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Marie Ndiaye pense-t-elle que Besson et Hortefeux sont "monstrueux" ?

"Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux" : l'écrivain Marie Ndiaye qui vient de recevoir le prix Goncourt, a été attaquée le 10 novembre par le député UMP Eric Raoult pour des propos tenus dans une interview à l'hebdomadaire Les Inrocks en août dernier. Raoult, dans une question écrite, a interpellé le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, afin qu'il impose aux lauréats du Goncourt un "devoir de réserve". Dans une interview accordée la veille, le 9 novembre à Berlin, à Jean-Pierre Elkabbach, pour Europe 1, Ndiaye, affirmant n'avoir alors pas eu connaissance de l'attaque de Raoult, avait tenté de modérer leur impact.

Derniers commentaires

Censure : Carla Bruni-Sarkozy s’oppose à Eric Raoult

Je ne comprend pas, ce n'est pas très clair :
Si être « totalement contre la censure », et que « tout le monde peut dire ce qu'il pense », on ne peux donc pas être « contre un censeur » qui ne fait qu’exprimer sa [s]connerie[/s] pensée, donc on est pour [s]la censure[/s] le censeur…

Carla réinvente le « sophisme du menteur » :
Si tu dis que tu mens et si tu dis vrai, tu mens.
Si tu dis que tu mens, ce que tu dis est vrai… Donc tu mens !
Si tu mens, tu ne dis donc pas vrai ; il n'est donc pas vrai que tu mentes.


J’ai un peu mal à la tête, avez-vous de l’acide acétylsalicylique ?
besson ajoute du monstrueux au monstrueux en jetant la suspicion sur la totalité des étrangers étant en relation avec des français

j'arrête, j'ai envie de vomir
Raoult s'est vautré grave dans sa beaufitude dans l'émission "ce soir ou jamais ", en compagnie de Guillon, Hubert Védrine, Juliette (la chanteuse), Michel Serres, et un homme que je ne connais, dont je n'ai pas retenu le nom. Cette revue de presse était très intéressante et drôle. J'ai jubilé. A revoir sur le net.
Raoult remet ça, avec son idée de décerner un label "pays ami de la France" pour les pays avec lesquels nous avons des échanges commerciaux mais que les "droit-de-l'hommistes" (sic) ont l'habitude de dénigrer.
Il serait temps de se consacrer à la République des vulgaires. Le pays sombre dans un discours répugnant et vomitif qu'encourage un gouvernement de poltrons incultes qui suivent un ludion encore plus ignare qu'eux dans une gouvernance totalement contraire aux valeurs humaines les plus fondamentales d'humanisme, de tolérance, de courtoisie, de bon sens et d'entraide.

Content que Marie Ndiaye ait dit tout haut ce que je pense depuis que j'observe la Sarko clique : Vulgarité, inculture, populisme, manque de vision, clientélisme, opportunisme, lâcheté, médiocrité, bref des qualités que le monde entier ne nous envie pas.

Aucun problème ne se règlera dans cette atmosphère débilitante. Il faut remettre les valeurs humaines au premier plan.

Merci Marie pour cette juste contribution.
Récompensé en mars 2009 par un « Y’a bon award » pour des propos jugés comme participant à la banalisation du racisme,
Eric Raoult peut depuis le 12 novembre s’enorgueillir d’une nouvelle récompense, décernée par SOS Racisme : « le prix de l’anachronisme intellectuel ».

Marie NDiaye, Afrique, identité nationale... pas cool, Raoult

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Cette fois, j'en ai assez. Je ne renouvellerai pas mon abonnement.

@si n'est plus un site de décriptage des médias, mais un site politique.

Vous ne parlez plus des médias mais seulement de politique et seulement pour démolire la droite et Sarko (pour qui je n'ai pas voté moi non plus).

Pour faire ce travail de propagande gauchiste, il y a tellement de sites gratuits (le Post, Rue 89, Bondy Blog, Morandini etc...) que vous n'avez plus une parole décalée mlais au contraire suiviste, bien dans l'air du temps (médiatique).

Je pense que vous vous fichez bien de mon avis, mais au moins c'est dit !

