Loana, 25 ans d'humiliation en direct
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Merci de lui consacrer cet article qui pointe l'effet broyeur du patriarcat médiatique crasse sur une vie, dont cette femme fragile aurait pu faire quelque chose de différent. Vraie tristesse teintée de honte. "Votre besoin d’être accepté peut vous r(...)
"J’ai du mal à me concentrer ce matin, je pense à Loana, je pense au chien de Loana. J’arrête pas de penser à des détails sordides. J’arrête pas de me sentir coupable. C’était pas ma pote pourtant, pas ma sœur ou même une vieille cousine, c’était per(...)
Je me souviens de Stéphane Guillon :
" Loana a raté sa tentative de suicide, il faudrait qu'elle travaille chez France télécom, ce serait bien qu'elle puisse réussir son suicide "
je cite de mémoire... mais je suis proche de la vérité.
quand à Loana, so(...)
Derniers commentaires
Et Benjamin Castaldi , pas mal lui aussi dans le genre dégoulinant, affecté et altruiste... "On est tous responsable!!" Pauvre type. Quand il fallait faire du fric sur leur dos, il n'y pensait pas trop à ce moment là, à sa soi-disant responsabilité. Il m'écœure. Bien envie de reprendre le concernant l'expression à la mode "Cuve à pisse"!!!
Merci pour cet article qui évoque la solitude Loanna . Guillaume Erner lui a rendu un hommage proche du vôtre..
En 2001, DS considérait "Loft Story" comme le programme "le plus neuf, le plus créatif et le plus intéressant" du PAF de l'époque. Un avis très minoritaire.
Il avait consacré trois émissions à Loana et à ses acolytes, bénéficiant de très bonnes audiences.
Sa mort est encore une fois (encore une fois hélas) de constater l'incroyable puissance du déni et de l'aveuglement. Je ne compte plus le nombre de texte, d'articles, de message, de témoignage etc dénonçant l'acharnement médiatique et faisant de la diffusion de Loft Story l'an 0 des ennuis pour Loana.
Terrible cette aveuglement collectif, cette incapacité à ne pas voir l'éléphant dans la pièce. Ici comme ailleurs. Loana est une victime d'inceste, de violence familiale puis conjugale. Elle est une victime depuis son enfance et le Loft fait partie du continuum de la violence perpétrée sur elle, non son début.
Tout ceux qui font débuter la tragédie de Loana à ce moment peuvent bien poindre milles lignes sur le sujet et dénoncer cette télé-poubelle et ses descendants. S'ils sont incapables de voir que, là comme ailleurs, la matrice se trouve dans la violence faites aux enfants par cette société alors rien ne changera. On aura toujours des bourreaux, toujours des victimes.
Merci pour votre article Pauline
"J’ai du mal à me concentrer ce matin, je pense à Loana, je pense au chien de Loana. J’arrête pas de penser à des détails sordides. J’arrête pas de me sentir coupable. C’était pas ma pote pourtant, pas ma sœur ou même une vieille cousine, c’était personne, c’était même pas quelqu’un que j’admirais ou que je voulais connaître. Je me demande d’ailleurs si Loana était quelqu’un pour quelqu’un. Quelque chose d’autre qu’un panneau publicitaire, un objet à manipuler, une marionnette qu’on sort de son coffre quand on en a besoin. Un doudou antiphobique pour rassurer les bourgeois, les gens sans histoires et faire peur aux enfants : si tu ne vas pas à l’école, tu finiras comme Loana. Si tu couches avec des garçons, voilà ce qu’il va t’arriver. Loana, c’est une héroïne d’un conte de Grimm, la mort n’y est pas douce mais violente, elle vient punir les manquements à la norme, l’ordre doit être rétabli à tout prix. Blanche-Neige est enfermée dans son cercueil de verre, tout le monde vient la regarder, détailler son cadavre, commenter chaque plaie.
Je me sens coupable, ça fait des années, je ne sais pas pourquoi, évidemment ça parle de moi bien plus que d’elle, moi aussi je me sers de toi. Le syndrome du sauveur, c’est juste un vieux réflexe quasi colonial, une manière de se dire qu’on sait mieux que les autres, qu’on va s’en sortir, qu’on s’en sort déjà peut-être, et qu’il n’y a qu’une seule manière de le faire. Je me sens coupable, je nous tiens tous.tes pour coupables, peut-être nous les femmes, nous les féministes un peu plus que les autres. Depuis quelques années, à chaque apparition de Loana, je pense qu’il faut monter une milice, un gang de meufs, aller la chercher et la sauver. Je n’en fais rien, je suis bien installée sur mon canapé, je donne des leçons dans l’air vide de mon salon. Je ne sauve pas Loana. Personne ne sauve Loana. Est-ce qu’elle voulait être sauvée ? Est-ce qu’elle pouvait être sauvée ?
