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Le Monde, embauchez Cassiopée !

Sauvé ? Le Canard révèle ce matin qu'un accord pourrait intervenir entre Chirac

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« Le procès de Jacques Chirac », par Cassiopée, sort en librairie en septembre 2010, aux éditions Les Arènes.

Le Mot de l'éditeur :

« Cet automne l’ancien Président de la République va comparaitre en correctionnelle dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.
Une plume malicieuse, anonyme et très bien informée, imagine un coup de théâtre : acculé, Jacques Chirac se met soudain à tout dire.
D’un coup la vie politique française bascule, les palais nationaux sont en ébullition, les grandes entreprises tremblent, les langues se délient.
Ce vrai-faux procès dévoile les coulisses de la République, sa face cachée et ses intrigues, sous fond de corruption à grande échelle.
Durant le mois d’août, le quotidien Le Monde publiera chaque jour, une pleine page de ce feuilleton : « Le procès de Jacques Chirac ».
C’est la première fois que le quotidien ouvre ses colonnes à la politique fiction.
Il y a dix ans le feuilleton d’été des Echos (auquel un certain… Nicolas Sarkozy avait prêté sa plume avec Stéphane Denis) a été un succès de librairie signé « Manicamp ».
Le dernier jour, le feuilleton du Monde deviendra un livre aux Arènes. Et le quotidien fera largement la publicité du livre dans ses colonnes.
Tous les personnages sont vrais, les caractères, les détails, les lieux… C’est un initié qui écrit. Un vrai.
Quels sont les réparties et les situations authentiques (mais parfois jamais publiés) et quelles sont les inventions malicieuses ?
C’est brillant, corrosif, remplis de dialogues et de choses vues avec en personnages principaux Chirac, Balladur, Juppé, Villepin, Sarkozy, Louise-Yvonne Cassetta « la banquière du RPR », le jeune trésorier Eric Woerth, Roland Dumas, Roussin, Proglio, Bernadette Chirac, Sumo le chien, etc.
Seules trois personnes à Paris sont dans la confidence de l’identité de l’auteur du feuilleton : le patron du Monde, la responsable du service politique et le directeur des Arènes.
Parfois la satire en dit plus que les documents les plus sérieux. Le procès des années Chirac n’aura jamais lieu. Sauf en librairie. »

P.S. : ce qui est en gras l'est sur la fiche Fnac du livre.
Très bien vu DS,

En lisant quelques uns des épisodes de ce feuilleton de l'été dans le Monde, j'ai ressenti moi aussi ce "délice du lecteur" : c'est très bien écrit, chaque épisode est bien thématisé, les détails, les personnages sont vraiment bien croqués. Pour qui s'intéresse au jeu politique, un régal.

Mais on finit la lecture en se demandant ce qui est vrai dans tout ça, bien que tout soit "plausible". Or, on est dans "Le Monde", et même si l'appellation "politique fiction" apparait en gros au début de chaque épisode, on ne sait pas trop comment interpréter le truc. Je pense que j'aurais vraiment apprécier ce texte comme une fiction si j'avais lu l'histoire dans un bookin. Mais dans ce cas, je ne me serais pas interrogé sur le fait "est-ce que Chirac paie ses avocats ?", j'aurais pris ça pour un délire de l'auteur, alors que là, on doute. Je me suis même surpris à lire le truc en oubliant le côté "fiction", en considérant intellectuellement que tout était vrai.

Petite digression : l'Echo des Savannes publie depuis quelques mois une BD assez poilante sur Sarko et sa bande de fripouilles. Toute l'actualité récente y passe. C'est corrosif, très drôle.
Or, les auteurs prennent le soin de rajouter des notes de bas de pages pour rappeler aux lecteurs à quels événements ils font référence. Ce faisant, on apprécie d'autant mieux ce que raconte l'histoire, et on fait mieux la part du "réel" et du "plausible", voire du franchement délirant.
Les journalistes du monde ou d'ailleurs flippent un peu de balançer leurs infos
d'ou Cassiopée , tant mieux.
Meme les comiques ont peur , je repense à Rémy gaillard un peu gené par son gag avec le masque de sarko et avouant qu'il évacuait le sujet pour éviter les problèmes.
C'est quand meme étrange cette peur instaurée insideusement par le pouvoir en place.
Quand à Chirac , je crois qu'il a cessé de chercher son portefeuille depuis quelques décennies, mais entre lui et le petit teigneux du cap nègre....si je devais en mettre un à l'eau...
http://www.youtube.com/watch?v=8HWcxAcOpVY
Opportune occasion de revenir un instant sur ce qui a déjà été dit à propos de ces petites affaires d'emplois fictifs, mais aussi de fausses factures et de marchés truqués, dans lesquelles tous les vrais responsables s'en sont tirés "the fingers in the nose" (ou "in the naze" pour ne pas dire "in the nazi", afin de ne pas devoir découper mon écran suite au point Godwin…) tandis que les lampistes on naturellement morflé, tant quelques entrepreneurs que des troisièmes couteaux. Un bouc émissaire (Malaussène, si tu m'entends…) s'est quand même fait tirer les oreilles : le très dévoué Alain Juppé, qui a du s'exiler [s]dans les mines[/s] au Canada pendant un an (brrr ! c'est qu'il fait froid là-bas, et puis il y a des ours, c'est vachement dangereux !)