Régi
Ce vite dit et gratuit nous apprend que Pierre Assouline, journaliste littéraire, révèle sur son blog qu'il a refusé un dîner avec Eric Besson.
La simple lecture du titre laisserait supposer qu'il n'a aucune envie de côtoyer ce genre de personnage nauséabond, d'autant qu'il ne s'est pas privé d'allumer Raoult qu'il nomme "l'épais crétin de Seine Saint-Denis".
Ce "dîner citoyen réunissant des hommes et des femmes nourris de la relation unique entre la France et le Maroc"(sic), Assouline dit ses réticences à participer, selon ses propres termes, à ces"rafles mondaines franco-ethniques", puis indique qu'il a décliné cette invitation pour cause de voyage à l'étranger... pour finalement conclure : "Si j'avais été dans-mon-pays-la-France à ce moment-là, qui sait, j'aurais peut-être accepté."
Une attitude d'une très grande cohérence qui en dit long sur son éthique.
Eric Raoult est heureux, on parle de lui. Merde, moi -aussi, je suis tombé dedans.

Il veut devenir Ministre des Sport, à la place de l'autre là, celle qui ressemble à NDaye. C'est minable mais c'est tout.
La caution morale... ce jeu médiatique...
On croirait les mômes se bagarrant dans la cour de recré : "mais m'sieur, elle m'a traité! elle m'a traité!."
Un auteur est certes porteur des couleurs littéraires d'une culture, mais à ce que je sache, la culture d'un pays ne se résume au gouvernement en place ! L'auteur est parfaitement libre d'exprimer un point de vue, comme toute personne jugeant ce point de vue excessif est parfaitement libre de le contredire !!! Mais depuis quand l'obtention d'un prix littéraire doit museler un auteur ??? ABERRATION !
Incroyable cette affaire tout de même ! Car on demande à cette auteur de s'expliquer sur ses propos, mais A-t-on fait preuve d'autant de pinaillerie quand notre ministre de la culture en place a soutenu à la télévision française que "gosse" désignait des "adultes de 40 ans" ? ou quand Mr Polanski admettait aimer "les jeunes femmes" à la suite de l'abus sexuel d'une mineure de 13 ans ? A -t-on cherché à savoir à partir de quel âge il estimait qu'une fille pouvait être considérée "une jeune femme" ? Nous sommes nous montrés aussi coupeurs de cheveux en quatre quant au détournement abusif, excessif des propos de ces personnes ? Pas que je sache !
Et le ministre de la culture qui ne prend pas position, ça vous étonne ? Il semblerait que les affaires de mœurs lui pose moins de problèmes pour prendre position rapidement !!!
Marie Ndiaye s'exprime sur Rue89, après la non-réponse de F. Mitterrand.

Juste un extrait :

Rue89 : "Quelle a été votre première réaction en apprenant qu'Eric Raoult trouvait vos propos sur la France de Sarkozy dans votre interview pour Les Inrocks scandaleux ?"

Marie : Je me suis demandé si c'était réel, si c'était une blague, cela me semblait si ridicule… Mais en fait, connaissant un peu le personnage, cela ne m'a pas semblé si étonnant de sa part. Il n'empêche qu'hélas, le ridicule ne tue pas.
Ce qui est genant dans cette affaire, c'est cette certitude du gouvernement actuel de devoir tout controler, en particulier la liberte d'expression qu'il considere comme menacante.

Le devoir de reserve concerne les fonctionnaires, c'est a dire les employes de l'Etat. Les professeurs, par exemple, ne sont pas censes faire de politique en classe. Mais ce devoir de reserve a deja ete invoque par ce meme gouvernement pour empecher les professeurs de faire greve. C'est une preuve de mauvaise foi de la part d'un gouvernement qui ne supporte aucune critique, et qui souhaite, en bonne dictature, museler tous ses opposants.

Les independants, et parmi eux sont les artistes, gardent une liberte de ton. Mais pour combien de temps ? On connait les ennuis de Stephane Guillon d'avoir ose se moquer de DSK. Ce qui arrive a Marie Ndiaye est symptomatique d'un Etat qui veut tout reglementer, et ose pretendre que le Laureat ou la Laureate du Prix Goncourt a un devoir de reserve ! Comme si l'Etat avait la main mise sur le Prix Goncourt, autant qu'il essaie d'avoir la main mise sur la presse et la television.

