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Les jeux vidéo rendent-ils...sexiste ?

Si les jeux vidéo sont sexistes, assurent les éditeurs de ces jeux, c'est parce que les joueurs le sont. Mais est-ce si simple ? Un jeu sexiste ne peut-il aussi renforcer, chez le joueur, les tendances sexistes ? C'est le sens de la chronique de Sébastien Bohler, qui se fonde sur une étude américaine. Etude que conteste vivement notre invité Ivan Gaudé, directeur de CanardPC.

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Je ne suis pas convaincue qu' une pub peut donner envie de boire du coca-cola ou de manger des chips à quelqu' un qui n' aime pas ça.Il faut une envie préalable.
Les jeux vidéo rendent-ils...sexiste ? La télévision rend-elle idiot ?
Il faudra peut être un jour que Sébastien Bohler nous explique de manière convainquante comment les études qu'il présentes (de psychologie expérimentale), effectuées sur des panels très faibles, peuvent s'affranchir des biais qui influeraient sur les conclusions scientifiques servant ensuite d'argument d'autorité.

Personnellement je ne comprend pas comment une étude effectuée à partir de 75 étudiants d'université d'un état des états unis peu permettre d'établir une loi générale sur le fonctionnement du cerveau humain. Je suis tout à fait d'accord avec l'argument d'Ivan Gaudé, les étudiants aillant grandi dans un certain milieu avec une certaine éducation, une certaine culture vont avoir certains neurones (leur axones, ou dendrites, Sébastien dit que les neurones vont ressérer leurs connections) plus développé dans un sens leur donnant une sensibilité "orienté" les rendant plus sensibles (ou moins) à certains stimuli et pas à d'autres. Pour le dire autrement, les représentations préexistantes dans un groupe vont influer leur réaction lors de la réponse aux questionnaires suite à la participation au jeu.
(copie du post que j'avais mis dans l'autre forum sur l'émission... des fois qu'il trouve ici une réponse...)

A moins que le but est de montrer comme Sébastien le dit, que le jeu a favorisé quelques développement neuronaux au moment de l'expérience. Quelque chose que les neuro-sciences savent déjà, c'est le cas tous les jours par toutes les expériences de la vie -il me semble- c'est ce que chacun des étudiants a vécu tout au long des années depuis leur naissance. Dans ce cas l'article ne montre rien de nouveau, trois "cobaïes" étaient suffisants, et aucun article scientifique n'aurait due être accepté (rien de nouveau, pas d'article).

Si, je l'espère, ca n'est pas le cas, alors qu'apprend-t-on de nouveau dans cet article ? qui soit valable pour tous et non pour un jeune américain universitaire de la cote Oueste de moins de 25 ans ?

Un long débat avait eu lieu il y a quelques mois sur le même forum, sur des questions de sexisme déjà, de séduction surtout. Je n'avais pas été convaincu par les arguments de Sébastien, je suis toujours intéressé par éventuellement d'autres arguments.

u.

ps : je ne comprend pas non plus la réaction de Sébastien à l'argument d'Ivan, qui ne fait que critiquer l'étude et ne rejette en rien l'idée que les comportements sexistes peuvent être favorisés par des jeux sexistes.
Je ne peux résister à partager ce post sur le blog Passeur de Sciences.

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/04/14/doutes-sur-la-fiabilite-des-neurosciences/#xtor=RSS-32280322

(bon je viens de voir qu'il est déjà cité juste avant... ok ^^)
De mes souvenirs de statistiques en psychologie (donc très sujet à erreur, je m'en excuse par avance).

D'une, je ne vois en rien qui puisse se rattacher au domaine des neurosciences sur l'étude d'exposition à Leisure Suit larry, c'est surtout un mix de psychologie cognitive (comportement du sujet face à un objet) et sociale (relations entre individus par rapport à un objet : le stéréotype des genres). Très certainement un abus dont Bohler semble avoir l'habitude.

