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Le monde merveilleux de la forêt écolo

Que diriez-vous d’une petite balade en forêt ? Pas besoin de sortir les bottes, il suffit de lire Le Journal du Dimanche du week-end dernier. "La forêt a une santé de fer" annonce l’hebdomadaire dans un dossier très détaillé. Quatre pages à 370 000 exemplaires et autant d'arbres en moins, on peut supposer que l’information est d’importance. On y apprend ainsi que la forêt française est la troisième d'Europe, "sa faune et sa flore très riches composent un environnement indispensable et une économie très importante". Non seulement le cadre est idyllique (biches et luthiers communient dans la joie et la bonne humeur), mais la filière bois s’avère être un secteur très dynamique.

Derniers commentaires

bravo Sherlock pour cette chronique
zêtes notre Magritte à nous avec Ceci n'est pas un reportage
:)

drôle de coïncidence, le WWF envoie sa campagne contre la déforestation : http://www.wwf.fr/s-informer/nos-missions/forets
en touchant sur la flore on touche directement la faune, évidemment !!

allez cadeau : le sapin de noyel le seul qui ne souffre pas de déforestation puisqu'il est planté chaque année pour mes besoins perso..... enfin c'est ce qu'on m'a promis hein !!
A propos d'écologie, ASI n'a rien a dire sur les 2 émissions qui sont passées récemment :
une émission sur l'eau France3
une autre sur la disparition des abeilles sur Arte

Est-ce que ça a fait du bruit dans lémedia ?
Moi j'ai trouvé ça intéressant, pour une fois qu'on voit des choses intéressantes à la télé.

(je ne sais pas où poster des remarques générales sur ce site, il n'y a pas un forum libre ?)
Diantre ! Monsieur Sherlock Com', vous avez d'indéniables talents de pamphlétaire !
Heureusement que cet article est publié dans la rubrique rose du site et non dans la bleue ;-)
Travaillant au sein de la filière bois (à l'Office National des Forêts, pour être précis), je me permets d'apporter quelques éléments...

En premier lieu, et pour être clair, sur la forme du message. Je suis tout à fait d'accord que les publi-reportages sont condamnables, car il induisent le lecteur en erreur, en usurpant la crédibilité d'un journal. Donc cet article est condamnable sur la FORME.

Maintenant sur le fond. Oui on peut "tout" faire avec du bois : des bâtiments (structure, isolation, menuiserie, parquets, bardages, lambris, mobilier...), du combustible (et non, le carburant à base de bois n'est pas du charbon mais de l'éthanol, chercher "carburant de deuxième génération" sur wikipedia par exemple), du papier, de l'emballage, des tonneaux ...

Oui c'est une filière très créatrice d'emploi en France car (relativement aux autres filière industrielles), encore relativement peu délocalisée. Le rapport Bianco (une mine d'information, bien que datant de 1998, et librement disponible sur internet) affirme d'ailleurs que c'est un des secteur d'activité où chaque euro investi est le plus créateur d'emploi. Normal, étant donné que la plupart des entreprises du secteur ont la masse salariale comme premier poste de dépense (et de très loin).

Non, couper des arbres ne détruit pas nos forêts (en France et en Europe en tous cas) : Toutes les forêts françaises d'une taille suffisante (généralement plus de 10 ha, et obligatoirement plus de 25 ha) font l'objet d'un plan de gestion garantissant la pérennité de la gestion : l'objectif est systématiquement d'avoir un production soutenable (pour ne pas dire durable, terme sérieusement galvaudé). En simplifiant le raisonnement : si la production biologique de la forêt est de 5 m3 de bois par hectare et par an, alors on devra récolter 5 m3 par ha et par an. cela revient, pour prendre une métaphore, à ne dépenser que les intérêts d'une somme placée sur un livret.

Et oui, un des principes de base de la sylviculture est, tout au long de la vie d'un peuplement, d'éclaircir les peuplements pour permettre aux plus beaux arbres de mieux se développer : car oui, un arbre de 180 ans prend plus de place que lorsqu'il n'en avait que 30 (aussi étonnant que cela puisse paraître ;-) ).

Oui, affirmation exacte bien qu'absolument pas intuitive : un bâtiment en bois résistera mieux à un incendie qu'un bâtiment béton/acier : une structure bois met du temps à brûler, et donc à s'effondrer. Une structure en acier, sous l'effet de la chaleur, va rapidement fondre, et donc s'écrouler... Etonnant, non ?

