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Male Gaze : l'analyse était presque parfaite

Sur le blog Genre, A.-C. Husson (normalienne, agrégée de lettres modernes et militante féministe) revient, dans un post publié le 15 juillet dernier, sur la notion de male gaze, de regard masculin, tel qu'il fut défini par Laura Mulvey en 1975 dans un article intitulé Visual pleasure and Narrative cinema (Plaisir visuel et cinéma narratif). L'occasion de jeter un oeil sur cette étude et de voir comment une juste constatation peut être réduite en poussière par un raisonnement spécieux et des exemples malvenus.

Derniers commentaires

A la lecture de l'article, et des commentaires, je me permets, quand même :

Avant de faire l'exégèse des scènes érotisantes, sexualisantes ou "objectifiantes" dans le cinéma, avec des pourcentages savants, et de gloser sur les mollets fins d'unetelle, et la poitrine musclée d'untel...

...on en parle du "male gaze" dans le porno ?
Il y a une deuxième partie au "male gaze"
http://antisexisme.net/2014/01/12/lobjectivation-sexuelle-des-femmes-un-puissant-outil-du-patriarcat-le-regard-masculin/

"Ces deux scènes contredisent a posteriori Laura Mulvey qui ne se souvient que des films dans lesquels la femme est objet érotique et l'homme sujet agissant. "
Voir la passionnante et très argumentée conférence ci-dessous. La conférencière parle en fin d'intervention effectivement de l'objectivation des hommes mais démontre qu'elle est de nature différente. Elle montre un homme musclé, fort, digne ce qui est loin de l'être pour les femmes.
http://vimeo.com/73446465
je viens de faire une video du port olympique de Barcelone. A la 4:15 mn, un petit moment comique d'après moi. Une femme ( je crois) se fait prendre en photo avec les bateaux derrière. Elle pourra dire : Regarde c'est moi sur la photo ! "

c'est mon apport au sujet du regard de màle...
Aaaaaaah !!!

Je dois soulever ici l'argument massue du "exemple très mal choisi" concernant un Tramway nommé Désir et Sur le Route de Madison.

Comme d'autres l'ont à juste fait remarquer, Stanley dans un tramway nommé Désir n'est pas filmé par une caméra dirigé par une femme, mais par un homme, et surtout son magnétisme, l'érotisme du personnage proviennent du regard d'écrivain d'un homme homosexuel plus que des personnages féminins... On en trouve d'autres, des personnages de ce types écrits par des auteurs homosexuels ; je pense aux personnages de Garcia Lorca ou de Jean Genet par exemple.

Puisqu'on est sur le male gaze, eh bien analysons mon female gaze sur ce type de personnages - ils sont superbes, ce sont des exemples formidables de la beauté masculine et ils dégagent un érotisme certain, mais je dois dire qu'en termes de désir, ce n'est pas tout à fait ça. Ces corps sublimés dont la personnalité reste tout à fait mystérieuse m'échappent, me restent assez lointains - je préfèrerais une proximité plus grande, une reconnaissance. J'admire ces corps mais je ne les crains pas et ne crains pas mes réactions comme cela pourrait être le cas pour d'autres séducteurs - ce n'est pas moi qu'ils menacent.
Ben tiens, la façon dont je viens de décrire ces corps (masculins) vus par un regard masculin rappelle un peu les critiques de l'objectification des corps des femmes. Faut-il en déduire que le désir masculin tendrait à sexualiser et à objectifier l'objet du désir, tandis que le désir féminin fonctionnerait d'une autre façon (pas forcément mieux d'ailleurs) ? Je crois bien que j'ai déjà lu un truc dans le genre mais je me garderais bien d'affirmer qu'il existe un désir masculin et un désir féminin - ma constatation est purement subjective et empirique.

Fort heureusement, quand on en arrive à Clint Eastwood, les choses sont à la foi plus simple et plus marrantes.
Qui est filmé ? Clint Eastwood. Qui regarde ? Clint Eastwood. Oui, Clint Eastwood est bien en train se filmer érotiquement pour illustrer la pensée d'une femme qui fantasme sur lui.
Savez-vous que dans le premier film que Clint Eastwood a réalisé (un frisson dans la nuit), il est harcelé sexuellement par une femme ?
Quand j'ai vu ce film, j'ai bien rigolé parce que j'avais déjà pu constater que dans les films de Clint Eastwood, aucune femme ne résiste au charme torride de Clint Eastwood (qui, homme solitaire, continue néanmoins à ne faire que regarder au loin avec les yeux plissés). Et la scène de Sur la Route de Madison m'avait à l'époque fait penser "c'est pas vrai, il exagère".
Bon, ne soyons pas injustes : après tout, il s'agit bel et bien de Clint Eastwood. Qui sait combien de petites culottes il a reçu par la poste avant de tourner un frisson dans la nuit. Et puis, moi, je l'adore quand même. Dans une des grandes journées de ma vie, j'ai vu un point gris dans le lointain qui était Clint Eastwood. Je ne lui en veux même pas pour cette regrettable affaire de chaise vide et d'Obama invisible. Mais bon voilà, faut pas trop exagérer quand même.

