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le portrait et le paysage

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Monsieur Korkos, un petit mot à propos de votre chronique sur le fulgurator : vous avez oublié de citer le chef d'oeuvre de Tronchet et Gelly, à savoir les aventures de Raoul Fulgurex. Trilogie extraordinaire que je vous recommande, ne serait-ce que pour ses titres ; "le secret du mystère", "la mort qui tue" et "les mutinés de la révolte".
Je voulais dire changer une grande partie du propos.
Assez d'accord sur la série sur la France, finalement. Pas vu l'expo et les tirages mais ai acheté le bouquin. Il a fait du Depardon. Mais ce qui m'a le plus dérangé c'est son parti pris d'une couleur hyper saturée, criarde, alors qu'au contraire, à mon avis, il aurait fallu travailler en négatif couleur avec de la Fujicolor Reala, neutre, douce et un grain extrêmement fin. Cela en aurait déjà une grande partie du propos.
Mais le portrait en lui-même n'a rien de Depardonnesque. On ne retrouve rien de son atemporalité habituelle que ce soit en paysage, ses reportages nb ou ses films. C'est une commande politique à haute contrainte communicationnelle dont le choix du nom Depardon est une des composantes du message. Celui de Sarko ou Mitterand était nul. Je ne parle même pas des autres. Seul celui de Chirac me semble sortir un peu du lot alors que Bettina Rheims est une photographe tout ce qu'il y a de plus mineure au regard de l'histoire de la photo et du talent en comparaison de Depardon.
Superbe article. Merci. Moi qui suis zauzi photographe et amoureux du travail de Depardon j'ai bcp apprécié cette belle leçon d'histoire esthétique.
admirable chronique.merci
Salut maître Korkos... Belle galerie (manque juste le gros René de Jérusalem et de Sicile peint par Froment et puis la mère Agnès avec le nichon dehors)... mais c'est pas un "polaroïd" le portrait fait par tonton Raymond C'est un pur, antique et normal "6x6" issu d'un Rolleiflex. Les jeunots n'y connaissent rien. Et pour avoir le visage éclairé à contrejour quand le fond resplendit au soleil, faut drôlement travailler du "balkar". Pfff... Sont minables d'ignorance et je comprends que Launay se décourage. On dirait les beuh de jadis devant un picasso disant : "Mon môme en ferait tout autant". C'est pas de la peinture qu'il faudrait leur donner mais du Daumier charriant les bourges de son temps.
Personne ne dit rien sur le fait qu'on amalgame l'air de rien, cliché amateur et cliché raté, ce qui est de l'élitisme imbécile à la puissance 1000. J'aime les gens doués d'un don, je suis pour l'élitisme moi-même, mais pas celui qui passe par la reconnaissance pompeuse et officielle.
Même si Gunther disait au contraire qu'il reprochait à Depardon de s'être fait plaisir en faisant une photo d'Art, les médias ont entendu ce qu'ils voulaient de cette affaire et ont saisi l'occasion de dézinguer.
C'est comme "quand lama pas content, lama toujours faire ainsi, senior" http://omnilogie.fr/images/O/9ceca40abd400f0dcbe015e0a576d228.jpg. Faut pas le prendre pour soi le jet de salive. Depardon n'est pas visé par les médias, alors qu'il l'est par Gunther.
"Quand médias envie de dézinguer, médias toujours trouver prétexte à dézinguer."
Et qui peut jurer que Gunther ne cherchait pas aussi à dézinguer Hollande tout en enrobant le discours, en lisant les commentaires qu'il fait pour défendre Sarkozy qui n'en avait rien à faire de la photo officielle et qu'il aurait préféré une photo de photomaton... Et pourquoi Hollande non?; ce ne serait pas les conseillers de l'Élysée qui lui auraient conseillé de prendre "un nom"?
Je dis tout ça pour qu'on apprécie mieux "la différence" entre ici et là-bas, et puisque j'argumente un tipeu, ayez l'obligeance de ne pas prendre ça pour de la fatale flatterire.
Si le haut du portrait de Charles VII indique "Le tres victorieux roy de France", en bas, je lis "Charles septième de ce nom ", plutôt que "Charles septième te le nom"
non?
[quote=Alain Korkos]
Portrait-paysage venu des profondeurs de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, au format carré avec bande blanche en bas, c'est aussi le grand retour du Polaroid à Raymond, photo malhabile et donc normale, ordinaire, clic ! bzzzzz…