De deux, la taille de l'échantillon, même si criticable n'est pas forcément invalidante pour l'étude. L'expérience de Milgram dans mes souvenirs (la première en tout cas car il y a eu des variantes) ne comportait pas plus de 50 sujets, pour autant la soumission à l'autorité est reconnue dans le monde scientifique. Tout dépend de l'intervalle de confiance que vous prenez en compte dans vos analyses. Un grand échantillon permettra de contenir "moins" d'erreurs car plus représentatif de la population qu'il est censé représenté. Mais ce n'est pas forcément obligatoire d'avoir un échantillon de 1000 personnes.

De trois, l'expérience en tant que telle ne cherchait qu'à vérifier certaines variantes détudes déjà effectués sur la possible influence de médias sur le comportement, ici donc de voir les comportements observés face à un jeu vidéo au contenu dit "mature" fortement sexualisé. Il faut prendre en compte que de nombreuses études ne prouvent rien de nouveau, elles cherchent aussi à voir ce qui se passe en modifiant les sujets, les variables, etc.

De quatre, l'étude semble ne pas dévoiler grand chose que l'on ne saurait déjà peut-être (comme Ivan Gaudé le disait pour l'amorçage avec les vidéos d'aviation) mais ce n'est pas parce que c'est évident que c'est pour autant vrai! le faire dans un contexte expérimental, reproduisible, est la voie naturelle pour savoir si dans le cadre d'un jeu vidéo (je reprends les 3 hypothèses de l'étude) :

"H1:

Male players of a sexually-explicit video game will have faster access to sex-related thoughts in their knowledge structure than male players of other types of video games.

H2:

Male players of a sexually-explicit video game with themes of sexual-objectification will have faster access to thoughts of women as sex objects than male players of other games.

H3:

Male players of a sexually oriented video game with themes of female “objectification” will be more likely to engage in the self-reported tendency to sexually harass than male participants of other games."


Trois hypothèses validées DANS cet échantillon observé, DANS cette expérience, DANS un contexte donné, etc.

Rien ne dit que plus tard on trouvera des recherches qui invalident dans cette étude la procédure, la sélection de l'échantillon, la formulation des hypothèses, etc. Tout comme rien n'empêche que cette étude serve plus tard à une méta-analyse plus vaste sur le média jeux vidéo.

De cinq, nulle part je ne trouve (et c'est dommage) un détail de la passation de l'échelle de probabilité à harceler sexuellement. Donc par défaut j'aurais du mal à croire qu'on explique avant la passation de ce type de questionnaire de quoi il s'agit (même si cela peut se faire), on a juste comme précision : "After completing the lexical decision task, the experimenter returned to the cubicle and loaded the computer-based LSH questionnaire administered using SuperLab Pro®. Participants were instructed to answer these questions truthfully. Upon completing the LSH scale, participants were debriefed and thanked before they left the lab". Donc le debrief semble se faire à la fin de l'expérience.
Et ne pas sous-estimer le fait que les gens questionnés, même sous anonymat, veulent montrer une bonne image sociale d'eux-mêmes. Donc sur un questionnaire de ce type, je vois mal en quoi les gens voudraient montrer une "image" d'eux ayant tendance à prendre avatange sur une femme pour x raisons. Et les chercheurs le précisent ("This finding is particularly strong considering the potential for participants to wish give socially-desirable responses").