Voilà c'est tout.
Encore une fois, comme souvent dans cette chronique, le malentendu règne. On confond, encore et toujours le fond et la forme [:-)]. La forme c'est la lecture superficielle et prétentieuse d'une réalité, le Male Gaze, lecture futile et erronée, justement et prestement relevée et révélée par Alain Korkos. Mais ce n'est que de la forme (notez que je n'ai pas dit queue de la forme; pourtant ce n'est pas l'envie qui m'en manquait, en bon lacanien - mais on y reviendra).
Le fond c'est qu'effectivement, ce qui, en creux, est en cause, ce que révèle la forme, c'est un féminisme au ventre mou, un féminisme d'opérette à prétention intello post-moderne. Pour qui a un peu connu le féminisme velu des années 70, ça fait doucement rigoler.Si l'on craignait pas de se faire taxer de mansplaining, on conseillerait bien à Anne-Charlotte Husson de (re)lire "Du côté des petites filles" d'Elena Gianini Belotti: tout était dit.
Juste un point, cependant, où je m'éloignerais un peu d'Alain Korkos: je pense que les films qu'il présente comme échappant en quelque sorte au Male Gaze, par la représentation érotisée de corps masculin, n'en sont en réalité qu'une variante, qui certes décrit un désir féminin qui serait autonome et "actif", mais c'est bien Elia Kazan ou Clint Eastwood qui racontent l'histoire. C'est quand même leur regard qui, par une mise en abîme remarquable, inventent le regard que les femmes portent sur les corps masculins. Pour autant, et là je suis d'accord, sur le fond, avec Alain Korkos, ce regard, s'il est "male", n'est pas forcément anti-féministe. Mais c'est juste un point de rhétorique sur lequel on pourrait probablement discuter sans fin.
Par contre, pour en revenir à notre histoire de fond et de forme, et pour enfoncer encore un peu plus le clou de la provoc' dans la chair tendre du féminisme gracieux (notez l'image, d'un machisme épais et assumé), je n'entends pas beaucoup nos féministes universitaires dénoncer la male main au cul du chef de rayon boucherie du Carouf' du coin au fondement de Ming-Li, caissière cantonaise à mi-temps. Ni la male bite en bouche du Responsable du Service Comptabilité dans l'orifice buccal et forcé de Mlle Pierrette, son assistante. On est là sur du vrai fond, et qui n'y met pas trop les formes, non?
Mais bon, il plus brillant et distingué (ah la Distinction!) de fustiger les pubards inspirés par le Lui des années 80 ou de morigéner les cinéastes du Panthéon, au moyen d'une théorisation paradoxale qui ne craint pas de convoquer Freud et Lacan, les deux pires phallocrates que la philosophie ait connu.
Alors du coup, Alain peut bien donner une petite leçon d’honnêteté intellectuelle aux intellectuelles, non?...
Amina Sboui, féministe exemplaire.
Une épine dans le pied des islamistes d'Ennahda.
Déçue par la chronique (trop légère), mais surtout par son ton (pédant) et davantage encore par la réaction (en lieu de réponse) agressive d'AK, cette fois. Vous m'aviez habituée à une liberté formelle toujours au service de votre rigueur intellectuelle, aussi je m'étonne de vous voir traiter un sujet polémique avec autant de nonchalance, pour ne pas dire de condescendance.
Je me demande même s'il n'existe pas un contentieux préalable, non exposé ici, qui expliquerait toutes ces piques gratuites et ces agacements ostensibles...
Ce forum vire au womansplaining.
RÉPONSE EN VRAC DU DIMANCHE MATIN


Je me doutais bien que ce forum allait très vite partir en sucette. Les trolls désoeuvrés sont au rendez-vous.
Trois précisions à l'attention des tenant(e)s du mansplaining :

1e précision
Essayez de trouver un équivalent en français de ce mot. Faites travailler vos neurones.