Restons vigilants. Protegeons la liberte d'expression.
Je sais moi que j'ai perdu quelque part mon plaisir d'être français; je vis en Allemagne depuis quelques temps déjà; lorsque je m'y suis installé on sentais quelques part chez les allemands comme une sorte de jalousie; je ne m'intéresse pas au foot, mais je me souviens de cette coupe du monde de Séville où notre équipe mélangée vaincue par les Allemands avaient gagné haut la main la coupe de la sympathie et on nous en parlaient: Ah on les aimait bien nos immigrés de deuxième et troisième génération!
On nous enviait pour nos écoles maternelles, nos hopitaux, notre cohérence de la citoyenneté basée sur le droit du sol alors que les allemands étaient empêtrés dans leur contradictions de la filiation par le sang et de l'existence d'une jeunesse d'origine turque scolarisée et maîtrisant la langue et à qui on refusait la citoyenneté.
Beaucoup d'eau a coulé dans le Rhin et sous les ponts de Paris depuis. Les allemands assume paisiblement et sans arrogance la réunification.
Nous sommes toujours malade de notre indigestion d'Avril 2002. Peut-être y t-il quelque chose de plus vicieux, de plus sournois, qui fait, on le sent bien, que nous ne nous reconnaissons plus nous mêmes; les vieilles chimères remontent en surface comme des boules puantes, on entend parler du rôle traditionnel de la femme, des bien faits du colonialisme , des vertus du travail et pour finir, voilà la censure, ou en tout cas la mise en question de la liberté d'expression. On entend parler d'expulsions, d'avions, de bons et de mauvais arabes, les bons étant ceux qui boivent de la bière et mangent du porc, on apprend que l'occupation nazie n'était pas si terrible que ça et qu'on a beaucoup exagéré sans doute, etc, etc...
Oui vraiment, depuis quelques temps, on se sent mal d'être français!
[quote=Marie Ndiaye]Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ?

Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants – ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort.” Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus.

Ouais !!! Bien dit Madame Ndiaye !

Par principe, je trouve inacceptable que l'on s'enfuie comme ça, parce que la situation n'est pas telle qu'on aimerait qu'elle soit, mais bon ...

On dirait bien que Raoult pense que l'interview aux Inrocks a été faite après que Marie ait reçu le prix Goncourt or, elle a eu lieu bien avant. Alors M. Raoult et son "devoir de réserve" sont ridicules.

Quant à la question qui fait l'objet de ce débat, il me semble que la réponse est définitivement "oui". D'ailleurs ça ne s'applique pas seulement à eux puisqu'elle ajoute "tous ces gens-là".
On peut considérer le propos de Raoult comme une insulte à la démocratie et celui de Mitterrand comme " une réponse de normand".Peut-être ben qu'oui, peut-être ben qu'non.....ça manque de courage,non?
Elle dit une évidence, que certains - saoûlés par le programme de Radio France sur la chute du Mur ont occulté - la vie à Berlin, et en Allemagne en général, est bien plus ouverte et libre qu'en France... On y respire parce que l'on peut dire TOUT ce que l'on pense sans que quelqu'un vienne vous dire à l'oreille "Il ne faut pas dire ça..." comme je l'ai entendu des dizaines de fois à Paris lorsque je suis venue y vivre brièvement en 2000-2002, arrivant de 27 ans passés à Hambourg en toute liberté de choix...

Je suis vite retournée vivre de l'autre côté de la frontière où les citoyens sont citoyens depuis le jardin d'enfants et non considérés comme "immatures" tout d'abord, puis comme des "sujets" ou des "cons" par la suite...

Vivement un mouvement citoyen en France qui remette tout ce miasme à plat... vous ne pouvez pas vous imaginer ce que cela sent le vieux et le renfermé en France...

Ouvrez les fenêtres et exigez donc que la citoyenneté soit prise au sérieux et non considérée de haut par une couche qui se prend pour "l'élite" et le revendique - au mépris de tout ce qui avait été proclamé lors de la sortie des Droits de l'Homme et du citoyen...

La France d'aujourd'hui est à des années lumières de tout cela, enfermée dans son cocon de "l'identité nationale"... il suffit de lire les questions envoyées aux préfets pour le fameux "débat"... voir le Figaro, c'est de la pure manipulation intellectuelle, manipulation énorme d'une population qui ne réagit pas...

Aucune mobilisation citoyenne face à la grande distribution qui plume les Français depuis plus de 30 ans, qui, dociles, vont y pousser leur "caddy" et paient près de 30% plus cher qu'en Allemagne, jour après jour... Pas étonnant que les supermarchés fleurissent à la frontière où les parkings sont pleins de voitures françaises...

