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Marcus et Corinne, les séquestrés de Molex

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"Les Molex assignent leur direction au tribunal."

Méprisant ("Il y a un décalage entre le professionnalisme avec lequel est gérée la communication, et le niveau intellectuel de certains salariés"), maître-chanteur (il menace de porter plainte au pénal pour ses 26 h de séquestration), menteur et dissimilateur (les documents tronqués présentés à son CE) : Marcus, un patron sans scrupules, conforme, bon petit soldat d'un système destructeur.
Je réponds ici à Gironflons.
Vous parlez d'"explications" ou de "de donner des intentions à quelqu'un qui n'en a peut-être pas". A mon humble avis, ce n'est pas la bonne manière de lire ces chroniques, qui il est vrai, peuvent dérouter ou peut-être prêter à confusion. AK parle d'"explorer les résonnances", ce qui est plus large que de proposer un simple cadre explicatif.
La peinture d'Hopper n'"explique" pas la photographie du patron séquestré. Le photographe n'a sans doute pas Hopper en tête quand il cadre sa photo, pas plus que le directeur de publication qui la choisit. Quant au public, n'en parlons pas, une grande partie ne connait sans doute pas l'existence de ce peintre. Mais ces similitudes révélées par AK ne doivent rien au hasard: Nous vivons dans la même culture, nous partageons donc une multitude d'habitudes, de codes, d'usages... appelez celà comme vous voudrez.
Et la composition des images n'y échappe pas, au même titre que nos modes vestimentaires, culinaires, de discours etc.
L'idée sous-jacente, que je soupçonne pas mal de lecteurs de mal comprendre, et que les images, derrière leur apparence "objective", ne sont pas des créations ex nihilo, mais des constructions qui renvoient les unes aux autres selon des procédés transmis, bref, par la culture ( d'ou l'idée du continuum ).
C'est ce réseau de filiation que tente AK de remonter, un peu comme un généalogiste. Elles peuvent parfois révéler des stéréotypes ( les affiches de cinéma ), des citations explicites, des influences plus ou moins diffuses, ou des simples similarités. Evidemment, ces dernières sont les plus délicates à traiter et peuvent sembler des rapprochements hasardeux (foireux ?).
Je vous suggère de lire ces chroniques de façon décontractée, comme un pretexte à voyager dans un réseau d'influences plus ou moins obscure, dont le principal objet et de comprendre comment les images sont construites.
Après, à vous de faire de tri. ( AK n'est pas un gourou ).
Et libre à vous de proposer d'autres interpretations dans ce forum si ça vous chante.
TCHD : Ça vous dirait un poste d'imprésario de moi ? Ou d'attaché de presse, si vous préférez. (Bon évidemment, votre salaire serait constitué d'amicales tapes dans le dos, avec une méga-tape tous les 31 décembre, en guise de prime de fin d'année.)
Imprésario ? je prends ça comme un compliment, ou une validation, mais il faudrait d'abord que je soigne mon orthographe: il y a quelques boulettes dans ce texte dont je ne suis pas très fier. Et puis, pour les tapes dans le dos, j'ai ce qu'il faut à la maison et même au bureau ( grrr ).
Et puis, vous savez, il peut m'arriver d'être cruel aussi ( Les lecteurs attentifs de ces forums comprendront ).
A TOUS : Je dois avouer que vos arguments font sensiblement évoluer ma position. Si je comprends bien, il s'agit donc parfois de références involontaires, inconscientes mais bien réelles. Je suis plus enclin à adhérer à cette théorie.

Pour ce qui est de la vidéo, en revanche, j'ai du mal (et ce n'est pas de la mauvaise foi, je vous l'assure). Comme dit Alain, je voudrais bien en savoir plus sur les conditions de réalisation.