2ème précision
Pour rédiger cette chronique, j'ai été fortement aidé par une femme. Voici nos contributions respectives quant à la liste des films cités :

La mélodie du bonheur MOI
Chantons sous la pluie MOI
West Side Story MOI
Un tramway nommé désir ELLE
Sur la route de Madison
- scène du torse ELLE
- scène de la robe ELLE
Thelma et Louise ELLE
La mort aux trousses
- scène de la main ELLE
- dialogue MOI
Fenêtre sur cour
- scène de la lettre MOI
- scène de l'alliance ELLE
- scène du magazine ELLE
Le port de l'angoisse MOI
Le Facteur sonne toujours deux fois MOI

SOUS-TOTAL : 7 à 7.

Le titre de la chronique : ELLE

TOTAL : 8 à 7 ! Elle a gagné !!!

3ème précision
Pas la peine de chercher un équivalent français à mansplaining, hein...
Korkos, c'est n'importe quoi, de mauvaise foi, ironie de l'article mal comprise, et votre propre ironie est mauvaise. Vous n'êtes pas un mauvais bougre, mais vous avez écrit un bien mauvais papier. Allez, il y a moyen de se relire, réfléchir, amender le texte, voire prononcer quelques excuses si vous comprenez enfin.
Sinon du mauvais mansplaining, c'pas grave, ça arrive, et vous prouvez la loi de Lewis : http://25.media.tumblr.com/9c7753d8ffb86cf2be3e0990518109e5/tumblr_mnm6oo3Eez1rpdp2co1_500.jpg
J'avais lu l'article sur le Male Gaze en premier et fait quelque recherche autour du sujet et plus généralement sur la représentation des femmes dans les médias.

Je vous conseil d'aller regarder ces vidéos réalisé par Anita SArkassian sur Youtube pour ceux et celles qui ne connaissent pas. La majorité des vidéos sont sous-titré en français.

Et j'en arrive à l'analyse d'Alain Korkoss ... et j'avoue que je n'ai rien compris à sa démonstration que j'ai trouvé assez de mauvaise fois et qui commence par discrédité l'auteur de l'article originale.

Laissant de côté des exemples issue de la publicité et des jeux vidéos, sujet que ALain Korkoss maîtrise apparement moins bien pour se lancer dans une série de contre exemple que pour ma part j'ai trouvé confu.

Sa démonstration sur l'image de Franck Miller : " Sauf que non, ce ne sont pas les fesses qui parlent mais la bouche de la femme, située bien plus haut. Il suffit de regarder la direction de la queue des bulles pour s'en convaincre. Et de lire les instructions du scénariste au dessinateur (reproduites juste au-dessous de l'image dans le blog) qui à aucun moment n'évoque des bulles émanant du fessier, bien au contraire : "Balloons from above" (ballons venant du haut). " est un sommum de mauvaise fois est illustre parfaitement cetet distorsion de propos qu'il prétendait lui même dénoncer. Au passage je trouve cela un peu méprisant, parce tout de même Alain tout le monde sait comment lire les bulles d'une BD ..

Le reste de l'artcile est une analyse malhonête teinté de mépris : " C'est le même type d'erreurs qu'on retrouve souvent dans le fameux article de Laura Mulvey, dont voici quelques exemples que l'on va tenter d'extraire du pénible verbiage psychanalytique constituant le corps du texte. "

Pourquoi je trouve cela malhonête ? Parce que si le Male Gaze tel que défini par Laura Mulvey sert de point de départ et une référence mais Alain Korkoss semble oublier le fait que cette théorie a été réinvesti par la suite est s'applique à d'autre média. Le Male Gaze étant le regard de l'homme blanc hétéro-normé. L'article de Usson analyse le phénomène à travers différents support : Cinéma, Peinture, BD, Jeux vidéo, publicité et présente galement une analyse du phénomène par un autre auteur dans une vidéo Youtube.

Et Alain Korkoss lui en fait cherche à discrédité l'article de Husson en faisant une contre démonstration que j'ai trouvé également confuse et de mauvaise fois, à partir de l'interprétation qu'il se fait de la théorie de Laura Mulvey (verbiage pénible) comme si l'article de Husson et d'autre féministe ne se basé QUE sur cette article se l'être réaproprié depuis. Ce qui permet à Alain Korkoss de faire un peu de Hors sujet puisque par la suite il ne se basera sur AUCUNE image issue de l'article originale.

Bref un bel exemple de mansplaining ...
Je constate que dès qu'on parle un peu sexe, les commentaires sont rapides, nombreux et etoffés...(désolée pour ce commentaire désolant, la canicule me donne chaud...)
[large]Bonsoir,

je profite de ce forum pour adresser une requête à Alain.
Dans l'humanité, il y a un projet ‹spécial été›
qui consiste à présenter des textes, confrontés à des images
dessinées par d'illustres graphistes. Des photos par là:

http://www.humaginaire.net/

Est il possible d'avoir deux trois commentaires concernant
ces images? Qui sont bien plus fortes que la majorité
des images présentées dans la presse? J'aimerai y confronter
votre regard, votre culture et vos éventuelles critiques...