Voir la visite de Luc Chatel en 2008 dans un supermarché allemand et français...
http://www.dailymotion.com/video/x5hxae_deplacement-chatel-supermarche-alle_news

J'adore le "Tiens, ici il n'y a pas de "cadeaux"... On peut vraiment leur faire croire n'importe quoi, pas de formation à la citoyenneté qui comprend bien entendu les droits du consommateur...

Et ça fait plus de 30 ans que ça dure...

Au secours...

Enfin merci le prix Goncourt 2009 pour avoir dit des vérités qui dérangent...
F Mitterrand refuse de prendre position. Finalement, il va dans les bordels thaîlandais mais il n'a pas de couilles !
On attend aussi la réaction de Jack Lang qui avait soutenu respectivement Polanski et Frédéric Mitterrand.
La course au Goncourt de bêtise

Comment ne pas saluer pareille prouesse ! Marie NDiaye appelée à un devoir de réserve au prétexte qu'elle a obtenu le prix Goncourt. En une seule phrase, Éric Raoult, député maire UMP de Seine-Saint-Denis, à qui on ne demandait rien et surtout pas un avis autorisé sur la littérature, vient d'aviver une polémique qui laisse subjugué. Mais comment font-ils, ces Hortefeux, Besson and Co. ? Ont-ils des entraînements particuliers, des coaches pour leur apprendre à asséner ces incongruités prudhommesques ? Car il y a du Flaubert là-dedans. Du Pécuchet. Du Sapeur Camember. Du Monsieur Satisfait. Bref, l'admirable contingent de ce qui peut composer la plus admirable sottise mise au service de la scène politique.

Il est vrai que l'excellent M. Éric Raoult, avant d'en arriver là, s'était entraîné. C'est lui qui, voici quelque temps, a approuvé l'expulsion de Tunisie de notre consoeur Florence Bauger au prétexte qu'on ne saurait contrarier le président Ben Ali, dont chacun connaît le goût immodéré pour la tolérance et la démocratie. Le voilà désormais tout en haut des podiums. Au-delà de la petite phrase et de l'énorme stupidité qu'il vient de proférer, nous laissant entre stupeur et fou rire, on en vient à chercher quelle bonde a été enlevée pour déverser hebdomadairement autant d'affirmations insanes.

Un devoir de réserve pour un prix Goncourt ! Mais qu'il est dommage que l'excellent Éric Raoult n'ait pas connu Marcel Proust, qu'il aurait appelé naturellement à un devoir de réserve sur l'exercice de sa sexualité. Ou Henri Béraud, auteur du « Martyre de l'obèse », qui aurait pu se faire taxer de sublimation pondérale. Que n'a-t-il connu Elsa Triolet et « Le premier accroc coûte 200 francs » pour lui reprocher un cynisme sexuel. Hélas, M. Raoult est de toutes les époques, de tous les temps et de tous les régimes, ceux qui amènent des élus à chercher les faveurs et à flatter le plaisir du prince. Marie NDiaye, ce qu'ignore certainement M. Raoult, est une des femmes les plus élégantes, les plus fines, délicates et intelligentes qu'il ait été donné de rencontrer. Elle a dit qu'il y avait quelque chose de monstrueux dans ce pays. Elle ne le savait pas à ce point mais elle avait entièrement raison. M. Raoult est monstrueux. Monstrueux de bêtise, à défaut d'avoir sous la main un propos plus adéquat.

Auteur : y.harte@sudouest.com


http://www.sudouest.com/accueil/actualite/opinions/article/766671/mil/5349773.html
Il est "amusant" de constater que régulièrement nos dirigeants cherchent à repousser les limites de nos libertés individuelles en inventant des devoirs qui n'existent pas. C'est peut-être génétique chez la droite actuellement au pouvoir, allez savoir.

Quoiqu'il en soit, la notion de devoir n'est définie nulle part et n'existe que sous la forme d'une obligation des autres à reconnaitre le droit d'un individu.

La Constitution, les déclarations de droits des hommes ne consacrent que des droits. Un droit, surtout s'il est universel, n'impose comme devoir que son respect absolu par les autres membres de la communauté dans laquelle l'individu doit pleinement et librement s'épanouir. Les limites de cette liberté sont celles de la Loi.

Le "devoir de réserve" n'existe donc pas, ni pour les fonctionnaires ni pour personne d'autre.

