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"Le Monde va avoir un problème d'indépendance"

Pour échapper à la sphère d’influence de l’Elysée, le journal Le Monde vient-il de se vendre à des milliardaires ? On peine à prendre la mesure de ce qui vient d’arriver au quotidien, en train de passer sous le contrôle d’un trio d’hommes d’affaires, Pierre Bergé, ex-fondateur d’Yves Saint Laurent, Xavier Niel, fondateur et PDG de Free, et Matthieu Pigasse, banquier d’affaires à la banque Lazare. On peine à savoir ce que cela signifie pour le journal lui-même, et pour l’économie des médias en général.

Derniers commentaires

erreur de forum
Durant cette émission, je suis surpris que n'aient pas été évoqués, entre autres, les liens passés de DS avec le Monde, les liens de Bergé avec S. Royal, et le fait que Niel (Free) héberge arretsurimages.tv.
Vous laissez dire à Patrick Eveno, sans aucune contradiction, des choses assez sidérantes.
(Jean-Michel Dumay venait de dire qu'il souhaitait que le Monde aborde plus les inégalités sociales.)
À propos de de la publicité dans la presse, Patrick Eveno affirme que cette «publicité» se moque des contenus,
l'important étant le gain financier.
Mais oui, bien sûr ! Si demain Le Monde publie un dossier sur des conditions de travail très négatives chez Total,
cette entreprise va s'empresser de payer une page entière en vis à vis de l’article.
Off course !

D'autre part, il qualifie ces articles d'éventuellement «rébarbatifs». Non ! Ils intéresseraient beaucoup
de monde. Le problème, c'est qu'il y a des sujets tabous !

Cette manière de nommer les annonceurs «la publicité», comme s'il s'agissait d'un organe indépendant
trouve son équivalence en finance avec le terme «les marchés».
La réalité c'est des entreprises, avec une réalité sociale, des inégalités sociales, une exigence de rentabilité.
La même exigence de rentabilité qui, à mon avis, pousse le journaliste de brève à ne plus vérifier les sources.

(Mon commentaire est un vrai bordel, j'ai l'impression, j'espère que l'on comprendra ce que je veux dire).
Merci pour cette émission. Anne-Sophie ,vous avez été très bien , comme dans l'émission précédente!!!

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J'ai beaucoup_apprécié cette émission, tant sur le fond... Que sur la forme !
Le tutoiement de l'historien, la prise de pouvoir d'Anne-Sophie au sujet de, en gros:
" - Il était une fois en 1944...
- Pfiouuuuuuuuuu !!! 1944 !!!
- Mais moi ça m'intéresse 1944 !!! ".
Un petit vent d'Anarchie rafraîchissant et Dieuquinexistepas sait qu'il fait chaud ce Dimanche après-midi à Clermont-Ferrand !
Juste un petit point négatif, arrêtez de dire que le réflexe des étudiants est d'aller voir sur Wikipédia !!!
Ils sont de mieux en mieux formés à la recherche documentaire ( quand ils se donnent la peine d'aller au tutorat... ) et les profs font tout ce qu'ils peuvent pour les obliger à varier leurs champs d'investigations !
Par contre un article de Wikipédia a été utilisé cette année pour une question du concours d'état d'assistant des bibliothèques, grrrrrrrrr...
"Le Monde vient-il de se vendre à des milliardaires ?"
Vous auriez préféré qu'il soit vendu a des smicards ? Qu'est ce qui vous permet de penser que ce trio ne respectera pas la presse telle que Le Monde la manifesTAIT et telle que nous la souhaitons ? Pour ma part j'attends , j'expérimenterai et je choisirai de garder ou pas .
la Vache quand j'ai lu le titre j'ai cru qu'on était envahis par les martiens ou les petits gris!
Je crois que l'émission s'est égarée dans le thème : que doit faire Le Monde pour fonctionner ?

C'était pas vraiment le thème de départ non ?

Sinon quand je vois la page d'accueil du site, je ne suis pas très optimiste sur sa survie : du tennis, du foot, du vélo, on se croirait à l'Equipe.
Faut-il être indépendant pour parler de sport ?
Donc bof, bof, bof, tout ça pour ça...
Pas encore lu le forum, l'émission est passionnante, Jean-Michel Dumay formidable comme d'habitude - et un peu étrange quand il démontre qu'il trouverait mieux de mettre 30, 50 ou 100 millions d'€uros (on ne sait plus vraiment combien il faudrait...) sans contrepartie !