Merci
[/large]
Clément
Cette chronique me semble emplie d'une certaine mauvaise foi. Certes, il y a des films ou l'on voit des femmes ni réduite à un objet sexuel, ni à une personne dépendante d'un homme pour être sauvée (syndrome de la princesse en détresse), ni à un pot de fleur décoratif. Cela n'empêche que la tendance lourde est clairement d'infantiliser la femme et la réduire à un objet sexuel.

On peut écrire toutes les chroniques que l'on veut et péronner pendant des années que ce fait ne change que trop peu. Et cela se manifeste d'une manière permanente. On en voit pas grand monde s'insurger réellement que les femmes, par exemple sont 80% des temps partiels, qu'elles touches 20/30% de salaire en moins, qu'elles touchent des retraites misérables qui les mettent en dépendance, qu'elles subissent l'essentiel des violences congugales ou qu'elles poussent 99% des poussettes dans la rue... Sans parler que 99% des torses nus en publicité sont des nichons.

Oui, étrange chronique qui semble vouloir nier la réalité en prenant quelques exemples choisis.
« le derrière parlant de Vicki Vale (et non le derrière de Vicki Vale parlant, la nuance est importante). »

Oui, les bulles viennent du haut, mais observez bien le dessin (pisqu'on est dans la chronique visuelle) :
Il y a un trait noir horizontal qui traverse le pli interfessier qui semble plus faire partie du dessin au trait noir du corps de Vicki Vale
que des motifs de la culotte. Que vient faire ce trait ? Évoquer une bouche ?
Par ailleurs, dans les motifs de la culotte, au dessus de ce trait deux parties rondes symétriques.
Le tout fait penser à un visage.

Le dessinateur a peut-être multiplié les ambigüités visuelles - bulles au niveau des fesses, trait-bouche, motifs-yeux -
pour faire parler le cul sans le faire concrètement (car trop ridicule, par exemple).
On ne fait pas toujours les choses ouvertement (voire jamais…)

J'm'en va lire l'article d'A.-C. Husson.
En même temps, que le cinéma vehicule des clichés est dans l'ordre de choses. ( jeu de mots à trois balles, pas taper svp )
Je crois que l'égalité existera quand nos cultures arrêteront de considérer les hommes d'une façon et les femmes d'une autre. C'est vrai que pour les hommes c'est plus facile (ils ont le pouvoir) , mais quid des hommes qui désirent faire des "trucs" dit "féminin" ? Ils se font souvent traiter de "femmelette" ou autre joyeuseté. Regardons donc aussi comment les hommes sont caricaturés ,tend qu'on croira que nous avons des qualités qui tiennent a notre sexe (H ou F) on sera pas égal et libre d'être soi. Notre seule différence est physique .

Notre culture et très machiste,
- les sénateurs on osé inviter DSK , et personne ne s'en est ému , ha peut être Tristane Banon , mais bon c'est une femme .
- Mr Korkos n'analyse le problème QUE du point de vue du machisme , mais les hommes ont aussi le droit de ne pas être fort , musclés , baroudeur, machiste, se lavant à l'eau froide....
-Nos député on voté une loi sur l'habillement des femmes, qui donc, attaque les femmes. Comment des hommes peuvent sans rougir édicter a des femmes adultes les vêtements qu'elles doivent porter.
- Dans la rue, les femmes sont importunés de temps en temps par des injures ou des regards très appuyé et long, les hommes jamais...
-Les femmes doivent embrasser pour dire bonjour , et franchement embrasser des personnes, tout le temps ça dégoûte .

Gros espoir sur la génération des 18/30 ans qui se parlent bcp plus , qui sont en amitié les uns avec les autres , je les trouve plus égalitaire , évidemment qu'une minorité reste violent , mais bon on parle tout le temps de ceux qui sont violeurs ou macho , heureusement que dans la vie les caricatures sont rare , alors qu'au ciné ce n'est que ça ))).
Cette chronique me laisse très perplexe... Je ne suis pas sûre d'avoir bien compris le propos ; beaucoup de choses me gênent.