Effectivement la filière bois française souffre de la concurrence des bois exotiques et scandinaves : beaucoup de bois exotiques sont bon marchés car exploités sans se soucier de l'avenir de la forêt dont il est issu, et dans des conditions sociales lamentables ; et les bois scandinaves le sont parce que leur production est extrêmement rationalisée (bien que généralement "durable"). Par rapport à ces derniers, nous souffrons d'un handicap qui n'en est pas un à tous points de vue : nous gérons la plupart de nos forêts de façon multifonctionnelle (oh le terme barbare !) : en France, pour être bien gérée une forêt doit produire du bois, mais aussi accueillir le public dans de bonnes conditions et constituer un ensemble d'habitats favorable pour la biodiversité. En Scandinavie, les fonctions sociales et environnementales sont moins développées (je n'ai pas dis absentes, hein !), donc moins coûteuses...
Au passage, le Douglas n'est pas un sapin, et ne vient pas de Scandinavie : le Morvan en est un des plus gros bassins de production en Europe, sachant que cette espère est introduite d'Amérique du Nord.

Une question philosophique annexe : vaut-il mieux des maisons ayant une structure en bois scandinave, ou en acier chinois ? Eléments de réponse à caractères environnementaux : la construction d'une maison en bois consomme 10 à 20 fois moins d'énergie que celle d'une maison en béton/acier (tout compris), et le bois est sans commune mesure plus isolant (hors ajout de laine de verre ;- ) ) que le béton. Si l'on ajoute que le secteur du bâtiment (construction + chauffage) représente environ 50% de la facture énergétique française...

La certification écologique (FSC ou PEFC) n'a rien de "légal". C'est un label de gestion durable, auquel le propriétaire souscrit de façon volontaire. Donc il ne faut surtout pas confondre bois non certifié et bois illégal ! C'est comme si l'on disait que les produits agricoles non bio et non label rouge sont illégaux... De nombreuses forêts françaises sont gérées durablement (techniquement et au sens du code forestier) et ne sont par éco-certifiées.

Non, le chauffage bois n'est pas TOUJOURS polluant : il y a un monde entre la cheminée à foyer ouvert et la chaufferie collective à plaquette. Oui, tous les chauffages au bois rejettent des particules, mais les meilleurs le font de façon très limitée. Et, M. Sherlock, si vous trouvez une source d'énergie 100 % renouvelable, 100 % recyclable, 100 % non polluante, 100 % intégrée au paysage, prévenez-moi il se peut que je sois intéressé. Je suis le premier à penser qu'il est fondamental qu'un grand plan d'isolation des logements soit lancé pour réduire la gabegie actuelle. Mais il faudra toujours un minimum de chauffage, et le bois ne me semble pas être l'énergie la moins valable dans ce domaine. Pas parfaite, mais mieux que beaucoup d'autres...

En ce qui concerne l'adaptation de l'offre à la demande, il faudrait à mon sens retourner le problème. Je m'explique : techniquement, presque tout ce que nous faisons avec des résineux pourrait être fait avec des feuillus. Le problème est que nous importons en bloc le matériel et la technologie de transformation scandinaves, alors que nous n'avons pas les mêmes forêts. Selon moi, le rôle de l'Etat devrait être déterminant dans ce domaine : il devrait financer la R&D créant le matériel et le savoir faire nous permettant de valoriser au mieux le bois issu de nos forêts... Et non chercher à avoir la forêt scandinave en France !

En parlant de financement, il est à noter que la filière bois est proportionnellement nettement moins soutenue que certaines autres (automobile, agricole...) par l'Etat. Exemple de l'ONF : nous sommes un établissement public à caractère industriel et commercial. En gros, une entreprise 100 % détenue par l'Etat. Et ce dernier, notre "actionnaire", nous demande d'être rentable. Oui, rentable (et nous le sommes certaines années). Bien que nous ayons encore de nombreuses missions de service public, nous devrions être bénéficiaires, alors qu'il est communément admis qu'une autre branche du secteur primaire, à savoir l'agriculture, ne PEUX PAS l'être. Cherchez l'erreur...

