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Le silence des icônes

Depuis plusieurs soirs, les 20 Heures

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Pour alimenter le débat (sauf si discuter du fond est considéré comme "hors sujet" ...), je vous conseille vivement le blog de Colette Braekman, journaliste au quotidien belge "Le Soir" et spécialiste des questions africaines, qui contient (entre autres posts du plus haut intérêt) une petite biographie très instructive du sieur Mugabe, qui permet, sans complaisance aucune, de dépasser le simplisme consternant des JT.

Bonne lecture ...
Plus d'informations dans ces intéressants billets de la correspondantes du quotidien belge le soir en Afrique centrale et australe. Le premier répond assez bien a vos interrogations Daniel sur le mutisme relatif de Mandela:

http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/2008/07/02/mugabe-pourquoi-les-africains-menagent-le-vieux-baobab/
http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/2008/07/02/mugabe-un-homme-faconne-par-lhistoire/

Cordialement
Personnellement ,il me fait putôt penser à la momie de Ramsès II
Ce qui est reproché à mugabé c'est d'avoir redistribué les terres fertiles au plus pauvres. Son rivale est un pantin des européens voila pourquoi mugabé s'obstine. En tout les cas, je trouve drole cette condamnation venant d'europe alors que mugabé, tout compte fait, est plus fréquentable que bush et olmert réunis les 2 plus grands criminels de notre epoque. Lorsqu'un politique africain est soutenu par les occidentaux, alors attention danger. Les africains ne sont pas dupes.

Sylvie
je ne cromprends pas bien le fond de l'article de DS
au zimbabwe, la situation va de mal en pis, et mandela a fini par sortir de sa réserve, voilà tout. faut-il que mandela commente tous les évènements politiques de l'afrique australe ? d'autre part, il a à peu près bien géré la sortie de mobutu sans que kinshasa ne se transforme en un stalingrad africain.
son intervention est plutôt sage au vu des nombreux immigrés zimbabwéens arrivant en afrique du sud, qui risquent d'allumer des tensions ou de raviver des plaies entre blancs et noirs; en effet, il aurait pu être plus virulent et donc plus actif dans la lente descente en enfer du zimbabwe.

quant aux reportages au zimbabwe, ce n'est peut-être pas aussi simple avec l'équipe au pouvoir. Et pour démontrer quoi au fait ? des choses qu'on sait déjà. pour la première élection, on en a vu pleins des reportages avec des manif réprimées, des fermes saccagées, des gens qui fuyaient leur pays. On en a eu jusqu'à plus soif des reportages.

des américains qui sont derrière tout ça ?

les français sont présents en côte d'ivoire avec une armée et ils ne sont pas foutus de chasser le taré évangélisé qui a réussi à couper son pays en deux, alors les think tank sans obus ...

il y a franchement pas moyen d'être anti-américain tranquille, il y en a toujours un pour faire plus fort ! :-p
L'exploration des failles entre le mots et la chose, ou l'image et le réel, n'est-ce pas un "danger" bien discursif? quand par ailleurs les milices d'un pouvoir enrégimentent les votes, et sans doute pire...
je trouve que Mugabe à un petit air de Flavor Flav (of public enemy fame) mais pas aussi fun....
Tiens en parlant d'icônes inouïes, se souvient-on de Ian Smith du temps de la Rhodésie du Sud? Et de Robert Mugabe de l'époque?
Il doit pas y avoir trop de pétrole là-bas, d'où pas d'intervention des forces du bien.
Et puis c'est pas le Kosovo, qui est juste à côté.
Enfin, il a des amis que l'axe du bien considère avec une certaines animosité, ce qui pourrait expliquer qu'il soir devenu à la mode d'en parler.
Suivant.
Une analyse et des reportages seraient d'autant plus pertinents en se posant des questions sur les pays dont les deux icônes sont les représentants. La Rhodésie nouvellement Zimbabwe et l'Afrique du Sud étaient à l'orée des années 70 les deux pays d'Afrique Noire que la décolonisation n'avait pas touchés dans le sens où les élites blanches y avaient gardé le pouvoir. Cela alors que le rôle de ces pays dans la colonisation avaient été déclencheurs.
Par la suite, la situation s'est arrangée en Rhodésie pendant que l'Afrique du Sud voyait la prolongation de ce système terrible qu'était l'Apartheid, destiné à conserver la mainmise de ces élites afrikaners.

