le disant ! L'art de faire dire aux chiffres ce qu'on veut qu'ils disent ;)

Merci pour l'article.
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