En tout cas, merci à tous ceux qui ont pris la peine de me répondre pour tenter de me faire comprendre quelque chose qui me dépasse.
je comprends parfaitement ce que vous ressentez, Gironflons, j'ai titillé m'sieur Korkos pendant un nombre incalculable de chroniques pour avoir la clé magique qui me permettrait de saisir les connexions qui guident les neurones de son cerveau, sans résultat ;

et puis je me suis dit que j'allais arrêter de chercher ses connexions à lui et que j'allais tout simplement y faire les miennes de connexion avec le matériau proposé (particulièrement riche pour moi) étant donné que chacun effectivement a, au bout du compte, ses propres associations ! (perso c'est le coup de la cruche qui m'a scotchée !! j'me comprends ! -:))

je suis nulle en peinture..... mais j'adore la peinture.... et surtout j'adore en parler.....-:)

vous parliez de "tirer par les cheveux", à ce sujet, et si je ne me trompe, Alain Korkos n'a rien contre le "capillotractage" dans ses chroniques .... d'ailleurs c'est par chez lui que j'ai appris ce mot...... -:)

ses chroniques, pour moi, c'est un peu comme pour l'art, chacun prends ce qu'il a envie d'y prendre... ou pas....
..... en ce qui me concerne j'ai choisi de m'y cultiver sans plus me poser le problème de la "vérité" du tableau, du peintre ou de l'auteur de la chronique.....
et surtout, je n'y ai jamais ressenti aucune volonté de vouloir imposer quoi que ce soit et ça, ça me va parfaitement !!
GIRONFLONS : il s'agit donc parfois de références involontaires, inconscientes mais bien réelles.
Je l'ai déjà dit plusieurs fois, les références sont parfois volontaires, et parfois pas. Dans la pub sur la bière Amsterdam dont j'avais parlé par ici, par exemple, il me semble évident que la référence l'est.
Dans cette une de Libé, en revanche, c'est moins certain et il faudrait interroger le directeur artistique pour savoir ce qu'il avait en tête, car la démarche qui l'a amené à composer cette une et l'autre dans je cause dans la même chronique est peut-être inconsciente (quoique j'en doute).
Dans la dernière chronique en date, que c'est moi qui capillotracte avec ardeur. Je l'ai d'ailleurs expressément signalé : « on n'insistera pas trop sur les différences que peuvent présenter ces deux images car à vrai dire, celle de Marcus et Corinne séquestrés de Molex n'est qu'un prétexte, l'occasion de causer de deux peintures de bureaux d'Edward Hopper ».
Et dans la prochaine (en ligne samedi prochain !) où je parlerai d'une publicité, vous verrez que les concepteurs peuvent à la fois s'inspirer consciemment et inconsciemment. La preuve apportée sera, je l'espère, irréfutable.

Quant à mes neurones (je réponds là à COMPUNET qui me croit extraterrestre), ils fonctionnent normalement ; mes yeux croisent une image, parfois ça fait tilt ! immédiatement, et ça peut donner matière à une chronique. Mais le plus souvent, ça fait bloong ! et il ne se passe rien. Je ne me creuse jamais la tête pour savoir si je peux rapprocher une image d'une autre. Ça vient tout seul ou ça ne vient pas. C'est pas plus compliqué que ça :-)
(Pour le coup, c'est de faire passer l'ignorance originelle des artistes (des maîtres) pour la norme et non pour l'exception qui me paraîtrait tiré par les cheveux. Bref.)

Lu cet après-midi un texte (qui sera la base d'une dissertation, en cours de Poésies et poétiques contemporaines, ahem) du poète Claude Esteban sur le tableau (déjà présenté par Alain Korkos dans le cadre de l'étude d'une pub gouvernementale) Western Motel de Hopper.

Esteban parle de la précision insupportable de Hopper à l'oeuvre dans ce tableau, de l'accumulation cruelle des détails comme autant de signes dénués de sens, de l'absence de vie, et conclut : "Tout est terrible".