Et puis, sauvée de quoi, au fond ? De la télévision ? Des hommes ? De l’argent ? De ses traumas ? D’elle-même ? On dit toujours sauver comme si c’était simple, comme si c’était un geste propre, un mouvement clair, comme dans les contes, comme dans les téléfilms de l’après-midi. On arrache la princesse à son donjon, on l’extirpe des griffes de son bourreau, on l’installe proprement dans un studio douillet, on lui trouve un petit job, et elle vivra heureuse jusqu’à la fin des temps. Dans la vraie vie, il n’y a pas de fin nette aux cauchemars. Il n’y a pas de royaume à la fin, pas de robe propre, pas de corps réparé. Et puis qui décide de sauver qui ? Et si Loana avait voulu briller et brûler ?
Ce qui me travaille, ce n’est pas de ne pas l’avoir sauvée. C’est de l’avoir regardée tomber, remonter, retomber. D’avoir regardé les photos, les vidéos, les dents, les bleus, les récits, les rumeurs. D’avoir été là, quelque part dans la foule, même silencieuse, même bienveillante. D’avoir participé à cette étrange veillée permanente où on expose les femmes abîmées comme des preuves vivantes. Regardez. Regardez ce qu’il arrive aux jolies idiotes, aux bimbos, aux filles de la télé-réalité. Regardez ce qu’il en coûte de trop vouloir, de trop aimer, de trop se montrer. Cette foule qui, d’une main, pointe du doigt ces modèles de femmes qu’on aime briser en riant, tout en se cachant les yeux de l’autre.
J’ai de la peine pour Loana, c’est peut-être une émotion plus juste, moins égoïste. J’ai de la peine de l’imaginer seule. J’ai de la peine pour sa fille. J’ai de la peine pour son chien. J’ai de la peine pour toutes les femmes qui ne vieilliront jamais. Celles qu’on use plus vite que les autres, qu’on abîme plus tôt, qu’on jette plus vite aussi. Toutes les victimes de féminicides, mi-icônes, mi-victimes. Elles n’ont pas “disparu”. Elles sont mortes sous les coups répétés des hommes, de leurs pères absents, violents, incestueux, aux mains de leurs maris ou compagnons, bousillées par des patrons ou par des inconnus. Si elles ne sont pas assassinées, elles se suicident, ou elles se dissolvent dans les addictions, la maladie mentale, et finissent par mourir. Après la médiatisation des “affaires”, elles sont déplacées, déclassées, recouvertes par d’autres images plus fraîches, d’autres malheurs plus rentables.
Elles restent là, pourtant. Invisibles. Je les imagine souvent, ces fantômes. Elles viennent souvent dans mes rêves."
Je me souviens de Stéphane Guillon :
" Loana a raté sa tentative de suicide, il faudrait qu'elle travaille chez France télécom, ce serait bien qu'elle puisse réussir son suicide "
je cite de mémoire... mais je suis proche de la vérité.
quand à Loana, son histoire avait déjà été écrite il y a longtemps, avant même l'invention de la télévision :

https://www.youtube.com/watch?v=DzF0jeBCMuM
interview d'Ardison. qui déploie toute son énergie à culpabiliser Loana dont la fille est au moment de l'interview, placée a l'aide sociale à l'enfance.
c'est à vomir. ces gens là bousillent des vies pour de l’audimat.
Dans cet article, j'ai découvert une nouvelle facette d'hanouna, une de plus et toujours une facette de son ignominie
Quel personnage !!!
Et moi j'ai découvert une nouvelle facette du racisme de Charlie Hebdo... Pas merci pour l'image, ignoble.
Pareil. Surtout dans le contexte de l'article de Pauline.
Merci de lui consacrer cet article qui pointe l'effet broyeur du patriarcat médiatique crasse sur une vie, dont cette femme fragile aurait pu faire quelque chose de différent. Vraie tristesse teintée de honte. "Votre besoin d’être accepté peut vous rendre invisible en ce monde. Ne laissez rien se mettre en travers de la lumière qui jaillit de vous, le seul risque est que vous soyez vu dans toute votre gloire" - Jim Carrey