Liés par un contrat de travail, nous sommes soumis à une obligation de loyauté.
Dans l'exercice professionnel, des secrets inamovibles existent bel et bien tels que le secret médical, le secret professionnel des avocats, etc. mais il s'agit pour principe de protéger les droits des personnes concernées.
Dans certains cas particuliers comme les militaires, il peut s'agir du "secret défense" (utilisé parfois abusivement, certes). Les militaires sont aussi soumis à des restrictions de leur liberté d'expression, contrairement aux fonctionnaires publics.

D'où vient donc cet abus de langage que serait le "devoir de réserve" ?

À l'origine et il est défini comme tel, il s'agit du droit de réserve. Ce droit intervient dans la loi après le rappel à la liberté d'expression. Ce droit, comme tous les droits, a été érigé pour protéger (le fonctionnaire de son administration) et non pour l'obliger. Si le fonctionnaire est soumis à l'obligation de loyauté envers son employeur (l'État), ce droit de réserve lui permet ne de pas lui être assimilé. Un fonctionnaire n'est ainsi pas responsable des agissements de son administration ou de son employeur et il ne peut être obligé à s'en solidariser ou à donner son avis. S'il existe communément des "obligations de réserve", elles ne concernent que certains statuts particuliers et sont bien distinctes du secret auxquels ces statuts soumettent.

Le "devoir de réserve" est donc une construction intellectuelle qui n'a d'autre sens que disciplinaire. De surcroit, la jurisprudence le traite proportionnellement à la position hiérarchique du fonctionnaire, ce qui rapproche bien plus de l'obligation de loyauté que d'un quelconque "devoir".

Éric RAOULT procède ainsi à un retournement de sens révélateur. Il transforme un droit en un devoir et oppose le Droit à la Morale en oubliant que nul ne peut être inquiété pour ses propres valeurs ou opinions. C'est ainsi que la Loi, par exemple, ne condamne pas le raciste mais punit l'incitation à la haine raciale ou l'injure. Nous disposons tous d'un droit imprescriptible à nos opinions, idées, principes, valeurs et ne pouvons être condamnés que pour un agissement interdit par la Loi. Pas pour l'avoir pensé.

Éric RAOULT compris. En l'espèce, en quoi ce dernier est-il condamnable ? En rien. Invoquer un devoir inexistant c'est se placer dans un cadre moral et non juridique. En tant qu'élu, pour comble législateur, c'est une faute politique car il invoque un devoir inexistant mais c'est surtout révélateur de la place qu'il attribue à un droit humain imprescriptible, la liberté d'expression : soumise au pouvoir exécutif.

Sa question à l'Assemblée nationale

A-t-il commis une énorme bévue ? Ce qui commence tout de même à faire beaucoup de la part de la droite actuelle ces dernières semaines...

Serait-ce un nouveau cheval de Troie ?

Et le ministre éponyme de l' "affaire" dont il n'a pas encore fini de se dépêtrer qui ne répond pas...

Les "couleurs littéraires de la France" (dixit RAOULT) devront-elles êtres conformes à ce qu'il résultera du grand débat sur l'identité nationale ?

Je ne sais pas si la France et ses ministres sont monstrueux. Mais en tout cas, on ne pourra pas en dire que l'ambiance y est à la tendance libertaire.

Trois jours après l'unanime commémoration de la chute du mur de Berlin et la réécriture de l'Histoire, ça en jette, non ? Pas sûr que l'inénarrable Frédéric Lefebvre fasse le parallèle sur ce coup là. Quoique... Avec la RDA ?
http://www.dailymotion.com/video/x2w320_les-cons-ca-ose-tout_shortfilms
Ben alors Eric, on n'a pas pris sa ritaline?

Grotesque cette histoire! On aurait aimé que le président, chérissant la liberté d'expression, prenne position en sa faveur!

Mitterand est minable…
"[...]au ministère de la Culture "on" est agacé, par cette lettre transmise par Raoult aux médias avant d'avoir été reçue par le ministre, et par l'interpellation de Ndiaye, qui risque d'obliger Mitterrand à prendre position publiquement."

Heuuuu, c'est pas un peu le role d'un ministre que de s'exprimer publiquement ?

D'autant que Mitterrand, a ete plutot tres prompt jusque la, a prendre position : il le fait quand il ne faut pas et de maniere a mettre son gouvernement en position d'instabilite, et, lorsqu'il devrait s'exprimer, il ne le fait pas....

Quel ministre !!

Mais bon, il a quand meme tout de suite felicite le copain Beigbeder par sms, apparement : Marie Ndiaye devrait se promener un peu plus a St Germain quand elle est a Paris, se blanchir la peau et se poudrer les narines : elle recevrait certainement plus rapidement une reaction de la part du ministre de la culture.
Merci Gilles, notamment pour avoir précisé la chronologie des interventions.