Interrogée, dans le cadre d'une émission de Métropolis, sur les références picturales de son film Home, la réalisatrice franco-suisse Ursula Meier avait parlé de Hopper, et de cette même sensation d'étouffement, d'aliénation latente. D'ailleurs, dans son film, Isabelle Huppert joue précisément une femme qui habite sa folie, retranchée dans une maison menacée de toutes parts par l'irruption des autres, de la vie, dans son immobilité matricielle.

Voilà, quelques réflexions amassées au fil du temps, un tantinet obsédantes, dont le souvenir m'est permis par le travail de butineur d'Alain Korkos : sa lecture picturale et poétique du monde a résonné en moi assez singulièrement pour que je sois maintenant attentive à des échos autres que littéraires ; à l'écoute des images...
Ben non. Ce n'est pas parce qu'il explique ce qu'il veut montrer que ce qu'il montre est clair.
Bon allez, je romps la béatitude ambiante.

Je n'accroche pas aux chroniques d'Alain Korkos. Je ne comprends pas où l'auteur veut en venir, je n'en peux plus des rapprochemens foireux entre une photo d'actu et un tableau de De Vinci ou n'importe quel autre maître. J'ai l'impression d'un plaquage de connaissances sur des tableaux sortis d'on-ne-sait-où et j'ai surtout l'impression de me trouver devant un prof de fac obsédé par les références judéo-chrétiennes.

Pourtant, y'a pas à dire, c'est bien mené, c'est cultivé. Je ne lui en veux pas personnellement et j'ai presque honte de dire tout ça quand je vois tous les hommages qui sont rendus à Alain sur le forum. Peut-être suis-trop limité intellectuellement pour tout comprendre... Mais je n'ai pas le sentiment d'apprendre grand-chose qui pourra me servir.

Trop tiré par les cheveux.

Désolé...
Enfin, quand même... Monsieur Korkos, vous exagérez !
Vous faites abstraction du premier mai, vous vous moquez du week-end-bien-mérité par-la-France-qui-se-lève-tôt-(pour-rien-vu-qu'-y-a-plus-que-la-crise)-sans-rolex pour quoi ? Pour nous parler de boulot, via l'art !
Ce dimanche-soir, cela me flanque le caf'art !
Odeur de toner, de papier machine, de café en gobelet, de singe que l'on mettrait bien en boîte...

Faites-nous voyager M'sieur !
Si on est viré de Molex à 50 ans on a raté sa vie aussi ?

Il me semble que c'est bien pire que de ne pas avoir de Rolex,

De toute façon des Rolex on n'en veut surtout pas,

C'est d'une vulgarité incroyable...

***
Je me demande ce qu'Hopper aurait pensé de cela
POISSON : Élue gagnante du concours incessant de jeu de mot pourri !

Ah ! Mais ! Allô les studios !

ULYSSE : Coiffe Poisson sur le poteau et lui arrache la victoire avec les dents !

A part ça, les jeunes filles de Hopper ne le sont pas vraiment puisqu'en réalité, c'est son épouse Josephine (alias Jo) qui a posé pour représenter toutes les femmes qui apparaissent dans ses peinturlures, qu'elles soient belles ou moches.
COMPUNET : « on vient également de me proposer Room in New York en privé... »
Et moi je vous propose de relire ma chronique. J'y parle de plusieurs tableaux, dont celui-ci :-)

SLEEPLESS : C'est vrai que les personnages de Hopper paraissent faits de pâte à modeler. C'est vrai aussi qu'on n'est pas dans l'hyperréalisme, qui de toute façon fut inventé dans les années 70 (Hopper est mort en 67). Il n'y a qu'à observer la très fine couche de peinture, qui souvent laisse apparaître le grain de la toile (quand ils utilisent de la barbouille, les hyper, eux, recouvrent de manière épaisse et lisse) ; il n'y a qu'à observer, également, les verticales de Hopper qui souvent penchent du côté où elles vont tomber. L'obsession d'un rendu photographique n'existe pas chez lui. Même s'il a été fortement influencé par le cinéma. Hopper n'est pas hyper (ah ah ah).
Cela dit, l'un des plus grand peintres hyper, Richard Estes, le cite comme influence déterminante.
Si à l'époque il n'y avait pas de métro aérien à Delft, il y a maintenant le train qui traverse la ville et de façon relativement aérienne quand on arrive de La Haye.
Et quand on voit l'architecture ici, l'Amérique n'est pas loin...