Venons-en au fait :

- les emplois fictifs consistent à rémunérer des petits camarades ou des petites copines en échange d'aucun travail (moyen imparable de s'acheter leur reconnaissance ou même leur complaisance dans divers domaines…) avec une autre version : faire travailler à son unique profit des gens payés par le contribuable. Ce qui est très chic, il faut bien l'avouer ! À cette occasion ces bons zigues sont en train d'inventer un concept qui va nous faire faire des économies : le voleur qui a été assez maladroit pour se faire piquer n'a qu'à rendre une partie de son larcin et c'est bon, il peut retourner à ses honnêtes occupations. Pourquoi économies ? Parce que nous pouvons fermer la quasi totalité des prisons et nous passer du Ministère de la Justice ainsi que de l'administration pénitentiaire. Je vais regarder les chiffres mais à mon avis le déficit est pratiquement résolu !

- les fausses factures consistent à faire émettre des factures (payées par le contribuable) ne correspondant à aucun travail, pour récupérer très tranquillement, en espèces, le montant facturé en laissant un bakchich à l'entrepreneur (et en le laissant filer au trou si l'affaire se gâte, avec l'habituel courage des politiques) Voir cet excellent Wikipedia

- les marchés truqués consistent à choisir un entrepreneur complice, au mépris des règles élémentaires d'attributions des marchés publics, à faire faire une facture largement supérieure au prix réel des prestations… Puis à récupérer l'excédent. En liquide, naturellement. Comme ci-dessus, bakchich au complice et lâchage en rase campagne judiciaire en cas de problème…

Tout ceci est naturellement d'une rare élégance puisqu'il s'agit, dans tous les cas, d'installer une dérivation entre la poche du contribuable et celle du politique. Quand on a une petite idée, par exemple, des mœurs hôtelières de la bande Chirac (La Mamounia de Marrakech s'en souvient !) on ne peut pas avoir l'ombre d'un doute sur le fonctionnement mafieux de la Mairie de Paris Chiraquienne !

Une petite vidéo INA pour la soif

Faut-il rappeller (pour nos jeunes @sinautes) que le PS ou le PC qui auraient pu dénoncer ce système de merde se sont laissés acheter et n'ont donc pas eu d'autre choix que de la fermer?

Quant au rôle de la presse, c'est une question intéressante. Au cœur même des recherches @siennes… Le problème ne serait-il pas que les politiques (et de plus en plus, très nettement) font peur aux journalistes ?

Subsidiairement, à quoi bon dénoncer des turpitudes qui ne seront jamais condamnées, d'auto amnistie en vice de procédure ?

Et puis il n'est pas exclu que les Français aiment qu'on les prenne pour des cons, adorent le côté nettement monarchique du dispendieux fonctionnement de l'État, et éprouvent une très coupable sympathie pour les régimes… de bananes !

En conclusion Chirac était un pique-assiette particulièrement glouton et un occupant de l'Elysée très potiche. Mais il ne détruisait pas plus de deux siècles de République au Kärcher ou au buldozer. Ce qui est plutôt à son honneur, même si je pense que piller les contribuables devrait être puni des galères. Seulement l'actuel expluseur de Tziganes semble, lui aussi, avoir copieusement floué le contribuable (en ne prélevant pas les impôts dus sur de grandes fortunes, ce qui nécessite de faire payer les classes moyennes et les pauvres en remplacement) pour son profit direct ou pour se faire élire contre toutes les règles et lois électorales…

Les oeuvres de Cassiopée sont au fond des 30 derniers numéros du Monde qui sont dans ma boîte mail, je vais peut-être acheter le volume papier qui va sortir...

***
Je pense que la réponse à cette question se trouve dans l'une de vos émissions les plus connu, celle sur Sarkozy en présence d'Antoine Guiral. Déjà, à ce moment, vous lui demandiez pourquoi n'avait il pas raconter l'épisode survenu lors de la visite en outre mer, ou encore l'anecdote du repas en 1995 ( je ne suis plus certain de la date), durant lequel Sarkozy disait qu'il faisait de la politique pour les mêmes raisons que Mick Jagger est devenu rock star, l'argent, les femmes et le vin.