Lorsque, grâce à la pression internationale et à la lutte des organisations noires, De Klerk et l'ANC ont signé des accords historiques qui ont vu en 1994 la fin de l'Apartheid et l'instauration d'un système démocratique, on pouvait imaginer que la minorité blanche allait avoir des problèmes, vues les terribles répressions que ses dirigeants avaient auparavant instaurées. Or, compte tenu du contexte, ça s'est assez bien passé grâce à des gens comme Mandela et Tutu. Même si tout n'est pas rose, avec les émeutes contre les immigrants des pays limitrophes et leur assassinat, et la relative fuite des élites blanches alors que les élites noires sont encore insuffisantes (il faut deux ou trois générations pour passer collectivement de l'état politique de sous-humain sans droit à celui de dirigeant ou d'ingénieur).

Pendant ce temps, le Zimbabwe est devenu une dictature en faillite économique parce qu'elle a chassé ses anciennes élites, qu'elle a choisi la cassure au lieu du compromis et l'acceptation de la différence.

Je pense que nous pourrions, en tant que Français, et spécialement par les temps qui courent, méditer sur l'enseignement que peuvent nous apporter ces deux expériences.
Mais visiblement, faire l'économie de la réflexion est devenu un sport national.
Je n'interprète pas les 3 mots de Mandela comme vous.

A mon avis, ce n'est pas au sujet des élections à caractère pseudo-démocratique (dont l'Afrique est hélas coûtumier et souvent aidé aussi historiquement en cela par de puissants appuis ou protecteurs occidentaux) que Mandela s'exprimait. Mais sur ce que j'ai lu dernièrement dans le précédent Courrier International.

Les fermiers Blancs chassés ou expropriés du Zimbabwe par la politique populiste de Mugabe, ont trouvé refuge dans le pays voisins (Mozambique ? Zambie ?) et ont aidé les habitants à bénéficier de leur savoir-faire en agriculture, qui prend du coup un nouvel essor au détriment du Zimbabwe.

Ce bilan ou constat vient d'être établi.

Aussi, pour un pays comme l'Afrique du Sud, où la fin de l'Apartheid n'a pas sonné la fin de la domination des Blancs, mais le partage du pouvoir Noirs-Blancs chez les plus aisés. Il me semble que la phrase de Mandela "faillite tragique de la direction" est plutôt à rapprocher de ce contexte de gouvernance que de celui de l'organisation des élections.
Les méchants venus d'ailleurs sont bien pratiques.
On les déteste d'autant plus qu'ils nous permettent de ne pas s'interroger sur ce qui se passe au coin de la rue.

On nous les offre en pâture, en fait le point focal de nos colères, de nos révoltes, ce qui cristallise le sentiment d'injustice que nous pourrions ressentir pour ce qui se produit sous nos yeux, là, tout près, si proche.

On est rassuré, sur nous mêmes sur nos dirigeants, sur notre présent, notre avenir. On se figure que la cruauté du monstre est une perversion qui n'a pas cours chez soi, là où c'est douillet, confortable.

Le traitement médiatique réservé à Mugabe, Kim Jong Il (dont je ne remet pas en cause le caractère totalitaire), et à tous ceux qui symbolisent à nos yeux le mal absolu, donne à l'occident ce sentiment de sécurité qui lui fait tant défaut par ailleurs : mondialisation, délocalisations, perte d'influence, déstabilisation, voire déclin.

Tant que nous haïrons tous en cœur les chantres du mal absolu, nous pourrons tranquillement garder la conviction que nos démocraties ne sont pas malades.

Alors que vivent les illusions, et les fumigènes...
j´ai entendu un commentaire sur France info qui expliquait que la présence de mugabe arrangeait bien Pretoria. il préfère un voisin comme ça qu´un président trop " social" et qui risquerait de montrer le "mauvais exemple".
Pas mal de questions. Il ne reste qu'à trouver des réponses...
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