Pas très étonnant de la part de Raoult quand on connaît ses antécédents.
Et tout à fait dans la droite ligne des aboyeurs professionnels de l'Elysée.
Mais voilà, encore une pique liberticide, pour voir comment on réagit, et nul doute que tout ça ressortira dans un an, sous la forme d'une proposition de loi, d'un amendement.
C'est la manière de faire, pas de raison de la changer apparemment.

Et Mitterrand, que fait-il, là, y'a un [s]rappeur[/s] artiste important à défendre, non ?

Curieux de voir aussi ce que ça va donner, le soudain besoin de droit à l'oubli numérique, que défend maintenant NKM.

Sinon, vous avez remarqué dans cette interview (effectivement bien montée) comme Elkabbach n'arrive même pas à dire le nom de [s]Voldemort[/s] Sarkozy ? On a l'impression qu'il va se brûler la bouche à évoquer Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom...
Eric Raoult s'est visiblement trompé de siècle. Comme l'a dit Eric Naullau dans l'émission "L'edition spéciale" de Canal+, exiger un droit de réserve pour un écrivain relève des pires dictatures communistes.

A la vue de cette polèmique, il est de plus en plus évident que Marie NDiaye a bien fait de s'installer à Berlin. Cette France est vraiment rance.
"On n'emprisonne pas Voltaire"

Il me semble que ce débat est une tempête dans un verre d'eau et un débat bien balisé.Il est classique que les intellectuels critiquent le pouvoir , et ses dérives , et il est classique que des hommes politiques de droite ,par démagogie ,critiquent ces "intellectuels privilègiés " qui critiquent la France.Dans les années 1960 ,de nombreux écrivains critiquaient De Gaulle. Pour les plus jeunes , rappelons la phrase célèbre (peut- être apocryphe )de De Gaulle lorsqu'il fut question d'arrêter Jean-Paul Sartre au moment de la guerre d'Algérie :"On n'emprisonne pas Voltaire" . Marie N'Diaye a sans doute eu tort de tenir des propos aussi excessifs qui l'empèchent d'user de son influence d'écrivain pour dénoncer la politique d'immigration de Sarkozy et de Besson.Mais Eric Raoult ne s'honore pas en enfourchant le cheval du populisme.De toute façon ,on ne saurait priver les écrivains de leur pouvoir et mission critique.Sinon à quoi bon écrire ?
Dans leurs commentaires sur cette affaire, des journalistes ont comparé la réserve qu'Éric Raoult exige de la part des écrivains au "devoir de réserve" des fonctionnaires.

Vieille légende : le devoir de réserve n'existe pas.
Ouah le courage du ministre de la culture !
Il répond qu'il ne veut pas répondre.
Le même Eric Raout s'en est pris à la correspondante du Monde expulsée de Tunisie,en tant que grand admirateur de la démocratie,je suppose.....On comprend qu'on puisse se sentir mal dans notre beau?pays.
ha tiens on est en dictature? ils pourraient nous tenir au courant...
Un élu du peuple devraient être immédiatement sanctionné pour avoir tenu de tels propos nauséabonds, on attend de voir ce que va osé dire le défenseur des artistes bafoués du gouvernement.

Ce "rigolo" a aussi déclaré rapport à l'adoption par les homosexuels que "dès qu'il y a un enfant,il faut un papa et une maman", à l'unisson de ses homologues Vanneste et Le Pen, un grand comique donc.
voilà pour nous et en direct comment un frédéric mitterand va se kouchneriser, c'est-à-dire passer d'un statut de personne plutôt franche et directe à la nouvelle carpette sarkozyste......
toutes ces heures à peaufiner un discours qui va devoir défendre le statut de l'écrivaine et de sa liberté d'expression comme citoyenne pour ne pas donner l'impression de se renier totalement, tout en ménageant la chèvre élyséenne qui lui offre les ors de la république !!
une kouchnérisation en live ! hourrah......
.... et beurkk !!
ça faisait un moment que notre bon Eric n'avait pas décollé, ça lui manquait l'air vivifiant de l'altitude. Et puis, comme le disent Nonosse et Jrem, il était un peu jaloux de voir planer les copains Morano et Lefebvre depuis si longtemps sans qu'on le remarque, lui qui a trouvé de ses beaux ascendants par le passé.
Ces gens ont pour profession de nous rassurer : la politique n'est pas réservée aux gens intelligents...
Cette fois on approche du fond de l'abjection !