Guiral n'a pas explicitement répond à votre question. En tout cas, il n'a pas répondu par des mots. C'est dans son attitude qu'il a répondu. Il était gêné. Gêné de raconter ces histoires, qui selon lui (c'est une interprétation de ma part, mais pour avoir revu l'émission il y a peu, me parait, si ce n'est juste, en tout cas justifiée), ne tienne pas du journalisme.

Je pense qu'à travers cela s'étale deux visions du journalisme. Je ne théoriserais pas la première, celle de Guiral, car ce n'est pas la mienne, et que je préfère me taire, plutôt que d'écrire des conneries. Je ne l'ai pas assez pensé pour en donner un définition précise, et je ne la ressent pas, m'empêchant d'écrire simplement ce que "je pense". La seconde, et qui fait que j'apprécie grandement le feuilleton du Monde est que tous ce qui tient du signe, de l'anecdotique, et parfois de l'intime, révèle l'homme, et qu'il est important de connaitre l'homme... La provenance de cela m'apparait encore aujourd'hui un peu flou, mais je la soupçonne multiple. Une vision "calculatrice", "stratégique" du monde peut nous amener à vouloir obtenir toutes informations, car c'est de l'information que nous partons pour penser, pour réfléchir, puis pour agir. Cela peut aussi venir d'une tendance à romancer la vie, à vouloir la raconter (et donc la lire) comme une histoire. Et pour cela nous avons besoin de personnage, et tout bon personnage est construit, nourri, par ces détails.

Tout cela est encore un peu branlant dans ma tête, et ouvert au débat.
Vu la réputation de grippe-sous du couple Chirac, un remboursement me semblerait plus douloureux qu'une simple condamnation.
Car il y a de fortes chances que même si la mairie de Paris reste partie civile, Chirac n'obtienne qu'une condamnation de principe .
Alors ne vaut-il pas mieux taper là où ça fait mal ? C'est à dire au portefeuille.
Pareil pour l'UMP, j'aurais voulu voir leur tête quand Sarkozy leur a dit qu'ils allaient devoir débourser 2 millions d'euros.

En ce qui concerne les journalistes du Monde, s'ils ont besoin d'un pseudo tel que Cassiopée pour se lâcher un peu, je suis pour.
Jacques Chiraque; abracadabrantesque, tout simplement.
on peut comprendre qu'avec de tels malfrats l'UMp est besoin de richissimes donateurs
Un Pssshiiitt à 2 millions d'euros !
Décidément, nous n'avons pas les mêmes valeurs.
[quote=Daniel Schneidermann]"Une partie de l'entourage" ? Aux lecteurs estivaux du Monde, il ne fallait qu'un quart de seconde pour mettre un prénom sur cette "partie d'entourage", que Le Canard se refusait pudiquement à nommer : Bernadette.

Vous avez lu trop vite. Le Canard écrit : « Au grand désespoir de ses avocats et de Bernadette, une partie de son entourage l'incite à refuser l'idée d'une indemnisation, qui serait interprétée comme un aveu de culpabilité ». Autrement dit, "Bernadette" acquiescerait le projet d'accord.
Cette vieille fripouille, qui nous a pourri la vie et les moeurs politiques depuis près d'un demi-siècle, et qui nous a apporté comme cadeau de départ le sinistre nain branquignol qui termine son entreprise de démolition, va encore s'en tirer, à la surprise générale - là, je plaisante.
Et comme si çà ne suffisait pas, il nous a conduits à nous déshonorer en votant pour lui en 2002 - en tenant le bulletin de vote d'une main et en s'empêchant de dégueuler de l'autre, mais en votant quand même.
C'est le principal responsable de la dégradation de la vie politique française de ces dernières décennies.
Quand il crèvera, je reprendrai des moules.
Je crois que c'est le moment d'appeler mamie Bettencourt à la rescousse.
"un accord pourrait intervenir entre Chirac, l'UMP et la Mairie de Paris..."

Comprends pas.
Il me semble qu'on oublie un acteur, dans cette affaire, non ?
Je crois savoir que Jacques Chirac a été mis en examen par un juge d'instruction.
C'est quoi, ça? On donne des sous à la Mairie de Paris et on efface un délit ? On paye pour échapper à la justice ?
Bonjour bonjour... J'irais plus loin : le trio des racheteurs va faire du Monde un recueil de fictions politiques, économiques, mondaines... Pierre Bergé, par exemple, n'est-il pas déjà une fiction ? Quant aux deux autres, j'ai déjà oublié leurs noms.
Pour les non-abonnés au monde, il faut remplacer "abonnes" par "www" dans le lien de la chronique
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