SI jamais vous passez dans le coin pour voir le Rijkmuseum à Amsterdam ou la Mauritshuis à La Haye, faites moi signe.

Vriendelijken groeten
A. KORKOS : "« les mises en scène ne seraient en fait qu'une tentative désespérée d'entrer en contact avec l'autre, les autres ??? » C'est une chose à peu près avérée dans une grande partie de la barbouille néerlandaise qui parle souvent de drague (c'était l'un des sujets picturaux favoris des bourgeois), et on pourrait sûrement passer pas mal de peinturlures du XXème siècle à la moulinette de ce concept. C'est une ide à creuser."

la "peinturlure" du XXème siècle à la moulinette de ce concept ?? alors là je vous mets au défi !! zêtes fort en peinturlure mais tout'd'même pfff

pour le XXème siècle faudrait, avant tout, pouvoir distinguer les personnes de leurs accessoires non mais !!

et j'en veux pour preuve celle-ci au titre pourtant parfaitement explicite :
Idylle atomique et uranique mélancolique

plus dur encore.......

pour d'autres, je vous l'accorde en y mettant un peu du sien on peut y reconnaître les prémices d'un nouvel amour... quoique....reste que ce déjeuner là est magnifique...

-:)
RÉPONSES EN VRAC DU SAMEDI SOIR


DELPHES : Le Retour de Marcus Sextus, de Guérin, j'adore (j'aime bien les toiles de Guérin en général, l'art un peu pompier a ses charmes).
« nous avons le droit à notre hollandais favori dans toutes les chroniques. » Je dois avouer que mes peintres européens préférés sont pour une bonne part néerlandais, flamands ou allemands : Vermeer, Rembrandt, Van Eyck, Memling, Van der Weyden, Dürer, Holbein, etc.

PAMÉLA : « Pour Vermeer, le titre est incomplet, il s’agit de "La leçon de musique interrompue". » Mouais, sauf que les toiles de Vermeer n'ont pas de titre. Et donc, les historiens leur en ont donné au petit bonheur la chance. Cette peinturlure, on aurait pu aussi bien l'intituler Regarde chérie, ya une faute de frappe dans la partition, au prix que je l'ai payée ils exagèrent.
A part ça, ma faute de frappe à moi-personnellement-je a été corrigée.

OBLIVION : Les ouvrages en cheveux, franchement c'est pas mon truc, ça me fait un peut penser à l'expo Our Body : « Ramenez un souvenir de l'expo, un vrai bracelet en vrais cheveux du Chinois sans peau qui fait du vélo. » Mais le gars qui en parle évoque aussi les tresses africaines, sujet qui m'intéresse grandement. D'ailleurs, si quelqu'un a des infos de première main sur le sujet, je suis preneur (ainsi qu'au sujet des foulards de tête en Afrique francophone).

POISSON : « Quel silence dans la peinture de Vermeer! Dans celle de Hopper aussi (…) Ça échappe aux peintres ou pas? »
Pour ma part, j'ai toujours pensé que les meilleurs illustrateurs du silence étaient Vermeer, Hopper, Magritte et Morandi.
Mais il y en a d'autres, comme il y en a qui illustrent le bruit et la fureur ou les saveurs et la sensation tactile (Chardin). M'est avis que la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher et le goût participent à notre perception de la peinture. Et le peintre y est pour quelque chose, ça fait bien partie de ses intentions. Certains préfèrent privilégier un sens ou deux parmi les cinq, c'est une affaire de sensibilité, mais je tiens pour acquis que souvent, une peinturlure n'est pas seulement une chose à voir.