Notre société a réellement perdu la tête, mendiants sans fierté les États et les sociétés (de presse ou autre) font la manche en clamant qu'ils ne veulent pas aliéner leur liberté...

N'aurait-il pas fallu y penser avant ?

On n'est pas vraiment en position de force quand on fait la quête... Il n'enseignent pas ça, à l'ENA ?

C'est dommage !

Bon ! En l'absence d'espace fourre-tout, deux hors sujets :

Mélenchon devant la Maison de la Radio : Quelle classe !

Et Terzieff qui nous a quitté. J'ai resorti ce que j'écrivais il y a trente cinq ans, dans l'Écho Républicain

Voilà...

***
Une émission très intéressante, mais je suis surpris de ne pas avoir entendu un mot de l'influence qu'a tenté d'exercer Nicolas Sarkozy sur la reprise du Monde, en convoquant Fottorino à l'Elysée pour contrer l'offre de Niel-Pigasse-Bergé. Surtout lorsque Jean-Michel Dumay semble défendre le projet de Perdriel, il aurait été intéressant de savoir ce qu'il pensait de cette influence élyséenne.
Comme d'habitude quand on parle de la presse, aucune remise en question sur la qualité du journal.

C'est bien, continuez à croire que c'est grâce à son site internet, à ses colloques et je ne sais quoi que le Canard Enchainé fait des bénéfices.
Quelque soit la décision finale en terme de remise à flots financière du journal, j'espère que la nouvelle équipe, une fois aux commandes, aura la sagesse de garder des journalistes de la trempe d'un Jean-Michel Dumay. Car ce que j'ai compris et perçu de son combat (qui semble désespéré) c'est que lui défend l'identité et la pérennité d'un JOURNAL, pas seulement d'un PRODUIT médiatiquement viable et/ou rentable.
Des journalistes de cette étoffe se font de plus en plus rare, il me semble, ou me voilà moi aussi gagné par la nostalgie d'une époque révolue ?
Déception suite à cette émission:
- le thème de l'imprimerie du monde a été évoqué mais pas traité (9 min 10 secondes de l'acte 2).

- aucune analyse des conflits d'intérêts potentiels entre les repreneurs du Monde et la rédaction. J'aurai bien aimé savoir en quoi consiste le travail de mr Pigasse, associé dans la banque Lazarre.

- pas d'analyse des organisations permettant une indépendance des rédactions, et de leurs effets, en particulier sur la ligne politique des journaux. Je crois volontiers que Edouard de Rothschild n'est jamais intervenu sur un papier de Libération, mais je constate que Libération n'est pas très mordant et est peu politisé, à mon grand regret. Trapper un papier est bien trop voyant pour un patron de presse, mais le contrôle passe peut-être plus par l'orientation du travail d'investigation des journalistes. Comment cela est-il organisé dans les grands journaux?

- autre question possible : pourquoi le journaliste d'investigation est-t-il surtout le fait des journaux appartenant à leurs directeurs ou à leurs journalistes (médiapart, le canard)? J'ai lu tous les jours lemonde.fr durant près d'une année, je n'ai aucun souvenir de révélations faites par ce journal, malgré ses moyens humains.

- pas de rebond sur la phrase de Me Schmitt "aucun quotidien rentable en France " (9 min 15 acte 3). Le cœur du problème est là, et il n'y a jamais eu d'émission analysant à fond ce fait : depuis quand est-ce le cas? Est-ce le cas à l'étranger? Peut-on envisager des quotidiens papier rentables dans un futur proche?

- la dépendance des journaux envers l'Etat (aides massives via la distribution, la publicité et dans le cas du monde aide ponctuelle sur l'imprimerie) n'est pas traitée. Elle est à mon sens aussi grave que la dépendance envers l'actionnaire. Quid de la transparence dans ce domaine?