De six, enfin, la discussion précise que les effets sont observables à court terme, et non que les gens sortent et pourchassent des filles juste après l'expérience ("First, the present study focused primarily on immediate cognitive effects of playing sexually-oriented games. Future research should examine long-term effects"). Donc le raccourci pris par Bohler est assez lourd, jouer ne rend pas forcément sexiste selon cette étude, mais influence à court terme sur des mécanismes cognitives et sur des représentations de la femme. Au mieux on a cette phrase "the present study argues that a stimulus that primes a perceiver to categorize women negatively in a sexual context may lead to sexist behavioral tendencies toward women" qui me dérange car entre un questionnaire et la réalité du terrain, l'écart peut être grand. Mais l'effet de répétition dans un jeu vidéo pourrait donner des effets non indéniables sur des représentations voire sur des comportements. Cela reste à étudier.
Bonjour à tous: une étonnante étude sur les neurosciences qui apporte un peu d'eau aux moulins: http://www.nature.com/nrn/journal/vaop/ncurrent/full/nrn3475.html (rapportée par l'un des blogs du Monde: http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/04/14/doutes-sur-la-fiabilite-des-neurosciences/)
Pour moi le probleme ne tient pas specifiquement aux interventions de S Bohler, mais de l'ensemble du dispositif.

Il y'a un probleme a faire une chronique de 5 mn sur un sujet aussi complexe que l'approche neuroscientifique, qui demande du developpement contextuel, difficile a faire en 5 mn, mais de surcroit coupe une certaine dynamique en intervenant en plein milieu de l'echange.

La chronique de S. bohler tombe comme une "couille dans un potage", ou l'on sent qu'il rame pour accrocher ses connaissances/competences au sujet aborder. Ca ne stimule ni la qualité des echanges, ni la qualité des propos qu'il pourrait tenir. Je crois que la redaction d'asi aurait plus interet a lui donner un article hebdomadaire comme pour P korkos, un espace ou il peut maitriser son exposé, le contexte, l'angle, le sujet, tout en se ratachant un peu a l'actualité sans trop se contraindre (ou sous format video).

Rarement ses interventions entrainent les autres intervenant a "rebondir", et les fois ou "ca rebondit", comme recemment, c'est plutot pour remettre en question la pertinence de l'intervention et son lien avec le sujet, bref ca coupe la dynamique de l'echange.

Il y'a souvent un manque de coherance entre le champs de la chronique et le sujet discuté.
Cette phrase a retenu mon attention sur telerama.fr :

Pour un universitaire spécialiste des comportements sociaux, c'est surtout l'effet de groupe qui attise la taquinerie d'une façon un peu « perverse ».« La sensation d'appartenir à un groupe de personnes qui pensent de la même façon, active les zones de plaisir du cerveau », explique-t-il

Mais j'avoue que j'avais songé au "cas Bohler" en lisant l'article d'où elle est extraite bien avant d'avoir lu la phrase.
Car l'étonnant traitement dont Sébastien fait l'objet sur les forums d'@si me rappelle celui auquel est soumise Anne Hathaway ...
Je n'ai pas vu l'émission mais écouté la chronique et lu l'étude citée en référence.
J'ai sur cette étude une opinion beaucoup plus modérée que celle d'Ivan Gaudé (n'importe quoi!).
Le rapport qu'en fait Sébastien Bohler est correct mais les résultats doivent en être appréciés plus finement que (naturellement dans une chronique ) il ne le fait.

-Le temps de réaction au test lexicaux ne diffèrent que de 15% en faveur de l'hypothèse de renforcement du sexisme (les différences sont accentuées sur le graphique par le choix de prendre un échelle dont l'origine est fixée près du chiffre le plus bas et non à zéro)
-Pour le test de harcèlement il s'agit de déclarations (on demande aux participants « to answer these questions truthfully ») et non de comportements mesurés.
-Aucune étude de la persistance de ces résultats (l'impression dans le réseau neuronal considéré résiste-t-elle à la perturbation par d'autres stimuli qui peuvent interférer ou même tout simplement à la durée)
-Le fait que, comme les auteurs semblent l'admettre dans la phrase  :  « Even after recognizing these limitations, it is nevertheless clear from the findings reported here that there is now strong evidence for negative effects as a result of playing sexually-oriented video games. », il s'agissait en fait de mettre en évidence des effets considérés comme négatifs (procès d'intention dirait Damien) joue-t-il sur le choix des tests ?
Yannick,
vu d'ici tu trolles.