Bref, j'aimerais que, pour être équitable, vous fassiez avec autant de verve l'apologie de la Com écologiste du secteur du béton (si, vous savez, la pub qui passe périodiquement sur toutes les radios publiques et qui déclare, sans rire, que le bloc béton est le système constructif le plus écolo), de l'alu, du nucléaire, du pétrole... Nous ne sommes pas une filière parfaite, mais nous nous battons (avec peu de succès pour l'instant, il faut bien l'avouer) pour faire la pub de notre production, que nous croyons sincèrement très avantageuse par rapport à beaucoup de ses concurrents. Et nous avons de nombreux arguments. Mais la meilleure façon de vous en convaincre c'est encore de venir nous voir en forêt : l'ONF organise en de nombreuses forêts des visites guidées afin d'expliquer sa gestion, ses objectifs, les richesses des milieux qu'il gère... En ce qui me concerne je serais ravi de vous faire (re)découvrir les magnifiques forêts Sarthoises, et d'y débattre sans fin. N'hésitez pas m'envoyer un MP. Beaucoup de forestiers sont passionnés par leur métier et ne demandent qu'à transmettre cette passion :-) .
J'avoue, j'ai d'abord joué aux devinettes ce matin avant de lire cette cinquantième chronique, je n'avais pas trop le temps,, mais je viens de la lire attentivement à l'instant.
Pour me faire pardonner un gâteau" forêt noire" pour votre anniversaire ;)
Nimporte quoi cet article; une demi journée au coin du feu c'est 3500km de diesel.
Les chaudières bois aujourd'hui ont une combustion avec un rendement excellent proche de100% donc presque pas de HAP et particules.
Idem pour les poeles. Ce sont les mode de combustion du bois qui se développent les plus, pas les cheminées.
Et quid du stockage du carbone par le bois? Il vaut mieux bruler le bois qui a un bilan carbone proche de 0 que du gasoil qui émet 2,9 kg de CO2 par L consommé.
P. Binder - expert climat-énergie
Ah mais pas du tout mon Sher lock, je vous précise que certaines personnes comme moi connaissent les scieurs de tête, les scieurs de long, et des instruments fabuleux comme la scie au bois montant, la scie à dos, la scie à guichet, la scie à placage, la scie à chantourner et même la scie musicale. Et je connais bien aussi des luthiers qui n'ont strictement rien à voir de près ou de loin avec ce cancre éternel qu'est Jean-Pierre Pernaut.

Prière donc de ne pas mélanger les torchons et les serpillères.

Quant à la pollution que représente une flambée un début de soirée d'automne, s'il s'avère qu'elle est nuisible du point de vue écologique ce qui n'est pas aussi simple puisque son bilan est neutre en dehors de toute considération humaine, en contemplant son spectacle, là tout près au coin du foyer, en écoutant le bois craquer et péter, en humant cette odeur inégalable, en sentant le rayonnement et la chaleur qui vous pénètrent, c'est un gros dépolluant de l'esprit, et ça c'est bon pour la planète comme dirait la dame blonde.

Qu'on élimine d'abord toutes ces saloperies de bagnole avant qu'on vienne oser s'attaquer à mon tas de bois.

Ma devise: je pense, donc je suie.

Et api beurre sdétouille houx.
[quote=Chantal Jouanno]Une demi-journée au coin du feu, c'est autant de particules que 3 500 km en diesel
Ca m'exaspère de lire encore des stupidités de ce genre. C'est comme "Lorsque vous faites du sport vous respirez plus donc vous polluez plus", ou "En une journée d'activité normale, un être humain émet autant de particules que x km en diesel". Tout ceci n'a aucun sens si on ne parle pas de la conversion inverse, c'est à dire la conversion CO2 vers carbone combustible. Si vous pouvez bruler du bois, c'est parce que l'arbre à poussé dans les 50 dernières années, et si on ne fait pas pousser autant d'arbres qu'on en coupe, on va rapidement se retrouver sans arbre. Et quand un arbre pousse, il transforme AUTANT de CO2 en carbone que sa combustion n'en dégage. De la même façon, quand un humain (ou un animal) respire le CO2 qu'il émet vient de son alimentation, donc de plantes qui ont absorbé le carbone qui les constitue sous la forme de CO2. La encore, le cycle du carbone est fermé. En revanche, le pétrole n'est pas reformé au même rythme qu'il est consommé (ce qui pose le problème annexe des réserves qui s'épuisent), et le CO2 dégagé s'accumule dans l'atmosphère et n'est pas retransformé en carbone utilisable. Le cycle du carbone est ouvert dans ce cas.
Donc NON, vous ne polluez pas en respirant, vous ne polluez pas en brulant du carbone (pour le CO2), mais vous polluez avec votre voiture.