Par contre une information très intéressante dans cette émission: le Monde n'a jamais été un journal appartenant à ses journalistes!!!! Merci à mr Eveno de mettre en lumière ce mensonge, très largement diffusé.
En fait si j'ai bien compris le sujet de l'émission, il s'agit de savoir si les propriétaires d'un journal infléchissent la ligne éditoriale. A un moment de l'émission on évoque Libé qui, avec l'arrivée de nouveaux propriétaires ne change pas de ligne. Et si les nouveaux propriétaires s'étaient finalement reconnus dans la ligne d'un canard qui a réajustée sa ligne au fil du temps? De moins en moins radical comme l'époque le voulait, et les annonceurs publicitaires aussi(qui a dit surtout). Libé ne diffusait pas de pub a ses débuts. Est-ce que les annonceurs ne sont pas les premiers à infléchir la radicalité d'un journal? Bien sûr la question ne se pose pas pour le Figaro, mais pour une presse "de gauche" qu'en est-il?
Pour feter le premier anniversaire du coup d'état au Honduras lundi dernier, voici les premieres lignes d'un article publié sur [www.lemonde.fr]

Le 28 juin 2009, le président du Honduras, Manuel Zelaya, était renversé par un coup d'Etat alors qu'il voulait consulter la population afin de mofidier la Constitution en vue de pouvoir briguer un second mandat.

Même @SI, (certes, un peu poussé par une horde de hondurassiens) a démenti cette bourde en octobre dernier [www.arretsurimages.net],

Vive LA réference ! Mais peut être cela n'a t-il rien à voir avec le journal papier ?

PS: sur le sujet un ptit article de R.Lambert sur [www.monde-diplomatique.fr]
une interview de Zelaya sur le site de [www.michelcollon.info]
Je suis rassuré, je ne suis pas le seul, je ne suis donc pas fou !
Pierre Bergé ne veut pas prendre le contrôle du Monde mais juste éventuellement apporter quelque plumes ...

ah bon c'est tout, pas de quoi fouetter un chat, en effet .
Rien à voir avec le sujet, mais je trouve que Fabienne Schmitt a un faux air d'Emmanuelle Béart, non ? Ca ne vient que de moi, ou vous aussi ?
Globalement merci pour ce débat intéressant car il nous fait comprendre la perception du sujet par « le milieu ». Mais quelques remarques qui me font dire qu’il faut aller plus loin d’ici quelques mois car il n’y a malheureusement que vous à pouvoir le faire :

1/ Daniel il aurait été plus correct d’évoquer plus précisément votre « histoire » avec Le Monde. Je ne pense pas que ça joue beaucoup dans le débat, mais par principe vis-à-vis des jeunes asinautes qui n’ont pas fait la guerre :)

2/ svp invitez moi la prochaine fois parce qu’entendre un débat entre gens de bonne volonté qui évoquent des aspects juridiques et financiers mais qui ne maîtrisent malheureusement absolument pas ces concepts et disent pas mal de bêtises, c’est très très frustrant. D’accord l’accord définitif n’est pas signé mais qui a vraiment le meilleur pouvoir de négociation maintenant, ceux qui vont apporter de quoi payer les salaires ou ceux qui, s’ils ne signent pas, conduiront Le Monde au dépôt de bilan et donc remettront son avenir entre les mains de la justice consulaire.

3/ Daniel, vous gérez ASI tous les mois de façon concrète, pourquoi ne pas avoir au moins évoqué le chiffre d’affaires du Groupe Le Monde, les résultats... Il manque 10 millions pour payer les salaires de juillet, 25 pour rembourser des dettes sur 2010 … C’est beaucoup ou pas par rapport au chiffre d’affaires d’un mois ? Les forums type Libé proposés par Jean-Michel Dumay ça rapporte combien de millions. Je sais, on ne sait pas mais c’est plutôt l’équivalent de 100.000 euros ou 10 millions ? Il y a combien de lecteurs abonnés ou en kiosque ? Et hier il y en avait plus ? Combien de salariés par exemple pour les pages culture ? C’est beaucoup par rapport à Libé ? Ce n’est pas assez ? Trop ? Les salaires et avantages sont-ils plus élevés que chez ASI ? Qu’apporte réellement une rédaction de plusieurs centaines de journalistes par rapport aux équipes de snippers sur internet.
Désolé d’être vindicatif mais malheureusement on sent tellement que c’est le manque de compréhension des chiffres et des réalités qui a conduit Le Monde à sa situation. On parle d’un côté de quelques chiffres et de l’autre un peu du contenu, mais il n’y a aucun lien entre les deux (c’est d’ailleurs pareil pour tous les médias français sur plein de sujet ; ex la dette, les retraites… où les gens s’écharpent devant des journalistes et mettent en balance des concepts sans susciter de questions alors que d’un côté on parle de 10 milliards et de l’autre de 150 millions).