Êtes-vous certain d'être symboliquement remonté assez haut dans le Moyen Âge et vous être soucié d'avoir un concept suffisamment libre de la normalité populaire? Élevé quant à moi par des grands-parents campaniens illettrés, j'ai reçu au sein de l'école primaire française une instruction "icono-historique" dont j'ai particulièrement en mémoire l'image de Saint Louis (Roi de France: 1226-1270) rendant la justice sous son chêne, et, quant à la normalité populaire, j'ai retenu de l'enseignement ultérieur la sainte figure de la "Félicité" d'Un coeur simple de Flaubert. Ce que j'avais synthétisé dans le ci-dessous commentaire que je vous soumets à l'article de Dan Israël: Portrait officiel de Hollande:
Il fallait l'oser! Depardon a renversé le double tabou: "laïque" et "républicain", et nous a donné un portrait de l'homme au pouvoir évoquant Saint Louis sous son chêne, tel que seul sans doute le Flaubert d'Un coeur simple permet d'en appréhender la sérénité.
POISSON : J'avais d'abord écrit "le Polaroid à René" puis j'ai changé le prénom, mais pas partout… L'erreur est réparée, comme on dit.

PIERRE-ANTOINE : « un simple rappel historique sur le portrait », dites-vous. Si vous avez trouvé ça simple, c'est que j'ai bien fait mon boulot. Chouette !
La photo Polaroïd/Instragram du Président de la République me fait penser à la photo de "J2M moi-même maître du Monde" à la chaussette trouée. Voilà bien une idée d'énarque : connaître le succès en ne laissant rien paraître sur la photo (même si J2M rejette l'idée de la chaussette troué sur Paris Match).

La photo
Pour un portrait "d'amateur", je trouve que la manière avec laquelle pose Hollande est telle qu'on a l'impression qu'il va surgir hors du cadre. Qu'il n'est pas "dans" le portrait, mais qu'il est juste devant. Dommage qu'on ait pas eu une vraie analyse de l'image et qu'on ait à la place un simple rappel historique sur le portrait.
Il est plutôt bien de sa personne, l'homme au gant...
Tiens c'est marrant, j'avais jamais remarqué que Louis XIV avec ses talonnettes et sa perruque c'était l'ancêtre de Gene Simmons.
C'est pas facile non plus avec François H. qui — pardonnez moi l'expression — a un balais de le cul. Je ne suis sans doute pas le seul à m'être tordu de rire sur son affiche de campagne rendant hommage à Robocop. http://twitpic.com/9jhpyf/full
Pour moi, le portrait de Jean Bon (II) surclasse largement celui de Flamby...
Le pré est vert.

Faire ensuite le portrait de l'arbre en choisissant la plus belle de ses branches pour l'oiseau peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent la poussière du soleil et le bruit des bêtes de l'herbe

Prévert (polaroid de poésie)
Ingres décroche le pompon du ridicule ( Par contre son "Monsieur Bertin" aurait mérité une place de choix dans cette expo) Suivi de près par Hyacinthe Rigaud, dont il ne fallait pas zapper le cadre hyper-délirant de son "Louis XIV" de Chenonceaux. Merci de nous démontrer avec constance qu'il n'y a pas de progrès en art.
A tonton Raymond ou à tonton René, le pola ? j'ai pas compris.
LE ROI BOITEUX.

Un roi d’Espagne, ou bien de France,
Avait un cor, un cor au pied ;
C’était au pied gauche, je pense ;
Il boitait à faire pitié.

Les courtisans, espèce adroite,
S’appliquèrent à l’imiter ;
Et qui de gauche, qui de droite,
Ils apprirent tous à boiter.

On vit bientôt le bénéfice
Que cette mode rapportait ;
Et, de l’antichambre à l’office,
Tout le monde boitait, boitait.

Un jour, un seigneur de province,
Oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince,
Ferme et droit comme un peuplier.

Tout le monde se mit à rire,
Excepté le roi, qui, tout bas,
Murmura : « Monsieur, qu’est-ce à dire ?
Je crois que vous ne boitez pas ?

— Sire, quelle erreur est la vôtre !
Je suis criblé de cors ; voyez :
Si je marche plus droit qu’un autre,
C’est que je boite des deux pieds. »


Gustave NADAUD
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