Et avec cet abruti total de Raoult dont le QI est largement inférieur à celui d'un oursin violet Breton !

C'est un comble, toutes les chiures de mouches vaguement apparentées à la droite vont elles proposer, chacunes à leur tour des lois toujours plus liberticide, histoire de se faire mousser une misérable seconde du fond de leur absolu néant...

C'est pour quand [large]Fahrenheit 451[/large] [large]?[/large]

***
Marrant, idem pour ma copine qui regrette son pays d'origine (la France), mais qui est effaré de voir la pente vertigineuse sur laquelle s'est engagée la France depuis l'élection de ce trou de cul de Sarko (ben ouais, je suis belge, j'en ai un peu rien à foutre de Morano et sa clique qui terrorisent les internautes). C'est vraiment, je l'espère, une mauvaise passe pour ce pays extraordinaire que fut la France. Quelle insulte les français ont jeté en élisant ce plouc à leurs ancêtres ou en allant pas voter. Puisse le saint-esprit agir pour que cela ne se reproduise plus jamais. En tout cas, moi je ne refous pas les pieds dans ce pays de facho tant que ce malade ne s'est pas barré (au grand désarroi de mes beaux-parents) .
Ce soir, sur ARTE, on a pu voir une biographie d'Erich Maria Remarque. Cet écrivain a été déchu de sa nationalité allemande par les nazis pour avoir écrit "A l'ouest, rien de nouveau". Avec beaucoup d'à propos, Eric Raoult s'inscrit dans une fameuse lignée en ces temps d'interrogations (gouvernementales) sur l'identité nationale.
Cette fois le ministre de la Culture aura pris le temps de la réflexion pour défendre une artiste, ou alors il a été très discret car je ne l'ai pas entendu. Et au sujet du "devoir de réserve" de l' écrivain la question posée par D.S. hier pour un autre sujet - "faut-il seulement en rire?"- est encore d'actualité.

Et s'il ne faut pas seulement en rire ...que faut-il faire?
Bonjour,
Au delà de l'ingérence d'un député dans la liberté d'opinion d'un individu, il y a dans cette histoire un problème de chronologie qui m'échappe. D'après ce que je comprend dans l'article, la question écrite d'Eric Raoult date du 10 novembre. Il y questionne les déclarations publiques de Marie Ndiaye, lauréate du prix Goncourt le 2 novembre si j'en crois le site de l'académie Goncourt. Mais d'après l'article, l'interview en question a eu lieu le 30 aout 2009. Comment peut on invoquer un quelconque "devoir de réserve" pour une personne qui n'y serait pas encore soumise ? C'est tellement absurde (je veux dire, au delà ce l'absurdité du fonds de l'affaire) que j'ai forcément raté un épisode. Help me please.
Bravo à Éric Raoult qui vient de doubler les ventes du livre de Madame Ndiaye tout en lui offrant une tribune en or pour exprimer tout haut ce que nous sommes beaucoup à penser tout bas.

Une telle habileté politique, ça mérite bien un prix ! A défaut du Goncourt (parce que faut quand même pas déconner), je propose de décerner à Éric le Prix Nadine Morano (pour sa classe naturelle) et le Prix Frédéric Lefebvre (pour sa subtilité).
Pour info voici la réaction à chaud de l'écrivain Jean-Yves Cendrey (l’époux de Marie Ndiaye) lorsqu’il a appris l’intervention de Raoult, peu avant l’émission de Kathleen Evin à l’occasion du déplacement de Radio France à Berlin lundi dernier : Extrait audio.
Cette histoire est hallucinante.
C'est bien plus qu'un "dérapage". C'est plus grave que les blagues d'Hortefeux, les colloques de Besson, les EPAD de Jeannot ou les Rollex.
Cette histoire constitue pour moi une des plus spectaculaires dérives du pouvoir en place depuis deux ans et demi. Qui n'en manque pourtant pas.
Mais rarement la tentation totalitaire ne se sera exprimée avec autant de décomplexion.
Le Goncourt n'étant pas financé par des deniers publics, il n'y a aucune raison que les &crivains primés soient en phase avec la politique officielle de l'état , et le Ministre de la Culture n'a pas à donner son avis ; mais RAOULT se croit surement dans un Etat dictaturial , pour vouloir imposer cette bienseance.
Et , alors que j'étais pour l'acceptation de subventions publiques , je comprend et j'approuve tout à fait la décision de @si de ne pas entrer dans un système qui peut obliger à accepter ce type de contrainte.
Besson nous demande "qu'est-ce qu'être français ?" ... Jusqu'ici la question me semblait difficile, complexe, et y répondre inutile. Après cette énième boulette du sieur Raoult, j'ai au moins une réponse possible, désormais :

"Qu'est-ce qu'être français ?"
- C'est faire en sorte de ne jamais ressembler de près ou de loin à des types comme Eric Raoult !