4/ Jean-Michel Dumay franchit des lignes jaunes intéressantes, par exemple il est rare de voir quelqu’un qui représente (ou représentait) des salariés évoquer une possible réduction de salaire ; la vente d’un beau titre comme Telerama ; il sous-entend aussi qu’il serait bon que les contenus numériques soient plus relus par une hiérarchie ou des « éditeurs » ; il aurait donc été intéressant de plus le travailler. Ses confrères ont-ils préférés le confort à l’indépendance ? Il évoque aussi une prise de contrôle par les salariés ; 10 millions, 100 millions d’apport par les salariés était-ce envisageable ?

5/ rien sur les motivations de X. Niel. Quelques pistes à interroger : Respectabilité à acquérir ? Synergie avec Free ? Danseuse ? Conviction politique ? … Aura-t-on toujours de généreux bienfaiteurs désintéressés qui acceptent de payer les salaires de nos amis journalistes en fin de mois ?

6/ rien sur la situation capitalistique très différente du site Le Monde Interactif par rapport au reste du groupe. Lorsque l’on voit comment Le Monde papier (je généralise) regarde de haut son petit frère électronique ça rend pessimiste sur leur capacité d’adaptation (sans parler de son cousin LePost qui si on fait le rapport salaires / audience atomise les repères ; ce rapport est-il d’ailleurs inversement proportionnel audience / niveau de qualité ?).

7/ Internet et des sites comme ASI représentent-ils pour la presse ce que les fabricants chinois représentent pour l’industrie ( mois de loi, mois de salaires, précarité …). A-t-on besoin d’actionnaires ou de mécènes ? Le Canard est-il un modèle ou est-il aux mains de quelques individus qui s’en mettent plein les poches sous couvert d’indépendance …

Non je ne mélange pas tout. Ou seulement un peu :) Mais nous sommes à un stade où, si l’on ajoute la situation de la distribution (des kiosques tenus par des - même pas – smicards et Prestalis (ex NMPP) on bord de l’implosion), la presse française peut disparaître dans les 5 prochaines années, sauf à devenir l’outil de communication d’autres intérêts.

Si les acteurs du secteur, les rédactions en premier lieu, ne s’emparent pas des dures réalités et restent dans les concepts et les principes, on va vers la catastrophe. Libé, rappelez-vous, lorgne sur Perdriel pour relayer Rothschild. Dans 5 ans trouveront-ils encore un joyeux mécène. Le Figaro n’est que la danseuse de Dassault et ses vrais chiffres de ventes sont catastrophiques (et oui c’est aussi inquiétant pour la démocratie), La Tribune au bord du gouffre …

Bon il restera le Canard, l’Equipe et un groupe de PQR…. Et ASI !!! Sans oublier TF1 qui reste très rentable.

Si la presse, la vraie disparait, ce n’est peut-être pas une catastrophe pour la démocratie. Enfin peut-être. ASI doit donc mener le débat encore et encore.
SI je peux me permettre, en tant qu'humble prof d'histoire, voici encore un exemple d'"historien" puant et insupportable, qui ne considère que sa parole et sa pensée, sans se soucier de ses contradicteurs.
Ceci n'est qu'une remarque de forme, le fond prête comme d'habitude à réflexion, mais j'en ai marre, ça fait plusieurs fois que Schneidermann se fait bâcher sur son plateau, les gens avec la science infuse n'ont pour moi d'entrée moins de crédibilité. Ce n'est pas Dieu, il a des défauts, mais les gens qui se la pètent, ça devient lourd. Navrant.
Voilà, désolé.
Certes le débat avait de l'intérêt mais il situait "Le Monde" non comme s'il s'adressait à des lecteurs mais à des interlocuteurs politiques, économiques etc. On aurait cru que ce journal était destiné à dialoguer avec les pouvoirs quels qu'ils soient et à leur apporter des analyses pour les faire réfléchir. J'ai beaucoup de jeunes gens autour de moi, de ceux qui il y a vingt ans auraient acheté le "Monde" ou "Libé". Pas un seul ne les achète. En revanche ils sont très informés par les sites de ces quotidiens ou des hebdos mais surtout par "Mediapart", "Arrêt sur image", Rue 89, voire Backchich. C'est un lectorat dont je n'entends jamais parler dans quelque débat que ce soit ( à la radio, ou à la télé) au sujet de la presse.Et pourtant c'est ce lectorat qu'il faudrait conquérir, si les journaux veulent survivre.
Si si on est encore là.
Bon un peu amorphe, c'est sûrement dû à la chaleur de cette fin de journée. Sinon le débat est (comme trés souvent, ndlr) fort intéressant et instructif. Nous avons apprécié les explications de Mr Jean-Michel Dumay, quoiqu'il en soit, si je consulte souvent le site du Monde.fr, depuis de nombreuses années, je n'achéte plus le quotidien, pour diverses raisons ( contenu qui ne me parle plus, prix, manque de fermeté, recul de l'investigation,...) et pourtant, mes parents le lisaient, ado devenu grand je l'achetais trés régulièrement. Et un jour (approximativement,lors du passage à l'euro) j'ai coupé le lien avec ce journal. Bref, j'ai pas d'avis, enfin si, mais il fait trop chaud ce soir. Bonsoir ....