COMPUNET : « les mises en scène ne seraient en fait qu'une tentative désespérée d'entrer en contact avec l'autre, les autres ??? » C'est une chose à peu près avérée dans une grande partie de la barbouille néerlandaise qui parle souvent de drague (c'était l'un des sujets picturaux favoris des bourgeois), et on pourrait sûrement passer pas mal de peinturlures du XXème siècle à la moulinette de ce concept. C'est une ide à creuser.

WATSON
: « Je crois me souvenir que Baudelaire parlait "d’extraire l’éternel du transitoire" ». Ah ! j'ai lu cette phrase aujourd'hui même à propos de Toulouse-Lautrec ou d'Henri Rivière, je ne sais plus. Il faudra que je recherche…
« Je propose de finir sur un autre noir, auquel a peut-être participé une maison peinte par Hopper – ou qui du moins n’est pas sans l’évoquer - dans un certain film d’Hitchcock… » Inutile de parler au conditionnel, Hitchcock a clairement dit qu'il s'était inspiré de cette maison au bord de la voie ferrée.

BALTHAZ
: En cliquant sur le lien vers l'Obs signalé en début de chronique, ont avait aussi droit à l'intervioue de ce sémillant Marcus, qui l'avait en fait accordée au Parisien. (A quoi ça sert que j'fasse des liens si presque personne il clique dessus, hein ? D'ailleurs on a les noms de ceux qui cliquent pas.)

CYRIL F. : Non non, je ne me suis pas trompé, les deux tableaux ont des murs plus ou moins jaunes (plutôt ocres chez Vermeer). Ce qui les oppose est ailleurs, dans l'attitude des personnages. Mais il est vrai que le vert est aussi une dominante de Office at Night.
Pour visiter les canaux de Delft, la vedette Canal Hopper ;-)
M. K, n'y a-t-il pas une erreur de frappe lorsque vous comparez le toile de Vermeer Gentilhomme et dame buvant du vin et celle de Hopper Office at Night: Vous dites à propos de celle de Vermeer: ...un pièce à dominante jaune... et à propos de celle de Hopper: ... Hopper traite de le sujet de manière inverse: un pièce à dominante jaune... Ne serait-ce pas plutôt vert ?
A lire l'article du Canard à propos de l'interviouve du patron de molex qui parle du niveau intellectuel des ouvriers forcément manipulés de l'extérieur : voilà un patron qui sait reconnaitre un bon nèg' d'un mauvais : à sa façon de parler.
Excellente chronique, comme toujours.
La dernière photo de Marcus et Corinne est à rapprocher d'une séquence du film "Pas de printemps pour Marnie " d'Alfred Hitchcock
L'homme est debout et la secrétaire est assise.
Ah M.Korkos… Seul un personnage comme vous, baignant constamment dans les images, investi de culture visuelle, était capable de nous faire surgir d’un bureau de la société Molex Automotive, une peinture d’Edward Hopper. Ce rapprochement aurait fait bondir au plafond plus d’un historien d’art, mais l’historien d’art est parfois aveugle au fait plastique. La modernité poétique permet de s’affranchir, dans une certaine mesure, de la chronologie et du poids insurmontable de l’histoire pour la réalisation d’une chronique. Je crois me souvenir que Baudelaire parlait « d’extraire l’éternel du transitoire ».