Je ne vois aucun passage du texte d'A.C. Husson qui conteste qu'il y a eu des films avec un angle de vue différent, qui ne soit pas entièrement construits en fonction du male gaze. Pourtant, le chronique d'Alain semble affirmer le contraire, remettant en cause la pertinence de l'analyse d'A.C. Husson en piochant quelques exemples, exceptionnels, qui sont utilisés pour démonter la thèse de l'article. Je ne comprends pas l'intérêt... Est-ce qu'il faut faire un concours d'exemples ? Parce que ça sera assez facile de piocher dans la production de films et comics pour montrer la validité de la thèse de l'article... Et, contrairement à ce que la chronique d'Alain semble dire, on peut multiplier les exemples dans la production de films et Bds actuelle. Pas besoin de plonger dans le passé.

D'abord, pour prendre l'exemple de la BD de F. Miller (pourriture réactionnaire, au passage, malgré son talent), une fois qu'on a pointé l'erreur sur le derrière parlant ou le derrière de Vicky Vale parlant, le fait que F. Miller construise (intentionnellement) sa BD autour du désir masculin hétéro et réduise le personnage de Vicky Vale à un simple fantasme pour les mecs cis hetero reste bien établi. Ce problème n'est pas propre à Miller et/ou Jim Lee, et il y a énormément de critiques sur le sujet dans le milieu des comics, qui est encore centré sur les fantasmes de mecs blancs cis hétéro. Il y a, en particulier, beaucoup à dire sur les dessins des personnages de femmes, ultra-sexualisés de façon absurde (cf The Hawkeye initiative). Alors, oui, on pourrait prendre quelques exemples positifs (à commencer par Batwoman), mais le problème est toujours bien réel.
Je vais juste donner un exemple, ce dessin ridicule de Scott Clark (dans SPAWN/WILDC.A.T.S: Devil’s Day) : [url]http://25.media.tumblr.com/tumblr_lxnj49DLP31r34y4ho1_400.png[/url] (oui, c'est censé être une vieille femme...)

Pour ce qui est du cinéma, selon des études de 2011 sur les films à succès sortis en 2009 (USC’s Annenberg School for Communication and Journalism) les femmes ne représentent que 32,8% des personnages parlant (pour 67,2% d'hommes), et elles portant également beaucoup plus de tenues sexy : maillots de bain et chemises non boutonnées à 25,8% contre 4,7% pour les hommes, peau visible pour 23% d'entre elles contre 7,4% d'hommes, etc. Le résultat n'est pas étonnant puisqu'il y avait seulement 3,6% de réalisatrices et 13,5% de scénaristes femmes en 2009. Or, selon l'étude, dans les films dirigés par des femmes, 47,5% des personnages sont des femmes, alors qu'elles sont seulement moins d'1/3 dans ceux dirigés par des hommes. De la même façon, quand une ou plusieurs scénaristes sont des femmes, 40% des personnages sont des femmes, alors que le chiffre tombe à 29,8 quand les scénaristes sont seulement des hommes. Pourtant, les femmes constituent la moitié des acheteurs de tickets de cinéma, aux USA. Alors, oui, les films sont construits autour des désirs et des fantasmes masculins (et hétéro).
S'il faut vraiment prendre un exemple (qui concerne autant les comics que le cinéma), la difficulté (voire l'absence de volonté) à sortir un film sur Wonder woman (cf [url]http://www.themarysue.com/diane-nelson-wonder-woman/[/url]), pourtant extrêmement populaire et icône féministe, quand tous les super héros masculins, même les moins populaires, ont droit à leur adaptation depuis quelques années est assez révélatrice de ce positionnement centré sur le désir des hommes blancs cis hétéro et la crainte qu'ils ne s'intéressent pas à un film qui ne soit pas centré uniquement sur leurs désirs et leurs fantasmes.

Bref, j'ai un peu de mal à voir l'objectif de la chronique... à part juste démonter le travail d'A.C. Husson, mais dans quel but ?
Droit de regard

Vous
Je ne vous regarde pas
ma vie non plus ne vous regarde pas
J’aime ce que j’aime
et cela seul me regarde
et me voit
J’aime ceux que j’aime
je les regarde
ils m’en donnent droit.

Jacques PRÉVERT
Recueil : "La Pluie et le beau temps"
Toutes ces lèvres pulpeuses, ces regards torrides, ces muscles saillants... en l'après-midi le plus chaud de l'année (pour l'instant)...
c'est dur.
Vite, un tour dans le congélateur ;o)
"Male gaze: l'occasion de jeter une oeil"... Ça se complique!
Il n'y a plus qu'à attendre la réponse de A.C. Husson. Le feuilleton de l'été ?
je me demande si ceci n'est pas une déclaration de guerre à Laure Daussy...

Tous aux abris!
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