P.S. Trop Bien Didier Porte sur @si, Félicitations, mais un bémol, il ne faut pas que @si se transforme en refuge pour les troublions du PAF.
Comme le rappelait Jean michel Dumay modèle éditorial et économique vont ensemble, et ces derniers temps le monde est désavoué par plusieurs milieux qui le lisaient auparavant : intellectuels, profs ( ici ) ... etc il a perdu une grande partie de sa pertinence et de son coté analytique. Acrimed nous le rappelait avec la présentation de l'hypothétique formule choc... la double page d'enquête et de journalisme de questionnement ( ? ) !

Je n'ai jamais été un grand lecteur du Monde, et je suis un peu jeune pour l'etre mais il me semble ressentir de mon entourage une grande déception de la part de ce journal ces dernières années. Malheureusement si M Dumay est le seul à s'etre opposé à la vente, c'est peut-etre que la societé des rédacteurs est à l'image du journal, qui a besoin d'un coup de jeune. Si il est arrivé au bord du gouffre c'est aussi de sa propre faute, à eux d'en subir les conséquences ? Autrement dit les problèmes économiques sont peut-etre des problèmes de pertinence...

Pierre Bergé évoque la possibilité de relancer le journal, de recruter des journalistes, ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi... mais de laisser Fottorino, qui lui n'a pas l'air de bien gérer la baraque, en meme temps annoncer le changement du directeur direct ca sera pas super... Il me semble en tout cas que la perspective historique a été utile et que si le journal veut retrouver la belle formule du temps de l'après-guerre, etre un journal de réference il devra faire un effort, qui doit exiger un repositionnement comme le souligne J-M. Il fustige quand meme pas mal ses collègues de ne pas etre capable de se remettre en cause ( salaire etc ). La bataille a l'air perdue d'avance.

Tout ca n'est qu'impression nébuleuse mais que ce que défend Dumay dans ce problème de recapitalisation c'est ce qui faisait l'ame du Monde, or elle me semble s'etre déjà envolé...
...mais je me trompe peut-etre, je ne lis pas le Monde.

A bon entendeur,
Ilya ( pas )
Débat intéressant, je dirai même plus, intéressant.
Jean-Michel Dumay est un type formidable ; le pauvre il ne comprend pas pourquoi des investisseurs (à coup de millions d'euros quand même) ne veulent pas laisser le contrôle à la bande joyeux lurons qui s'est endettée jusqu'au cou....non mais c'est vrai quoi, c'est quoi ces actionnaires pourris jusqu'à l'os qui ne veulent payer comme des cons sans avoir leur mot à dire ? Grand moment de comédie...

Sinon plutôt qu'inviter Mélenchon toute les deux semaines...je propose de l'échanger pour Fabienne Schmitt.
L'endettement du Monde provient surtout du temps où Alain Minc se prenait pour un petit J.-M. Messier. La santé du Monde n'est pas excellente mais la rédaction n'est pas le groupe d'inconséquents que vous raillé...

La santé du Monde n'est pas excellente mais la rédaction n'est pas le groupe d'inconséquents que vous raillé...