Entre la chronique de la semaine dernière et celle d’aujourd’hui, nous sommes passés, d’une certaine manière, du noir de La leçon d’anatomie du docteur Tulp par Rembrandt à celui de « La leçon du grand capitalisme du XIX° siècle », avec Le comptoir des cotons à la Nouvelle-Orléans par Degas. Le capitalisme protestant a imposé des morales sociales de la couleur qui se font l’écho des valeurs de la Réforme apparue au XVI° siècle. Dans le vêtement notamment, le noir restait encore ce qu’il y avait de plus sobre et digne pour ces gens d’affaire. Et ce n’est pas par hasard non plus si la Ford T n’était que noire à ses débuts…

Je propose de finir sur un autre noir, auquel a peut-être participé une maison peinte par Hopper – ou qui du moins n’est pas sans l’évoquer - dans un certain film d’Hitchcock…
http://www.easyart.fr/posters/Edward-Hopper/Maison-au-bord-de-la-voie-ferr%E9e-166131.html
"et on n'insistera pas trop sur les différences que peuvent présenter ces deux images car à vrai dire, celle de Marcus et Corinne séquestrés de Molex n'est qu'un prétexte, l'occasion de causer de deux peintures de bureaux d'Edward Hopper. "

c'est exactement ça qui me plait chez vous... les prétextes....
quand je pense qu'au début je vous titillais sur le "fond" et aujourd'hui je suis devenue fan absolue de vos chroniques juste pour le plaisir de "causer de peinturlures" ...miam miam (en référence à votre bonus mais attention à vous : mam' bachelot est rentrée en guerre contre les porcs du monde entier alors montrer de la cochonaille en ce moment vous prenez des risques m'sieur korkos ) !!
-:)

sur les liens avec nos patrons séquestrés, je m'interrogeais déjà sur les Unes de nos journaux quand Pinault s'était fait séquestrer une heure dans un taxi (euhhh une heure dans un taxi, à ce rythme c'est pas l'seul à paris à s'faire séquestrer !!-:)) et que nos journaux n'ont montré comme seule photo de sa séquestration lui et sa bimbo.... ;
ou alors la rencontre au sommet à madrid dont nos journaux ont brillamment relayé les discussions : http://people.plurielles.fr/diaporamas/carla-bruni-vs-letizia-d-espagne-le-choc-du-glamour-4399972-402-RElBX05VTUVSTyAy.html (à noter que la courbe des postérieurs était déjà la même du temps de Hopper "Office at night" ; Hopper - lémédias : même combat !! -:))

bon, rien à voir (pure association d'idées influen[s]za[/s]cée tout de même par le Vermeer "La leçon de musique") mais je mets un lien vers un Renoir parce que j'ai envie de "séquestrations" où toutes les catégories socio-professionnelles se retrouveraient autour d'un bon repas (cochonaille pas encore grippée !!) pour négocier : "Le déjeuner des canotiers" !!

et si l'on suit votre chronique , au moins depuis Vermeer -:) et ce malgré les mêmes courbes dessinées traversant les époques, les mises en scène ne seraient en fait qu'une tentative déséspérée d'entrer en contact avec l'autre, les autres ???
pffff alors peut-être conseiller à Corinne et Shirley de rajouter un verre de vin à côté des dossiers en souffrance......

brrr tout ça pour dire que j'adore ces [s]prétextes[/s] chroniques.....
Le bonus est très drôle.
Le reste... passionnant.
Merci !
Un argument à ajouter, dans le dessin préparatoire de Hopper, il a dessiné un tableau et un homme qui se tourne vers la femme, dans le tableau, il a retiré le tableau, mais a mis l'homme dans la même posture que sur le tableau de Degas, l'intention est donc bien de montrer l'indifférence envers Shirley, moins évidente dans le dessin.

Superbe analyse, Alain, vraiment très forte; Et la relier comme ça à l'actualité, c'est imparable.


http://anthropia.blogg.org
Message 1/5max du 02/04/09.

Petite question, me tenant loin du métro et de la presse cochonne, euh affichant des cochonneries, euh de la cochonnaille, et de la capitale, je découvre cette campagne. Vous dites saucisson subliminal, en fait, il est davantage subliminal dans la campagne pour la presse puisque carrément absent. Dans le métro, on voit très bien qu'elle se tape la rondelle.
Quoi, j'ai dis quelque chose qu'il ne fallait pas ?