C'est pénible.
Garbage in, garbage out.


Un échantillon quantitatif de 25 personnes pour un questionnaire, c'est très faible. Ridicule pour qui étudie les sciences sociales.
Les questions posés "semblent" peu pertinentes, mais bref.


Bohler fait un travail intéressant, ce que Lordon lui reproche, ce n'est pas de servir à rien, mais d'expliquer comment se produit une chose au niveau chimique et moléculaire, et pas d'une façon sociale ou même psychologique.



"Si un homme bat sa femme c'est parceque lorsqu'elle bliblih cela provoque une montée de blablah qui provoque dans son cerveau un mélange blebleh ce qui est intéressant car on note que la même zone du cerveau est activé dans on blobloh". Ouais.

Et sinon pourquoi il l'a bat ?
On ne peut s'empêcher de penser au sempiternel débat "les jeux vidéos rendent-ils leurs adeptes violents-sexistes-homophobes-racistes-dangereux etc etc".
L'on pourra remplacer confortablement les mots "jeux vidéos" par "jeux de rôles", "films violents etc", "musique violente etc". Les procès en sorcellerie en la matière ne sont pas nouveaux.
Je pense pour ma part que croire en ces facultés de modélisation des esprits (jeunes ou non), à partir d'études pour le moins discutables (et d'ailleurs logiquement discutées) ou de capteurs branchés sur le cerveau; et qui s'opèrent par le caractère répétitif des messages et les fameuses "empreintes", n'est pas justifié.
Il y aura forcément un ou des déclencheur(s) chez les gens... disons, instables; qui généreront un passage à l'acte ou un comportement trouble et dangereux, parce-qu'ils ont déjà le problème en eux. Ces déclencheurs peuvent être n'importe quoi, pas forcément les jeux vidéos, de rôle, etc.
Bref, ce dont parle Sébastien Bohler peut certes amener des éléments de compréhension de certains mécanismes constatés vis-à-vis de situations précises; mais quant à penser que "ceci explique cela", ou au minimum, "amorce" tel ou tel comportement, c'est à mon avis faux. Et je pense qu'il s'emporte de manière injuste - et plutôt étrange d'ailleurs après lui avoir plusieurs fois coupé la parole - face à Yvan Gaudé.
Même si, indubitablement, les exemples montrés dans l'émission sont sexistes, c'est le lien de cause à effet potentiel présenté comme étant "évident", sur les utilisateurs, qui me cause souci. Comme si ce dernier était démontré par une science exacte, alors que l'on dispose certes d'éléments de réponse et de compréhension que souligne Sébastien à juste titre; mais qui en même temps, et toujours à mon humble avis, outrepasse ce statut de "montreur de pistes" (désolé pour le raccourci, mais sur une chronique de quelques minutes, cela me semble ici approprié) en le troquant avec "présentateur de vérité avérée". Quitte à défendre ce beefsteak en prétendant que simplement dire cela, et comme le dit d'ailleurs différemment mais dans le même sens, Yvan Gaudé: ce serait "être grave" et de fait, impliquerait qu'on nie en bloc que ce contexte "peut favoriser les comportements sexistes". Ça porte un nom: un discrédit qui résulte d'un énervement lié peut-être, à une mauvaise compréhension de l'argumentation adverse et qui se tient pourtant parfaitement. Discrédit qui aboutit au "tronquage" des propos de son contradicteur sur le plateau.

Bref, Sébastien, pour la seconde fois (et je suis souvent sans opinion particulière, ni favorable ni défavorable par rapport à vos chroniques, non par désintérêt, mais par méconnaissance des sujets abordés) depuis votre retour, je suis en désaccord avec vous.
J'ai immortalisé la réaction de Sébastien Bohler après la critique de l'étude par Ivan Gaudé.

Réaction de sébastien bohler
Moi, je croirai à l'intérêt de ce fil quand j'aurai vu un face à face entre Germain Rital et le Farfadet.
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