Vous avez l'art de manier la litote.

Un journal qui a un prêt de 29 millions d'euros qui arrive à échéance en décembre et qui n'a pas le moindre denier de provision pour rembourser cela....sans même parler du reste, moi il me semble qu'il est plutôt au fond du trou que "pas en excellente santé".

Et Alain Minc...il a bon dos ; que je sache depuis son départ, on n'a observé de changement de cap spectaculaire.
Plusieurs remarques :

* Depuis que je suis en âge de le lire Le Monde est en crise. Je propose donc d'adopter cet adage issu de la politique belge : "La situation est désespérée mais pas grave"

* Alain Minc a fortement endetté Le Monde pour constituer un groupe à la fin des années 90 (comme Messier) : il a acheté à crédit : Télérama, Midi-Libre, Courrier International... mais les bénéfices escomptées ne sont pas arrivés. Si bien que la trésorerie ne suffisant pas, Le Monde est surendetté et à la merci de ses créanciers (ça ne vous rappelle pas Vivendi...).

* Le problème de la stratégie de Minc (et de Messier à Vivendi), c'est que, si les bénéfices ne suivent pas, il faut liquider les acquisitions en urgence et le plus souvent à (grosses) pertes. Donc, quand le mégalo vous a collé dans la m...., il n'est pas simple de revenir dessus.

* Les pertes d'exploitation sont importantes mais elles ne correspondent pas au gros de l'endettement. (je dis ça de mémoire, à vérifier)

* Vous pouvez toujours gloser sur la crise éditoriale, vous aurez parfaitement raison... mais ça touche toute la presse française !
Pour être bien clair, dans les faits, qui est, selon vos affirmations, "la bande joyeux lurons qui s'est endettée jusqu'au cou. " ?
Juste pour voir si vous trouvez normal que ces investisseurs aient un contrôle sur le contenu informatif du site.
(vous pouvez aussi répondre à cette seconde question indirecte de manière précise, si vous le souhaitez).
Comme dab, Alex: affirmation gratuite, évasive et fausse.
Au moins, avec vous, dès la première couche grattée, pas de surprise.
Je vous accorde cela.
Incroyable de voir à quel point les journalistes estiment leur lectorat dépolitisé.

Comme si celui-ci ne se posait pas de questions sur l'infléchissement possible d'une ligne éditoriale, à la faveur d'une recapitalisation faisant entrer dans l'actionnariat une entité nouvelle. En supposant que le lecteur ne sache pas à qui appartient le journal qu'il tient entre ses mains, il saisit en revanche parfaitement les changements de sensibilité, même lents, même déguisés.

Je suis frappée aussi de constater que les journalistes se croient à l'abri de l'influence de groupe auquel ils appartiennent. Le phénomène relève certes plus souvent de l'auto censure que de la pression directe, mais il existe bel et bien. On le retrouve dans les établissements d'enseignement supérieur, où les professeurs, sans même s'en apercevoir parfois, orientent l'enseignement en fonction des attentes (parfois supposées) de la direction, et du "profil" donné à l'école. Un IEP ne s'improvise pas école de management sans fourguer à ses étudiants l'essentiel de la doctrine de l'école de Chicago, c'est comme ça, malgré la conviction que l'on reste encore et toujours indépendant et libre du choix des cours.

On colle aux maquettes, et même si celles-ci, au premier abord, ne semblent rien dire de leur orientation, les contenus cachent mal une absence de neutralité, vendue comme un pragmatisme - évidemment -.

Bref, je suis surprise Daniel de trouver dans votre bouche une amorce de critique que l'on trouve dans la Fabrication du consentement (je sais on commence à devenir lourds avec Chomsky) dont l'un des chapitres est précisément consacré à la maîtrise des grands quotidiens américains, passée des mains de personnes privées dans celles de grands groupes industriels dont le métier n'a rien à voir avec le journalisme.

Et pour quel résultat !
C'est dommage. Ce journal a raté une occasion de mourir dans la dignité.
C'est surement pas formidable le choix du trio BNP, mais je ne vois pas la différence avec le roi des sanibroyeurs. La grande liberté à l'Obs ah ah ah ah pourquoi faire ? 10 potins, 50 pages de pub, 10 éditoriaux à la con et 3 interviews caressantes.

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