Ah oui, vous vouliez dire que la rondelle évoque le bâton de berger effectivement absent de l'image...

En fait, la question que je me pose, c'est pourquoi ils, les annonceurs, n'ont pas osé la même chose auprès de la presse...
Est-ce cette dernière qui a censuré l'image cochonne, préférant la main avec le pouce bien refermé sur le majeur et l'index sur la lèvre...

Ce qui est le plus amusant, c'est que dans un cas, comme dans l'autre, cela ne change rien à ma lecture cochonne.
Comment, c'est moi qui suit alors en cause ?
Ok, j'assume.

:P yG
[quote=La Leçon de musique de Vermeer par Johannes Vermeer, vers 1660]

Euh ..ce n'est pas Vermeer qui donne la leçon, je crois ? ;-)
[quote=On voit par là que la RATP préfère le saucisson subliminal aux pipes illégales.]

Ça, c'est pas une phrase sortie du cerveau d'un "ectoplasme dépourvu de toute libido".

En même temps, l'amour au bureau n'est pas dépourvu de certains risques http://pagesperso-orange.fr/lemomo2/boss.jpg
et certains bureaux ne prêtent pas non plus à l'intimité http://www.planetefacility.com/fileadmin/NL60/playtime.jpg.
Ben oui quoi, depuis la chronique "ceci n'est pas une ...", j'me suis refait toute la filmo du père Tatischeff.
Pour Vermeer, le titre est incomplet, il s’agit de "La leçon de musique interrompue".
J’ai lu quelque part que les notes de musiques de la partition avaient été déchiffrées et qu’il s'agit d'une ronde d'amour.

Plutôt qu’une de leçon de musique, c’est une histoire d’amour entre le professeur et l’élève. Et ils sont interrompus par quelqu’un qui entre dans la pièce.
D’autres indices : le tableau du fonds représente Cupidon (comme dans la toile de la femme debout au virginal ) , et puis la cage à oiseau....

On est loin des peintures froides de Hopper.
D’ailleurs je trouve les comparaisons entre Hopper et Vermeer un peu tirées par les cheveux …;-)
Toujours étonné par l'œil de monsieur K.
Et puis Hopper, ah, Hopper...

Merci monsieur K.
Sublime... et si.... évocateur...;-)
Merci Alain.
Et la mise en page est de plus en plus réussie dans vos chroniques, c'est un vrai régal (et je ne pense pas au saucisson...).
Vous nous mettez les éléments de comparaison avant et après les images, afin que nous les ayons toujours en vue, merci beaucoup !
Et j'adore cette phrase sur le métro aérien de Delft.
Pffff..... J'en veux encore ! Du Korkos tous les jours, pour illuminer nos journées. Et il est 8h du matin, et j'ai déjà eu mon illumination de la journée ;-)

Et je me permettrai de faire un lien hasardeux, et pour ma part, il est vraiment hasardeux, ce qui n'est jamais le cas avec vous.
J'ai lu "Marcus et Corinne, les séquestrés de Molex", et j'ai pensé à un superbe tableau, que j'adore (du coup toute petite déception en remarquant mon erreur, mais la chronique a largement compensé cet état fugace) :
http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=rs_display_res&langue=fr&critere=marcus+sextus&operator=AND&nbToDisplay=5
Le Retour de Marcus Sextus, de Guérin. Bon, forcément, ça nous incitait à être en empathie envers ces patrons séquestrés, exilés, loin des leurs, alors c'est complètemenet stupide.
Mais, bon, on fait les rapprochements qu'on peut ;-)
N'empêche que le patron, il a un nom de Romain ; c'est assez drôle, quand on pense que les Romains sont connus, notamment à l'époque de Guérin, pour leur droiture morale.... !
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