PS : si vous lisez "Trois femmes puissantes", vous comprendrez, dans la dernière partie, et tout particulièrement dans les toutes dernières pages, pourquoi une écrivain telle que Marie NDiaye peut associer les noms de Besson et Hortefeux au vocable "monstrueux".
Eric Raoult ferait mieux de lire des livres plutôt que de vouloir faire taire ceux qui les écrivent !
Que les Politiques ne s'interessent pas à la littérature, je peux comprendre mais dire à un écrivain qu'il n'a pas à s'occuper de politique est une stupidité sans nom.

Etre ecrivain ne veut évidemment pas dire qu'on est obligatoirement un démocrate. Flaubert etait un anti-Communard de la pire espèce et un grand ecrivain de littérature, Voltaire a écrit des pages indignes et Shakespeare n'etait pas loin d'etre antisémite.Lire : [http://www.pensezbibi.com/livres-de-lecture-poesie/cousin-singe-et-cousin-ange-1562]

Un devoir de réserve ? René Char s'en retournerait dans sa tombe...

Que Raoult intervienne pour dire son désaccord avec la position politique de Marie N'Diaye ne me choque pas mais que ce fieffé Versaillais la conteste au nom de je ne sais quel droit de reserve d'ecrivain, ça fait froid dans le dos.
A quand les AutodaFé ?

BiBi (http://www.pensezbibi.com)
C'est incroyable que ce gros crétin de Raoult se permet de dire des chose
aussi extrémistes ! Ca veux vraiment dire qu'il est en confiance avec une forme
de néo facisme flotant dans l'air du temps ! Museler des écrivains et puis quoi
encore un nouveau Drancy pour les artistes demain ???
Je suis révolté par cette facisation rampante mais tenace et bien réelle et de plus
en plus oppressante . Vivement qu'on renverse ce pouvoir qui est de plus en plus
moqué de part le monde (je fais référence au très bons articles de Gilles Klein sur
la presse internationale) !
De là à ce que lébienpensants de l'UMP, Raoult en tête déclare qu'elle n'est plus digne d'être française y'a pas loin !
Va-t-on aussi brûler son livre en place publique ??
Etant donné cette poussée de nationalisme anachronique qui s'exprime à travers legrandébat initié par Besson, il y en a certainement qui serait prêts à le faire. En tout cas on ne peut pas lui reprocher d'avoir émigré en Allemagne car tout ce passe comme ceux qui n'ont pas voter pour le Suprême le pressentait et ça fait mal...
Et comme certains l'avait prédit le grandébat dérive sur l'immigration.
Voici la circulaire de Besson adressée aux préfectures et en annexe le questionnaire pour "guider" le débat :
Circulaire IMIK0900089C du 02 novembre 2009 relative l’organisation du grand débat sur l’identité nationale
Annexe à la circulaire IMIK0900089C du 02 novembre 2009 Guide pour la conduite des débats locaux - Grand débat sur l’identité nationale
En réponse quelques réflexions d'un anthropologue Marcel Detienne qui s'interroge sur les usages de l'identité nationale, et ses dangers.
Marcel Detienne – 1. Comment être français (Mediapart)
Marcel Detienne – 2. Sur l'identité nationale (Mediapart)
Je suis heureuse de trouver une chronique sur ce sujet , et ce , après avoir lu avec bonheur l 'annonce du refus de subventions pour le fonctionnement du site .

Le règne de la bêtise ! Nous n'en serons décidément pas les sujets soumis !

Un devoir de réserve pour les écrivains ...
not'maître a piqué une crise et le larbin est monté au front .
La phrase de Pivot se termine par "dans une démocratie", "qui n'existera jamais dans une démocratie", ... mais que des gens comme Raoult s'autorise de le sortir en dit assez long sur cette conception de la France, une identité nationale où il faut "fermer sa g....".

http://anthropia.blogg.org
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