[quote=L'article]Quatre pages à 370 000 exemplaires et autant d'arbres en moins
Ca aussi, c'est faux. Le papier en France est fabriqué à partir des restes d'élagage des arbres ou de nettoyage des forêts, et, si ca n'est pas suffisant, les arbres tombés lors d'une des dernières tempêtes. On ne tombe pas des arbres en France pour faire du papier (ce qui n'empêche pas de polluer, notamment via les traitements chimiques, l'encre utilisée, le glaçage du papier, ...). Le cliché "j'utilise du papier donc je tue des arbres" et aussi stupide et infondé que "la forêt idyllique avec ses biches et son luthier".
Concernant le bois de chauffage.
C'est clair qu'un poêle simple, ou un feu de cheminée dégage beaucoup de C02, en ayant en plus le mauvais goût de ne pas chauffer beaucoup.
[quote=Wikipédia]Une autre particularité de cette technique est la combustion à très haut rendement réel (entre 80 et 87 % du PCI - pouvoir calorifique inférieur du bois), ou post-combustion, réduisant les émissions de monoxyde de carbone, particules fines et autres polluants habituellement générés par la combustion au bois.

C'est du côté des poêle de masse qu'il faut regarder (ce n'est pas le même coût, et ça prend de la place), avec moins de bois, on chauffe mieux et plus longtemps, et la forte température permet de brûler la plupart des fumées.
Le principe est de faire brûler rapidement le bois à haute température, pour chauffer la terre / briques réfréactaires, qui vont retransmettre la chaleur pendant la journée.
Au plein coeur de l'hiver, cela permet de se chauffer dans une maison pas très bien isolée, avec deux flambées par jour, alors qu'un poêl classique, doit être alimenté en continue si on espère vraiment ne pas avoir froid.
Avec une maison bien isolée, on peut faire des flambées deux fois plus petites, ou n'en faire qu'une.

Ce n'est que dans ces conditions que le bois est intéressant, sinon, ça part en fumée pour un rendement médiocre.
Évidemment, le prix, pose comprise, est de l'ordre de 10k euros (je crois qu'on est plus qu'à 25% de réduction d'impôt à partir de cette année, avant c'était 40%), c'est un investissement, mais, testé et validé chez des amis : avant leur chauffage au gaz ne chauffait que dalle, en plus de coûter cher, et maintenant, ils payent 2 fois moins cher (en payant le bois cher, mais cela va changer en passant par une association qui fait des achats groupés) et ont CHAUD (ce qui est tout de même important... Manger, dormir, avoir chaud).

Par contre, les forestiers sont quand même de bons voleurs, je ne vais pas les plaindre. Entre du bois de piètre qualité, vendu comme séché deux ans sans l'être, et les livraisons qui ne font jamais le compte, le particulier est vraiment un pigeon face à ces roublards.
Sans se monter en asso pour commander beaucoup, le rapport de force se fait au détriment du consommateur systématiquement.
Je ne suis pas sûr que le JDD parle beaucoup de cela.


http://fr.ekopedia.org/Po%C3%AAle_de_masse
La forêt, longtemps chevelure de la terre dans les mythologies du monde, n’est plus. Le conte, qui lui était pourtant jadis tant associé, n’est plus non plus. Sa « médiatisation » lui a coupé son enchantement, la biche et le luthier du jité, succédanés d’un romantisme de pacotille, n’y pourront rien, les publicités déguisée en reportage non plus. La forêt reste pourtant à découvrir, à parcourir, à écouter, faute de disposer des glands magiques de Panoramix qui, en un battement de paupière, fait repousser instantanément les arbres. Je termine ce post qui finira comme d’habitude au compost par un petit passage du poète Bertrand d’Astorg, dans Le Mythe de la Dame à la Licorne :

« Moins ouverte que la montagne, moins fluide que la mer, moins subtile que l’air, moins aride que le désert, moins obscure que la grotte, mais fermée, enracinée, silencieuse, verdoyante, ombreuse, nue et multiple, secrète, la forêt des hêtres est aérée et majestueuse, la forêt des chênes, dans les grands chaos rocheux, est celtique et quasiment druidique, celle des pins, sur les pentes sablonneuses, évoque un océan proche ou des origines maritimes, et c’est toujours la même forêt. »
En parlant des luthiers : Au moins, ce secteur ne procède pas à des coupes sombres !

Si justement ! il n'est pas question de coupes claires...

correcteurs.blog.lemonde.fr
la plus grande fôret d'Europe se trouve en France, juste à côté du Brésil )))

je ne dis pas ça pour attirer votre... courroux, sherlok
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